PARCOURS
DIVERSIFIES EN 5° :
les techniques médiévales
Par l' équipe histoire-géographie du collège du Mont d'Hor, Saint-Thierry
Texte officiel : BO n° 10 du 06 mars 1997.
Objectif :
Utiliser des " techniques " pour pratiquer le Moyen-Age. Etablir un pont entre production (fruit de limagination)/reproduction (maîtrise dun artisanat) et le programme dHistoire de 5e.
Préalables :
- Un groupe limité délèves motivés pour " travailler la matière " (Histoire) ou/et motivés par " le travail de la matière " (manipulations).
- Quelques dépenses assurées par : Coopérative Scolaire, PAE, Fond dAide à lInnovation Mais on peut faire beaucoup, et bien, avec quelques astuces Mettre à contribution les parents toujours prêts à rendre service, recourir aux entreprises locales qui sont plus généreuses quon ne le croit souvent et qui se débarrassent parfois de véritables trésors pour nous !
- Une salle adéquate pour travailler et surtout entreposer le matériel et les réalisations.
- Du temps avant (pour préparer) et après (pour ranger) ou un " Aide-Parcours Diversifiés ".
- Des lectures : Organiser des parcours diversifiés. Magnard. 1998. Les parcours diversifiés. CRDP Champagne-Ardenne. 1999.
Séquences :
1) IMPREGNATION
Découverte de la technique et de son histoire par différents documents : vidéos, diapos sans oublier de recourir simplement au manuel !
Explication du travail à réaliser : le plus pratique est d'en montrer les différentes phases avec ses " ébauches " pour aboutir au résultat final, le " chef-duvre ".
NB : Ceci suppose davoir préparé latelier parfois longtemps à lavance Mais cela permet déviter bien des déboires !
2) PREPARATION
" Brouillon " à établir pour chaque élève et à discuter en tête à tête puis collectivement. (On peut aussi décider de construire une uvre collective.)
3) REALISATION
4) EVALUATION
Difficile mais nécessaire !
- Evaluation du 1) : procédé " classique " du contrôle des connaissances.
- Participation des élèves ou non à la notation de lobjet réalisé.
- Exposition/Démonstration : révélatrices de capacités souvent ignorées par la pratique scolaire courante.
I. CARREAU VERNISSE
Etymologie : du Latin Quadrus (carré) et du Grec Bereniké (ville de Cyrénaïque).
Définition : plaque de terre cuite utilisée pour le pavage des pièces.
Matériel : argile rouge, argile blanche, support, eau, seau, bouteille vide, couteau, revêtement de sol plastique, cutter, plaque en aggloméré 12cm x 12cm, colle pour revêtement de sol plastique, vernis incolore brillant, pinceau, tampon à récurer, four à poterie (plus de 1 000°C).
Technique : Découper un motif dans le revêtement à laide du cutter ; coller le motif sur la plaque pour réaliser un tampon ; aplanir largile rouge sur une épaisseur de 2cm environ à laide de la bouteille ; couper un carré dargile de 12cm x 12cm ; préparer dans le seau une barbotine : mélanger argile blanche et eau et touiller avec ses mains afin dobtenir une pâte onctueuse sans grumeaux ; incruster délicatement mais franchement le tampon dans largile rouge ; couler la barbotine dans le motif en creux obtenu ; laisser sécher une quinzaine de jours ; frotter la surface du carreau avec le tampon à récurer afin de voir apparaître nettement le motif blanc et de polir la surface ; cuire et vernir.
NB : Une malette pédagogique a été composée par le Service Animation du Musée Saint Remi de Reims et peut être empruntée sur demande. Elle contient même des cadres en bois pour maintenir largile.
II. MOSAIQUE
Etymologie : du Latin Musivum Opus (travail auquel président les Muses).
Définition : assemblage de petits cubes ou fragments multicolores en pierre, en verre formant un motif décoratif et incrustés dans du ciment.
Matériel :
1) céramiques variés, pince spéciale, colle, support.
2) revêtements de sol plastique variés, colle, cutter, carton épais.
3) pomme de terre, couteau, gouache, papier.
Technique :
1) Découper la céramique ; coller les tesselles sur le support.
2) Découper le revêtement de sol plastique ; cfoller les tesselles sur le carton épais.
