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Stage des professeurs débutant en collège

Par Frédéric Testu, collège Scamaroni, Charleville-Mézières.*

La Journée du jeudi 22 mars a été consacrée à la mise en place de la trame générale du cours sur la période révolutionnaire (1789.1815 y compris donc le consulat et l'empire) en classe de quatrième.

Le programme officiel propose deux démarches : Soit une démarche chronologique (non retenue durant le stage), soit une démarche thématique. Les professeurs réunis ont tous opté pour la démarche thématique.

Les objectifs du cours sont pour tous, de donner aux élèves un minimum de connaissances mais aussi de permettre aux élèves grâce aux évènements et aux notions étudiées de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

I) Une vision d'ensemble (2 h)

Attention toutefois cette phase est courte : deux heures . Il n'est donc pas question ici de s'attarder sur les évènements (ce qui sera fait dans la suite du cours) mais au contraire de montrer aux élèves l'évolution parfois lente parfois rapide de la société française durant la révolution.

Tous insistent toutefois sur la nécessité, avant de développer certains thèmes, de cadrer la période révolutionnaire dans une vision d'ensemble. L'acquis de cette vision d'ensemble doit nécessairement passer par la construction par les élèves d'une frise chronologique simple et épurée. Pour ce faire plusieurs pistes ont été proposées. La plus classique est sans doute celle qui utilise le manuel. Pour tant elle n'a pas reçu un large accueil. En effet la plupart des collègues proposent d'autres voies. L'une de celle-ci est l'utilisation d'une courte vidéo du CDDP intitulée les grandes phases de la révolution (20-25 minutes). Elle permet aux élèves (sensibles à la vidéo) d'entrer rapidement dans le vif du sujet.

La deuxième piste retenue est celle de l'utilisation de ce qui apparaît souvent dans les manuels comme étant un exercice de bilan à savoir la mise en corrélations de vignette (gravure, dessin…) représentant les évènements principaux de la révolution et la frise. 8 documents peuvent servir à établir cette frise rapide :

- Le serment du jeu de paume

- La prise de la Bastille

- Schéma d'organisation et de fonctionnement de la monarchie constitutionnelle

- Les évènements du 10.08 (vidéo : le film « officiel » de la révolution française : les années lumières)

- Biographie de Robespierre (travail réalisé par les élèves à la maison avant le début du cours)

- Carte des conquêtes

- Préfet/ Franc Germinal

- David (tableau du sacre)

La première solution peut-être envisagée pour une classe de bon niveau, la seconde pour une classe un peu plus faible.

Une première mini-évaluation peut avoir lieu à ce moment du cours. Il est en effet impératif, pour que la suite du cours fonctionne, de s'assurer que tous les élèves aient acquis la trame chronologique d'ensemble, puissent dater quelques évènements et connaissent les grandes ruptures (passage de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle, puis à la république, enfin au consulat et à l'empire. Il est également nécessaire de s'assurer que les élèves soient capables de définir au moins deux termes de vocabulaire à savoir monarchie et république.

II) Etude thématique (6 h)

5 ou 6 thèmes ont été retenus. Le débat est en fait de savoir quelle place il faut donner à la période de la terreur.

Le premier thème (1 heure) retenu est celui de l'étude d'une journée révolutionnaire. Deux dates sont possibles le 14.07.1789 et le 10.08.1792. L'idéal pour cette étude semble être le récit oral de l'enseignant. Le professeur d'histoire racontant ainsi une « histoire ». Toutefois une séquence vidéo peut également être utilisée (toujours le film « officiel » sur le révolution française). La trace écrite prendrait ainsi la forme d'un schéma ou chaque élément entrerait en interaction avec les autres.

Le deuxième thème (2 heures) est celui des premiers acquis, c'est-à-dire les grandes décisions de l'assemblée constituante. La première heure pourrait être consacrée à la journée du 04.08, à la création des départements et à la mise en place du système métrique. Ou bien on peut garder cette première partie du thème 2 pour la traiter au moment du bilan. La seconde heure serait quant à elle consacrée à l'étude de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Pratiquement tous les enseignants présents utilisent la méthode du cours dialogué pour étudier la DDHC. Toutefois cette méthode ne semble pas satisfaire totalement. Plusieurs propositions ont été faites pour trouver une autre voie (construction d'un tableau montrant l' « avant » et l' « après », questionnaire écrit, travail par groupe : chacun ayant les articles clés plus quelques autres….) mais aucune n'est apparue totalement pertinente dans la mesure où l'obstacle à franchir est celui pour les élèves de la « traduction d'un texte » difficile d'accès. La trace écrite en fonction de la méthode choisie sera donc soit un tableau soit un texte. Toutefois, chaque élève devra mémoriser les articles clés de la déclaration (l'article 1 étant inévitable).

Le troisième thème (30mn.) retenu est celui de l'invention de la politique et/ou de la liberté de la presse (Les lieux du pouvoir officiels et officieux, un exemple de débat, Napoléon et le pouvoir, comment se réalise un journal (extraits du film), la diversité des opinions à travers la presse, Napoléon et la presse (lettre à Fouché)).

