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Le centre historique minier de Lewarde
objectif : accueillir plus, accueillir mieux

Le musée de Lewarde a fait peau neuve. A la suite de travaux importants, il a amélioré sa capacité d'accueil et créé de nouveaux espaces muséologiques et culturels. Il fait suffisamment partie de nos repères familiers pour que notre bulletin en rende compte.

Notre amie Agnès Paris, qui avant d'être conservatrice à Lewarde et l'une des chevilles ouvrières de la rénovation du site a été conservatrice du musée du feutre à Mouzon , a bien voulu nous confier divers documents relatifs à ces nouveaux aménagements. Nous la remercions de sa confiance et sommes très fiers de pouvoir vous les présenter en exclusivité.

Vous trouverez donc à la suite :

1. le texte du dossier de presse qui présente les nouveaux aménagements ainsi que l'exposition temporaire du mois de mai-juin sur les femmes et la mine

2. le texte, dont je ne saurais trop souligner l'intérêt, qui accompagne l'exposition permanente Les trois âges de la mine et qui constituent une synthèse remarquable sur trois siècle d`histoire minière.

Dans un prochain numéro, nous complèterons ce dossier par une évocation des techniques minières à travers le temps.

Un site de 8 hectares, 13 000 objets de collections, le Centre Historique Minier, créé pour recevoir à l'origine 50 000 visiteurs par an, en accueille aujourd'hui plus de 135 000, se plaçant ainsi aux premiers rangs des musées français.

Pour faire face à ce succès croissant, le Centre a entrepris depuis mars 2000 des travaux de réaménagement architectural et muséographique. Aujourd'hui achevés, ils rendent au site sa lisibilité d'origine tout en offrant au public un meilleur confort de visite.

Ouvert en 1984 sur le site d'une ancienne exploitation minière, le Centre Historique Minier de Lewarde est le plus grand musée de la mine en France. Toutes les visites sont guidées par d'anciens mineurs dans les bâtiments industriels et les chantiers d'extraction du charbon ; de nombreuses expositions sont par ailleurs consacrées à différents aspects de la culture minière et s'effectuent en visite libre.

Le plan de réaménagement a privilégié l'utilisation totale des bâtiments d'origine pour les collections, redonnant ainsi au site son caractère authentique.

Un nouveau bâtiment principal regroupe hall d'accueil, cafétéria, boutique, auditorium de 200 places et salles de réunions.

Les chercheurs bénéficient désormais d'espaces adaptés pour une meilleure consultation des fonds documentaires du musée : 500 000 photographies, 600 films, 7 000 livres, 2 500 mètres linéaires d'archives.

Deux nouveaux espaces d'expositions s'offrent aux visiteurs :

- Un espace permanent accueille une exposition sur les trois siècles d'histoire du bassin minier

- Un espace est dédié aux expositions temporaires.

La restructuration du site s'est également traduite par la reconstitution d'une partie du réseau ferroviaire de la fosse, avec notamment la réhabilitation de la cabane d'aiguillage.

Avec au total plus de 4 000 m² de bâtiments neufs ou réaménagés et 19 000 m² d'espaces extérieurs requalifiés, un investissement de 7,20 millions d'euros, le Centre Historique Minier pourra envisager l'accueil de 170 000 visiteurs par an dans des conditions de confort optimal.

le projet architectural : rendre sa lisibilité au site

Retrouver l'identité originelle du site, tel était l'objectif du projet de restructuration architecturale et muséographique du Centre Historique Minier. Les architectes se sont donc attachés à donner également aux bâtiments d'origine une fonction musée.

Restructuration intérieure des locaux existants mais également construction de nouveaux bâtiments, le Centre Historique Minier dispose aujourd'hui de structures d'accueil, à l'échelle de son rayonnement.

Parcours guidé !

la « cité » :

accueil, decouverte et reflexion

Pour le nouvel accueil, porte d'entrée du site, l'architecte a privilégié une grande transparence (structure métallique et verre). Il vient en contrepoint de la grande verrière des machines, pour imposer une limite claire entre histoire industrielle et présence contemporaine.

Lieu d'accueil, d'information et de formation des groupes, l'entrée se révèle également espace de détente avec cafétéria et boutique.

Directement en liaison avec l'accueil, la salle d'exposition temporaire permet, grâce à une grande modularité, la présentation d'expositions de tailles variables.

