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SCIENCE, ENVIRONNEMENT
ET CITOYENNETE

Stage proposé par les SVT et l’Action Culturelle du Rectorat, et ouvert à tout public, 23 et 24 septembre 1999

compte-rendu par Jean-Claude Steib, Camille Claudel, Troyes

J’ai eu la chance d’être pris pour un stage au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris dont le thème était " Science, environnement et citoyenneté ". Y participaient des collègues d’horizons divers : collège, lycée général et technique, hist-géo, SVT, philo, physique, maths, techno, documentalistes. Le contenu était riche d’informations et a soulevé de nombreuses réflexions.

On sait par exemple que l’homme a modifié la nature par la chasse, la domestication ( du loup au chien, de l’auroch à la vache) ou les transferts (les lapins en Australie). Mais l’exposé a rendu plus évidente, plus claire, cette évolution.

Il a ensuite été abordé le problème du trafic d’animaux. Leur commerce s’inscrit dans le cadre du libéralisme économique et de la mondialisation. Ce commerce va à l’encontre de l’intérêt du citoyen, c’est-à-dire de la conservation de la nature. Il en a été conclu que le libéralisme s’oppose à la citoyenneté, mais que la mondialisation peut aussi servir la lutte contre les trafics (WWF, Greenpeace). On estime que ce marché s’élève à 100x19x9 par an. De l’importateur au consommateur les prix peuvent être multipliés par 50 à 200 ( un perroquet peut coûter jusqu’à 40 000 dollars !)

L’exposé sur la biodiversité et le développement durable a abordé deux aspects :

-les changements climatiques,
-les problèmes liés à la démographie et au développement.

Guillaume Lecointre a posé la question : " Pourquoi ce rejet de la science par l’opinion publique ? " Il a d’abord défini la science comme une explication rationnelle du monde et la citoyenneté comme une action politique et sociale. Il a constaté que la citoyenneté s’est développée au XVIIIe siècle (Les Lumières, la Révolution Française), comme science (Diderot, dAlembert). Il en a conclu que la science a des actions sur le monde, or cela passe par le politique donc par les citoyens. D’où des rapports délicats entre science et citoyenneté, d’autant que le libéralisme (toujours lui), étouffe plus ou moins le débat sur les innovations techniques (clonage humain, nucléaire, OGM etc.) la science est alors rejetée car prise comme outil de pouvoir.

Il en résulte une montée de l’irrationnel (46% des français croient en l’astrologie, conférer l’importance du rayon ésotérisme en librairie, essor des sectes. ) Il en résulte aussi un divorce entre la culture scientifique et la culture de masse. Dans les médias, l’irrationnel est rentable alors que le scientifique ne peut s’y exprimer que de façon fragmentée et limitée (le temps de parole est limité sinon le téléspectateur zappe.

Une question à poser aux élèves serait " Qu’est-ce que la science ? " J’ai aimé cette définition :

" La science est comme une prostituée. On l’aime pour son corps et non pour ce qu’elle est. "

Autre argument de G. Lecointre : la foi est corruptrice de la science.

Quant à l’exposé de Maxence Revault d’Allonnes, je passe sur les détails car sa démonstration était très scientifique (formules de physique). Mais sa conclusion était intéressante. Pour lui, les scientifiques n’ont pas de certitudes quant à l’origine et à l’intensité de l’effet de serre : CO2 ou vapeur des océans ? Quant au CO2, ses origines seraient diverses et pas forcément anthropiques. A l’appui de ses doutes, des articles de journalistes qui se contredisent de façon saisissante. (Note personnelle : répandre dans l’opinion publique que c’est le CO2 qui crée l’effet de serre et qu’il serait d’origine anthropique servirait à nous faire admettre que le nucléaire est la seule solution.

Ce genre de stage peut avoir des applications :

-en 2de, en géographie, pour l’étude des milieux naturels ; en histoire pour le siècle des Lumières

-en 1ère, en histoire : la science du milieu du XIXe siècle à 1939,

-en Terminale, histoire : sciences et société,

-en ECJS : le citoyen face à la science (nucléaire, informatique, internet, santé)

 

Programme

1ère journée : L’environnement en question

 

-visite guidée du niveau 2 de la Grande Galerie de l’Evolution. " L’homme facteur d’évolution ", par Yves Girault, professeur au Muséum, chef du service de l’Action pédagogique et culturelle

-Commerce de la flore et de la faune : aspects juridiques. Exposé : " Le grand marché de la nature, la diversité biologique menacée ", par Martine Todisco

-Exposé du professeur J.M.Betsch sur le thème " La biodiversité et le développement durable "

-Muséum, mode d’emploi, informations sur les activités proposées pour les élèves, par Françoise Guichard, adjointe au chef de service de l’Action pédagogique et culturelle

 

2e journée : Sciences et citoyenneté

 

-Exposé de Guillaume Lecointre, maître de conférence au Muséum : " La science : défendre ce qu’elle a de meilleur "

-Exposé du professeur Yves Girault : " Théorie de la décision en avenir aléatoire "

-Exposé du professeur Maxence Revault d’Allonnes : " L’océan à l’épreuve du progrès ".

 

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°21, 2000.

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