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Shangai vue par les élèves de 1ère en TPE

Lycée Français de Shangai

Introduction

Avec 9 600 000 km2 et une population d'1,3 milliard d'habitants, la Chine est une grande puissance mondiale en plein développement. Pourtant, avec la révolution culturelle menée par Mao ZEDONG, la Chine doit faire face à un retard économique social et culturel sans précédent par rapport aux autres puissances mondiales (Etats-Unis, Japon, Allemagne et France).

Depuis l'arrivée de Jiang Zeming au pouvoir, la Chine commence seulement à ouvrir ses portes au reste du monde. Avec la mondialisation, elle doit s'adapter progressivement à la nouvelle économie, et Shanghai est la ville choisie par le gouvernement pour être la pionnière de cette ouverture vers l'occident. Nous pouvons en remarquer dans son intense urbanisation depuis une dizaines d'années. Français vivant à Shanghai, nous allons vous présenter comment les shanghaiens s'adaptent à la rénovation de leur ville. Pour cela, nous verrons dans un premier temps les différents styles de construction et d'architecture shanghaienne, les vieux quartiers, les lilong, et le nouveau quartier de Pudong, pôle de développement économique de la ville de Shanghai et du pays.

Puis dans un second temps, nous analyserons la partie plus sociale de la problématique, d'abord la réforme du logement et enfin la manière dont les chinois arrivent à gérer la réforme.

Le quartier de Pudong :

I- Les avantages de développement à Pudong

Trois avantages pour aller s'implanter à Pudong :

1) Ses mesures attractives et son rôle stratégique

Le gouvernement considère Pudong comme un pôle de développement doté d'un rôle stratégique.

En 1990, dans son plan de développement, le gouvernement a pris la décision de développer Pudong et d'ouvrir ses portes vers l'extérieur :

Il s'agissait de faire de Pudong la tête de dragon du développement et de Shanghai un centre international économique, financier et commercial afin d'encourager le développement du delta et des bassins du Yangtsé.

Par la suite, on a favorisé la construction d'infrastructures et permis à la zone d'expérimenter les avantages du système de réforme et d'ouverture de la Chine

2) Sa localisation géographique, sa main d'œuvre qualifiée, les techniques et le marché de Shanghai

La nouvelle zone de Pudong se situe au carrefour de l'embouchure du Yangtsé, à proximité de l'ancienne zone urbaine de Shanghai et du delta du Yangtsé fertile et densément peuplé.

Pudong fait face au Pacifique et est situé à proximité de territoires très développés comme Taiwan, Hong Kong, Macao ou Singapour.

L'aéroport de Pudong offre des vols réguliers en direction de l'Europe, des Etats-Unis, du Japon et du Canada, mais aussi des dizaines de vols internes vers Pékin, Hong Kong et Singapour

La main d'œuvre est abondante et qualifiée. Les ouvriers peuvent occuper leur postes de travail après seulement deux semaines de formation.

Hitachi a réduit son temps de travail de moitié en s'installant à Pudong par rapport à l'usine qu'elle avait au Japon.

De plus, les ouvriers touchent des salaires assez bas. Aussi, pour les investisseurs est-ce assez rentable de s'installer à Pudong.

3) Ses assises solides

Après plusieurs années d'efforts Pudong a essayé d'améliorer son environnement. Plusieurs ouvrages d'infrastructure ont ainsi été améliorés :

- dans l'alimentation en eau, en électricité, en charbon

- dans les télécommunications

- dans les installations portuaires

- dans l'urbanisme

- dans le développement des quartiers d'habitation

II- Le développement des industries de technologies de pointe

Le but de la Chine est d'atteindre le niveau mondial en développant les industrie de pointe afin de s'intégrer à la coopération économique internationale.

A Pudong, la zone commerciale et financière de Lujiazui regroupe plus de soixante-dix institutions financières chinoises et étrangères dont trente-deux appartiennent à des institutions à capitaux étrangers.

