L'espace, personnage historique

 

Par Christian Grataloup, Université de Reims.

 

 

 

 

 

 

 

des modèles géographiques en géographie historique

 

 

• L’usage du document dans la didactique de la géographie est une question gigogne. La science géographique est productrice d’images, sans forcément avoir voulu en faire des outils de communication. L’enseignement peut les métaboliser. C’est souvent le cas de compositions chorématiques. Mais, trop fréquemment, cette "transposition" n’est pas sans dérives. Il s’impose donc d’être extrêmement prudent en abordant ce mode d’écriture et de réflexion géographique dans un stage de didactique de la géographie. C’est pourquoi je me permettrai, en post scriptum, d’élargir le propos et de rappeler quelques problèmes soulevés par ces transferts de documents.

• A partir du moment où la géographie a focalisé son travail sur la compréhension de l’espace des sociétés, son cantonnement quasi exclusif dans le présent n’a pas lieu d’être. Comme la démographie ou l’économie, elle peut être envisagée comme un système d’outils utiles dans des contextes sociaux révolus. La géographie historique, certes, n’a rien d’une nouveauté. Ce serait faire injure à des travaux passionnants, comme ceux de Roger Dion pour se limiter à une seule référence. Mais, la géographie s’efforçait alors essentiellement de replacer les sociétés dans leurs milieux, qu’elles subissent et transforment - lentement. D’où le transfert progressif, dont Braudel donna la forme la plus éclatante, de l’espace vers le "temps long".

C’est donc récemment que l’étude des structures spatiales révolues, avec les outils des géographes, a été tentée. Ce fut d’abord par l’utilisation des modèles de la géographie quantitative: les travaux de Bernard Lepetit1 , par exemple. Cette pratique scientifique représentait un aspect de l’élargissement de l’histoire quantitative.

 

la chorématique reste une exigence de rigueur

 

Mais, comme en démographie ou en économie historiques, la question des sources chiffrées bornait très vite les possibilités d’application. C’est là que le langage chorématique peut permettre d’aller plus loin. Sans doute parce qu’il peut s’autoriser plus d’approximation. Cela n’exclut pas, cependant, que la chorématique, si on en accepte toutes les règles du jeu2 , soit une exigence de rigueur, à la fois par les contraintes de l’expression graphique et par le caractère d’aveu que fournit la visualisation d’un raisonnement.

C’est d’ailleurs dans cet aspect de mise en image d’une explication que se tapit un danger d’une utilisation pédagogique de tels "documents". Du caractère d’image dérive facilement une réification qui transmue l’analyse en "réel", tentation d’autant plus forte que la carte est généralement perçue comme une information sur la réalité. Les documents qui accompagnent ces propos ne sont donc nullement à finalité pédagogique.

• Les réflexions3 s’articuleront en deux volets: quelques logiques générales de géographie historique, appelées "principes" par commodité, puis une application à l’histoire de l’espace européen4 .

 

 1. Des lieux de temps ou quelques modèles spatio-temporels

• Une logique spatiale peut produire de la temporalité.

Tous les modèles géographiques qui sont dans le dossier documentaire (NDLR : la documentation n'est pas reproduite ici), procèdent d’une hypothèse unique: les configurations spatiales des sociétés sont produits d’histoire, certes, mais sont aussi productrices d’évolutions. Plutôt que d’un propos général, partons d’un exemple: le "principe de Constantinople".

Le 11 mai 330, Rome n’est plus dans Rome: Constantin déplace la capitale de l’empire de la position centrale qu’elle occupait, au cœur de la mare nostrum, à proximité d’une marge orientale. Ce décentrement se justifie, entre autres, par la pression extérieure qu’exercent de moins en moins discrètement les "barbares" qui frappent lourdement aux portes. Ce décentrement n’a rien pour surprendre le géographe qui identifie là un jeu d’échelle: à une logique proprement interne, au seul niveau de l’empire romain, succède une configuration supra-impériale qui modifie le niveau précédent.

Ce changement interne n’est pas sans conséquence. L’étirement des distances à l’intérieur de l’espace impérial favorise l’autonomisation de sa partie la plus éloignée, le fractionnement et, finalement, l’invasion. Cette pénétration ne se fait d’ailleurs pas là où la menace initiale s’exerçait avec le plus de force, mais où l’affaiblissement interne, par éloignement du centre de gravité, fut finalement le plus fort.

