|
|
||
|
|
||
Editorial
Par Gracia DOREL-FERRE et Patrice GIELEN, IPR-IA, Reims.
Parmi les grands chantiers dont nous avons la responsabilité, celui de la formation à une citoyenneté européenne n'est pas le plus mince. Sujet complexe s'il en est, encore largement immergé dans une gangue de préjugés et d'idées reçues, l'Europe a du mal à se frayer chemin entre les sentiments nationaux, largement développés pendant le XX siècle, la renouveau des «petites patries» que la France «une et indivisible» avait occulté, et les mirages d'une culture mondiale, aux allures de «stars and stripes». Notre action dans ce domaine est donc déterminante.
Nous avions, dans le numéro précédent, posé un premier jalon grâce à Hubert Husson: l'Europe est présente dans notre enseignement au collège au travers de l'éducation civique. Nous poursuivons, en élargissant notre propos aux classes européennes, présentes au niveau de trois langues majeures: l'allemand, l'anglais et l'espagnol.
C'est une mesure récente. C'est pourquoi nous avons souhaité rappeler les textes officiels ainsi que le rapport récent fait par l'Inspection Générale sur la place de l'Europe dans nos enseignements. Mais pour autant avons-nous suffisamment réfléchi sur l'objet d'enseignement Europe? Patrice Gielen, qui gère plus spécialement ce dossier avait tenu à organiser une journée d'études sur ce thème. Les contributions des collègues figurent ici.
L'Europe ne peut se réduire, cependant, à une réflexion pédagogique, si nécessaire soit-elle. Il reste encore à clarifier quelle Europe nous avons en tête, en évitant de tomber dans les pièges de l'anachronisme ou encore de la préméditation récurrente, comme c'est le cas pour cette exposition sur l'Europe carolingienne qui est en train de circuler dans quelques pays voisins. En admettant que Charlemagne soit en quelque sorte le précurseur d'une Europe que nous appelons de nos vux, il n'en fut ni le concepteur ni le fondateur. Ou nous risquons de survaloriser ceux des français, des italiens et des allemands qui vivent aujourd'hui d'aujourd'hui dans ce qui constituait l'Empire. On aurait alors des européens de souche et les autres Prenons-y garde: l'Europe, ce n'est pas l'idée d'un moment du passé à laquelle nous voulons nous conformer, mais une construction actuelle, entre pays voisins, dont la finalité essentielle est la paix future.
Gracia Dorel-Ferré
Patrice Gielen
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°24, 2001.
|
|
||
|
|
||