Des sociétés de Shanghai telles le Centre d'échanges immobiliers et fonciers de Shanghai, le Marché des transactions des droits de propriété, le Marché des métaux, la Bourse des valeurs de Shanghai… ont transféré leur centre d'affaires à Pudong ce qui encourage ce quartier à devenir, la Chine l'espère un des plus importants centre de capitaux de Chine et d'Asie.

La zone industrielle Jinqiao compte environ 312 projets financés par des sociétés multinationales formant un groupe de cinq industries piliers :

- l'industrie micro-électronique

- les télécommunications

- les appareils électroménagers

- l'automobile

- les pièces détachées

La zone Waigaoqiao a accueilli une dizaine de multinationales comme HP, Intel, IBM, Philips…

La zone industrielle des technologies de pointe Zhangjiang se spécialise sur des projets à haute teneur scientifique, il concentre les activités suivantes :

- de bio médecine,

- d'ingénierie génétique.

Une Sillicon Valley des médicament est en train de se construire.

III- De nouveaux objectifs de développement

Pour les investisseurs étrangers, Pudong est une porte d'entrée au sein de l'économie de la Chine ; pour les investisseurs asiatiques c'est aussi une porte importante pour l'Asie.

Pudong va devenir une sorte de pont qui va relier l'économie intérieure chinoise à l'économie mondiale.

Il va grâce aux technologies de pointe, essayer de perfectionner les secteurs suivants :

- le mode d'introduction de ses capitaux

- le niveau des services

- la protection des droits sur la propriété intellectuelle

- l'encadrement des entreprises étrangères

- le développement d'une zone touristique de renommée internationale

Pudong doit ainsi transformer Shanghai en un des centres financiers et commerciaux du 21e siècle

IV- Des problèmes persistants

Pudong a beau faire figure de géant où tout à été étudié, quelques défauts subsistent :

- le système politique actuel qui impose certaines restrictions,

- l'économie qui reste essentiellement basée sur le secondaire (surtout l'industrie lourde)

Pudong doit doit développer le secteur tertiaire comme celui des banques, qui pour la plupart ont encore une activité restreinte.

La conséquence directe de cette situation est un frein aux gros investissements alors que la croissance du quartier repose essentiellement dessus.

A cela s'ajoute une pénurie de personnel qualifié.

Pudong a été construit pour accueillir les grosses entreprise étrangères de la haute technologie, de la recherche... mais aussi pour y placer les populations déplacées par la destruction des vieux quartiers du centre ville de Shanghai.

De grands espaces résidentiels ont été construits, très modernes, avec des appartements équipés de tout le confort : eau et électricité. Très spacieux, ils coûtent très chers à la construction. Le loyer étant très élevé, peu de gens peuvent y habiter faute de moyens.

Le chinois est avant tout un homme sociable qui a toujours vécu avec les autres et il n'apprécie pas Pudong. Du coup, le quartier se retrouve avec des centaines d'immeubles vides. Malgré les nombreuses promotions qui sont offertes par le gouvernement, les immeubles ne se remplissent pas.

Mise à part une certaine catégorie de population qui travaille à Pudong et des gens venus de l'extérieur, peu de Shanghaïens veulent y habiter. C'est une question de mentalité.

Il faudra donc attendre. Faire adopter un nouveau mode de vie à une personne qui pendant 50 ans à toujours vécu avec les autres, et qui s'est habituée à un certain environnement (certes pas toujours très hygiénique) est un vrai défi que lance le gouvernement.

Pour l'instant en tout cas, personne n'est réellement prêt d'aller planter sa tente à Pudong.

V- Conclusion

Dans ce 21e siècle qui espère transformer Shanghai en une ville centre économique international, Pudong occupe une position importante et déterminante pour la suite. Le niveau de développement et d'ouverture sont les conditions pour que Shanghai puisse devenir un jour un centre économique, financier et commercial de taille internationale. Aussi faut-il accélérer encore le développement de la zone pour que celle ci devienne un centre de création et de nouveauté technologique.