On peut tenter de généraliser ce scénario et de l’appliquer à d’autres cas d’Etats sédentaires confrontés à des menaces d’intrusions. On peut ainsi découvrir des similarités et des spécificités . Ce jeu d’échelle, cette tension entre le niveau supérieur à celui de l’espace envisagé et celui de sa logique interne, est fréquemment analysé par les géographes5 .

Mais ce modèle, au départ purement spatial, peut devenir aussi celui d’une évolution. C’est ce type de scénario géographique (du temps et de l’espace) qu’on appellera, pour aller vite, principe. On peut en esquisser rapidement quelques-uns.

 

le modèle spatio-temporel de base : la diffusion

 

Revenons brièvement aux Romains, ou plutôt à l’espace méditerranéen qu’ils avaient produit. C’était une réalité historique, c’est à dire mortelle. Sa fission en trois mondes distincts, différents, centrés sur ses marges anciennes (la Chrétienté occidentale, Byzance, l’Empire arabo-musulman) illustre un effet de base de la diffusion.

L’extension progressive d’une structure spatiale finit toujours, si l’évolution technique progresse moins vite, par entraîner des fractionnements. La contradiction entre la diffusion et la maîtrise de la distance est un modèle premier dans les évolutions géographiques, dans l’Histoire6 .

 

Bagdad et Hakata : un couple de modèles inverses

 

Des logiques géohistoriques inverses.

 

En Mésopotamie, les lieux de civilisations brillantes se sont succédés depuis des temps très anciens. Or, chaque période éclatante se termine par une invasion, une destruction brutale. La prise de Bagdad, le 10 février 1258, par les Mongols, fut loin d’être le premier événement de ce type dans la région; ce ne fut pas non plus le dernier. Il est des lieux qui favorisent les accumulations précoces et brillantes, mais aussi qui sont sujets à des destructions tout aussi radicales.

De la position de carrefour, ou mieux d’isthme, découle largement l’histoire de tels lieux. L’ouverture favorise les échanges, produit la centralité. Mais les routes du commerce, de la communication, sont aussi celles des envahisseurs. D’autant plus que la richesse accumulée attire…

Inversement, l’histoire du Japon fut lente à émerger. Nous sommes là dans une marge du Monde chinois, plus généralement de l’Ancien Monde. Mais les Mongols, s’ils détruisirent Bagdad, ne réussirent jamais à prendre pied sur l’archipel nippon. Lors de leur dernière tentative, en 1281, ils furent repoussés à Hakata, avant que les Kamikaze achèvent leur déroute.

En position excentrée dans un espace produit par un processus de diffusion, le développement est beaucoup plus tardif. Mais il risque également d’être beaucoup plus sûr. A terme, la marge, ou plutôt certains lieux favorisés des marges, prennent le pas sur le centre ancien. C’est ce qu’on pourrait appeler le "modèle d’Alain Reynaud", puisque ce grand géographe de notre Académie a, pour un cas historique7 plus limité, élaboré un modèle très efficace de l’avantage historique des marges sur le centre. 

Les "principes de Bagdad et d’Hakata" proposent donc un couple de logiques à la base d’une modélisation possible de l’espace de l’ancien Monde. Au développement d’un espace essentiellement continental, succède l’avantage des "angles protégés".

 

Port-au-Prince ou la production de la périphérie dominée

 

Un dernier principe permet d’esquisser la mise en place du système-Monde. On peut, pour le présenter sans doute un peu brutalement, partir d’un problème que connaissent bien tous les collègues enseignant en classe de cinquième : la superposition de la carte des PVD et de celle de la zone inter-tropicale8 .

Pourquoi la colonisation économique européenne s’est-elle presque uniquement intéressée à des fragments du monde tropical9  ? Des petites îles faciles à contrôler et pas trop éloignées de l’Europe, le plus souvent (le modèle de "l’île à sucre"). Le schéma explicatif le plus simple repose sur la construction d’un espace de complémentarité utilisant les différences de milieux. Les Européens ont construit des lieux où ils faisaient produire ce qu’ils ne pouvaient obtenir dans leur milieu : du sucre, puis du cacao, du tabac, du thé… En découle une structure profondément inégalitaire, version spatiale de l’échange inégal.

