par Dominique Mallaisy, Lycée Jean Jaurès, Reims.
des origines et de la nature d'Internet
Un peu de chronologie :
1969 : Le département américain de la Défense (DOD) décide de construire un réseau appelé ARPANET. D'après la légende le but est de pouvoir résister à une guerre nucléaire, à des sabotages, etc., en palliant la centralisation excessive des infrastructures existantes. Une dizaine de sites sont donc connectés par un réseau maillé, non hiérarchique, basé sur le protocole I P. Des laboratoires de recherche universitaires sont associés. La première utilisation est le courrier électronique.
1972 : ARPANET rassemble une quarantaine d'ordinateurs militaires et universitaires.
1979: En parallèle, création du réseau civil USENET, utilisé pour des discussions thématiques, les News ou forums.
1982 : Laccès au réseau est accordé gratuitement.
1983 : La National Science Foundation (NSF) américaine, équivalent du Ministère de la Recherche, finance la mise en réseau de 60 universités américaines et 3 européennes. Les stations de travail apparaissent.
1984 : Scission d'ARPANET entre MILNET (réseau militaire) et INTERNET. La NSF prend le relais d'ARPA et assure le développement d'Intemet qui intègre le NSFnet. La demande de connexion est grande. Internet connecte plus de 1000 systèmes.
1986: Le réseau est connecté sur les lignes publiques de transmission.
1989 : EUnet (Europe), Aussienet (Australie) rejoignent NSFnet. Les entreprises commencent à se brancher sur Intemet.
1991 : Apparition des "providers" commerciaux (fournisseurs d'accès).
1992 : Apparition du World Wide Web (WWW), développé par le CERN à Genève. Il constitue un moyen simple d'organiser l'information et la navigation sur Internet par des hyperliens, en utilisant le format de fichier HTML.
1993 : La NSF annonce sa décision de cesser de financer l'ossature centrale d'Internet (10 millions de dollars par an).
1995 : Explosion médiatique d'Internet en France. Le Ministère de l'Education Nationale lance une expérimentation et connecte de nombreux établissements scolaires.
1996 : De plus en plus de logiciels d'édition proposent l'enregistrement de fichiers au format HTML. Commercialisation de terminaux (sur le principe du Minitel) à environ 2000 ou 3000 F pour se connecter à Internet. Possibilité de se connecter sans abonnement, d'obtenir une adresse électronique sans abonnement.
Si l'on veut résumer cette évolution en quelques lignes, on peut dire qu'internet a été crée par les militaires américains dans le cadre général de la Guerre Froide, que les scientifiques se le sont approprié (et dès lors le Pentagone a constitué son propre réseau séparé -qui est un intranet). Actuellement l'explosion d'Internet semble bien avoir pour effet de chasser les universitaires (qui à leur tour sont en train de constituer des réseaux séparés comme d'ailleurs beaucoup de grandes entreprises).
Trois grands domaines distincts se présentent donc sur Internet pour un utilisateur normal.
Le courrier électronique : moyen extrêmement simple et peu coûteux de communication. Ce moyen a tellement le vent en poupe que la poste est actuellement en train d'expérimenter sa généralisation (des adresses électroniques ont été distribuées à tous les habitants dans des régions test et les bureaux de poste équipés).
A ce courrier sont liées les listes de diffusion :il est possible de s'abonner à des listes (comme la liste Clio) : tout courrier expédié à la liste est envoyé à tous les abonnés. Il existe des centaines de listes par centre d'intérêt. Sans être abonné, il est possible de consulter les archives de ces listes, ce qui est souvent suffisant.
Les Forums de discussion. Comme les listes, ils sont spécialisés par thème, mais on entre là dans un domaine plus mouvant et où les dérapages sont beaucoup plus fréquents.
Le Web lui-même : c'est à dire l'accès à des sources documentaires mises en commun par:
les entreprises, les universités et les institutions qui ont créé des serveurs Webs,
les fournisseurs d'accès (providers) dont les serveurs sont indispensables aux particuliers pour se connecter au Web mais qui proposent tous des contenus plus ou moins intéressants.(Aol, Wanadoo, Hol, Infonie),
les particuliers, les associations, les écoles qui ont un accès web et qui peuvent décider de créer leur propre site sur un thème qui les intéresse. En effet, les fournisseurs d'accès proposent parfois l'hébergement de pages personnelles.