A ce moment là, Pudong, de centre économique et scientifique pourra devenir le centre de gravité de la croissance économique du pays tout entier. Ville nouvelle, Pudong a la chance d'avoir une population jeune et dynamique. Ses habitants viennent des quatre coins de la chine et du monde, ce qui laisse présagerun esprit d'initiative et d'ouverture plus développé que dans d'autres provinces chinoises.

Pour finir, l'avenir de Shangai et de la Chine, consiste a créer avec Pudong, l'exemple type de la modernité. Bénéficiant d'un très bon environnement d'investissement, il va permettre à la Chine de combler un retard plus que pesant et lui permettre enfin de s'ouvrir au monde extérieur.

Les lilong

I- Présentation des Lilong

Le lilong est un habitat collectif desservi par un réseau de ruelles. Il constituait l'habitat traditionnel à Shanghai jusqu'au milieu des années 80. Il se compose de maisons rectangulaires d'un ou deux étages avec souvent un entresol. Les lilong sont alignés sur des allées qui débouchent sur un axe secondaire perpendiculaire à la rue. Il est coutume d'y créer un double cloisonnement intérieur (tant horizontal que vertical) pour y multiplier des logements. En bois, en brique, ou en béton, les maisons, généralement à un étage, sont accolées les unes sur les autres et disposées autour d'une cour intérieure orientée au sud (conformément aux principes traditionnels d'organisation de la maison chinoise). L'arrière est occupé par les cuisines et les pièces secondaires, moins hautes, couronnées d'une petite terrasse.

Dans les hutongs de Pékin, de longs murs en briques aveugles bordent les habitations, mais à Shanghai, si celles-ci sont également cernées d'une enceinte, ronde jusque dans l'arrondi des angles de rues, c'est d'un rempart de boutiques qu'il s'agit, d'une bande continue de commerces dans les quartiers les plus animés. Cette bordure marchande marquait ainsi une séparation entre l'activité publique des grandes voies, à l'extérieur du lilong, et la vie privée des ruelles, à l'intérieur du lilong. Parfois les commerces, changeant de style, se prolongeaient jusqu'à l'intérieur des ruelles comme dans le fameux Huileli (près de la rue de Fuzhou), célèbre au début du siècle par ses fumeries d'opium et les rencontres joyeuses que suggère son nom. Longtang est une appellation populaire du lilong, qui est parfois utilisée oralement pour indiquer une adresse

II- La vie des Lilong

Il faut s'enfoncer dans le dédale des lilong afin de quitter la frénésie et la bousculade des artères de la ville pour passer de l'autre cote du décor. On rencontre là une vraie culture de surpeuplement. On a ainsi jusqu'à dix familles dans un logement prévu initialement pour une. L'entrée sous porche qui y donne accès depuis la rue conduit dans des allées, parfois verdoyantes et plus souvent cimentées, où l'intrus est immédiatement repéré. Là, à l'abri des poussières de la rue l'hiver, sur un sommier sommaire, sèchent les écorces de clémentines ou d'oranges ; plus loin des joueurs de cartes retraités tapent le carton en bavardant allègrement, les grands-mères vaquent et caquettent en gardant un œil sur la toute jeune génération du quartier. Les ruelles arrières, plus étroites que les allées principales, servent d'office aux cuisines, voir de salle à manger dans une ambiance familiale, on y mange à croupetons sur un tabouret bas, autour d'une petite table, ou de chambre a coucher l'été : la nuit, on y descend les paillasses et les nattes avec l'espoir de bénéficier d'un aléatoire courant d'air qui rafraîchirait les 30 et quelques degrés de l'été shanghaien. Au gré des allées principales, ce sont des aspects triviaux de la vie quotidienne qui se découvrent, les gueules de tigres, où l'on achète l'eau bouillie en apportant ses thermos, les échoppes de trois fois rien (huile, allumettes et papier toilette), les bains publics, les toilettes communes et les réservoirs à poubelle.

