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par Bernadette TISSERAND, groupe Lycée.
Cette mise au point a été faite en partie à partir de l'intervention de M.Hagnerelle, IG de Géographie, ceci pour répondre aux inquiétudes légitimes de ceux qui veulent être sûrs de bien faire
Une problématique unique : Celle de l'appropriation et de la gestion de l'espace par les sociétés. L'approche est globale, on ne privilégie pas une échelle géographique particulière et on ne distingue pas géographie physique et géographie humaine. Nous entrons dans le programme par l'homme : comment les sociétés organisent leurs espaces ? C'est une approche sociétale et spatiale et c'est l'objet de la géographie. Bien entendu cela suppose d'effacer les traces de 80 ans de domination de géographie physique. La géographie abandonne sa définition de discipline carrefour et laisse à d'autres sciences le soin de parler d'économie, de géologie, de démographie pour se recentrer autour de l'espace.
La nouveauté : une démarche didactique qui privilégie l'étude de cas.
1) L'étude de cas est première, ce n'est pas une illustration. On entre par l'étude de cas que l'on a construite en fonction d'une problématique précise, afin de permettre l'appropriation des notions que l'on a prévues de faire comprendre aux élèves. On travaille sur une base documentaire, donc sélectionner, classer, confronter selon une problématique. C'est en fait préparer à l'épreuve du bac sur documents (les modules permettront d'affiner la démarche).
2) Il faut donc se poser les questions suivantes :
- Quelle problématique privilégier dans l'étude de cas ? Elle peut être présentée dès le début de la séance avec les élèves pour orienter leur travail, ou on peut leur faire découvrir en menant l'étude avec eux.
- Quelles notions mettre en uvre ? Les notions centrales, transversales, et celles de chaque thème, ce qui nécessite un travail critique pour utiliser au mieux les études de cas proposées par les manuels. Si celles-ci ne conviennent pas tout à fait, ajouter un ou deux documents complémentaires, un tableau d'analyse, un exercice. Ne pas s'éloigner trop de votre manuel, cela risque de conduire à une inflation de photocopies. Ne pas oublier que les parents viennent de payer ces manuels (neufs) au moins 150 francs !
- Quelle échelle retenir ? Pour chacun des cas, il faut choisir l'échelle appropriée. Pour le thème de l'eau par exemple : le Moyen Orient = échelle régionale (au sens de région du monde) semble une bonne échelle. En revanche l'échelle de l'Euphrate n'est pas bonne car la trop grande échelle risque de poser des problèmes de contextualisation. On peut compléter en faisant une étude de cas secondaire à grande échelle.
3) Combien d'étude de cas ?
Un cas principal plus un ou deux complémentaires traités plus rapidement en ayant le souci de changer d'échelle ou en clarifiant une notion. Exemple pour l'eau : le Colorado, le Golan, Gaza.
4) L'étude de cas permet d'acquérir des savoir-faire
Penser aussi à croiser l'acquisition du contenu notionnel avec celui d'un certain nombre de savoir-faire. Par exemple on peut maîtriser la notion de densité (thème 1) en apprenant à construire une carte et une légende par plages.
La contextualisation se fait à l'échelle planétaire
1) L'étude de cas pose le problème de toute démarche inductive, celui de la généralisation à partir d'un cas singulier.
C'est pourquoi on parle de contextualisation, remettre les notions acquises dans l'étude de cas dans un contexte plus large, celui de la planète à l'aide de cartes à différentes échelles, mais sans vouloir tout faire dire à l'étude choisie, en en montrant les limites, en se gardant de simplifications excessives.
La contextualisation est donc double :
- conceptuelle : on va du particulier au général
- spatiale : du local au mondial, est-ce partout comme ça ?
2) La synthèse qui suit l'étude de cas doit en reprendre les conclusions, les problématiques, les 3 sous-thèmes déclinés dans le programme pour ne pas dériver.
Exemple thème 3 : l'eau, entre abondance et rareté :
- 1er sous-thème :
Ressource inégalement répartie et les Etats ont des moyens d'accès différents à cette ressource
Carte à petite échelle (planisphère)
Problématique : qu'en est-il sur la terre de l'inégalité de répartition en eau ?
- 2e sous-thème :
Maîtrise de l'eau et transformation des espaces : pompage, dessalement, transformation des déserts en espaces productifs
Sur l'ensemble de la planète, l'inégal accès à l'eau se traduit par des utilisations de l'eau selon les niveaux de développement.
- 3e sous-thème :
Une ressource convoitée et parfois menacée : au moyen Orient ; à l'échelle du planisphère : où se bat-on pour l'eau ?
L'évaluation :
On peut imaginer en contrôle un morceau d'étude de cas qu'on transfère sur un autre exemple.
Exemple : le cas du Proche Orient a été vu en cours, on peut envisager le cas du Colorado en évaluation. Ne pas oublier qu'on évalue des connaissances et aussi des savoir-faire.
Conclusion : une grande liberté de choix et de démarche est laissée à l'enseignant mais elle implique de réfléchir à la cohérence du travail sur l'ensemble de l'année.
Pourquoi telle étude de cas, telles problématiques ? Quel champ de connaissances aura été couvert à la fin de l'année, quels savoir-faire ont été acquis ? Quel espace aura été couvert ? Il faut essayer de prévoir quelques outils qui permettent aux élèves d'avoir une vision un peu cohérente du programme et de leur propre progression : un planisphère de repérage, un index avec les notions abordées, un tableau récapitulant les savoir-faire
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°26, 2002.
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