Compte-rendu
effectué par
Maryse Baudson, Philippe Nélis (27-28)
Christophe Henrion(29)
heureux participants.
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La régionale organisait un voyage en Bourgogne, les 26-27-28 octobre derniers. Trois courtes journées qui, comme vous pourrez en juger, furent bien remplies... |
Journée du 27
Journée du 28
Journée du 29
Journée du 27
La matinée fut en
grande partie consacrée au ramassage de plus d'une vingtaine de joyeux compagnons
champardennais et à leur prise en charge par nos organisateurs et guides Jean-Noël
et Elisabeth GUYENET.
Sur le chemin qui nous menait à une première halte, Jean-Noël, en bon géographe
provocateur, ne put s'empêcher de comparer les "belles croupes festonnées"
de la cuesta du Châtillonais avec celles bien plus nobles (d'après lui) de la
Champagne Pouilleuse. Arrivés vers 12 heures à la ferme auberge de Bissey, notre
premier travail fut consacré aux arts culinaires.
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Ancy-le-Franc (M.B.) |
Même si la visite guidée ne fut pas de bonne qualité(1)
le château est intéressant à plus d'un titre: commandé en 1546 parAntoine
III de Clermont-Tonnerre, il a été bâti autour d'une cour carrée par un
des architectes de Fontainebleau, le Bolonais Serlio et décoré en partie
par Le Primatice. |
À l'intérieur, la salle de Diane (rez-de-chaussée) et, au premier étage, la galerie des sacrifices (peintures murales), la chambre de Judith (traits de Diane de Poitiers) et Olopherne (traits de François I), la chambre des arts et surtout la galerie de Pharsale (peintures murales en camaïeu ocre de 3 mètres) sont à découvrir même si l'état de leur conservation fait craindre le pire (humidité des murs). Par contre, le guide réalisé par le château est intéressant et permet de préparer sa visite avec des élèves.
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Sa visite eut lieu en fin d'aprèsmidi. A l'opposé de
la guide d'Ancy, celle qui nous accompagna avait toutes les qualités requises. |
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Il est environ 17 heures 30 et la nuit a recouvert le vallon; nous reprenons l'autocar qui nous emmène au Campanile très excentré d'Avallon. Après le repas à base de "potatoes" avec beaucoup de gentillesse, notre chauffeur se propose d'emmener les noctambules dans le centre de cette petite ville fortifiée et très calme de l'Yonne où deux cafés ouverts accueillent les voyageurs transis en route pour Vézelay.
Journée du 28
Cette abbaye fortifiée fut fondée par Girart de Roussillon, comte de Bourgogne. Les premiers moines, installés d'abord à SaintPère-sous-Vézelay près de la rivière la Cure, se fixent après les invasions normandes sur ce promontoire beaucoup plus défensif, mais où se pose le problème du ravitaillement en eau.
L'église carolingienne abrite à partir du milieu du XIème siècle les reliques de Madeleine et devient alors un lieu de pèlerinage important, d'autant qu'il est situé sur une des routes menant à Saint-Jacques-de Compostelle: des milliers de pélerins affluent et on en héberge une partie dans les caves... C'est aussi de Vézelay que Saint-Bernard lance la deuxième Croisade en compagnie du roi Louis VII en 1146.
Le XIIème siècle est donc synonyme d'apogée pour l'abbaye. Un édifice plus ample voit le jour dès le début du siècle, mais il est ravagé par un incendie en 1120. La reconstruction commence aussitôt et donne naissance à la basilique actuelle surtout romane, mais avec des éléments gothiques.
Les tympans offrent beaucoup de thèmes d'études. Ils évoquent des moments positifs de la vie de Jésus-Christ : l'Ascension au Nord, l'Incarnation au Sud, la Pentecôte au centre ( Jésus-Christ, les apôtres, les premières églises fondées, les peuples à convertir). On pourra se reporter pour une description détaillée aux Textes et documents pour la classe, numéro 668, sur Les chemins de Saint Jacques-de Compostelle.
La symbolique romane est omniprésente comme on peut le sentir au travers des quelques exemples suivants: les 3 représentations de Saint-Pierre en diagonale sur le portail central évoquent le passage, si l'on fait tourner la diagonale, du carré (l'homme, la Terre) au cercle (la perfection, l'éternité) ; la lumière passe par la statue de Saint-Jean-Baptiste du trumeau le jour de sa fête dans le calendrier chrétien, puis elle est relayée jusqu'au chur par des cercles dans la nef, où la voûte d'arêtes a permis d'ouvrir des fenêtres hautes et de tracer ainsi un chemin de lumière.
