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   PRATIQUES DE LECTURE AU COLLEGE EN HISTOIRE, GEOGRAPHIE ET EDUCATION CIVIQUE

Par Véronique Poggioli, groupe académique collège

 

Les nouveaux programmes et leurs documents d’accompagnement mis en place à partir de 1996 font de la lecture un objectif prioritaire et font une nécessité de l’interdisciplinarité avec le français et du partenariat avec le CDI.

Aujourd’hui, les mesures du Collège 2000 proposent des " ateliers-lecture pour tous " dans lesquels l’histoire, la géographie et l’éducation civique doivent s’inscrire avec leurs objectifs et leurs activités spécifiques.

 

I) Que retenir des textes officiels ?

Documents d’accompagnement des programmes de 6ème

Le collège des années 2000, supplément au B.O. n° 23 du 10-06-1999

(Les extraits des textes officiels sont en italique )

La lecture est un vecteur de savoirs ; elle permet l’accès à des textes porteurs de références culturelles importantes pour la constitution d’une culture commune. L’élève doit connaître les traits essentiels des mythes, modèles et références du passé qui tissent la vie culturelle de notre société.
Il faut entendre " lecture " au sens large. Les élèves lisent des textes mais apprennent aussi à lire des cartes. La lecture de l’image (monuments,œuvres, paysages) est essentielle. (…) Les programmes, en proposant un nouvel usage des documents ( textes et images ) et des cartes, mettent la lecture au cœur des pratiques quotidiennes des élèves.
La lecture est une compétence à acquérir. (…) Les élèves ne peuvent s’approprier des connaissances et donc une culture que s’ils maîtrisent aisément la lecture.

II. Quels objectifs spécifiques en histoire, géographie, éducation civique ?

Lecture de textes :

Passer de la lecture d’un extrait à la lecture d’un texte ou d’une œuvre courte (ou plus longue si le professeur de français prend le relais) ; textes inscrits dans le programme d’histoire et dont certains font également partie du programme de français.
Le goût de l’histoire passe par le goût des histoires et le développement de l’imaginaire : privilégier le sens plutôt que la forme.
Des articles de journaux, la presse pour enfants peuvent être utilisés en géographie, en éducation civique.

Lecture d’images fixes ou mobiles : Analyse de l’image alors qu’en français, celle-ci n’est utilisée que comme illustration : paysage, monument, photo d’actualité, fresque,…

En 6ème, l’analyse de l’image fixe suffit ; en 5ème, on peut projeter quelques minutes d’un documentaire ou d’un film.

Lecture de cartes :

Elle permet d’identifier des phénomènes géographiques et donc de reconnaître le langage des signes et des couleurs. Il s’agit ici de cartes à lire (il n’est pas question de croquis géographique ) .
Toute pratique de lecture dans le cadre des ateliers-lecture doit aboutir à :

- une trace écrite dans le cahier de l’élève.
- une mise en évidence de la lecture en atelier dans le cahier de texte de la classe par une couleur ou un signe particulier (comme l’éducation à la défense) en histoire, géographie ou éducation civique.

Les " ateliers-lecture pour tous " du Collège 2000 reprennent les objectifs généraux des programmes et proposent des modalités précises concernant le cadre horaire : une demi-heure par semaine pendant 6 semaines consécutives, à l’intérieur de l’horaire d’histoire-géographie-éducation civique, en 6e et en 5e pour le moment

III. Quelques propositions de mise en oeuvre :

A. Les ateliers-lecture :

Les différents types de lecture ( textes, images ,cartes ) sont pratiques courante en histoire-géographie et en éducation civique. Par contre, les 6 demi-heures d’atelier peuvent être utilisées pour expliquer clairement aux élèves la méthode propre à chaque type de document et réaliser dans le cahier une fiche méthodologique de lecture spécifique au texte, à l’image et à la carte.
En 6ème, les trois heures à raison d’une demi-heure par semaine peuvent être faites entre la Toussaint et Noël, à la charnière Egypte-Hébreux / lectures de cartes (1ère partie du programme de géographie) .
En 5ème, on peut choisir n’importe quelle période et lire, selon le moment de la progression, des cartes, des images, des textes. 

a) Lecture de textes :

Les textes sont distribués si ce sont des photocopies de textes courts ou prêtés si ce sont des ouvrages (d’où la nécessité d’un fond documentaire).

En histoire : le mythe d’Osiris. Le professeur lit jusqu’à un moment stratégique ( par exemple quand les morceaux d’Osiris sont dispersés dans le Nil ) et incite les élèves à lire la suite à la maison. Les objectifs sont : trouver des informations sur la civilisation égyptienne, montrer des représentations des personnages, de la vallée du Nil (diapos, manuel…) s’il n’y en a pas de contemporaines illustrant le texte lu, comprendre le texte.
Autre exemple : on peut lire et mettre en relation les récits de Gilgamesh et du Déluge.