Autant dire d'entrée que l'on trouve tout sur le Web et le reste! Linformation sur internet est marquée par son extrême abondance et sa qualité très variée : on trouvera le meilleur comme le pire ; aucune validation particulière n'est possible ni envisageable. Sur le net n'importe qui publie n'importe quoi. Le gros problème est donc de trouver de l'information pertinente et pour le professeur, surtout dans nos disciplines, d'initier les élèves à ce type de recherche obligatoirement critique.
Une deuxième conséquence découle de la nature intrinsèque du Web : tout y est mouvant en permanence. Tel site intéressant disparaît : il peut avoir vraiment disparu ou simplement changé d'adresse parce que son auteur a changé de fournisseur d'accès. Tel autre que l'on avait trouvé formidable a été entièrement bouleversé et l'on n'y trouve plus du tout la même chose ou le contraire. La grande majorité des sites sont en cours de construction et sont modifiés très régulièrement. Ainsi sur Arte-Tv.com chaque semaine on trouve des documents complémentaires à l'émission du samedi "Le dessous des cartes" ; ces documents ne sont pas archivés et sont changés chaque semaine. Il en est ainsi sur de nombreux sites de presse ( Le site du Courrier international par exemple).
Rechercher de linformation sélective sur Internet en Histoire-Géographie
Deux cas de figure se présentent :
adresse de l'information recherchée est connue au départ. Elle a été trouvée dans une revue, en visitant un autre site communiquée par un collègue. Ceci est la méthode d'accès la plus rapide. Une des raisons d'être du Datice et des serveurs académiques est justement d'explorer en permanence le Web pour y trouver des sites intéressant la discipline et maintenir des listes d'adresses à peu prés à jour. Ces listes sont accessibles sur le site de l'Académie de Reims. D'autres serveurs académiques fonctionnent également :
- le serveur de l'académie de Dijon : (http://www.ac-dijon.fr/pedago/ histgeo/geo/fichier/histgeo.htm)
- celui de l'académie de Toulouse : (http://www.ac-toulouse.fr/histgeo/ branchem.htm).
- à Strasbourg : (http://www.ac-strasbourg.fr/Pedagogie/HIST-GEO/ hist-geo.htm)
En dehors de ces sites institutionnels quelques collègues ont créé leur site personnel et proposent des liens vers les meilleures adresses concernant nos disciplines.
- Daniel Letouzey : http:// www.orbital.fr/-dletouze/ surtout au niveau Lycée.
- Laurent Resse : http:// perso.wanadoo.fr/Irhistgeo/surtout au niveau collège.
- François Jarraud http: // www.fdn.fr/-fjarraud (NDLR : un des plus anciens internautes de notre discipline).
deuxième cas de figure : la localisation de l'information n'est pas connue a priori. Dans ce cas, il faut utiliser un ou plusieurs moteurs de recherche pour effectuer une recherche documentaire. Ce type de recherche s'apparente à ce que l'on fait dans le cadre d'un bibliothèque ou d'une documentation informatisée (comme BCDI). Il est donc nécessaire pour obtenir des résultats intelligibles de savoir interroger une base de donnée. Pour ce qui concerne les éèves, leur apprendre à interroger un site de recherche relève de l'enseignement de l'infon-natique et des réseaux et non pas de l'enseignement d'Histoire-géographie ; en revanche c'est à nous qu'il revient de leur apprendre à éliminer le "bruit" dans les résultats obtenus, à critiquer et évaluer l'information qu'ils auront pu trouver au travers de ces interrogations .
Les moteurs de recherche peuvent être classés en trois catégories :
Les sites d'indexation ex.YAHOO: http://www.yahoo.fr/.
Ces moteurs effectuent leur recherche sur une description courte et sommaire du site (un résumé de quelques lignes).
Les véritables moteurs de recherche :ex : AltaVista (http://www.altavista.digital.com).
Les moteurs de moteurs qui lancent plusieurs moteurs selon des modalités différentes lorque les résultats ne sont pas corrects. Les animations prévues par le Datice ont aussi pour but de montrer comment mener une recherche documentaire pertinente.
Un exemple de recherche sur le thème : "le citoyen et la cité à Athènes au Vème siècle av. JC "
Il est indispensable d'affiner la recherche en effectuant une recherche par mots clés. On choisit trois termes Citoyen, Athènes et Antiquité. On choisit aussi d'écrire en français avec les accents et en minuscules (car c'est ainsi que travaillent les moteurs de recherche). NDLR : nous ne pouvons reproduire intégralement dans ces colonnes les tableaux proposés par D. Mallaisy. Notons simplement que FRANCITE détecte 358 sites ; ALTAVISTA 13 287 dont 8120 pour le seul mot-clé citoyen !