On retrouve une symbolique un peu différente dans le chur romano-gothique. En effet, les édifices romans sont conçus pour conduire des groupes dans un plan horizontal vers la lumière, alors qu'avec l'art gothique, on évolue vers la recherche d'une nouvelle spiritualité beaucoup plus individuelle et qui, de ce fait, montre le chemin de la Réforme où l'élan vertical sort chacun du groupe. La symbolique devient surtout numérique, décodable pour "ceux qui savent" : par exemple, 8 colonnes monolithes plus 3 petites colonnes représentent les apôtres moins Juda.
L'utilisation de cette voûte d'arêtes n'est pas sans poser cependant des problèmes: elle ne manque pas de solidité, mais, en raison de la largeur imposante de la nef, les poussées s'exercent avec très peu de pente, ce qui explique l'aplatissement des arcs.
Il faut dire que la basilique fut trés mal entretenue pendant des siècles: en effet, lorsque le pape tranche, en 1279, en faveur des autres reliques de Madeleine trouvées à Saint-Maximin de Provence, l'image de Vézelay ternit dans l'esprit des pélerins. De plus, l'abbaye est prise 2 fois par les habitants qui trouvent les moines peu prêteurs (problème du partage de l'eau pour laquelle eux disposent de citernes énormes) et très exigeants notamment en matière de dons (les commerçants doivent recevoir gratuitement les jours de grands pélerinages).
Ainsi, lorsque Prosper Mérimée s'émeut de l'état de l'église au XIXème siècle, le délabrement est avancé et nécessite une vingtaine d'années de restauration conduite par Viollet-leDuc.
La pause de midi dans le Cellier Voinaysien permet de tester quelques spécialités régionales arrosées déjà de quelques bouteilles de Bourgogne, avant-goût de la suite du programme...
Elle se passe chez M. Charlot, un viticulteur un peu atypique qui consacre son temps à la fois à ses vignes et au C.F.P.P.A.(Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole) de Beaune.
Trois heures durant..., il nous initie à l'examen visuel du précieux breuvage, tente d'éduquer notre nez aux arômes plus ou moins fruités et ravit nos papilles grâce à des saveurs plus ou moins moelleuses, toniques... Nous dégustons un Pinot noir, puis 3 Volnay et 3 Pommard (un vin jeune, un vin d'âge "mûr" et un plus ancien de façon à en apprécier les caractéristiques en fonction de l'âge)... Un ravissement pour les amateurs qui doivent cependant savoir que, pour être sûr de l'homogénéité d'un vin, il faut veiller à ce que figure sur l'étiquette le "climat" (indication d'une parcelle d'origine).
Vers 19 heures, retour dans Beaune, sans encombre grâce à notre chauffeur sobre à souhait, et repas (pour ceux que les petites gougères accompagnant la dégustation n'avaient pas repus) libre dans le centre de la ville.
Journée du 29
La troisième journée du voyage en Bourgogne fut consacrée aux activités industrielles avec la visite guidée de trois lieux . Ce regroupement sur le patrimoine industriel a été des plus enrichissants non seulement par l'éventail des sites proposés mais aussi par la qualité de l'accueil des responsables des musées et des associations qui ont proposé une palette d'activités pour les classes de collèges et de lycées.
Ce périple sur le patrimoine industriel débuta à l'Ecomusée du Creusot, lieu ô combien célèbre de la conservation et de la mémoire de l'industrie qui vit le jour grâce aux efforts de Jean-Henri Rivière en 1973.
L'écomusée est situé au château de la Verrerie dans l'ancienne cristallerie de Marie Antoinette. Il fut remodelé par la famille Schneider qui en fit une résidence familiale (1836 1969 ) ainsi qu'un lieu d'accueil pour des clients potentiels. Nous nous sommes retrouvés dans le décor Louis XII du petit théâtre, installé dans l'un des anciens fours de la cristallerie, où nous avons pu comprendre l'histoire de ce site, de la fonderie de canons de manne à la fin de l'Ancien Régime jusqu'au formidable développement du XlXème siècle, qui vit naître l'activité métallurgique du Creusot, I'cxploitation du charbon autour de Blanzy et Montceau et l'implantation des usines de céramiques sur les berges du canal du Centre. Les collections abritées par le château local que nous avons ensuite visité, trouvent un écho dans nos programmes et ce d'autant plus avec les fiches mises à notre disposition par le service Schneider proposant par exemple le développement du système scolaire Schneider de la peinture comme témoignage de l'industrie.
Les associations prenaient en charge la suite de la visite avec l'exposition "Métal, machine et les hommes" qui a permis d'apprécier l'évolution des techniques au cours des deux derniers siècles. On peut également y admirer la grande maquette du Creusot (7m x 3m ) présente au pavillon Schneider de l'Exposition Universelle de 1900. Enfin, le programme des visites s'est achevé par une promenade instructive dans une mine reconstituée à Blanzy qui nous a mise en contact avec d'anciens mineurs, dont les témoignages étaient fort émouvants.