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Réflexions pour une leçon sur
"l'unité italienne et allemande 1850-1870"
Par Jean-François Martini, lycée Chrestien de Troyes.
Cette leçon s’inscrit dans le cycle “ Nationalités et nationalismes en Europe avant 1914 ”. Elle en est la deuxième. La précédente répond à l’interrogation : “ La question des nationalités en Europe au milieu du XIXè siècle : quelle situation ? ”. Les élèves sont invités, en préparation, à remplir deux tableaux sur les modèles présentés à partir de trois cartes : carte des nationalités en Europe, carte des États en 1850, carte des États en 1914 1 (annexes A et B)
Le premier temps du travail en classe consiste en une mise au point du contenu des tableaux. Toutes les informations du second ne sont pas exploitées immédiatement. En effet, certaines sont utilisées dans une séance ultérieure : “ Comment éclate la Première Guerre mondiale ? ”.
Le deuxième temps se concentre sur la question : “ Quels sont les fondements du sentiment national en Italie et en Allemagne ? ”. Les bases de ce sentiment en Italie sont examinées à partir d’un exercice aussi donné en préparation. Il comporte une courte biographie de Mazzini et le texte fameux “ Nous sommes un peuple de 20 à 22 millions d’hommes … ” extrait de L’Italie, l’Autriche et le Pape (Nathan p. 133). Il est accompagné de questions. Pour l’Allemagne, la même démarche est menée à partir d’extraits du Huitième Discours à la Nation allemande de Fichte.
La troisième partie de la leçon vise à faire comprendre, en s’appuyant sur une chronologie volontairement simplifiée et une carte des explosions révolutionnaires, la dynamique du “ printemps des peuples ” à partir de l’exemple italien et allemand :
- des mouvements libéraux et nationaux d’abord dans une phase ascendante,
- les échecs et la répression.
L’Autriche apparaît alors comme le môle de la réaction en Europe. Dans cette partie, il est impératif de se limiter à des exemples significatifs sous peine d’être embarqué par un sujet fourmillant d’événements.
Bref, au terme de cette leçon, les élèves doivent avoir acquis :
- la typologie des situations en Europe ,
- les bases différentes des sentiments nationaux,
- l’idée que le “ printemps des peuples ” est un échec mais que deux États aspirent à faire l’unité : le Piémont et la Prusse.
- l’idée qu’ ils y parviennent entre 1850 et 1871 ce qui nécessite que saute le verrou autrichien.
Passons maintenant à la leçon sur “ L’unité italienne et l’unité allemande 1850-1871 ”1 elle-même. Une étude groupée est légitime. Les deux unités se font pratiquement dans le même temps contre un même adversaire. A chaque fois, un chef de gouvernement et un souverain sont impliqués dans le processus. Enfin, les deux cas posent la question des limites de l’unification, cette question est grave de conséquences pour l’histoire européenne.
La prise de contact avec les élèves se fait sous forme d’une interrogation collective qui réactive les acquis et permet de poser la problématique :
- Comment se déroulent les processus d’unification ?
- Pourquoi le Piémont et la Prusse réussissent l’unité entre 1850 et 1871 ?
- Quelles sont les limites de ces unités ?
La première partie de la leçon présente les acteurs et les forces qui poussent à l’unité. Le cas italien est d’abord abordé par un texte de Cavour tiré d’ Il Risorgimento 2 accompagné de questions. Les élèves ont préparé le texte à la maison. Le travail dialogué permet de faire sentir la notion de “ Risorgimento ” et de présenter l’auteur : un aristocrate, partisan d’une monarchie parlementaire qui a une vision européenne de la situation. La présentation du ministre amène à celle de son souverain : Victor-Emmanuel. L’étude du document fait apparaître le lien entre aspiration à l’unité et l’industrialisation. Il peut être mis en perspective par le professeur. Les premiers signes de cette industrialisation se manifestent entre 1820 et 1840. Mais l’activité économique est stimulée par les actions de Cavour dans les années 1850 (voies ferrées, canaux, ports…). Le Piémont appartient à la dorsale européenne qui va des pays noirs anglais à l’Italie du Nord en passant par la Belgique et l’Allemagne rhénane. Il contraste avec l’Italie du Mezzogiorno dominée par les latifundia des propriétaires rentiers. Les domaines agricoles du Nord, les industries sont gérées avec un esprit d’entreprise capitaliste. Cavour lui-même dirige ainsi ses terres. Ce n’est pas un hasard si, dès 1846, dans sa brochure Des Chemins de fer en Italie, il rêve de “ coudre la botte ” par les voies ferrées Le Piémont a besoin de constituer un vaste marché. Comme l’a écrit Paul Guichonnet “ Le Piémont est l’agent moteur de l’économie italienne et son dynamisme ne contribuera pas peu à rallier bien des gens à son programme politique. ” 3 Le cas allemand retient ensuite l’attention. Le point de départ est le célèbre tableau d’Anton von Werner (1885) représentant la proclamation de l’empire à Versailles le 18 janvier 18714 . Il permet de présenter Bismarck et Guillaume Ier. Faire préciser le contexte par les élèves : la funeste guerre de 1870 qui amena la perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, est possible, parfois. En partant de là, le professeur peut espérer susciter l’envie de mieux comprendre.