Le quatrième thème retenu (1 heure ½) est celui de la guerre. Guerre extérieure (diffusion des idées révolutionnaires) mais aussi guerres intérieures (Vendée et terreur) ; guerre de conquêtes et résistance (A travers les œuvres de Goya). La terreur est-elle à traiter ici ou à part ? La question a partagé… C'est dans cette partie qu'il faut utiliser le plus de cartes, également (à la maison , au CDI, en classe…) l'étude de la biographie de La Fayette et de Bonaparte mais aussi étudier les œuvres de Goya.. La carte des conquêtes pourrait être schématisée dans le cours.

Le cinquième est dernier thème retenu (1 heure) est celui du bilan et de l'ouverture. Quels sont les héritages de la révolution aujourd'hui en France et à l'extérieur de la France dans la vie politique, dans la presse, dans les symboles, les libertés et les droits, l'économie… Cette partie est sans doute l'occasion de démystifier la période révolutionnaire sans lui retirer son importance et son essence, mais également de montrer son importance dans nos structures actuelles.

Bilan du stage 

Ce stage animé par Bernadette Tisserand s'est déroulé dans une ambiance sympathique et studieuse. Il a permis à tous les collègues de confronter leur point de vue et de réfléchir à leur pratique quotidienne.

Un collègue a présenté les guerres de Vendée :

Les guerres de Vendée

« les guerres » : la guerre de 1793-1794, les soulèvements de 1795-1796, 1799, 1815 et 1832

« de Vendée» : il s'agit de la «Vendée militaire» (Vendée, Loire _Atlantique, Maine et Loire, Deux Sèvres).

Les insurgés vendéens sont dénommés « les brigands » par la Convention.

Causes du soulèvement :

déception par rapport à la Révolution et la République (exécution du roi, la bourgeoisie puissante)

Constitution Civile du clergé (1791), or la majorité des prêtres vendéens sont réfractaires…

Conscription : événement déclencheur

Le principal conflit eu lieu en 1793-1794 et comporte plusieurs phases

la guerre de Vendée (1793)

guerre conventionnelle entre l'armée catholique et royale (les « Blans »)/ l'armée républicaine (« les Bleus »).

Mars 1793 : soulèvements spontanés de paysans refusant la conscription. Les insurgés se cherchent ensuite des chefs parmi les nobles locaux (anciens militaires). Deux exceptions : les roturiers Cathelineau et Stofflet.

L'armée catholique et royale comporte 40 000 à 80 000 hommes.

Chefs vendéens : trois généralissimes successifs (Cathelineau, d'Elbée et La Rochejacquelin)

Bonchamps, Stofflet, Charette, Lescure.

Chefs républicains : Kléber, Marceau, Hoche, Westermann, Turreau.

Mars au 29 juin 1793 : victoire des insurgés (prises de Cholet, de Saumur et d'Angers)

29 juin 1793 _ 17 octobre 1793 : le rapport s'équilibre entre les deux armées puis défaite des Vendéens.

29 juin : échec de la prise de Nantes, mort du généralissime Cathelineau

Juillet : arrivée de l'armée républicaine de Mayence

17 octobre 1793 : défaite vendéenne à Cholet, mort du généralissime d'Elbée

Fin de la guerre « conventionnelle ».

La Terreur (1793 à 1794)

octobre _ décembre 1793 : la Virée de Galerne : 60 000 à 100 000 Vendéens soldats et civils passent la Loire. Ils vont jusqu'en Normandie chercher l'aide des Anglais et des Chouans de Bretagne. Echec du siège de Granville par les Vendéens. Retour désastreux en Vendée.23 décembre 1793 : bataille et massacre de Savenay. Quelques milliers de personnes survivantes.

Il n'y a plus d'armée catholique et royale. Mais la Convention décide d'écraser définitivement la Vendée :

janvier _ février 1794 : noyades organisées par Carrier à Nantes (plusieurs milliers de morts).

Janvier _ mai 1794 : passage des douze «colonnes infernales», armées dirigées par Turreau, chargées de ravager la Vendée (destructions et massacres de civils).

La pacification (1794 _ 1796) (avec la chute de Robespierre)

Envoi du général républicain Hoche : dialogue avec les chefs vendéens survivants.

17 février 1795 : Paix de la Jaunie (liberté de culte, gel de la conscription et amnistie).

Février et mars 1796 : exécution des derniers généraux vendéens Stofflet et Charrette. Ils avaient rompu la Paix de la Jaunie. Royalistes, ils refusaient la République. Ce dernier soulèvement n'eut jamais l'ampleur de celui de 1793.

Bibliographie :

ouvrages classiques d'E.Gabory et de A.Billaud.

Travaux universitaires de J.C.Martin.

* Compte rendu du stage des professeurs débutant en collège.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°24, 2001.

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