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Difficultés langagières des
enfants
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Une recherche action en cycle 2 Le Français Langue Etrangère au service d'une remédiation dans la classe |
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Origine de cette recherche | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Au début de l'année scolaire
98/99, l'inspection académique demandait au CEFISEM de former un groupe de recherche expérimentant ce que pouvait être l'apport de la pédagogie du Français Langue Étrangère (FLE) pour les classes ordinaires où les difficultés des enfants (pour la plupart français ou nés en France) avec la langue orale sont préoccupantes ; cette demande s'inscrivait dans le cadre du "nouveau contrat pour l'école " et plus particulièrement du point 6 : "l'enseignement du français , en particulier dans les Zones d'Education Prioritaire peut s'inspirer notamment des méthodes d'apprentissages du FLE . Un programme de formation continue est proposé à cet effet". Un groupe s'est donc constitué rassemblant l'enseignante chargée du premier degré au CEFISEM, une enseignante FLE, une conseillère pédagogique et la coordonnatrice de la ZEP Wilson où cette recherche action a été menée. Cette demande a permis d'approfondir un travail déjà amorcé par cette équipe ayant l'habitude de travailler ensemble. Ce document est le résumé et le résultat de cette expérimentation. |
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Une recherche pour répondre à quelles difficultés de l'école ? | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Certains enfants sont en grande difficulté
avec la langue orale, les enseignants de ZEP ( et d'ailleurs) le constatent
quotidiennement : outre le premier constat du manque de vocabulaire, on
remarque que les enfants sont approximatifs dans la prononciation des mots,
dans l'usage des marques grammaticales, maîtrisent mal la forme du
message, ont souvent l'impression que l'interlocuteur voit ce qu'ils ont
en tête , ont donc du mal à faire la part de ce qu'ils doivent
ou non expliciter, souffrent d'une difficulté à employer des
mots abstraits, à exprimer la temporalité et les notions d'espace. Face à ces difficultés les enseignants sont désarçonnés; longtemps notre pédagogie a été presque entièrement tournée vers l'écrit , le domaine de l'oral était supposé pris en charge par la famille, l'école ne visant que l'acquisition de vocabulaire et la pratique sociale de l'oral : écouter l'autre, attendre pour prendre la parole etc... Face à des enfants "en détresse linguistique" qui handicape gravement leur devenir scolaire, nous avons à faire plus, ou autrement. Mais si la prise de conscience est là, la mise en oeuvre d'une remédiation se heurte au manque d'expérience et au manque d'outils que ressentent des enseignants non spécialisés dans ce domaine, si vaste et intangible. |
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Pourquoi utiliser la pédagogie de FLE ? | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| La pédagogie du français langue
étrangère est destinée aux enfants non francophones.
Elle structure 1' apprentissage de la langue orale, propose des activités
utilisant des supports variés, adaptés pour stimuler l'activité
intellectuelle des enfants : des jeux langagiers, des exercices d'écoute
et de répétition, des jeux de rôles, des exercices structuraux,
des jeux traditionnels adaptés aux objectifs d'acquisition de structures
et de lexiques. Ces techniques combinent la pratique d'actes de parole (je parle pour ....) et l'étude implicite mais précise des structures permettant une réalisation linguistique efficace. Si les manuels FLE ne peuvent être utilisés dans leur forme initiale, ils proposent des outils théoriques et pratiques précieux. |
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Quelle expérimentation a été mise en place ? | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nous avons donc fait l'hypothèse que
les outils du FLE pouvaient être utiles dans une classe entière
pour participer au développement d'une pédagogie de l'oral
dans les classes où nombre d'élèves éprouvent
des difficultés avec la langue. Durant 4 mois, nous avons travaillé dans 5 classes de cycle 2 ( 2 CP, 2 GS , 1 MS) de la ZEP Wilson à raison de deux séances de 30 minutes par semaine avec la classe entière et en présence du maître . Notre démarche a été la suivante : 1) une évaluation initiale individuelle qui avait pour buts de : - cibler les difficultés des enfants, nous renseigner sur les points à travailler. - nous permettre d'avoir une photographie à l'instant T du langage des enfants pouvant nous servir de référence afin d'évaluer notre action. Cette évaluation était conçue de façon très simple, constituée de photos ou dessins permettant à l'enfant de s'exprimer autour des principales notions de temps et d'espace . Outre ces notions principales nous avons pu relever la qualité du discours : emploi des temps, construction des phrases simples et complexes etc. Cette évaluation était basée sur la production d'énoncé par l'enfant et non sur la compréhension d'un message. 2) Des notions à travailler ont été répertoriées puis des séquences élaborées; dans le tableau que reproduit ce document, l'ensemble de notre travail est résumé. 3) Enfin une évaluation finale identique à l'évaluation initiale a conclu notre travail. |
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Quels résultats ? | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Malgré la courte durée de cette
expérimentation, ce sont les enfants les plus faibles qui dans l'ensemble
ont progressé de la façon la plus significative. Il nous sera
difficile d'en déterminer les raisons qui sont sans doute différentes
d'un enfant à l'autre; un travail a été accompli dans
les classes mais les enfants ont naturellement grandi, mûri. En l'absence
de groupe témoin, nous pouvons sans doute supposer que cette évolution
positive est la conséquence de ces deux facteurs conjugués.
Il est certain que la mise en place de moments spécifiques et clairement identifiés par les enfants de manipulation et de travail sur la langue orale a créé à elle seule une dynamique positive. Moments précieux où l'on peut s'exprimer et où l'on peut être corrigé sans que cela coupe une communication. Moments particuliers où l'on peut dire, s'exercer à dire, échouer et réussir sans énervement, ni peur de ne pas se faire comprendre. Moments où l'enfant comprend que parler aussi s'apprend, demande des efforts, de la réflexion. Moments enfin où le langage est l'unique objet d' attention . Il est probable que cette simple prise de conscience a provoqué des progrès chez les enfants et un changement d'attitude envers la parole. |
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COMMENT UTILISER CE DOCUMENT ? Ces séquences que nous avons
conçues ne constituent pas elles seule une pédagogie de
l'oral; elles proposent un type de remédiation dans la classe permettant
de travailler des objectifs de communication et l'apprentissage des structures
de la langue. Une véritable pédagogie de l'oral ne saurait
se réduire à ces moments d'apprentissage systématique.
D'autres moments importants doivent exister dans la classe où l'oral
sera transdisciplinaire au service d'un projet. 11 est important d'inscrire
l'enseignement de la langue, et de la langue orale en particulier, dans
la durée de la maternelle au collège. F. BERTHIOT (CASNAV) |
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