Aux enseignants, entreprises, chercheurs... la « Cité » propose désormais un auditorium de 192 places, 3 salles de réunion modulables ainsi qu'un centre de documentation pour consulter les 2 500 mètres linéaires d'archives des Houillères et des anciennes compagnies minières.

C'est enfin dans ce premier ensemble de bâtiments que sont situées les fonctions administratives de l'établissement.

les services techniques

Les ateliers sont situés au Nord, dans un nouveau bâtiment, sur l'emplacement et dans la configuration de l'ancien parc à bois. L'image symbolique des stocks de bois de mine a guidé l'architecture de ce bâtiment dans son dessin comme dans le choix des matériaux.

l'architecture extérieure

Intégrés dans le parcours et la dynamique muséographique, les espaces extérieurs sont inscrits dans une démarche de restauration du patrimoine.

Lisière du site, ouvertures dans le boisement, signalétique, restitution des stocks de bois, traitement différencié des sols ..., cette réalisation renforce les liens avec l'environnement minier et réhabilite le boisement pour une réelle identité cohérente avec le fonctionnement du Centre.

Enfin, la mise en lumière du site met particulièrement en valeur l'architecture industrielle.

restructuration du parcours muséographique

Le Centre Historique Minier doit être un lieu de recherche, de conservation et de diffusion de la culture minière. Le musée doit s'efforcer d'accompagner vers le futur : une collection en perpétuel enrichissement, un patrimoine, un lieu toujours susceptible de transformation, mais dont l'esprit doit être respecté. Cet esprit est aujourd'hui transmis par la nouvelle architecture du Centre Historique Minier.

La première séquence muséographique est l'exposition permanente « Les trois âges de la mine » qui offre un panorama des trois siècles d'histoire de la mine dans le Nord-Pas-de-Calais. L'implantation des mobiliers apporte une fluidité qui permet au visiteur de recueillir très rapidement une information de base ou au contraire d'approfondir ses connaissances. L'exposition est installée dans un bâtiment historique dont les volumes et les éléments architecturaux d'origine ont été retrouvés. Ainsi le visiteur peut-il découvrir le garage à vélos des mineurs, avant d'accéder aux salles de bains.

Le parcours muséographique « sur les pas du mineur », continue ensuite logiquement dans le « circuit minier » par la salle des pendus, la lampisterie, les bâtiments industriels et les galeries.

l'exposition permanente : les trois âges de la mine

Composée de nombreux documents anciens, photographies et objets provenant du fonds du Centre Historique Minier et articulée autour de maquettes originales créées à partir de plans conservés dans les collections, l'exposition « Les trois âges de la mine » propose un vaste parcours chronologique à travers trois siècles d'histoire des mines du Nord/Pas-de-Calais :

Le XVIIIe siècle : les débuts de l'extraction du charbon

Le XIXe siècle : l'âge d'or des mines du Nord/Pas-de-Calais

Le XXe siècle : la fin de l'exploitation

Une fresque chronologique associant des textes et des documents iconographiques retrace la découverte et l'exploitation du charbon, l'évolution des conditions de travail et des transports, le développement de l'industrie, la montée en puissance des Compagnies, l'émergence des mouvements ouvriers… Elle raconte ainsi l'histoire économique et sociale d'un territoire « mythique », le bassin minier du Nord/Pas-de-Calais. D'autre part, pour chaque siècle, sera évoqué plus précisément un personnage emblématique : au 18e siècle, Antoine Delfosse, mineur de fond ; au 19e siècle, Emile Basly, leader syndical ; au 20e siècle, Alexis Destruys, ingénieur des mines.

Chaque période sera également marquée par une ambiance sonore et par un objet particulièrement symbolique :

- Une cloche d'église commandée par la compagnie des mines d'Anzin (1789)

- Un groupe sculpté intitulé « La grève » du sculpteur Corneille Theunissen (1891)

- Une grande statue de mineur du sculpteur Janthial (1955)

Des vitrines modulables permettent de présenter en alternance des objets et oeuvres d'art issus des collections ainsi que des pièces d'archives et des documents graphiques.

Pour chaque siècle, en vis-à-vis d'une maquette de fosse de mine, le visiteur trouve un espace consacré à l'histoire des techniques associant plusieurs textes, des illustrations ainsi qu'une maquette représentative des principales mutations technologiques survenues :

- Une machine à vapeur pour le 18e siècle.