Les vies des deux hommes illustres, Cavour et Bismarck, sont mises en parallèle. Ils rencontrent sur leur route politique le même antagoniste : l’empire autrichien. Ce sont deux aristocrates, intéressés par une gestion capitaliste de leurs domaines, cultivés, connaissant l’Europe, deux manœuvriers réalistes et non romantiques, au service de leurs souverains. Mais, si le Piémontais est un libéral, le Prussien est hostile à ce courant politique. Pour ce junker devenu le chancelier de fer, il s’agit de réaliser l’unité de l’Allemagne pour servir son roi, ainsi la Prusse prendra la tête du monde germanique.
Le cours montre alors qu’en Allemagne l’unité économique précède l’unité politique 5 . Il se limite à trois exemples.
1. Le Zollverein, constitué sur l’initiative de la Prusse à partir de 1834, construit un espace économique sans douane intérieure, définissant une même politique commerciale vis-à-vis de l’extérieur. Cet espace, progressivement élargi, exclut délibérément l’Autriche. La superposition de transparents montrant l’un le Zollverein en 1861, donc avant l’arrivée de Bismarck aux affaires, et l’autre la carte de l’empire allemand en 1871 est convaincante pour les élèves. La Prusse est la clé de voûte de cet espace économique. Elle mène les négociations avec les pays tiers, son poids économique est décisif 6 . La partie occidentale du royaume s’inscrit, comme le Piémont, sur la dorsale industrielle européenne. Il y a là un contraste avec la situation de l’Autriche. Les historiens de l’économie notent une accélération de l’industrialisation dans les années 1850-1860, on comprend mieux alors la chronologie de l’unification politique7 .
2. Les chemins de fer tissent l’espace germanique. Une carte publiée dans “ La formation de l’unité allemande8 ” et mise sur transparent sert de point de départ. Elle montre que si la première ligne date de 1835, l’essentiel du réseau se construit entre 1840 et 1859. Le gouvernement prussien pousse à la roue : le rôle capital du ministre prussien du commerce, von der Heydt, peut être cité. “ Le rail en Allemagne est facteur d’unité9
3. Par un accord de 1857, le thaler monnaie prussienne sert de référence pour les échanges Il est alors possible en réactivant les acquis des élèves de faire un rapprochement avec le programme de géographie. Pour la construction européenne aussi, l’unification économique a précédé l’unification politique. Le passé éclaire le présent : l’Allemagne est là devant un schéma familier.
Bref, ces analyses établissent les points communs entre l’Italie et l’Allemagne. Sont décisives : l’industrialisation et la constitution d’un marché. Ce marché s’établit à une échelle qui correspond aux impératifs économiques de la civilisation industrielle. La chronologie politique se trouve expliquée par la chronologie économique et sociale. Cette première partie occupe la première heure de la leçon “ L’unité italienne et l’unité allemande 1850-1871 ”. La seconde partie s’ouvre en établissant que, pour l’Italie, l’essentiel est accompli entre 1859 et 1861.Tout d’abord, le cours montre que Cavour obtient l’alliance française en 1858-1859. Cette phase risque d’être envahie par une abondance baroque de faits, alors laissons mourir en paix les victimes de l’attentat d’Orsini, laissons l’empereur deviser dans la forêt de Plombières, allons à l’essentiel :
- Cavour est un réaliste, il a besoin des forces françaises face à l’Autriche,
- Napoléon III croit réaliser une opération politique. “ Italie ” est un mot magique pour un Bonaparte. De plus, il veut construire l’Europe des nationalités, se poser ainsi en continuateur de son oncle en s’appuyant sur les souverains contrebalançant ainsi les républicains français et italiens10 .
