LE PROGRAMME DE GEOGRAPHIE

EN QUATRIEME

 

 Par Gérard Hugonie, IPR-IA, Académie de Rouen

 

 

 

Comment lire le programme ? Ce programme est simple en apparence : descriptif et analytique. Il s'agit de permettre aux élèves de localiser, de mettre en rapport les pays. La géographie étudie un réel polymorphe, on peut le regrouper en quatre grands éléments.

 

 

Les nouveaux programmes commencent par :

 

1) le peuplement (aspects culturels, société, civilisation)
2) l'environnement (climat...)
3) les activités économiques (qui expliquent la densité)
4) l'organisation de l'espace (aménagement et différenciation des espaces, paysages, régions... structuration de l'environnement).

On peut suivre le plan "englobant/englobé"' : Europe, France, région, "on zoome").

Pour l'étude des Etats, on choisit des parcours différents, en fonction des caractères spécifiques de chaque Etat.

La progression : deux parties.

Les deux parties sont partagées en "trois tiers inégaux" :
    - Europe : diversité de l'Europe jusqu'à la Toussaint,
    - Les états : deux tiers du temps jusqu'à fin janvier,
    - La France : Unité et diversité en février et en mars
    - Aménagement du territoire et ensembles régionaux d'avril à juin.

I. L'EUROPE

Il est souhaitable d'arrêter cette première partie en février. Il faut faire des choix. Exemple : on étudie deux Etats au lieu de trois (le troisième peut être étudié sous forme de dossier).

 

II. LA FRANCE

Son étude commence après les vacances de février. Il est souhaitable de faire les six ensembles régionaux mais on ne fait l'étude approfondie que de deux seulement (Paris et la région du collège).

L'économie française ne sera étudiée qu'en troisième tandis que tous les faits démographiques auront été vus en quatrième.

L'étude des régions est très importante : on décrit les activités, on cite les métropoles... Il sera ainsi plus facile de faire une carte de synthèse de l'agriculture et de l'industrie en troisième.

 

 

 

I. L'EUROPE

    A. La diversité

 

Un problème se pose dès la première leçon : comment définir l'Europe ? L'Europe n'est pas un continent, le problème de ses limites se pose au Sud (détroit de Gibraltar : 14 km) et à l'Est. On met des limites pour des raisons de civilisation, des limites historiques (Bosphore et Dardanelles)ou religieuses (Caucase et Oural : limites des peuplements chrétiens au XVIIème siècle). L'Europe est une construction mentale. Les limites Est et Sud sont conventionnelles. Il faut être vigilant sur l'idée 'd'unité européenne' qui est dangereuse : le risque serait d'arriver à l'idée absurde de "type physique". Il faudrait insister sur la diversité.

 

 

                                           L’Europe est une construction mentale

 

L'étude de la diversité de l'Europe se fait à partir de l'observation de 4 cartes et de la construction d'un croquis de synthèse.

        1) carte des Etats : tailles diverses (micro-Etats), frontières très récentes parfois,
        2) carte de la densité (pleins, vides),
        3) carte des langues,
        4) carte des religions ?

Elle est peu significative du fait de la baisse de la pratique religieuse. Les religions minoritaires et les athées n'apparaissent pas sur une telle carte.

 

Localisation

Le but est d'expliquer les paysages et la structuration de l'espace à partir des grands ensembles de reliefs, des climats, des grands fleuves et leur rapport à l'urbanisation. On peut superposer, sur transparents, une carte du relief et du climat avec une carte des grandes villes et des axes de transports. On en tire un croquis de synthèse qui permet de distinguer trois ensembles :

  1. Un axe médian ("centre", cœur") : La mégalopole européenne (Vallée du Rhin),

  2. Une périphérie intégrée avec des métropoles-relais (exemples : Paris, Lyon),

  3. Le vide des marges de l’Europe (Cf. annexe 2)

On montre que l'espace européen a une organisation, une structure. Ce croquis permet d'essayer d'expliquer le peuplement et les villes en observant le relief et le climat (exemples : axes et villes dans les plaines 'vides" du Nord et de l'Est au climat rigoureux). on classe ensuite selon ces critères les Etats à étudier :

    - Allemagne : Elle appartient à la Mégalopole Européenne (le 'cœur"),
    - Royaume-Uni et France : à la fois "centre" et périphérie,
    - Italie : le Nord appartient à la périphérie intégrée et le Sud aux marges,
    - Russie : les marges

Il faut montrer des paysages de mégalopoles (Ruhr ... ) et des marges (Finlande...)

 

    B. Etude des Etats (4 heures par Etat)

 

On ne revient pas sur ce qui a été fait en première partie. L'accent doit être mis sur ce que l'Etat étudié a d'original (la structuration de son espace).

 

Russie : les contraintes du milieu

        1ère leçon : le passage de l'U.R.S.S. à la Russie, la démographie russe et ses difficultés,
        2ème leçon : des contraintes sévères (froid, peu de bonnes terres comparé à l'immensité du territoire, isolement),
        3ème et 4ème leçons : la répartition des activités.