La masse des réponses proposées, en particulier par ALTAVISTA montre que l'on est en recherche et que l'on référence non des sites, mais des pages, c'est pourquoi la grande masse des documents est sans intérêt. C'est bien sûr différent si l'on utilise une recherche avec des opérateurs logiques.
NDLR : Ainsi ALTAVISTA détecte "seulement" 16 sites lorsquon combine les mots-clés citoyen and athènes and antiquité.
Bien évidemment, les résultats d'une telle recherche changent en permanence en fonction de l'évolution du réseau et vous trouverez autre chose si vous essayez de la renouveler.
Pour conclure : les différents moteurs ne trouvent pas la même chose (les créateurs de site ne se font pas obligatoirement référencer partout et les moteurs effectuent périodiquement le "nettoyage" de leurs listes en retirant certains sites) : il ne faut pas hésiter à utiliser plusieurs moteurs différents pour une même recherche et ceci d'autant plus que la manière de classer les documents trouvés par ordre de pertinence probablement décroissante est propre à chaque moteur. Utiliser un moteur très puissant comme ALTAVISTA nécessite la connaissance de plusieurs langues. Pour les applications peu ou mal diffusées au niveau mondial (comme les sites pédagogiques français), il faut préférer des moteurs francophones (par exemple YAHOO-fr).
Avec des élèves , travailler en ligne ou hors ligne ?
Compte-tenu de la nature du réseau et surtout de son encombrement actuel, il apparaît bien peu réaliste d'envisager d'utiliser internet en ligne avec des élèves. En effet le réseau sature et le débit de l'information faiblit dangereusement à partir de 9 ou 10 heures du matin, à partir de 11 heures les connections deviennent incertaines et d'une grande lenteur.
Une deuxième raison tient à la diversité de ce que l'on trouve sur internet. Il est peu souhaitable de laisser dans un établissement scolaire, les élèves accéder à internet sans contrôle (que ce soit au CDI ou à l'occasion d'une séance de module avec un accès au réseau) sinon bien des surprises sont à prévoir même si les braves petits sont par ailleurs bien intentionnés . En effet, pour des raisons bien compréhensibles les sites "sensibles" essaient de s'installer là où on les visitera le plus facilement par erreur. Ainsi si l'on souhaite voir le site de la NASA on tapera www.nasa.gov mais si l'on oublie l'extension gouv (site gouvernemental) on tombera par défaut sur le site commercial nasa.com qui n'est pas spécialement recommandable dans un cadre scolaire (ou autre d'ailleurs) et ceci n'est pas anecdotique mais assez général.
Il est donc bien préférable de travailler à partir de sites capturés, c'est à dire préalablement et intégralement recopiés par des logiciels spécialisés (aspirateurs) Une fois aspiré, un site internet devient un multimédia classique installé sur un disque dur ; sur un réseau local il est partageable (donc tous les élèves d'une salle de TP peuvent y accéder en même temps). Si les sites capturés deviennent trop volumineux, il est possible de les graver sur un Cédérom. C'est là un autre des buts du Datice que de repérer les sites les plus intéressants à un moment donné pour les capturer et éventuellement les diffuser.
Quelques exemples de sites particulièrement intéressants pour débuter.
Exemple : un module de seconde : "les premiers chrétiens et les catacombes" à partir du site romain des catacombes (http:/www.catacombe.roma.it)
On utilisera de préférence avec des élèves, le site capturé au préalable à partir d'un logiciel adapté.
Exemple : un module en seconde : "les plantes de la découverte" à partir du site de l'Agropolis Museum de Montpellier (http:/museum-agropolis.fr/default-htm)
Exemple : La colonisation grecque à partir des atlas animés de l'Université de l'Oregon aux Etats-Unis (http:/darkwing.uoregon.edu/-atlas/)
Exemple : module de seconde "Rome ville modèle" visite virtuelle de la Rome antique sur le site de l'Université de Caen. Ce site est capturé et vous pouvez l'atteindre avec le serveur du Rectorat de l'Académie de Reims www.ac.reims.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims, n° 15 , 1998.