La structure des lilong construits pendant près d'un demi-siècle, de 1880 à 1940, a évolué intégrant le béton, les canalisations et l'électricité, permettant une densité humaine toujours plus grande ou, au contraire, des pièces à l'occidentale tel que bureau, salon, salle de bain et des jardins privatifs. Leurs façades diffèrent donc grandement selon leur localisation dans la ville : les plus anciens, en bois sont devenus rares. Le centre ville conserve encore quelques modèles en briques apparentes relevés d'ornementation en bois ajouré, de balcons décoratifs donnant sur les ruelles intérieures, d'ouvertures soulignées par des motifs géométriques en ciment ; les lotissements de villas dans l'ouest résidentiel sont dotés d'un style espagnol ou Ile-de-France.

III- Point de vue personnel

Les lilong sont des formes d'habitation qui peuvent paraître normales pour un chinois mais cela attire la curiosité d'un étranger pour qui ce type de logement est tout à fait inhabituel . Lors de mon arrivée en Chine, beaucoup de choses m'ont intrigué ou étonné lorsque j'ai vu le style de vie des chinois des lilong. L'une des choses qui m'a paru assez étonnante est de voir les gens se laver les dents dans la rue ; ou bien de voir les gens faire leur cuisine à l'extérieur. Je me suis aperçu que le lilong est un endroit où les Chinois vivent en quelque sorte en collectivité, cette collectivité étant surveillée (sans trop qu'on le sache en tant que visiteur) par le parti communiste chinois. En effet, nous pouvons remarquer des cabanes à l'entrée de chaque lilong. Ce sont des cabanes de surveillance ou les gardes, surveillent les résidents. Ils savent tout sur eux :où ils vont, ce qu'ils font, s'ils sont là ou pas, qui fréquente qui… Les lilong sont toute une vie et une ambiance de la culture chinoise. Les gens vivent dehors en été car leur habitation est petite, obscure souvent mal isolée et humide. De plus, les chinois ont besoin de vivre avec les autres, en communauté. Nous pouvons même remarquer que les gens vivent à l'extérieur quand il fait beau . De même, il n'est pas rare de rencontrer des joueurs de mah-jong, et par-ci par-là des poissons séchés lors des fêtes du Nouvel An. Le lilong est un endroit ou plusieurs générations se côtoient : le matin, on peut voir en même temps un jeune, habillé en costume avec une mallette qui va au travail , une personne âgée qui prépare sa cuisine , le mari en train de jouer au mah-jong, les enfants se battant avec des bouts de bambous en se prenant pour des `'ninjas'' ou bien une jeune femme enceinte en train de coudre le futur caleçon de son nourrisson, avec un trou au niveau des fesses car les bébés chinois n'ont pas de couches. Les quartiers des lilong disparaissent de plus en plus , du fait de l'urbanisation intense de Shanghai. Cependant, nous pouvons nous demander si ce n'est pas une partie de la culture chinoise qui disparaît avec eux.

La première réunion du parti communiste chinois eut lieu dans un lilong de la concession française, ce qui lui valu d'être restauré et protégé très tôt. Il nous permet encore aujourd'hui de voir un modèle du début du 20e siècle.

La réforme du logement

Depuis la formation de la République Populaire de Chine, le logement représentait un des avantages sociaux distribués par l'Etat, et cela jusqu'en 1970. Tout le monde possédait un logement plus ou moins grand et ce, en fonction de son statut dans la société.

Le loyer était très modéré et le logement ne faisait pas partie d'un bien de consommation en tant que tel.

En 1978, Deng Xiaoping privilégie avant tout l'économie du pays par rapport au logement. Le pourcentage des dépenses pour le loyer dans les familles diminue, passant de 7,48% en 1952 à 1,93% en 1978, alors que les investissements en construction d'habitats étaient sacrifiés au profit d'autres projets d'infrastructure urbaine.

La surface habitable par personne est alors tombée de 4,5 m² en 1950 à 4 m² en 1977.

Durant les années 70 les logements appartenaient encore aux pouvoirs publics, utilisés et gérés par des entreprises publiques. Quelque soit le statut du logement, l'Etat restait le seul investisseur, cependant les frais d'entretiens et de rénovations des logements s'avéraient beaucoup plus coûteux par rapport à ce que le paiement des loyers rapportait. L'Etat ne pouvait donc que freiner la construction de nouveaux bâtiments, et à cela s'ajoutait une certaine injustice dans la redistribution des logement que l'opinion publique ne cessait de dénoncer. Une réforme était donc nécessaire.