 

 

 2. Un modèle pour l'Europe

 

de la Méditerranée à l'Europe

 

Le "vieux continent" est issu d’un processus de diffusion (principe d’Aix). A partir du "Proche Orient" (vocabulaire européocentrique), s’est construit un espace méditerranéen (principe de Bagdad). Ce "monde" s’est unifié à partir de son centre, non sans concurrences . La diffusion s’est poursuivie, essentiellement sur le front pionnier septentrionnal . C’est de cet étirement progressif que naît l’autonomie de l’espace européen. A partir des IX-Xèmes siècles le processus de diffusion - de l’européanité maintenant - devient Ouest-Est10 . Progressivement, l’Ouest européen se trouve dans une situation d’angle protégé (principe d’Hakata). C’est à partir de ce modèle que l’on peut expliquer une originalité essentielle de l’histoire de l’espace européen : la persistance d’une structure d’économie monde (notion empruntée à I. Wallerstein et reprise par F. Braudel).

 

• La logique de concurrence interne permanente d’une telle organisation géographique la préserve des blocages dans l’accumulation inhérents au modèle de l’empire monde . Pour pouvoir se perpétuer, le polycentrisme d’une économie monde repose sur des causes internes (aucun sous-ensemble ne peut prendre l’avantage sur les autres coalisés), mais, plus encore, sur une position géographique protégée. De la proximité des "barbares" découle une structure centralisée, "impériale". Inversement, l’éloignement de la menace favorise le polycentrisme.

• De ce scénario, découlent deux caractères essentiels de notre espace : gradient Ouest-Est et polycentrisme. Mais c’est aussi un espace, marqué par une centralité propre. Ce centre est, en fait, un axe bipolaire (la future "banane bleue"). Il repose sur une complémentarité Nord-Sud. Celle-ci peut être lue comme un changement de niveau dans l’échelle géographique. Au cœur du "continent" (pôle septentrional fonctionnant au niveau de l’espace autonome) s’oppose la synapse d’Italie du Nord qui mettait, jusqu’au XVIème siècle, l’Europe en contact avec le reste du monde (ancien).

En associant ces trois caractéristiques, centralité sur un axe dissymétrique, multipolarité et gradient Ouest-Est , on peut organiser une combinaison chorématique qui rend largement compte de la géographie européenne de longue durée.

Cette vue cavalière, schématisée par le mode d’écriture et caricaturée du fait de la brièveté de l’exposé, n’est, ne le l’oublions pas, qu’une grille de lecture. Ce ne peut être pris pour "document comptant", pour une représentation de la réalité. Un modèle chorématique doit toujours afficher sa "réfutabilité" poppérienne11 . Alors, et alors seulement, ce peut-être un document.

 

 

 3. Post scriptum : Du raisonnement au document, quelques interrogations

"Le mort saisit le vif".

Un raisonnement, y compris géographique, ne s’exprime pas forcément en images. Mais l’image accroît, par ses caractéristiques propres, le risque de réification inhérent à tout document. On peut, entre autres, tirer de ce constat quatre questions12 :

- la position épistémologique du document;

- la tension entre nominalisme et réalisme;

- les problèmes soulevés par la forme graphique;

- enfin, l’effet de légitimation que peut produire le document scientifique.

 

ambiguïtés soulevées par le contexte épistémologique

 

Aborder une réflexion de géographie historique soulève une question moins anodine qu’il n’y paraît, celle de la tension entre la géographie science, le contexte de l’exposé ci-dessus, et la géographie discipline, celui pour lequel nous réfléchissons à l’usage des documents13 . On peut lire l’enseignement de l’histoire-géographie (singulier volontaire), comme une double présentation des sociétés, présent et passé (les "objectifs factuels"). Mais, dans les deux contextes interviennent des apprentissages d’intelligibilités ("objectifs conceptuels") issus de sciences sociales, économie, sociologie, démographie… Le rapprochement opéré en introduction, entre la démarche présentée et la démographie ou l’économie historiques, n’était nullement fortuit. La géographie a bien là un statut identique, nomothétique pour aller vite.

On peut faire de la géographie (science) dans le cours d’histoire - ce qui repose la définition de la discipline géographique pédagogie du présent.

 

les risques de "leffet de réel"

 

En conclusion du bref exposé de géohistoire, j’ai insisté sur l’aspect réfutable du "document" chorématique. Afficher une position lourdement nominaliste me semble d’autant plus nécessaire que l’image produit d’une construction apparaît trop aisément comme un décalque du réel.

