Par Commission de la didactique de la Géographie*
La géographie est la connaissance des lieux, de leur nature, des relations quils entretiennent, de leurs dynamiques. Elle sintéresse donc aux espaces et à leur organisation, ce qui place la carte au premier rang des outils quutilisent les géographes.
Lapprentissage de la cartographie doit donc être un des objectifs fondamentaux de lenseignement de la géographie, une démarche quil convient dengager dès lannée de seconde, et qui ne manquera pas davoir un profond impact sur les pratiques des enseignants.
la mémoire visuelle est supérieure à celle des mots
La carte est un des supports visuels de la mémoire en histoire comme en géographie. Chacun sait que la mémoire visuelle est supérieure à celle des mots. La cartographie, notamment dans sa phase schématique, peut être un puissant outil de mémorisation des éléments structurants dune leçon. La carte datlas, compilatrice, relève dun type de mémoire "épisodique" (cest-à-dire de faits singuliers), le croquis et le schéma sinscrivent dans une mémoire de type "sémantique", puisquils tendent à mettre laccent sur lusage des concepts. Ainsi se constitue une mémoire "bibliothèque" qui facilite les apprentissages ultérieurs.
Le rôle de la mémoire. Rapport annuel de lInspection Générale, 1996.
synthèse
à partir de documents de géographie
("cinq au maximum", majoritairement des cartes, des croquis et des
schémas, plus éventuellement des informations statistiques, graphiques, voire
un texte)
Il convient que les candidats soient :
1°) familiarisés avec la panoplie des représentations géographiques : la carte qui localise, le croquis qui hiérarchise et met en relation, les anamorphoses ; les idéo et pictogrammes (si répandus aujourdhui dans la communication) et, enfin, le schéma, terme ultime de la démarche cartographique.
2°) entraînés à une vision critique, cest-à-dire quils soient autonomes face à ces documents, ce qui suppose :
"pour présenter les documents", quils sachent les localiser et les identifier (sources, auteur, date), repérer les modes de représentation, apprécier leur lisibilité et leur pertinence au regard de la problématique proposée par le sujet.
"pour sélectionner, classer, confronter", quils utilisent éventuellement un tableau à double entrée (thèmes en colonnes, variables en ligne), voire un schéma fléché mettant en relation les documents proposés et les hiérarchisant.
La synthèse en 300 mots
Les deux premières étapes de lépreuve (présenter les document, puis les sélectionner, les classer et les confronter) conduisent le candidat à la rédaction dune réponse argumentée, cest-à-dire organisée selon un fil conducteur clairement explicité et répondant à la problématique définie par le sujet. Le candidat pourra y intégrer, sil le souhaite, un ou des croquis à main levée, voire un schéma. La référence à des connaissances extérieures pour mettre en perspective les conclusions liées aux informations rassemblées sera appréciée positivement.
le croquis d'accompagnement de la composition de géographie
Le croquis doit être pleinement intégré à la composition et il doit appuyer la démonstration. On peut également inclure de petits croquis ou schémas dans le corps du texte pour lenrichir de manière synthétique.
La réalisation du croquis doit obéir aux règles élémentaires de la cartographie (localisations précises, légende ordonnée, principes graphiques de hiérarchisation, utilisation de quelques éléments représentant symboliquement la structuration et lorganisation de lespace : centre, axe, pôle, nud, périphérie) sans pour autant se lancer dans la conception dun graphique modélisateur.
Le croquis compte pour un quart de la note et on établit un barème où sont pris en compte lapplication des règles rappelées plus haut et la qualité de la réalisation (rigueur et soin dans lexécution).
CET EXERCICE EST INCONTOURNABLE POUR LES CANDIDATS DÈS LORS QUE LHISTOIRE TOMBE EN PREMIÈRE PARTIE.
Ceci suppose donc une solide formation et un entraînement qui doit commencer dès la classe de seconde. Il faut veiller à éviter certaines dérives, notamment celle qui pousserait à la mémorisation systématique dun "paquet" de vingt à vint-cinq croquis que les candidats "régurgiteraient" sans réfléchir.
On peut lever cette inquiétude en donnant des instructions aux jurys pour quils donnent dans le libellé des sujets des indications évitant la simple localisation mais orientant la légende sur les dynamiques des phénomènes.
Naturellement, la réalisation de ce croquis doit obéir aux règles dexécution rappelées plus haut et avoir une légende ordonnée et explicitée dans les quelques phrases daccompagnement : le candidat y justifie ses choix techniques, le regroupement et la hiérarchisation des données.
Lévaluation de cette épreuve prend en compte :
la validité et lexactitude de linformation ;
lorganisation de la légende et son explication (donc la compréhension de la problématique proposée) ;
la qualité graphique et la pertinence des signes graphiques retenus.
*Pour la commission de didactique de la géographie ;
Gérard DOREL, I.G.E.N.
NDLR : Document extrait des Propositions de la commission de didactique de la géographie à l'I.G.E.N., décembre 1996, que nous publions avec l'aimable autorisation de l'Inspection Générale.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. n°13 , 1998.