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Séminaire académique de lutte contre les LGBTphobies
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Organisé le vendredi 17 mai, dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie par Danièle Moreau, chargée de mission "lutte contre les LGBTphobies*" auprès de la rectrice, ce séminaire s'est tenu à l'Atelier Canopé de Reims et a été retransmis en visio-conférence dans les 3 autres départements de l'académie.

Frédéric Bablon, inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'Éducation nationale de l'Aube, a accueilli les participants au nom de la rectrice de l'académie de Reims, Hélène Insel. Dans ses propos liminaires il a souligné l'importance que revêt la lutte contre toutes les formes d'homophobie et de transphobie, et la nécessaire mobilisation de l'École sur ce sujet.

Après la lecture d'un extrait d'un ouvrage de littérature de jeunesse, "Ligne 15, zéro commentaire" de Florence Hinckel, la matinée s'est poursuivie par l'intervention de Gabrielle Richard, docteure, sociologue du genre, chercheure associée à l'université de Paris-Est Créteil. Elle a traité de "la scolarité hypothéquée des jeunes LGBT : situation actuelle et pistes d'action pour une école inclusive."

Elle a abordé le vécu scolaire du jeune LGBT et a schématisé celui-ci grâce à un triangle dont les sommets seraient : le climat scolaire, les contenus scolaires et les interactions avec les adultes et a rendu compte des résultats français d'une enquête internationale concernant le ressenti des élèves LGBT quant au harcèlement verbal ou physique dont ils sont victimes.

Sur un panel d'environ 2 000 élèves interrogés, les chiffres sont édifiants : 52 % ont témoigné de violences verbales et 10 % de violences physiques.

Face à cette situation, des enseignants ont été interrogés et ont témoigné des obstacles qu'ils rencontrent pour y remédier. Ils considèrent qu'ils ne sont pas assez formés sur les questions LGBT, qu'il y a des questions plus importantes à aborder en cours, qu'ils ne savent pas comment s'y prendre, qu'ils craignent des réactions négatives des parents d'élèves. À ce sujet une majorité de jeunes LGBT disent qu'en général ils ont souffert d'un manque d'informations.

En conclusion, Gabrielle Richard indique que pour agir il est nécessaire d'intervenir systématiquement contre tout propos homophobe en milieu scolaire, que la prévention doit être mise en place de manière plus efficace, qu'une lutte contre les stéréotypes de genre est nécessaire et obligatoire dès le plus jeune âge, qu'une politique anti-discriminatoire explicite doit être mise en œuvre.

Tout au long de son exposé, la chercheure a étayé son propos par des témoignages de jeunes élèves LGBT confrontés à des situations de discrimination.

Un second moment de lecture a ponctué le déroulement de ce séminaire, il s'agissait d'un extrait de "La princesse qui n'aimait pas les princes" d'Alice Brière Haquet.

 

Puis est venu le temps de la table ronde, animée par Olivier Nostry, militant de l'association Exaequo de Reims, elle a réuni Cécile Delahaigue, pédopsychiatre, responsable de la maison des adolescents au CHU de Reims, Danièle Moreau, chargée de mission "lutte contre les LGBTphobies", Valérie Krein, psychologue de l'Éducation nationale, Gabrielle Richard et des représentants des associations Exaequo et Contact.

En préalable, une des vidéos témoignages publiées sur le site du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse a été diffusé.

Vous pouvez suivre ce lien pour toutes les visionner sur la page dédiée.

Au cours des débats, quelques points forts ont émergé :

  • Les jeunes LGBT sont statistiquement plus sujets à la dépression et aux tentatives de suicide.
  • Les psychologues de l'Éducation Nationale rencontrent ces jeunes assez régulièrement et sont donc très informés des faits de harcèlement tant verbaux que physiques liés à l'homophobie.
  • Il est constaté que les faits liés à la transphobie et à l'homophobie sont rarement remontés vers la hiérarchie par les établissements.
  • Les jeunes LGBT dissimulent très souvent leur identité sexuelle et cela génère souvent mal-être et comportements à risques.
  • Seul 1 jeune sur 5 rapporte à un adulte une agression verbale ou physique dont il a été victime pour cause d'homophobie, de peur des répercussions que cela pourrait occasionner dans leur vie au sein de l'établissement scolaire.
  • Il est évident que le rôle des parents est essentiel mais les jeunes ne parlent pas ou rarement de ces questions avec leurs parents. Des interventions en établissement, sur le thème LGBT, réunissant parents et enfants seraient une aide pour tous.
  • Il faut donner aux elèves les moyens pour s'impliquer et pour participer davantage pour que ces questions émergent (associations, groupes de paroles, théâtre forum). Cela permettra une ouverture sur ce sujet et une acceptation de l'autre quelque soit son identité.

Une présentation de ressources pédagogiques disponibles a ensuite été organisée :

  • Photolangage : c'est une technique de médiation groupale inventée par des psychologues et psychosociologues lyonnais en 1965. Il s'agit d'utiliser des photos afin de faciliter la prise de parole en public. La photo est le média de la parole, le support de cette parole. Des formations autour de cette métodes sont organisées dans l'académie pour lutter contre les discriminations LGBT. C'est l'association Exaequo de Reims qui a conçu ce support.
  • Kit LGBT Phobies édité par le Blackmaria, Pôle Régional d'éducation aux images de Champagne-Ardenne avec le soutien de la DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT)
  • Différentes ressources (littérature, expositions) sur le site du MUNAE (Musée National de l'Éducation)

 

Pour clore ce moment riche en partages et en débat, c'est Gabrielle Richard qui a repris la parole. Elle a insisté sur le fait que tout travail effectué pour déconstruire les stéréotypes de genre est un moyen efficace de lutter contre l'homophobie et la transphobie, pour cela il faut se servir "à outrance" des ressources disponibles pour aborder ce sujet.

 

* LGBT est un sigle pour "Lesbiennes, gays, bisexuels, transexuels"

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