Voyage d'étude en Grèce

Par Jean-Claude Faynot, Lycée Colbert, Reims.

 

Du 22 au 29 mars, 48 "Colbert" de Seconde, encadrés par Mmes Thiroux (Lettres) et Dutreix (Anglais) et par MM. Faynot et Collard (Histoire Géographie) ont découvert la Grèce selon un projet pédagogique lié aux nouveaux programmes de l’enseignement secondaire.

Acropole, colline des Muses, cachot de Socrate, Musée National Archéologique, Ancienne Corinthe, Mycènes, Epidaure, Sparte, Olympie, Delphes...Classique en somme! Le théâtre d’Epidaure à l’acoustique incomparable, éprouvée par le chant de Mario, a, sans conteste, remporté la palme. Monastère d’Ossios Loukas, Mystra, cathédrale orthodoxe d’Athènes...Grèce byzantine. Sans querelle! Pluie sur le Péloponnèse. Neige à Sparte. Fleurs printannières. Excès du climat méditerranéen. Laconique! La pleine récolte des oranges et des citrons, les vastes zones industrielles, les chantiers de construction, la pisciculture marine dénotent un activité intense. La Grèce est un pays pauvre qui progresse rapidement, dans le cadre de l’Union Européenne. Réussite économique!

A Tolo, Monsieur le Consul de France mène des conversations paternelles avec chaque tablée de jeunes rémois. Diplomatique! Grâce à lui, nous visiterons le Parlement grec où nous recevrons un accueil chaleureux et où sera esquissée l’histoire de la Grèce moderne depuis son indépendance au siècle dernier, illustrée par le défilé coloré de la fête nationale du 25 mars, célébrant les débuts de la révolte contre l’empire ottoman. Spartiate le régime? Sûrement pas. Levés tôt certes, mais le régime alimentaire est copieux : repas pantagruélique et joyeusement animé à la taverne Dionysos, à base d’agneau mycènien. Mais aussi : satziki, feuilles de vigne farcies, moussaka, calamars, friture, slouvaki, poissons frits. En un mot, gastronomique. Canal de Corinthe, bac à Patras pour traverser le golfe du même nom ; survol des Alpes enneigées, du littoral adriatique alors que derrière le hublot il fait -50° et que les vents soufflent à 200 km/h. Turbulences! Mais Hermès, dieu des voyageurs, est avec nous.

 

Apprendre à voyager

 

Craindraient-ils les sons étrangers ces élèves du Lycée du quartier d’Orgeval ? Les oreilles champenoises se sont doucement acclimatées à la musique de Théodorakis. Se plier aux contraintes et aux fatigues du voyage en groupe et à l’étranger a demandé des efforts que chacun a consentis, selon son tempérament. Une semaine d’entraînement à la tolérance pour ne pas ressembler à ces affreux touristes qui, passée la frontière, se croient en pays conquis et affichent une prétendue supériorité. Un tel circuit construit le socle d’une culture solide pour ces citoyens de l’an 2000. Ce ne fut pas un tourisme de gogo se bornant aux aspects folkloriques réducteurs, mais un voyage qui sollicitait la réflexion intellectuelle, engagée préalablement par un livret de préparation rédigé par les participants. L’équipe pédagogique n’a pas la prétention aveugle d’avoir tout vu en Grèce, mais espère qu’un tel séjour, outre les magnifiques souvenirs, peut constituer un déclic pour la curiosité intellectuelle et enrichir le bagage culturel de chaque lycéen. Ceci justifie l’effort financier des familles, bien secondées par le fond social, qui ont fait confiance à notre démarche pédagogique.

Comme l’exprimait déjà notre humaniste de la renaissance Michel de Montaigne : " Le voyage me semble être un exercice profitable".

 

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© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. n°13  , 1998.