La réforme du système

Le 5 avril 1980 Deng Xiaoping donne les axes majeurs de la réforme :

(...) Les habitants des villes doivent pouvoir construire eux même. Les logements neufs doivent être vendus, les anciennes maisons peuvent également être commercialisées. Une fois que les logements sont mis en vente, il faut étudier l'augmentation progressive du loyer, les gens n'achètent pas le logement si le loyer est très bas (...) il faut construire des immeubles de plusieurs étages afin d'économiser les terres arables.

Les lignes directrices tracées, la réforme a suivi en trois étapes.

1) De 1980 à 1990

C'est donc une révolution immobilière qui est faite par l'introduction de la notion de commercialisation. Le prix de vente a été fixé à 50% du prix de construction (soit environ 300 RMB le m²). Cependant les constructions publiques coûtent malgré tout plus cher à l'entretien, il a donc fallu décider l'augmentation du loyer tout en essayant d'orienter les Chinois vers l'acquisition des logements. On augmenta donc leurs salaires mais en proportion équitable, communisme oblige. Bien qu'un pas important ait été fait au niveau des principes, cette étape n'a pas abouti.

Il a fallu attendre la deuxième conférence sur le logement en 1988 pour qu'une véritable prise de conscience apparaisse.

2) De 1991 à 1993

En 1991 la deuxième conférence permit à la réforme d'avancer du fait du changement d'attitude du gouvernement. Celui-ci met sur pied un projet intégrant à la fois les lois sur l'augmentation du loyer, la vente des logements publics, les emprunts bancaires et la création d'un Fond public d'accumulation pour le logement.

On constate ainsi qu'à la fin 1993, les trois quarts des villes avaient adopté la réforme. Au niveau des investissements pour la construction de logements, les gouvernements centraux et locaux comptaient pour 23%, les entreprises et les unités de travail pour 70% et les individus à 7%. Cependant les lourdes charges sociales, s'ajoutant au paiement des salaires avaient mis les entreprises en difficulté et elles tenaient à terminer le travail. Une 3e conférence était donc mise en place pour trouver une alternative à la situation.

3) De 1994 à 2000

Le but est alors d'assurer une commercialisation et une socialisation générale du logement. Il faut donc articuler ce secteur à l'économie de marché afin de constituer un vrai marché et donc mettre en place des structures administratives et financières.

En 1998 le premier ministre Zhou Rongji, nouvellement arrivé a montré sa détermination pour continuer la réforme du logement. Il a fixé les objectifs suivants :

- promouvoir et construire des logements sociaux afin de faciliter l'accès à la propriété aux personnes de bas salaire. Trois types de logements sont ainsi mis en place :

- les logements sociaux pour les plus démunis

- les logement financièrement abordables pour les classes moyennes

- les logements de marchés pour les plus aisés

- Libérer complètement le marché en supprimant la loi qui interdisait de posséder plusieurs logements ( il fallait vendre au préalable celui que l'on occupait avant d'acheter à nouveau).

- Supprimer le système de distribution dans toutes les villes

- Améliorer le système des prêts bancaires afin de rendre plus accessibles les logements

L'application de la réforme depuis le seconde moitié de l'année 1998 a été radicale provocant l'arrêt immédiate du système de distribution qui rendait l'individu tributaire de l'Etat.

Soixante millions d'employés ont participé au système de fonds d'accumulation pour le logement ce qui représente une manne financière de 161 milliards de RMB (la monnaie locale) dont 32 milliards ont été utilisés par des cotisants.

La banque populaire de Chine a prolongé l'échéance de ses prêts à 30 ans. En janvier 2000, plus de la moitié des provinces et des villes ont libérées la loi permettant l'achat de deux logements. L'habitat en Chine est devenu un nouveau type de consommation et de comportement social.

