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par Catherine Osydennikova14 ans, élève de l'école 39, Ekaterinbourg
La fonte artistique de Kasli. Qu'est-ce que c'est ? C'est la production des objets d'art en fer fondu : meubles jardiniers, grilles, monuments funéraires, objets usuels etc. Cette production exigent des technologies complexes du moulage et du coulage, dont les pièces brutes subissent un brossage à la main.
L'usine métallurgique de Kasli. Un petit exposé historique.
A N.N. Démidov, à L.N. Rastorgouyev et à ses descendants, à une société anonyme, à l'état. De nos jours c'est l'usine de constructions mécaniques de Kasli.
Depuis 1860 l'usine métallurgique de Kasli a été connue dans le monde entier par sa fonte artistique. L'usine se trouvait dans l'Oural du sud, près de la vieille voie de navigation entre l'Eur
Fondée en 1746-1752, appartenait aux diverses époques à Ya.R.Korobov, ope et l'Asie; au XVIIIe siècle et à la première moitié du XIXe siècle elle a servi de base d'une grande ville et d'un ensemble architectural intéressant qui comportait de hauts fourneaux, des affineries, des fonderies et d'autres ateliers, une église, deux maisons des patrons (une avec les dépendances), un bureau, un hôpital. On suppose de reconstruire une partie de l'ensemble historique et d'organiser sur le territoire de l'ancienne usine métallurgique le complexe des artisanats d'art.
L'histoire de l'usine
Cette enterprise est une des plus vieilles usines de l'Oural. Elle a été fondée il y a 250 ans et appartenait aux Démidov. Comme beaucoup d'autres enterprises elle a vraiment contribué au développement de la métallurgie dans l'Oural. Pourtant, elle s'est couverte de gloire mondiale grâce à sa fonte artistique.
Ce sont les frères Korobov de la ville de Toula, Timophéï et Yakov, qui ont fondé cette usine. En 1745 on a commencé la construction de l'usine. D'abord toutes les bâtisses étaient en bois. Un haut fourneau était en brique et pierre. Au début c'était une entreprise peu efficace. Ensuite, l'usine a été achetée par un fils de Démidov, qui était le fondateur d'une célèbre dynastie des maîtres de forges. Nikita Démidov a achevé la construction. En 1758 on a élevé une cuivrerie sur le territoire de l'usine de Kasli. Ainsi, l'usine de Kasli comprenait une fonderie, une cuivrerie et une fabrique sidérurgique. Mais sa spécialisation principale était la production du fer fondu et du fer en tôle. Après la mort de Démidov en 1809 c'était le commerçant Lev Rastorgouyev qui a acheté cette usine; à partir de ce temps-là on s'est mis à produire des objets artistiques en fer fondu.

En 1842 l'usine a produit du fer en tôle et des ustensiles en fer fondu. La documentation de la fin de 1843 a mentionné la production des chandeliers, des assiettes ajourés. On produisait 10 mille kilos par an d'ustensiles en fer fondu, tandis qu'en même temps le nombre d'objets en fonte artistique pouvait être compté sur les doigts. En 1844 on a enfin commencé à fabriquer des objets de fonte artistique et en 1845-1846 ce type de production est devenu prioritaire.
La fonte artistique a embrassé tous les domaines d'art décoratif. Les médailles, les monnaies, les statuettes, les cendriers, les pendules, les boîtes pour les alumettes, les couteaux, les sceaux, les chandeliers, les porte-cigarettes, les presse-papiers, les encriers, les échecs, - tous ce qui étaient destinés à décorer la maison , tous étaient en fonte artistique. En même temps on utilisait le fer fondu pour produire les meubles jardiniers : les canapés, les fauteuils, les poêles, les dalles.
Ainsi, 100 ans après la naissance de l'usine, en 1845 on a commencé à exécuter les choses en fonte artistique qui a causé la gloire mondial de l'usine.Au début on a engagé beaucoup de spécialistes d'autres usines pour qu'ils aient pu initier des fondeurs locaux. En même temps ces spécialistes ont élargi l'assortiment de la production et ont implanté de nouveaux procédés de laquer des pièces définitives. A la fin des années 40 du XIXe siècle on a connu les 3 types de revêtement; p.ex., les chandeliers étaient noirs, bronzés et laqués.
M. D. Kanaïev et N. R. Bakh, promus de l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, ont beaucoup contribué au développement de la fonte artistique de Kasli. En 1876 Kanaïev a créé une ecole de la fonte artistique où on apprenait à dessiner, à modeler, à mouler, à ciseler des objets en fonte artistique. C'était lui qui a proposé de mouler les oeuvres des plus célèbres sculpteurs russes: P.K. Klodt, I.P. Vitali, E.A. Lancere, A.L. Ober, N.I. Liberikh. En 1880 les sculpteurs, promus de cette école, V.F. Torokine, D. I. Chirokov et K.D. Tarassov ont commencé à travailler à l'usine de Kasli.
