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Méthodes de travail en terminale TT

Par Jean-Paul Dandrimont, Lycée de Romilly sur Seine.

 

 

Un casse tête en STT : la préparation de l'épreuve orale du bac

Comment préparer une bonne trentaine d’élèves à une épreuve orale sans entamer de façon excessive les deux heures hebdomadaires chichement mesurées pour boucler le sacro-saint programme ? C’est la quadrature du cercle ! Je ne sais pas si, à cette question il y a une bonne réponse, mais je sais, pour les avoir expérimentées qu’il y en a de mauvaises. En faire le tour, c’est déjà faire un peu avancer le problème : On peut faire des interrogations écrites classiques d’une heure : la leçon est apprise et dans le meilleur des cas, comprise ; mais ça ne prépare pas du tout à l’épreuve finale. On peut aller jusqu’à la mini-dissert sur un sujet : c’est déjà plus satisfaisant en terme de préparation à l’exposé, mais on reste loin de l’épreuve à préparer. On peut encore interroger un ou deux élèves à l’oral : c’est déjà plus près de l’objectif, mais, à moins de ne faire que cela, impossible de noter tout le monde. Boucler le programme et négliger l’épreuve, ou préparer l’épreuve et négliger le programme ! Voilà le casse-tête  Je ne sais pas si à ce casse-tête il y a LA SOLUTION, je me contenterai de proposer la recette que j’applique avec plus ou moins de bonheur.

Le secret de l'oral est à l'écrit

D’abord un constat : on s’obnubile sur le passage à l’oral ! Nos élèves ne sont pas si mauvais! Dans ces sections et dans leurs disciplines spécialisées, les élèves sont amenés très souvent à faire des présentations orales, ce qui nous dispense de leur donner une formation rhétorique. Quand ils sont secs devant l’examinateur ce n’est pas d’art oratoire qu’ils manquent. Ce n’est même pas de connaissances, puisque dans la plupart des cas, sous le feu des questions, les vers leurs sortent du nez. Non, ce qui leur manque, c’est l’art de bien utiliser les 20 minutes de préparation écrite qui précèdent. Un coup d’œil au chiffon de papier qui leur sert de pense-bête est révélateur de leur incapacité à organiser rapidement une fiche guide. Leur apprendre à faire un “ brouillon ” rapide, complet et clair : voilà l’objectif. S’il est atteint, l’examinateur aura une bonne chance d’entendre un exposé ordonné et, si la question est comprise, cohérent.

L’épreuve en classe ? La préparation écrite de l'épreuve orale !

15 minutes, pas plus : c’est le temps que je donne aux élèves pour traiter à l’écrit la question qui leur serait soumise à l’oral. Mais auparavant ils savent que la question sera une tranche du thème traité qui sera présentée de façon problématisée. Exemple : dans leur cours ils ont une partie qui s’intitule “ contraintes et atouts de l’espace américain ” , la question sera “ Quels atouts et quelles contraintes présente l’espace américain ? ”. Ils ont été exercés à organiser rapidement un brouillon : il savent qu’on commence par écrire de façon très espacée les grands titres du plan, qu’ensuite on dispose les sous-titres et qu’enfin seulement on bouche les trous avec les détails si on en a le temps. Toutes les abréviations sont permises (c’est au correcteur à s’adapter !) : l’essentiel est de faire vite. Au début, sans les avoir prévenu, je leur accorde, in extremis, une rallonge (gros soupir !) en leur demandant de changer de couleur d’encre pour la rédaction des connaissances hors temps limité, afin qu’eux et moi puissions évaluer leur rapidité d’écriture par rapport à l’étendue de leur savoir. L’expérience montre que, sous la pression, les élèves acquièrent très vite une rapidité qui les surprend eux-mêmes. C’est cette préparation écrite qui est ramassée et corrigée : tous les élèves ont donc une note.

L’oral quand même

Vient pour les élèves le moment redouté. Ils savent que parmi leurs préparations écrites, deux vont être tirées au sort pour un exposé oral devant la classe. Epreuve bien plus terrible que l’exposé devant l’examinateur ! L’épreuve est notée et la note justifiée publiquement. Les élèves sont invités à formuler assentiments et critiques. Les élèves passés à l’oral ont ainsi deux notes indépendantes : l’une pour l’écrit, l’autre pour l’oral. Le défaut du système et comment on y pare En 15 minutes, même pour les plus rapides, impossible de dire tout ce qu’on sait … alors à quoi bon balayer dans les coins ? C’est la porte ouverte à l’à peu près et au vite-fait mal-fait. Problème réel auquel je me suis heurté ! Antidote, sinon la panacée, l’interrogation écrite rapide : 20 à 30 questions, dont quelques unes du genre QCM, sur des détails incontournables, avec réponses en un mot ou à peine plus. C’est l’entrée, avant le plat de résistance, et les élèves aiment cela : ils ont l’impression, justifiée, qu’en apprenant on en tire toujours une bonne note. En géographie j’y ajoute même une carte en y demandant des renseignements ponctuels du genre “ cernez la sun belt ! ”, ou encore “ pointez et nommez 10 villes ”

et tout le monde sort épuisé...

L’heure où se déroule tout ce cérémonial est une heure chargée : - 5 mn pour s’installer et préparer les feuilles - Interrogation écrite rapide 10 mn 2mn pour souffler - 15mn pour la préparation écrite (20mn si on y joint l’épreuve courte !) - 5mn pour souffler, ramasser, tirer au sort les “ victimes ” pour l’oral - 20 mn pour deux oraux. Total, si tout va bien 52 mn ! Pas le temps de chômer ! Et il ne faut pas croire que tout se passe toujours de façon aussi huilée : l’élasticité du système est dans la phase orale, souvent réduite à une seule prestation ! ...

mais ça marche

Rien de génial dans tout cela, mais simple brouet adapté au menu. Ca ne fait pas des élèves des Démosthène ni des Pic de la Mirandole, mais bon an mal an, les statistiques du bac montrent que les élèves s’en tirent assez bien : ce n’est déjà pas si mal !

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°22, 2000.

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