L'idée que se font les chinois de la réforme du logement

Introduction

Nous avons pu voir ci-dessus la réforme du logement avec toutes ces contraintes. Beaucoup de chinois vont y être confrontés. A nous de voir cependant comment les chinois interprètent cette réforme.

1)Les avantages pour les relogés :

Comme nous avons pu le voir dans la réforme du logement, venir se loger dans les nouvelles habitations comme Pudong peut apporter quelques avantages. Premièrement , il est vrai que dans certains cas, le gouvernement apporte des aides financières comme des prêts à faible intérêt pour devenir propriétaire plus facilement. L'Etat offre parfois des primes. Habiter un quartier comme Pudong peut-être intéressant au niveau du travail, car beaucoup de Chinois travaillent dans des entreprises de ce nouveau quartier. De plus, nous pouvons remarquer que le gouvernement fait encore davantage d'efforts pour les gens qui viennent se loger à Pudong en construisant des écoles et en mettant en place des infrastructures nécessaires. Pour finir, il est compréhensible qu'une personne préfère habiter Pudong où tout est neuf et propre, où l'on a de l`eau chaude au robinet, de l'électricité et un certain confort de vie.

2)Les inconvénients de cette réforme :

S'il est vrai que venir habiter à Pudong est très avantageux, la vie chinoise garde son charme dans les vieux quartiers, et certaines personnes ne retrouvent pas leurs habitudes et leur style de vie dans ces nouveaux logements. Nous retrouvons cela surtout chez les personnes âgées qui habitent dans les lilong depuis des années et qui du jour au lendemain sans qu'on leur demande leur avis se retrouvent à Pudong. Dans certains cas, ils perdent leurs amis en changeant de quartier. Déracinés, ils se sentent solitaires.

Quelle ambiance et quelle vie ! Pourquoi iraient-ils s'enfermer dans un appartement au 25e étage d'un immeuble.

Conclusion :

Comme nous avons pu le voir, les chinois ont beaucoup de mal à accepter cette réforme, s'agissant des personnes âgées. Les jeunes acceptent plus facilement cette réforme avec ses avantages. De toute façon, les Chinois n'ont pas le choix. Nous pourrions nous demander maintenant comment va se passer leur intégration dans les années à venir ? Que choisir ? Le confort moderne ou la convivialité ?

Avis d'Alexis :

Au cours de mon étude pour le TPE, j'ai pu apprendre et découvrir beaucoup de choses en ce qui concerne l'urbanisation et sa réforme dans Shanghai. Ma recherche m'a amené à approfondir le sujet des lilong et voir comment les Chinois interprètent la réforme du logement. Car, il est vrai que, même en vivant à Shanghai, on ne se rend pas compte de tout. Ce projet m'a fait réfléchir sur les aspects de l'intense urbanisation de Shanghai et, de ce fait, je ne vois plus les choses de la même manière quand je me balade en ville. Par exemple, quand je vois des gens vivant dans les vieux quartiers, je comprend mieux pourquoi ils aiment ce style de vie.

De plus, faire un projet tel que celui-ci nous a obligé à faire des recherches et à visiter certains endroits, chose que nous aurions peut-être pas fait en temps normal. Par exemple, nous avons visité le musée de l'urbanisme avec son immense maquette de la ville et l'exposition des projets actuels et futurs.

Pour finir, un tel projet nous apprend à nous organiser, à faire un travail collectif et à acquérir une méthode de travail qui pourra nous servir dans l'avenir.

Avis d'Etienne :

Lors de la visite de Pudong, on a évidemment l'impression de grandeur mais surtout d'étendue à l'infini.Tout donne l'impression d'être très bien planifié : les grands axes de communication, les nombreux espaces verts, les voies piétonnes de style traditionnel chinois (petit pont de fleurs, décorations, pas trop de modernité ). L'urbanisme chinois est sûrement en train d'évoluer et ce dans le bon sens de terme puisque même les arbres sont repiqués et qu'on ne trouve pas encore de statue de Michaël Jackson sur notre passage.