- Rothschild, depuis Paris, s’intéresse au financement de la politique ferroviaire piémontaise. Néanmoins, lorsque la guerre se profile réellement les milieux économiques s’inquiètent.11
Une série de croquis sur l’unité italienne est proposée aux élèves pour visualiser les différentes étapes12 , les fonds et les légendes sont prêts, il ne reste plus qu’à colorier quand elle est distribuée. Le premier montre l’Italie morcelée avec en légende :
- le Royaume de Piémont-Sardaigne,
- le projet de royaume de Haute Italie,
- Nice et la Savoie revenant à la France,
- une flèche montrant l’aide militaire française envisagée,
- une flèche montrant les Autrichiens chassés d’Italie.
Pour l’étude de la guerre contre l’Autriche, l’idée-maîtresse est la suivante : son résultat est plus limité que prévu. Auparavant, il convient de pointer l’attitude de François-Joseph qui déclenche la guerre alors que Napoléon III est hésitant. Pour les opérations, on travaille avec la carte murale en évoquant les noms de Magenta et de Solférino. Le revirement de Napoléon III est expliqué classiquement (Villafranca juillet 1859) :
- il constate l’impréparation de l’armée,
- il rencontre l’hostilité des catholiques français attachés aux Etats du pape,
- il craint une guerre sur le Rhin, les Etats allemands mobilisent effrayés de voir de nouveau un Bonaparte dessinant la carte de l’Europe.
Un deuxième croquis montre la situation après les événements de 1859-60
- le royaume de Piémont en 1859,
- le territoire arraché aux Autrichiens,
- les territoires réunis au Piémont après plébiscite,
- les acquisitions françaises : Nice et la Savoie,
- le territoire restant aux Autrichiens,
- l’intervention française avec une flèche.
L’expédition des Mille est ensuite évoquée à partir d’une reproduction de la fresque conservée au Palais public de Sienne représentant la rencontre entre Garibaldi et Victor-Emmanuel13 . Cela permet de présenter le ralliement des républicains à la solution piémontaise. La démonstration s’achève en proposant un troisième croquis montrant que l’essentiel est bien achevé en 1861 quand Cavour quitte la scène.
La troisième partie du cours se centre sur la phase décisive de l’unité allemande à partir de 1862. Là encore, la présentation des faits risque de compromettre l’efficacité de la démonstration, il faut faire sèchement des choix. Ici sera seulement mentionné l’essentiel de la démarche. Pour les guerres, la leçon s’appuie sur les cartes murales et les chronologies. L’idée-maîtresse est la suivante : l’unité allemande se fait bien “ par le fer et le feu ” Mais chaque fois Bismarck manœuvre diplomatiquement son adversaire en l’isolant du reste des puissances.
A propos de Sadowa, trois points majeurs sont soulignés :
- la victoire de Moltke face à l’Autriche consacre la suprématie prussienne définitivement dans le monde germanique, elle renverse les données géopolitiques dans l’Europe médiane et a donc une portée décisive dans l’histoire du XIXè et aussi du XXè siècle.
- la victoire est celle d’une armée adaptée à la civilisation industrielle (canon Krupp en acier, fusil Dreyse surclassant l’arme autrichienne, État-Major maîtrisant les problèmes de mobilisation, rompu à l’utilisation des chemins de fer et du télégraphe) face à une armée qui est restée plus traditionnelle. Cette armée prussienne moderne , Bismarck et son équipe l’ont voulue et construite avant la confrontation.
- la victoire est finalement celle d’une puissance industrielle qui pèse de plus en plus lourd face à l’Autriche qui connaît une industrialisation beaucoup plus limitée.
Sur la guerre de 1870, le cours se limite à l’essentiel au sujet des causes :
- désir de l’entourage impérial de
briser l’ascension prussienne et de redonner de l’éclat au régime par une victoire,
- volonté de Bismarck d’entraîner les États allemands dans le conflit pour cimenter
l’unité.
Laissons donc l’ambassadeur Benedetti faire seul ses démarches diplomatiques et Émile Ollivier accepter la guerre d’un cœur léger. Pour le déroulement du conflit14 , le travail se fait encore avec la carte murale et une chronologie. Ce sont surtout les conséquences qui sont mises en évidence en réutilisant le tableau d’Anton von Werner et des cartes :
- proclamation de l’empire allemand,
- entrée des Italiens dans Rome,
- traité de Francfort et perte de l’Alsace-Lorraine.
Un ultime paragraphe souligne les limites des unités en s’appuyant sur les cartes des manuels. Pour l’Italie15 :
- la question des “ terres irredentes ”, grave de conséquences, est posée,
- l’Italie est faite mais l’unité nationale reste à faire, le Nord et le Mezzogiorno sont mal soudés. Voilà un trait qui explique des réalités géographiques et politiques d’aujourd’hui,
- l’unification ne donne pas à l’Italie le statut de grande puissance. La frustration née de cette réalité pèsera sur la politique italienne, politique extérieure et intérieure.