- Une maquette de puits du 19e siècle comportant un chevalement en bois.

(le puits Magny - dans le bassin de Blanzy en Bourgogne).

- Une maquette de puits du 20e siècle équipé d'un chevalement en béton.

(le puits Grand-Condé des mines de Lens).

l'exposition temporaire : 26 avril - 31 decembre 2002

femmes a la mine, femmes de mineurs

Restituer au grand public le vécu des femmes du bassin minier, en rendant compte de leur rôle et de leur place au sein de la société minière, telle est l'ambition de l'exposition « Femmes à la mine, femmes de mineurs ».

La création de cette exposition fait suite à une enquête, commandée par le Centre Historique Minier et menée par Dominique Le Tirant, ethnologue, de septembre 2000 à février 2001.

Rencontre d'une quarantaine de personnes dont trente femmes directement liées à la vie ou l'activité minière, consultation des archives du Centre, analyse des films, photographies... cette investigation de terrain se traduit par une approche sensible et humaine de la vie des femmes.

les femmes à la mine

Les femmes qui travaillaient à la mine étaient toutes filles de mineurs. Aucune possibilité de promotion dans le travail, bas salaire, tâches pénibles... les femmes étaient obligées d'aller à la fosse pour assurer la survie de leur famille (père malade ou décédé, frère trop jeune..).

Cette première partie de l'exposition, installée à l'entrée du bâtiment de la fosse Delloye, évoque les différents postes occupés par les femmes dans l'industrie minière.

Le circuit minier rappelle constamment la présence des femmes et leur travail dans les différents points visités, et notamment :

- Le triage. Passage quasi-obligé de toute femme travaillant à la mine, c'est également le poste le plus pénible : un travail répétitif, au rythme rapide et difficile compte-tenu des tonnages manipulés chaque jour.

- La lampisterie. Les places sont plus rares, et les lampistes considérées comme des privilégiées. Pourtant, odeurs, projections d'acide, décharges électriques et poids des lampes confèrent à ce poste une rudesse particulièrement forte.

- Les lavabos. Tenus par des femmes plus âgées ou des veuves de mineurs, ce travail ne concerne qu'un petit nombre de femmes. Elles réalisaient, pour les ingénieurs, les travaux domestiques que leurs femmes n'assuraient pas : nettoyage, entretien des bleus de travail...

femmes de mineurs

Ce second volet, visible dans l'espace d'exposition temporaire, évoque le cycle de vie de la femme dans la société minière : filles, épouses, puis veuve de mineurs.

Sous l'autorité de la mère, l'enfance des filles de mineurs est totalement orientée sur un apprentissage domestique destiné à en faire de bonnes épouses de mineurs.

A l'âge de 13-14 ans, elles entrent dans la vie active, généralement au triage et participent ainsi au revenu de la famille.

Les quelques francs qui leur sont parfois rétrocédés leur permettent de fréquenter les bals, cinémas et guinguettes où elles rencontrent leurs futurs époux.

Le mariage, souvent suivi d'une naissance, marque pour les femmes l'arrêt du travail à la mine et l'entrée dans le cadre fermé de la cité et de l'espace de la maison.

Le mineur apporte à sa femme toute une série d'avantages sociaux : maison, énergie, médecine. En contrepartie, celle-ci assure confort et bien-être à son mari. Elle se lève très tôt pour préparer son casse-croûte, s'occuper des enfants, nettoyer les vêtements.

La vie quotidienne se déroule donc entre la pièce de vie principale de la maison, la borne d'eau de la rue et la cité minière. Ce sont les femmes qui gèrent l'argent du foyer.

Elles vivent perpétuellement dans l'angoisse, l'attente de la remontée de leur époux. A l'heure où la retraite pourrait sonner la fin de ces idées noires, la silicose se manifeste souvent chez leur mari. D'épouses de mineurs, les femmes se transforment alors en infirmières et garde-malades.

le circuit minier,

en quelques mots

Au-delà d'une reconstitution extrêmement fidèle du « fond » et d'une collection de matériel incomparable, les témoignages d'une vingtaine de guides -anciens mineurs- recréent pour les visiteurs l'univers de la fosse.