3) Couper la pomme de terre en frites; tremper la frite dans la gouache ; tamponner le papier.
NB : Une malette pédagogique a également été composée par le Service Animation du Musée Saint Remi de Reims et peut être empruntée sur demande. Elle est excessivement lourde
On trouve aussi dans le commerce beaucoup de jeux et douvrages sur ce thème et les boutiques spécialisées dans les travaux manuels ou la céramique proposent même des sacs de tesselles.
III. VITRAIL
Etymologie : du Latin Vitrum (verre).
Définition : panneau constitué par un assemblage de morceaux de verre coloré, maintenus à laide dune armature.
Matériel :
1) rhodoïd (plastique transparent pour rétroprojecteur), peintures vitrail, seringue sans aiguille pour transvaser la peinture et éviter les pertes, pot en verre, pinceau, tube de cerne de plomb (couleurs or, argent ou plomb), feutre noir permanent pour rhodoïd.
2) papier vitrail, papier canson noir, papier calque, ciseaux, colle, feutre noir.
Technique :
1) Dessiner ; placer le dessin sous le rhodoïd ; tracer les contours avec le tube; laisser sécher ; appliquer la peinture dans les surfaces délimitées ; laisser sécher ; tracer les détails au feutre.
2) Dessiner ; décalquer en double le tracé des plombs sur le papier canson ; découper lespace entre les plombs ; découper le papier vitrail ; coller le papier vitrail sur lun des papier canson ; recoller de lautre côté le deuxième canson ; tracer les détails au feutre.
NB : Une malette pédagogique a mais vous le savez déjà !
Beaucoup de jeux et douvrages sur ce thème également.
IV. BLASON
Etymologie : origine obscure mais pour Héraldique, du Latin Heraldus (héraut).
Définition : ensemble des armoiries qui composent un écu.
Matériel : carton épais, cutter, feutres, craies grasses ou gouaches, pinceau, règle, compas, rapporteur, crayon.
Technique : Et tout dabord pour les esprits chagrins, il faut savoir que le blason nest pas lapanage exclusif des nobles.
Plusieurs brouillons sont nécessaires avant la réalisation proprement dite.
1) Choisir la forme et la taille de lécu : variables selon les siècles, régions et groupes sociaux. On peut rester " classique " ou inventer.
2) Choisir les couleurs: métaux (or, argent), fourrures (hermine, vair), émaux (gueules pour rouge, azur pour bleu, sable pour noir, sinople pour vert, pourpre pour violet). Il ne faut pas se focaliser sur les couleurs. Par exemple, or correspond au jaune avec ses nuances infinies et il ne faut surtout pas utiliser une couleur dorée. De même, pour argent, cest blanc.
Les élèves préfèreront par exemple les couleurs de leur commune de résidence ou de naissance, les couleurs de leur département, région, pays, les couleurs de leur club sportif
3) Choisir les partitions, pièces honorables et rebattements. Il faut éviter de les multiplier afin de conserver une bonne lisibilité du blason et donc de pouvoir blasonner. Décrire un blason ou blasonner (comme le faisaient les hérauts) se fait dans un ordre rigoureux et en utilisant un langage particulier mais minimaliste qui permet didentifier : cela peut donc faire lobjet dun exercice complémentaire à mener en parallèle avec lEnseignant en Français.
4) Choisir les meubles. Il faut éviter les figures trop complexes. Un rébus ou un jeu de mots sur son nom ou prénom est la meilleure manière de se constituer
ses armes : cest ce quon appelle les " Armoiries parlantes ". Exemple pour notre région : la ville de Chaource (un chat et un ours).
Bibliographie :
Les dictionnaires et encyclopédies consacrent souvent des planches à cette question et on peut déjà sen contenter.
Pour une étude plus approfondie, on ira chercher chez DELAPERRIERE P., DERVEAUX P., DESCHAVANNES J., GALBREATH D. L., JACQ C., LUZ F., MAROL F., NEUBECKER O., PASTOUREAU M., THIEBAUD J-M., VIEL R. dans sa bibliothèque.
Autres techniques pouvant être pratiquées :
Sceau, lettrine, miniature, calligraphie Des livres-ateliers ont été publiés sur ces techniques.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°21, 2000.