La réfutabilité du modèle présenté, comme de toute composition chorématique, pourrait se lire selon quatre axes:

- par rapport aux règles générales de la méthode utilisée (la "grammaire chorématique"), elle-même confrontée aux principes logiques généraux ;

- par rapport à d’autre formes de modélisation (quantitatives, par exemple) ;

- par rapport à d’autre modèles relevant de la même méthode (démarche comparative) ;

- surtout, par rapport au réel analysé.

C’est de ce dernier aspect que procèdent les plus grands risques. La réalité ne se donne pas à voir dans sa nudité, surtout dans une salle de classe. Le modèle chorématique est, si la démarche est rigoureuse, confronté à… une autre carte, "classique". Le document "carte" est, le plus souvent, un substitut du réel, une source d’information. Er, par une opération philosophale de l’enseignant, ce substitut devient le réel. La carte chorématique peut, à son tour se trouver touchée par la contagion de cet "effet de réel" et les modèles présents se mettre à exister, non plus comme des raisonnements en image, mais comme des faits. On "voit" alors la Banane bleue ou l’Arc atlantique…

 

problèmes posés par la matérialité du document

 

Cet effet réaliste est plus ou moins fort suivant les types de documents. Si l’on peut assez aisément prendre conscience de la subjectivité d’un texte (au delà du "…puisque c’est écrit !"), il n’en va pas de même d’une photo. En découle une hiérarchie dans l’effet de vérité (photo, imagerie satellitaire, carte, statistique et, finalement, texte) qui situe assez bien la carte du côté du "vrai".

Je me contenterai d’insister sur un seul aspect, mais lourd de conséquence: le caractère créateur du cadre. Sous-entendu dans la réflexion ci-dessus, il y avait une définition restrictive, exigeante, de ce qu’on peut entendre par un espace. Il ne s’agit pas d’une portion de n’importe quel territoire, découpé comme on veut, mais d’un système spatial, historiquement daté, évolutif, mortel. Ainsi, l’Europe n’a pas toujours existé. On a donc entendu par là l’aspect spatial d’une société, ce qui suppose que ce concept ait été pertinent au niveau envisagé.

Or on peut faire la carte de n’importe quelle portion de la face de la Terre. Il n’en découle nullement que ce qui est représenté puisse être pris pour un espace. C’est souvent le cas lorsque nous sommes amenés à étudier ce qui se tient dans un cadre (spatial) administratif : une région française ou un pays. Existe-t-il un espace ivoirien ? Cela ne me semble pas forcément évident. On peut analyser des logiques géographiques de niveau supérieur (l’espace des échanges mondiaux) ou inférieur (ceux des ethnies) ; celui de l’espace dit national est souvent plus flou. Pourtant, c’est lui que nous étudions. Finalement, ce cadre nous ramène à "tirer des tiroirs" et nous retombons sur la première question soulevée, celle de l’épistémologie. C’est le problème finalement banal, mais incontournable, posé par le fait de partir d’un morceau du réel plutôt que d’une problématique.

 

le document instrument de légitimation

 

On peut situer l’usage documentaire dans trois besoins de légitimité: scolaire, scientifique et patrimonial.

 

Un type de document aura d’autant plus de succès qu’il se prêtera bien à des usages canoniques fondés sur un accord largement diffusé des méthodes, des attentes, des moments d’acquisition. Sans un tel corpus, plus ou moins implicite, il serait difficile de réaliser ne serait-ce que des examens. Dans notre domaine, il suffit de citer la pyramide des âges ou le graphique ombrothermique. Mais ce caractère peut vite entrer en conflit avec la nécessité de réfutabilité. Pour le moment, la chorématique provoquant plus les polémiques que l’unanimité, le risque canonique est assez faible. Mais cela ne rend que d’autant plus fort son rôle de légitimant scientifique.

 

Même si l’on peut penser une discipline scolaire indépendamment de la science, elle peut aussi tirer une part non négligeable de sa raison d’être de son rôle d’initiateur scientifique. Et ce peut être fort ambigu. Une bonne part des efforts de renouveau didactique de la discipline géographie (dont je ne veux surtout pas sembler me désolidariser), sont passés par une volonté de transposition des renouveaux scientifiques en géographie (le centrage sur l’espace évoqué en introduction). Cela n’a pas été sans risque de réduire l’objet de la discipline qui ne peut se contenter d’une lecture purement spatiale des sociétés (pensons au rôle d’initiateur à la démographie ou à l’économie que joue à l’école notre discipline).

