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La carte au Trésor
Par Laurent Bastien, Collège Anne Frank, Saint-Dizier.
Enseignant en ZEP au Vert-Bois de Saint-Dizier depuis 4 ans, j’ai eu cet année un emploi du temps avec une heure d’atelier lecture CM2-6ème (Collège et SEGPA) avec environ 10 élèves. Cette heure allait bouleverser la pédagogie d’une séquence de leçon traditionnelle.
Le but des ateliers lecture est de donner (ou redonner) le goût à la lecture par des moyens originaux en rapport ou non avec notre discipline d’enseignement. Les supports peuvent être de tout ordre (bandes dessinées, contes, publicité, théâtre, caricature à partir de fables….).
Désirant travailler dans ma discipline, j’ai choisi de travailler sur une forme de travail assez difficile pour des élèves de 10-12 ans, la lecture de carte et de plan. La principale difficulté était de trouver un moyen ludique pour appréhender cette forme de lecture face à un public de ZEP. Ce moyen me fut inspiré par l’émission télévisée de France 3 « La carte aux trésors ».
Le but du travail est de reconstituer le parcours d’un pirate ayant laissé un trésor. Chaque heure, une ou deux énigmes (sous l’aspect d’un parchemin) sont distribuées aux élèves mis par équipe de 3 personnes. Le but est de comprendre le sens de l’énigme, de décoder les indices afin de trouver la nouvelle étape du pirate. L’étape peut être un endroit du collège, de la ville, du département, de la région, de la France ou même du monde. Pour les aider à comprendre le sens du parchemin, chaque équipe possède un coffre contenant :
-un dictionnaire
-un atlas
-un plan du collège
-une carte du département de la région
-un plan de Paris, du réseau RATP et des horaires SNCF (pour l’étape parisienne)
Chaque étape trouvée permet à l’équipe d’avoir un parchemin supplémentaire qui les rapproche du trésor final.
Cet atelier permet d’appréhender la lecture de carte et de plan à différentes échelles (du collège à la terre entière). Il permet aussi de se repérer face à une documentation plus ou moins importante pour des élèves de 10 à 12 ans ; la recherche d’information dans un atlas ou sur un plan de la RATP étant par ailleurs la plus difficile d’accès pour les élèves.
Prenons un exemple de ce qu’une énigme simple peut apporter aux enfants. Une des étapes se situe au Mexique. L’énigme suivante est : « Je repars tout au Nord dans le pays des Inuits. En motoneige je me rends près d’un lac qui porte le nom du premier ministre anglais de la 2ème guerre mondiale ». Par ce biais les élèves doivent avoir différents cheminements intellectuels. Tout d’abord ils doivent repérer les pays de la partie septentrionale du Mexique, puis chercher « Inuit » dans un dictionnaire. Ils savent alors que la nouvelle étape est canadienne. Ensuite ils essayent de comprendre la deuxième partie de l’énigme (qui est la plus complexe). La difficulté est de faire le lien entre « anglais» et « Royaume-Uni ». Quand ce lien est établi il faut chercher l’histoire de ce pays dans un dictionnaire. A partir de cet élément il est aisé pour les équipes de localiser sur un atlas le Lac Churchill, lac canadien.
Cet atelier plait assez aux élèves car l’aspect ludique est important (point par énigme trouvée, perspective d’un trésor ). A la fin de la première rotation de 8 semaines (qui permet de changer d’atelier) un élève a dit « on joue tout en se creusant la tête ». C’est un peu de but de cet atelier-lecture qui pousse les enfants à lire et à comprendre aussi bien des énigmes que des cartes, supports que l’on peut plus facilement réutiliser dans nos leçons dites « traditionnelles ».
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°23, 2001.
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