En éducation civique : un article ou un dossier d’un journal pour enfants (spécimens gratuits ou abonnements au CDI) sur le travail des enfants en 6ème, sur l’aide humanitaire en 5ème, etc.

b) Lecture d’images :

Pour la lecture d’images, l’atelier peut être l’occasion d’apprendre à formaliser, rédiger ce qu’on attend d’un croquis d’interprétation d’image. La réalisation d’un croquis peut faciliter l’analyse de l’image et sa mémorisation.
Cet outil d’analyse est pertinent tant en histoire qu’en géographie.

En histoire, en 6ème, par exemple : un papyrus extrait d’un Livre des morts montrant l’arrivée d’un défunt au tribunal d’Osiris et la pesée de l’âme.
Montrer que la forme rectangulaire de l’image est déterminée par la nature du support, le papyrus, et que la lecture se fait de gauche à droite. Identifier les personnages, confronter éventuellement leur représentation avec d’autres, numéroter les scènes.

En géographie, analyse de paysages. En 6ème, l’atelier peut être l’occasion de la découverte de ce type de lecture. En 5ème, étude de quelques minutes d’images vidéo comme des extraits d’émissions Galilée.

c) Lecture de cartes :

Elle peut encore se faire indifféremment en histoire, géographie ou éducation civique.

La méthodologie consiste à mettre en évidence qu’il existe un langage des signes et des couleurs, des conventions, utiles à la compréhension de la carte : par exemple le bleu pour l’eau, les flèches pour les mouvements, l’écriture horizontale, etc.

B. Interdisciplinarité avec le français :

On communique en début d’année au professeur de français la progression des thèmes qui seront abordés au cours de l’année afin que des textes, des lectures suivies puissent être programmées en français à peu près simultanément. On fait le point régulièrement.

 

des oeuvres de référence communes aux deux matières

 

En histoire, certaines œuvres de référence sont communes aux deux matières, surtout en 6ème. Lors de l’étude de continents ou de certains Etats en 5ème, des textes ou des œuvres peuvent être étudiés en français. Idem en éducation civique…
Des voyages, des sorties au cinéma, au théâtre, à des expositions peuvent être organisées en commun…
Certains éditeurs comme Hatier ont publié des cahiers d’activités interdisciplinaires français/histoire qui peuvent donner des idées.
On peut proposer une liste de livres à lire en rapport avec nos programmes dans le cadre des cours de français ou dans celui, plus large, d’activités comme les " défis lecture ", "  challenge lecture ", etc… 

C. Partenariat avec le CDI :

Il faut connaître le fonds documentaire du CDI dans nos matières afin de pouvoir inciter les élèves à le consulter par plaisir ou pour y faire des recherches. La connaissance des titres diponibles permet en outre de pallier les manques en faisant des propositions d’achats.
Dans le cadre d’heures en petits groupes, on peut emprunter tous les ouvrages concernant un thème étudié, et laisser les élèves découvrir, feuilleter à leur guise tout en restant à leur disposition pour guider, expliquer, commenter s’ils en éprouvent le besoin.

 

IV. Du plaisir de lire comme moyen d'ouverture au monde et
de la spécificité du rôle du professeur d'histoire géographie

Le professeur d’histoire-géographie et d’éducation civique est celui qui a le plus d’opportunités d’encourager les élèves à lire en dehors du cadre scolaire.
Pour chaque thème étudié, il peut proposer une bibliographie succincte et variée (romans, BD,magazines, CD ROM, reportages,etc. ) et éventuellement une filmographie (sous forme de cassettes vidéo ou à l’occasion de sorties de films).
Les élèves peuvent ainsi emprunter au CDI ou dans des bibliothèques municipales des ouvrages qu’ils auront plaisir à apporter en classe, à feuilleter et même parfois à lire. Au delà de l’approfondissement du cours, c’est la démarche de l’élève qu’il est intéressant d’impulser : développer sa curiosité, son envie d’en savoir plus, fréquenter des lieux le plus souvent insolites pour lui.
Ces lieux traditionnels de lecture se sont ouverts aux nouveaux moyens d’expression et sont devenus des médiathèques où il est possible d’emprunter des cassettes vidéo et de consulter des CD ROM.
Par des incitations ( convaincantes !), parvenir à ce que les élèves, en particulier ceux qui sont issus de milieux défavorisés , fréquentent, seuls, les lieux de lecture que sont CDI et bibliothèques-médiathèques, c’est leur permettre de s’ouvrir au monde, c’est leur ouvrir des horizons, c’est leur donner le goût de s’informer et de se former, c’est leur permettre d’accéder au plaisir de la lecture et de la culture sous toutes ses formes.
Etre enseignant d’histoire-géographie et d’éducation civique, c’est donc pouvoir jouer un rôle essentiel dans la pratique de la lecture, l’accès à la culture et l’ouverture au monde pour tous les élèves, ce qui reste- faut-il le rappeler- une des missions premières de l’école

NB : Une bibliographie non-exhaustive d’ouvrages accessibles aux élèves est en cours d’élaboration et sera publiée dans un prochain bulletin.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°20, 2000.

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