Dans ce mouvement, l’appel à la chorématique a joué un rôle important comme signe de modernité. L’usage en a parfois été naïf, surtout quand on négligeait le risque réaliste dénoncé plus haut et qu’on prenait trop vite ces images pour argent comptant. C’est pourquoi j’ai bien tenu, en introduction, à préciser que mon exposé n’était nullement de didactique…

 

Un des aspects essentiels qui oppose discipline et science réside dans la dimension patrimoniale de la première fonction. Nous transmettons, aussi, un héritage, des valeurs… Or, dans cette perspective, les formes ne sauraient être neutres. Pour ne citer qu’un exemple, la représentation du territoire (et de l’espace) national sous forme d’hexagone. Dans cet exemple toute les légitimités s’emboîtent: un message sur l’équilibre français est justifié par son usage scientifique dans des modèles graphiques et se prète fort bien à la canonisation…

 

La chorématique peut finalement n’apparaître que comme une provocation - à réfléchir, je l’espère.

 

NOTES

1 - Bernard Lepetit: :

 

- Chemins de terre & voies d’eau. Réseaux de transports. Organisation de l’espace, Editions de l’EHESS, 1984 ;
- Les villes dans la France moderne (1740-1840), Albin Michel, 1988 ;
- (avec Guy Arbellot et Jacques Bertrand, Atlas de la Révolution française, tome 1: Routes et communications, Editions de l’EHESS, 1987.

2 - Roger Brunet, "La composition des modèles dans l’analyse spatiale", L’Espace géographique, 1974, n°4. Le texte fondateur incontournable.

3 - Les remarques qui suivent et les figures du dossier documentaire sont extraites d’une thèse, L’Espace de la Transition, essai de géohistoire chorématique, réalisée sous la direction de Roger Brunet. L’essentiel de ce travail doit paraître chez Reclus.

4 - Le socle chorématique propre à cette démarche ne sera pas développé ici; le propos n’est donc pas de théorie chorématique, mais bien de géographie historique. Si l’on souhaite un développement sur l’axiomatique implicite dans ces modèles, on peut se reporter à l’article: "Le même et l’autre", EspacesTemps n°51-52, 1993.

5 - Puisque nous sommes "en chorématique", prenons comme unique exemple la position de Sapporo dans l’archétype des modèles chorématiques, réalisé par Roger Brunet.

6 - On peut développer l’histoire du monde dans cette logique, celle de l’archipel (pages 9, 10 et 11). On se contentera ici de renvoyer aux figures.

7 - Alain Reynaud, Une géohistoire. La Chine des Printemps et des Automnes, Reclus, collection Géographiques, 1992. Il n’est pas possible de parler aujourd’hui de géographie historique sans se référer à cette œuvre majeure.

8 - Posée aussi brutalement, la question est certainement trop sommaire; elle ne mérite cependant pas d’être immédiatement disqualifiée; cf. Olivier Dollfus, "Le système Monde", L’Information géographique, 1990, n°2, pages 45-52 (le problème précis est abordé page 51).

9 - Les régions tempérées relativement vides, sans complémentarité virtuelle avec l’Europe (tempérée) ne pouvaient guère servir que de colonies de peuplement - aspect secondaire avant l’explosion de la transition démographique sur le "vieux continent".

10 - Charles Higounet, Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Age, Aubier, 1989.

11 - "Des modèles ad hoc ou la chorématique est-elle une méthode expérimentale", Géopoint 1992, Modèles et modélisation en géographie, Groupe Dupont / Université d’Avignon, 1992, pages 107-112.

12 - "Les moyens de l’imaginaire du géographe: modes de représentation du monde et de la discipline", in F. Audigier (éd.), Documents: des moyens pour quelles fins ?, Actes du septième colloque de didactique de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales (avril 1992), INRP, 1993, pages 29-40.

13 - "La discipline ne fait pas la force principale des sciences", L’Information géographique, 1988, n°4, page 182-188.

NDLR : Les références et les documents d'accompagnement n'ont pas été reproduits ici.

 

 

 

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© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims.   n°13 , 1997.