On fait un croquis illustré par des photos pour montrer le "cœur" (Moscou, St-Pétersbourg, Volga), la périphérie et ses marges.

 

Allemagne : le carrefour de l'Europe

        1ère leçon : territoire à frontières récentes et mouvantes (à l'Est surtout). L'AIlemagne est le carrefour central de l'Europe entre Baltique et Méditerranée, Rhin et Russie. On positionne l'Allemagne par rapport à des flux.
        2ème leçon : organisation de l'espace (axe Nord-Sud Rhin-Ruhr et flux Est-Ouest depuis 1990. Le Rhin est une dorsale économique très vivante. "La conquête de l'Est" reprend (à partir du noyau fort" vers les marges fluctuantes).
        3ème leçon : Les ressources naturelles et la puissance de l'industrie.

 

 

Royaume-Uni: une ancienne grande puissance en relatif déclin.

        1ère leçon : localisation, empilement des territoires, une ancienne puissance coloniale.
        2ème leçon : Londres et son bassin font partie de la mégalopole européenne.
        3ème leçon : la côte Est en grande partie dynamisée (pétrole, tunnel sous la Manche, ouverture sur l'Europe).
        4ème leçon : les marges en difficulté (Nord, Ouest) et la politique d'aide de l'Union Européenne.

 

 Italie ou Espagne : Un Etat méditerranéen (caractères spécifiques)

        1ère leçon : les contrastes (climats : le Nord n'est pas méditerranéen), le Nord est intégré à l'Europe, le reste fait partie des marges, le littoral est peuplé et dynamique, l'intérieur est en retard.
        2ème leçon : la partie intégrée à l'Europe : Italie du Nord, Catalogne.
        3ème leçon : les marges.
        4ème leçon : nombreux héritages culturels (travaux pluridisciplinaires possibles).

On peut aller plus vite sur l'étude d'un pays afin d'approfondir l'étude de la France (on prépare ainsi les élèves au programme de troisième).

 

 II. LA FRANCE

    A. Unité et diversité

 

 

Observation des cartes

    1) Carte du relief : ouverture au Nord et compartimenté ailleurs.
    2) Carte du climat : équilibre et ouverture à de nombreuses influences (mais pas de climat continental en France = zone de contact).
    3) Carte de la densité : répartition (pleins/vides, littoraux, "diagonale du vide", "concentration urbaine").
    4) Carte des villes : urbanisation active et périurbanisation. On observe le semis des agglomérations. On peut observer plusieurs auréoles : Paris, première couronne (100 km), deuxième couronne (200 km), etc.

Les "pleins" et les "vides" s'expliquent aussi parles comportements démographiques (TN, TM). On peut observer la pyramide des âges.

Au fur et à mesure qu'on étudie les cartes, on montre des photos de paysages (en sachant que le paysage est largement hérité, qu'il est le produit d'une civilisation).

 

 

                        Aménagement du territoire (deux heures)

    1ère heure : Le territoire n'est pas homogène : observation de cartes de répartition des emplois (selon les secteurs), de la densité des médecins (la disparité spatiale peut devenir une injustice), du réseau de transports (inégalité d'accès au lycée, à l'université). On constate que certains sont des privilégiés (exemple : "Paris et le désert français" de Gravier).
    2ème heures : l'Etat essaie de rééquilibrer en aménageant le territoire.

On s'appuie sur deux exemples :

 

    B. Les grands ensembles régionaux (fin avril, mai, juin)

On ne doit pas faire l'étude des 22 régions, ni faire un plan analytique. Les "régions" ne sont pas considérées ici comme des circonscriptions bien délimitées mais comme des champs d'influence avec des gradients.

    1. On mène une réflexion avec les élèves sur le découpage de la France en ensembles régionaux (des zones d'influence qui s'interpénètrent, des zones polarisées (exemple : Angers appartient à la zone 1 et à la zone 4 du croquis, cf annexe)

Il faut réaffirmer le rôle des métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Lille).

On peut colorier chaque ensemble régional avec un dégradé de couleurs (vif pour le "cœur", dégradés, gris pour les marges). Exemple : Le Massif Central est une construction intellectuelle des géologues (il apparat en gris, isolé).

 

    2. Etude des régions :

Chaque ensemble se définit par un caractère déterminant.

Exemple: Les Midis français.

1/2 heure: On cherche avec les élèves ce qui fait l'originalité de cette région, ses limites, on trouve des critères (exemple climat, type de toits, oliviers, ... )
1/2 heure On recherche les activités caractéristiques, les principales villes, les paysages. On s'appuie sur des photos, des textes.
1/2 heure: Réalisation d'un croquis de synthèse (pôles, axes, ...)

METTRE LE SCAN DELA PAGE 17 ( à faire .............)

ANNEXE 1 / DECOUPAGE DE LA FRANCE EN ENSEMBLES REGIONAUX

Prprog4.jpg (31425 octets)

 

 

ANNEXE 2 / CROQUIS DE LOCALISATION DE L'EUROPE

Prprog42.jpg (38181 octets)

Propos recueillis par Dany Maginot, collège Turenne, Sedan. Rapporteur du Groupe Académique collège

 

 

 

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims.  n°15 , 1998.