La fonte artistique a créé une renommée à cette usine, ses pavillons en fer fondu lui ont apportée la gloire mondiale.
De 1860 à 1914 l'usine de Kasli a gagné tous ses prix les plus prestigieux pour sa fonte artistique :
1860 - médaille d'or à l'exposition de Moscou.
1861 médaille d'argent à l'exposition de Saint-Pétersbourg.
1867 grande médaille d'argent à l'exposition mondiale de Paris.
1870 - grande médaille d'or à l'exposition de Saint-Pétersbourg.
1872 grande médaille d'or à l'exposition polytechnique à Moscou.
1873 - grande médaille d'or à l'exposition de Vienne.
1876 médaille de bronze à l'exposition mondiale de Philadelphie.
1882 médaille d'argent à l'exposition industrielle de Moscou.
1887 - grande médaille d'argent à l'exposition industrielle d'Ekaterinbourg.
1888 diplôme d'honneur à l'exposition de Copenhague.
1896 grand prix à l'exposition industrielle de Novgorod. Après cette exposition l'usine a reçu le droit de marquer sa production des armoiries de la Russie.
1897 médaille d'or à l'exposition mondiale de Stockholm.
1900 Grand prix à l'exposition mondiale de Paris.
1906 grande médaille d'or à l'exposition industrielle de Milan.
1914 diplôme d'honneur à l'exposition industrielle baltique de Malme.
Les diplômes et les médailles que l'usine a reçus aux expositions nationalles et étrangères lui ont apporté la gloire mondiale. C'était le siècle d'or de la fonte artistique de Kasli. Les années 1880 1900 ont marqué le sommet de sa gloire, quand on a produit toutes les plus remarquables sculptures en fer fondu dans l'Oural.
le célèbre pavillon en fer fondu de Kasli
En 1900 à Kasli on a créé un pavillon en fer fondu pour l'exposition mondiale à Paris. L'architecte de ce pavillon était un jeune architecte de Saint-Pétersbourg Baoumgarten. Le pavillon représentait une pièce en fonte ajouré où on a exposé presque 1,5 mille de meilleurs objets en fer fondu - des sculptures, des vases, des chandeliers, des boîtes etc. Ces objets ont gagné le premier prix de l'exposition.
C'était même en 1898 qu'on a commencé à se préparer pour l'exposition. Baoumgarten a engagé les meilleurs architectes et peintres. Les artistes ont voulu créer un chef-d'oeuvre qui devait être compact, avoir une porte d'entrée solennelle et quelques petites portes latérales. Ils ont eu envie d'obtenir un éclairage naturel maximal. Baoumgarten a proposé le style libre qui permettait de marier plusieurs styles artistiques dans la décoration du pavillon. Par exemple, on a utilisé des motifs anciens russes, scandinaves, byzantins et vénitiens.
La composition fondue des murs du pavillon est très compliquée. Des dentelles et des grilles, des colonnes et des corniches, des bas-reliefs tous ces éléments s'entrelacent et forment un ornement unique. Le pavillon rappelle beaucoup un palais féerique. Il a 3 entrées aux baldaquins. A l'intérieur on a exposé plusieurs oeuvres du fer fondu. La dentelle fine des murs du palais est très compliquée et intéressante. On peut voir de différents sujets des contes populaires et des images de la nature russe. Il est difficile de croire que tous ces éléments sont en fer fondu.
Voilà une citation d'une revue russe datant du janvier 1900 : «Les usines de Kychtym ont préparé beaucoup de choses en fer fondu à envoyer à l'exposition mondiale de Paris. Beaucoup parmi ces objets attirent l'attention, mais un immense pavillon présenté en style byzantin impressionne et émerveille le spectateur. Ses ornements sont fins ; ils sont mis en relief d'une façon un peu inhabituelle le doublage doré les fait ressortir. Dans la dentelle fine de l'ornement vous pourrez reconnaître de célèbres motifs de la gravure sur bois que le peuple utilise souvent dans son oeuvre et qui sont incarnés d'une façon originale et inattendue dans le fer fondu. On peut retrouver des dragons fantastiques, des poissons, des oiseaux extraordinaires. Un des bas-reliefs présente deux oiseaux féeriques : ce sont les oiseaux fatidiques de Tristesse et de Joie dont les images se rencontrent souvent dans des contes populaires »
C'était le sculpteur Marie Dillon qui a exécuté toutes les sculptures du pavillon. C'était elle qui a fait une composition sculpturale inspirée du célèbre tableau de Vasnétsov « Syrine et Alkonoste, le chant de joie et de tristesse ». Cette composition sculpturale s'appelle «Les oiseaux de joie et de tristesse : Syrine et Alkonoste», elle se répète 3 fois dans les bas-reliefs du pavillon. Syrine vient de la mythologie russe, est un oiseau de paradis qui a une voix magique. On le représente en forme d'un oiseau avec une tête féminine. Alkonoste est un oiseau magique avec un visage humain. Marie Dillon a aussi exécuté les sculptures géminées des dragons qui s'installent en haut, aux coins des façades latérale et postérieure du pavillon. Ces dragons ont des ailes, leurs gueules sont ouvertes, leurs pattes sont armées de griffes, leurs queues se tordent comme des serpents.
