Mise en place des nouveaux programmes de sixième:
premier bilan

Gracia Dorel-Ferré , IPR-IA, Académie de Reims

 

 

Quelques problèmes rencontrés

• La maîtrise de temps.

 

Certains collègues ont eu beaucoup de mal pour démarrer l’année en géographie. La première partie du programmen’a pas servi pour aborder l’étude des paysages. Par contre, l’approche des paysages marche trés bien (schémas, coupes).

Le vocabulaire est bien acquis par les élèves quand on s’appuie sur des exemples concrets. Depuis la rentrée, certains collègues commencent par les paysages (plus concrets), c'est à dire par la 2ème partie. C'est tout à fait possible.

 

• Problème de niveau :

Évidemment, dans une "bonne" classe on obtient des résultats satisfaisants car la mémorisation est satisfaisante ; les réflexes sont acquis pour localiser sur le planisphère.

Dans les classes "faibles", on aborde les paysages, c'est à dire le plus concret trop tard car l’assimilation est lente. Mais la première partie est bien passée ; de plus, cette partie du programme simple et pédagogique peut être réutilisée pour l’étude des paysages.

* Pour le programme d’histoire la mise en œuvre n’a pas posé de problème (quelques sujets passionnants ; par exemple l’écriture).
* L’évaluation en géographie fut surtout une évaluation de méthodes (en particulier les croquis simplifiés des paysages) et a présenté des difficultés pour les élèves.

 

La géographie en sixième : bilan et mise au point complémentaire

 

Certains ont souffert du fait que les objectifs n’ont pas été clairement définis pour la géographie en 6ème. Celle-ci est une géographie environnementale : elle s'intéresse aux problèmes que rencontrent les collectivités humaines face aux risques environnementaux). Le manuel Magnard le montre bien.

 

Géographies d'hier et d'aujourd'hui

1. Au XIXème siècle, la finalité de la discipline était trés différente : elle était une science qui permettait de faire l’inventaire des ressources de la terre (= géographie descriptive). Un des buts était de montrer les enjeux de la colonisation (situation des ressources). À la même époque cependant, Elisée Reclus a une conception différente : il fait une géo-ethnographie, dont le but est d'unir les hommes.

2. Après l’effondrement des empires coloniaux, la géographie cherche d'autres finalités. C’est l’époque de la nouvelle géographie apparue dans les années 60 : la géographie active de Pierre George. Elle sert à aménager l’espace, -idée chère aux Soviétiques : l’homme peut transformer la nature ; cette idée est aussi valable pour la France de la reconstruction et, quelques années auparavant, les Etats-Unis de Roosevelt.

Pour résumer, c’est une géographie qui sert à aménager l’espace.

3. Depuis la fin des années 80, on constate qu’aménager l’espace peut déboucher sur des catastrophes écologiques ( un exemple parmi tant d’autres : la suppression des haies). On prend conscience de la pollution de l’environnement par l’excès d’industrialisation : c’est la naissance de la géographie environnementaliste (cf. Pierre Pech). L’accent est mis sur le balancement entre initiative des individus et réactions de la nature. Des aménagements "à risque " demeurent, mais on essaie d’en prévoir les effets négatifs (ex: Los Angeles : zone propice aux séïsmes mais où l’on a appris à vivre en calculant les risques et en prenant des assurances...)

le premier planisphère doit être la carte à point

 

Les hommes doivent respecter un certain équilibre : c’est dans cet esprit qu’il faut présenter un planisphère en début d’année ; on part des hommes (et non de la Terre) ; le premier planisphère doit être la carte par points, ensuite seulement on identifie continents et océans. Elle permet de constater que les hommes sont inégalement répartis : c’est le premier constat. Se pose alors la question du "pourquoi ?". Pour y répondre, on superpose à cette carte en transparent celle du relief; on constate que les communautés humaines vont plutôt dans les zones basses (mais des solutions d’adaptation aux altitudes élevées existent ; ex : les Andes ). Les règles générales connaissent toujours des exceptions car rien n’est déterminé. Il existe toujours des aménagements de l’espace réalisés par l’homme, et ce parfois depuis des temps très reculés.

L’enfant doit se familiariser avec les planisphères. On superpose la carte des climats, la carte de la végétation (chacune leur tour) : on utilise la même démarche qu’avec la carte à points comme base afin d’élaborer des constatations. Ainsi on peut bien observer l’adaptation des hommes. Mais il n'y a pas de déterminisme. Les collectivités humaines n’ont jamais une attitude passive face à l’environnement.

On met ainsi en place une approche de la démarche cartographique ; on peut distinguer des sous-ensembles homogènes à partir de la superposition des cartes : les élèves pratiquent un véritable raisonnement géographique. On peut aussi introduire dans cette partie des exemples tirés de la seconde partie (paysages, études de cas...). C’est peut-être une démarche plus difficile à construire tant du point de vue scientifique que du point de vue méthodologique.

 

la méthodologie devient apparente

 

Sur son cahier, l’élève dispose de photocopies de la carte par points ainsi que de la carte des reliefs. De cette façon, on isole les éléments en interrelation (on a entouré les foyers de peuplement par exemple). La légende est réalisée avec 3 ou 4 critères maximum. On y ajoute ensuite un petit texte pour décrire ce que l’on a constaté sur les cartes ; la méthodologie devient apparente. Il est essentiel que les enfants puissent écrire pour acquérir cette habitude qui les prépare à la suite de leurs études. Il faut exiger que la trace écrite, ainsi que l’ensemble des documents réalisés soient propres et soignés. On peut adopter une pédagogie différenciée : un petit groupe de "lents" peut écrire pendant que les autres font d’autres exercices. Il faut valoriser ce "travail" d’écriture et de soin en notant les cahiers. Dans le cahier, on doit trouver un petit texte (4 ou 5 lignes) qui capitalise l’ensemble des réflexions sur les planisphères. Si on intercalle des études de cas, on risque de rompre la démarche.D'où les difficultés signalées plus haut.

 

Peut-on commencer par la deuxième partie ?

Rien ne s’y oppose dans le principe (plus astucieux pédagogiquement ?). Mais il faut être sûr de disposer du temps nécessaire pour bien faire la première partie ; n’oublions pas que le planisphère est un outil de référence. On peut éventuellement ne pas faire toutes les études de cas. En revanche, la première partie doit être assimilée car elle met en place les moyens méthodologiques indispensables pour les années suivantes.

Les études de paysages

C’est du concret, et les avantages pédagogiques qui en découlent sont nombreux. On peut élaborer un raisonnement géographique, réaliser un croquis - première approche de la cartographie-, en présentant des sous-ensembles, une légende et un titre. Il faut ensuite définir le paysage étudié en le comparant à d’autres. Par exemple la côte touristique aménagée entre Nice et Menton doit être comparée à une autre semblable (ex : la Grande Motte) et à un autre paysage différent (ex : un littoral industriel ou une côte sauvage). Il faut que la démarche aboutisse à une extension typologique. Ces remarques apparaissent dans le texte. On installe donc un petit discours géographique avec un contenu utilisable par la suite, à savoir les outils géographiques. Les enfants sont ainsi initiés au croquis géographique, qui, répétons le une dernière fois, est un des objectifs méthodologiques majeurs de ce nouveau programme.

 

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     * Compte-rendu réalisé par Dany Maginot, Collège Turenne, Sedan.

 

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. 13 , 1997.

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