De nombreuses tours peuvent encore pousser et l'on peut s'imaginer le quartier comme dans les films de sciences fiction. Il y a beaucoup de technicité dans la construction des tours, avec à chaque fois la recherche d'une certaine originalité, ce qui donne à ce quartier un véritable intérêt. Il n'est pas uniforme et une véritable architecture y est développée.

Ce TPE m'a permis de réfléchir d'autres aspects de la ville. Il est clair que dans la vie au quotidien, on ne se rend pas compte de tous ces problèmes de logements auxquels les Chinois sont confrontés. Le plus impressionnant est d'analyser l'ampleur du phénomène d'urbanisation que Shanghai entreprend. Avec l'arrivée des multinationales étrangères et de la haute technologie, la Chine va pouvoir finalement entrer de plein pied dans la mondialisation. Mais comment va réagir la population ? Notre problématique est basée sur ce point. La société chinoise va être divisée en deux : d'un côté la nouvelle génération qui va vouloir avancer dans la voie du capitalisme et d'une certaine liberté individuelle, et de l'autre, la génération Mao qui s'accroche encore à des principes complètement révolus. Il risque donc d'y avoir un paradoxe comme il existe déjà aujourd'hui entre la réalité des choses de la vie quotidienne, et ce qui est dit par le gouvernement qui essaye a tout pris de contrôler tout le monde. Il faudra donc choisir un jour entre une politique d'ouverture économique totale ou prendre le risque de ne pas évoluer.

Ce TPE nous a aussi forcé à ouvrir les yeux sur la manière dont vivent les plus démunis, et socialement, il est intéressant de constater que les principes sociaux de prise en charge des parents s'écroulent complètement, et que malheureusement, les plus pauvres et les plus vieux sont laissés à l'abandon car aucune mesure n'est prise en leur faveur.

D'autre part, nous avons visité le musée de l'urbanisme. La maquette est biensûr fabuleuse, elle est gigantesque (comme Shanghai) et représente bien comment le nouveau Shanghai va être dans les années à venir.

Nous avons aussi eu l'occasion de nous promener dans des lilong, et lorsqu'on se rend compte de la vie qui est à l'intérieur, c'est vrai qu'on se demande comment ces gens pourraient vivre dans de grands ensembles. On a aussi un sentiment d'amertume, car on se dit que ces habitations vont être rasées, et que la ville de Shanghai, mais surtout les Shanghaiens, sont en train de perdre un peu de leur passé. Ce charme émanant du contraste entre tradition et modernité ne se retrouve nulle part ailleurs.

Conclusion générale

Après cette étude qui nous a amené à découvrir la ville de Shanghai, son urbanisation et ses habitants, nous pouvons conclure que les shanghaiens préfèrent un style de vie à la chinoise dans lequel on privilégie les relations sociales et la vie en communauté. Même s'ils n'ont évidemment pas le choix, la nouvelle génération préfère tout de même une vie plus confortable et hygiénique, la vie dans les nouveaux quartiers. Nous pouvons donc nous attendre a une destruction progressive des lilong lesquels sont dans un état de délabrement avancé et n'ont plus aucune valeur économique.

Le gouvernement par la réforme du logement essaye de donner a ses nouveaux ensembles des avantages fiscaux. De plus dans les nouveaux quartiers, l'Etat investit dans des infrastructures (écoles, hôpitaux…) afin d'attirer de futur habitants. Cependant, un grands nombre de questions sur l'avenir de Shanghai restent en suspend : nous sommes au début d'un réaménagement de Shanghai et nul ne connaît encore les effets secondaires de cette réforme. En effet, nous pouvons nous demander si Shanghai deviendra oui ou non la nouvelle métropole économique et structurelle en Asie ?

Est ce que la mentalité des shanghaiens va changer ?

Continuerons-nous a voir des scènes de la vie chinoise comme les joueurs de mah-jong ou les vendeurs de tofu ?

Ce travail nous a été aimablement communiqué par nos collègues du Lycée Français de Shangai. Nous remercions tout particulièrement les deux auteurs, Alexis Parayre et Etienne Delavault, de la promotion 2000-2001.

 

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°26, 2002.

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