Plusieurs pièces du pavillon ont gardé les poinçons personnels des artistes qui les ont fait. Les 16 artisans ont laissé leurs « autographes » sur les bas-reliefs en fer fondu.
Pour les ornements du pavillon l'architecte a utilisé les motifs les plus brillants du « style nord » où des animaux jouaient un rôle surtout important. Les images des animaux étaient toujours présentées dans la symbolique russe. Par exemple, dans le folklore russe on rencontre souvent un certain Simargle-Péréploute ; c'est un chien sacré ailé qui protège des grains et des sémences contre des bétails ; il ressemble bien aux dragons scandinaves représentés dans le pavillon. Ces dragons sont faits en forme d'un animal fort ailé ressemblant à un oiseau, avec une petite tête sur un cou allongé et avec deux pattes courtes tridactyles. Il est bien possible que toutes ces images des oiseaux fatidiques et des dragons protègent la future récolte des prix et des médailles que le pavillon devra cueillir au cours de l'exposition mondiale à Paris. Un aigle à deux têtes posé dans un encadrement figuré se rencontre plusieurs fois dans les bas-reliefs du pavillon. L'architecte a aussi utilisé l'image d'un oiseau avec trois oisillons qui se cachent sous une feuille opulente de datura. L'oiseau a déployé ses ailes et a caché sa longue queue. « Une barque navigante » est au centre de ces bas-reliefs.
Les dentelles ajourées font du pavillon un palais féerique dont les murs semblent d'être tissés des toiles d'araignées mais en fer fondu. Des dragons fantastiques et des hibous sages, des faucons perçants et des animaux sauvages, des fleures magiques et des oiseaux fatidiques, des poissons extraordinaires aux queues-fleures et des bateaux rapides frappent l'imagination.
Les trois portes d'entrées attirent d'entrer dans le monde de la sculpture artistique : le pavillon est plein de statuettes, chandeliers, cendriers et d'autres oeuvres faites à l'usine de Kasli. Ces objets d'art exposés à l'intérieur et autour du pavillon renforcent l'impression que laissent la diversité et la perfection du travail en fer fondu. A côté du pavillon, sur une place honoraire, on a installé encore une perle de la fonte de Kasli ; c'est une statue du sculpteur Lavéretskï appelé «La Russie». Elle symbolise la puissance russe.
la Russie» ne se vend pas
Ce sont de ces mots qu'on se souvient même aujourd'hui quand on parle du destin de la sculpture «La Russie» créée par Lavéretskï. En 1900 «La Russie» a décoré l'entrée dans le pavillon de Kasli qui était présenté à l'exposition mondiale de Paris.
On a déjà mentionné que le pavillon de Kasli a gagné le prix supérier de l'exposition et il y avait beaucoup de ceux qui voulaient l'acheter. Pourtant les acheteurs ne voulaient l'acquérir qu'avec tous les objets exposés. Les commerçants russes ont accordé toutes les conditions des acheteurs sauf une : ils ont refusé de vendre la sculpture «La Russie» qui symbolisait la puissance russe.
Même aujourd'hui de vieux artisans se souviennent de cette histoire. Une phrase simple «La Russie» ne se vend pas!» a décidé le destin du pavillon et a expliqué l'obstination des Russes. Le pavillon et la statue sont revenus à l'Oural.
La sculpture représente une femme-guerrière qui est habillée de la cotte de mailles et qui porte des armes, prête à défendre la Patrie. Des plis en fer fondu coulent légérement sur sa robe et descendent avec une élégance impécable à ses pieds. Sa cotte de mailles garde un silence averti Digne et sûre d'elle-même, «La Russie» défend la paix, elle est prête à remporter la victoire. Cette sculpture a enrichi le contenu artistique du pavillon.
Le pavillon de Kasli a prouvé des possibilités immenses du fer fondu et le talent des sculpteurs, des architectes, des fondeurs russes de tous ceux qui ont pris part à sa création.
NDLR : les textes des élèves n'ont pas été retouchés.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°27, 2002.
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