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Par
Anne-Lise Pleux, Lycée Joliot-Curie, Romilly-sur-Seine
et Marc Salach, Collège Paul Langevin, Sainte-Savine.
Pour leur quatrième année d’existence, les Rendez-vous de l’Histoire avaient choisi un thème séduisant, polémique et ambitieux : “ les utopies, moteurs de l’histoire ”.Après un bref discours d’ouverture du ministre de l’éducation nationale et 1° adjoint au maire de Blois, M. Jack LANG, Maurice SARTRE, conseiller scientifique permanent, rappelait l’origine moderne du mot, forgé par Thomas MORE dans son ouvrage éponyme, Utopie étant à la fois une cité idéale et une cité de nulle part. Il rappelait ensuite que les utopies sont d’abord les reflets des préoccupations des époques qui les engendrent, leur critique et leur dénonciation et qu’il y eut des temps privilégiés pour leur émergence comme la Grèce antique, la Renaissance ou l’âge industriel.
A partir de là le programme éclectique, abondant mais inégal proposait des débats, des communications scientifiques, des cafés littéraires, un riche salon du livre avec des ateliers lecture et multimédia, un cycle cinéma, des expositions photographiques, un colloque ( “ l’historien biographe et ses sources ”) et un séminaire européen d’experts concurremment au sommet européen de Biarritz (“ apprendre l’histoire de l’Europe ”) .Le choix fut parfois difficile d’autant que l’organisation matérielle souffrait encore de défauts de jeunesse, concomitance des évènements, éxiguité des amphithéâtres trop vite complets, difficulté de stationner et de se restaurer (nous avons d’ailleurs regretté le salon de la gastronomie du F.I.G. de Saint-Dié des Vosges).Quant au contenu, il alternait le meilleur et le pire entre la géniale conférence du sociologue Alain TOURAINE “ la société comme utopie ” et des communications qui n’avaient de scientifiques que le nom au cours desquelles s’écharpaient anachroniquement trotskistes et marxistes –léninistes ou staliniens à peine repentis…Nous avons regretté en outre la part trop restreinte accordée aux utopies du XIX° siècle au profit de sujets plus accrocheurs pour le grand public qui parfois s’éloignaient trop ou maîtrisaient mal le thème du festival comme “ le féminisme, une utopie ” ou “ l’idée d’Europe au XX° siècle ”…Malgré tout la majorité des interventions suscitait l’intérêt et le désir d’approfondissement, en particulier les entretiens pédagogiques de l’A.P.H.G. “ enseigner les utopies urbaines des XIX° et XX° siècles ”, les débats “ le suffrage universel est-il une utopie ? ” et “ le communisme est-il une utopie ” animé par M. Michel WINOCK et organisé par le magazine L’Histoire et enfin, le dimanche matin à l’heure de la messe, “ le paradis contre l’utopie ” avec un Jean DELUMEAU toujours aussi lumineux.
Tout compte fait un événement comme celui-ci mérite bien le déplacement ne serais-ce que pour les retombées didactiques dans nos pratiques quotidienne au collège comme au lycée. Il est probable qu’à l’avenir les défauts inhérents à la jeunesse de l’organisation seront peu à peu gommés et que cette manifestation deviendra un moment incontournable pour nos matières à l’égal du Festival International de Géographie de Saint-Dié.
Pour en savoir davantage sur le contenus des interventions, des comptes –rendus sont disponibles en ligne sur le serveur Internet académique de la région centre (Orléans). N’oubliez pas d’autre part que vous pourrez vous inscrire aux prochains rendez-vous de l’histoire de Blois en bénéficiant d’une autorisation d’absence par le prochain P.A.F 2000/2001.A vous y rencontrer.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°23, 2001.
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