Pour l’Allemagne :
- l’empire allemand n’est pas rigoureusement un État-nation , mais un empire multinational. Certains Allemands en sont exclus, des Polonais, des Danois y sont englobés.
- la question d’Alsace-Lorraine est double. Des tensions se manifestent entre les Alsaciens-Lorrains et Berlin. Elle empêche toute réconciliation durable entre la France et l’Allemagne.
Toute démarche pédagogique suppose des choix raisonnés. Celle proposée ici en a fait explicitement. Ils visent à mettre l’axe d’effort du côté de la réflexion en évitant l’accumulation des faits qui finit par perdre les élèves. Ils cherchent aussi à donner une cohérence générale à la mise en œuvre du programme en montrant l’importance décisive de l’industrialisation. Enfin, ils tentent de mettre en place des éléments de lecture d’un passé plus proche. Puisse ce travail permettre aux jeunes générations de mieux comprendre l’Europe dans laquelle elles vivront et agiront !
1 Signalons la bibliographie consacrée à l’Allemagne (1850-1920) par François-Georges Dreyfus et celle consacrée à l’Italie (1850-1920) dans Historiens et Géographes, n°349, juillet-août 1995.
2 Le texte se trouve dans : Histoire et Civilisations, classe de Seconde, sous la direction de F. Lebrun, Belin, 1981, 383 p., p. 244
3 Paul Guichonnet, L’Unité italienne, PUF, 1970, 127 p., p. 74
4 .Manuel Nathan, classe de Première, sous la direction de Jacques Marseille, 1997, p. 135
5 On consultera avec profit les pages que Claude Caron et Michel Vernus ont consacrées à l’unité allemande dans L’Europe au XIXè siècle, ouvrage publié chez Armand Colin.
6 D’après Claude Caron et Michel Vernus vers 1850 la Prusse représente 66% de la production industrielle et 40% de la population du Zollverein.
7 “ L’Allemagne n’échappe pas à la règle : comme dans le cas de l’Italie, il existe un parallélisme chronologique entre la naissance de l’État et le développement d’une économie nationale. ” Claude Caron et Michel Vernus, ouvrage cité.
8 Jacques Droz, L’Allemagne, tome 1, collection Histoire contemporaine, Hatier, 1970, 223 p., p. 108
9 François G. Dreyfus “ L’Europe germanique ” dans Histoire économique et sociale du monde, tome 3 sous la direction de Pierre Léon, 619 p., 1978, p. 508.
10 Voir à ce sujet Louis Girard, Napoléon III, collection Pluriel, Hachette.
11 Voir à ce sujet Louis Girard, ouvrage cité.
12 Les manuels donnent en général sur une carte toutes les phases de l’unification, une série de croquis est préférable, elle permet de mieux suivre la dynamique en présentant comme un film.
13 Le document est reproduit dans le manuel de Première paru chez Belin sous la direction de Valéry Zanghellini en 1997, p.115.
14 On consultera avec profit La Guerre de 70 de François Roth, Pluriel, Hachette, 1993, 778 p. On trouvera des pistes pour des TPE en particulier dans la quatrième partie “ Mémoires de la guerre ”. On y rencontre aussi le thème de la frontière !
