Le mot du Recteur

 

    D’une année scolaire à l’autre, toute cette année 99 est placée dans le signe d’une mutation de notre système éducatif à tous les niveaux, qui concerne au premier chef le second degré. Ainsi en sera-t-il de l’adaptation du " collège de l’an 2000 ", dans le sillage de la grande consultation organisée cet hiver (qui a suscité un taux de participation et de réponse remarquable) et des conclusions lucides et équilibrées fournies par François Dubet, avec comme fil conducteur réaffirmé par Ségolène Royal la volonté de faire vivre concrètement le collège unique en assumant l’hétérogénéité de ses publics, au prix d’un effort accru de pédagogie différenciée.

    Avec bien sûr, comme première urgence la réforme du lycée, désormais entrée sur sa phase active, avec sa mise en œuvre en seconde dès la rentrée prochaine. On en connaître les axes majeurs : l’élargissement de la culture commune, clarification des filières et parcours au sein du second cycle, la diversification des pratiques pédagogiques à travers les enseignements en petits groupes, de l’aide individualisée aux élèves en difficulté à l’entrée en seconde à l’organisation d’un espace de travail autonome et pluridisciplinaire pour les lycéens dans le cadre d’un travail personnel encadré en première et terminale.

    Dans tous ces chantiers les historiens-géographes ont leur place à prendre, toute leur place, et tout particulièrement au lycée où ils seront parmi les vecteurs essentiels de diffusion de cette culture commune élargie qui vise notamment à faire des lycéens des jeunes adultes capables de comprendre le monde complexe qui les entoure, à se situer dans le temps, l’espace, la diversité des cultures à travers tous les dispositifs pédagogiques où ils seront appelés à intervenir :

    Cela passera par les cours bien sûr, mais aussi les modules où peut se développer un enseignement plus méthodologique, qui ont été confirmés en seconde, par les travaux personnels encadrés sur des thèmes définis en commun avec les enseignants d’une autre discipline, et bien sûr à travers cette nouvelle "éducation civique, juridique et sociale " où, à côté de collègues d’autres disciplines, sans monopole a priori mais de manière tout à fait centrale, ils permettront aux lycées de développer une capacité d’expression et d’argumentation sur des thèmes essentiels de société.

    Ce sont là autant de nouveaux défis qui exigeront évidemment un effort de réflexion pédagogique, partout sur les contenus et les méthodes, et la mise en œuvre d’un dispositif de formation continue qui commencera dès le " P.A.F. " 1999-2000.

    Nul doute que les historiens-géographes n’apportent, comme à l’accoutumée, leur contribution positive à cette nouvelle étape de la transformation du lycée.

 

                                                                                                                                André Lespagnol

 

 

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© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. n°18  , 1999.