15 Voir Sergio Romano, Histoire de l’Italie du Risorgimento à nos jours, collection Points, Seuil, 1977, 366 p.
Document 1 : La conception allemande de la nation Johann Gottlieb Fichte (1762-1814) philosophe d’origine saxonne dénonce Napoléon pour avoir trahi les espérances nées de la Révolution. Il prononce ses célèbres Discours à la nation allemande à l’Université de Berlin alors que la ville est encore occupée par les troupes françaises (1807-1808). A l’époque, il touche surtout les élites mais définit ce qui constitue la base du sentiment national allemand. Pour eux [les ancêtres germains], la liberté consistait à rester allemands, à conserver eux-mêmes avec indépendance la direction de leurs intérêts conformément à leur caractère originel, à transmettre cette autonomie à leurs futurs descendants, conformément à leur esprit originel, pour eux l’esclavage eût consisté à accepter les bienfaits que les Romains leur offraient et qui les auraient rendus non-allemands et à moitié romains On comprend facilement que chacun ait préféré mourir plutôt que se soumettre, et que tout véritable Allemand doit vouloir vivre seulement pour être et rester Allemand, et préparer les siens à une pareille vocation [...]. Nous, héritiers directs de leur sol, de leur langue et de leur pensée, soyons leur reconnaissants d’être encore Allemands et de pouvoir vivre d’une existence indépendante et autonome ; soyons leur reconnaissants de tout ce que nous avons été depuis, comme nation, et de tout ce que nous serons dans l’avenir […] s’il reste dans nos veines encore un peu de leur sang. J. G. Fichte, Discours à la Nation allemande, “ Huitième discours ” traduit par Léon Philippe, Paris, Delagrave, 1895, 264 p., p. 160. 1. Présentez l’auteur et le document en les resituant dans leur contexte 2. Pourquoi, dans ce contexte, Fichte oppose-t-il les ancêtres germains aux romains ? 3. Quels sont les bases du sentiment national allemand pour l’auteur ? Document 2 : La construction des chemins de fer cf. carte publiée dans “ La formation de l’unité allemande 1789-1871 ” de Jacques Droz dans L’Allemagne, tome 1, collection d’histoire contemporaine, 1970, 223 p., p.108. (document non reproduit ici)
ANNEXE A.
États constitués sur le modèle de l’Etat-Nation (État dont la population a le sentiment d’appartenir à une même nation) États multinationaux regroupant différentes nationalités Nationalités fractionnées en de nombreux États Nationalités sans ÉtatANNEXE B.
Deux grandes nationalités ont fait leur unité Lesquelles ? :
1.
2.
Quand ? voir chronologie du livreDes limites cependant : voir en cours Des empires multinationaux subsistent Lesquels ? Précisions apportées en cours Un empire multinational connaît des reculs entre 1850 et 1914. Il est surnommé "l’homme malade" de l’Europe ? Lequel ? Précisions apportées en cours A l’Ouest une question nationale non résolue Des processus politiques et militaires : points communs et différences
Italie 2 chefs de gouvernement AllemagneCavour Au service de deux souverains BismarckVictor-Emmanuel arrive au pouvoir en 1852 et meurt en 1861 Mais un décalage de dix ans Guillaume Ier arrive au pouvoir en 1862 Cavour vient de quitter la scène Deux aristocrates, soucieux de la gestion de leurs domainesCavour a fait des séjours dans l’Europe industrielle Deux hommes cultivés connaissant l’Europe Bismarck a été ambassadeur à Saint-Pétersbourg et à ParisCavour est un libéral Mais des convictions politiques différentes Bismarck est un junker hostile aux idées libéralesLa puissance militaire du Piémont est limitée :
- Cavour cherche l’alliance française (1859)
- Les Piémontais exploitent la conjoncture européenne (1860-1866-1870) Les rôles de la diplomatie et de la guerre sont différents La puissance militaire prussienne est forte, l’armée est un outil de l’âge industriel. Bismarck isole diplomatiquement ses adversaires et les écrase par la force (Sadowa-Sedan)La question des “ terres irredentes ” reste posée.
- L’Italie est faite, reste à unifier les Italiens - L’Italie unifiée n’obtient pas un statut de grande puissance Des limites aux processus d’unité-L’empire allemand englobe des Polonais, des Danois
- La question d’Alsace-Lorraine est ouverte
L’unité italienne et l’unité allemande : les forces au travail et les processus politiques
+ une industrialisation limitée
+ une aristocratie socialement dominante
+ une hostilité aux idées libérales
+ une Eglise catholique conservatrice jouissant d'une palce privilégiée
Un facteur à l'oeuvre depuis 1820 : l'industrialisation du Piémont et de la prusse rhénane appartenant à la dorsale européenne. Les milieux dirigeants éprouvent la nécéssité de bâtir des marché à l'échelle de l'économie industrielle
Un facteur à l'oeuvre depuis la révolution et l'Empire (1789-1815) : le mouvement des nationalités avec des manifestations culturelles et politiques
+ la Prusse réalise un espace économique allemand unifié à partir de 1843 (Zollverein) d'où est exclue l'Autriche;
+ Le Piémont rêve de "coudre la botte" (1847)
+ En 1848-1850, l'Autriche et son armée sont assez puissantes pour briser les mouvements nationaux.
+ Mais la Prusse et le Piémont paraissent capables de réaliser un jour l'unité.
+ L'industrialisation s'accélère dans les années 1850. S'enclenche alors les processus politiques et militaires qui vont mener aux unités
Après Sadowa (1866), l'Allemagne est la grande puissance du monde germanique et de l'Europe médiane.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°22, 2000.
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