C'est sur les pas du mineur que le visiteur découvre le circuit minier. Première étape : la salle des pendus, à la fois vestiaire et salle de douche. Parce qu'il fallait laver la salle de douche plusieurs fois par jour, et parce que de l'air chaud était envoyé en hauteur, les vêtements étaient suspendus au plafond, ce qui donne à cette salle à la fois son allure surprenante et son nom.

Revêtu de sa tenue, le mineur passait devant le bureau du délégué mineur pour se rendre à la lampisterie où on lui remettait sa lampe en échange d'un jeton numéroté. Celui-ci tenait également lieu de « pointeuse ». Ce système permettait, en cas d'accident, de dénombrer les mineurs restés au fond.

Les mineurs longeaient ensuite l'infirmerie pour se rendre au puits n° 2. Privilège du visiteur : il s'y rend en train minier.

La visite se poursuit ensuite par les installations de triage du charbon, où travaillaient principalement les femmes, avant de prendre le chemin du fond.

C'est dans une galerie entièrement reconstituée par d'anciens mineurs que le visiteur s'imprègne de l'ambiance du fond, ses bruits, son faible éclairage, ses indispensables consignes de sécurité. Il ressent alors l'extraordinaire défi technologique mais aussi la terrible âpreté d'un travail exténuant.

Dans ce lieu chargé de mémoire, les guides communiquent leur émotion. Ils expliquent les techniques d'exploitation, décrivent les conditions de travail, soulignent les dangers et racontent leurs souvenirs...

repères

Le Centre Historique Minier, c'est aujourd'hui :

- Le 1er musée de la mine en France

- Un site de 8 hectares

- 13 000 objets de collection

- Le 1er musée de site de la région Nord/Pas-de-Calais et l'un des tout premiers d'Europe

- Plus de 130 000 visiteurs par an.

- 65 emplois dont 18 guides anciens mineurs.

- Plus de 4 000 m² de bâtiments neufs ou réaménagés

- 19 000 m² d'espaces extérieurs requalifiés

- 300 m² d'espace d'une nouvelle exposition permanente

- Objectif : 170 000 à 200 000 visiteurs d'ici 2005

Dates clé de la restructuration :

- 1991 : le Conseil d'Administration du Centre lance une étude de restructuration architecturale et muséographique.

- Juin 1998 : lancement du marché de définition.

- Novembre 1998 : sélection de trois équipes pour participer au marché de définition.

- Avril 1999 : choix du maître d'œuvre, le cabinet Novembre. Il assure le traitement architectural et muséographique assisté de l'agence Complémenterre pour le traitement paysager. L'assistance à Maîtrise d'Ouvrage a été confiée à la S.E.P.A.C., Société d'Équipement du Pas-de-Calais.

- Mars 2000 : pose de la première pierre du futur bâtiment d'accueil.

- Février 2002 : inauguration des nouveaux espaces.

Une seconde tranche de travaux pour l'installation des sections permanentes ethnologiques et scientifiques, le réaménagement en boucle du circuit minier et le traitement de l'ensemble des espaces extérieurs sera mise en chantier dans le cadre du contrat de plan Etat - Région 2000-2006.

informations pratiques individuels

Horaires d'ouverture de la billetterie

- De mars à octobre : tous les jours, de 9h à 17h30

De novembre à février :

- de 10h à 17h les dimanches, vacances scolaires et jours fériés.

- de 13h à 17h du lundi au samedi

Le musée ferme environ deux heures après la billetterie.

Tarifs

De mars à octobre :

- Tarif normal : 10,20 €

- Demi-tarif : 5,10 €

De novembre à février :

- Tarif normal : 9 €

- Demi-tarif : 4,50 €

Durée de la visite

- Circuit minier : Visite guidée d'une heure trente sous la conduite d'un ancien mineur

- Expositions : Visite libre d'environ une heure.

Restauration

- Restaurant Le Briquet (du nom du casse-croûte du mineur)

Ce restaurant, d'une capacité de 170 couverts, est ouvert tous les midis et propose une cuisine régionale (possibilité d'ouverture en soirée sur réservation).

- Cafétéria : en-cas et boissons diverses sont disponibles à la cafétéria.

Coordonnées

Adresse : Fosse Delloye BP39 - 59287 Lewarde

Tél. : 03.27.95.82.82

Fax : 03.27.95.82.83

www.chm-lewarde.com

groupes, entreprises et scolaires

Horaires

Ouverture tous les jours à partir de 8h, sur réservation indispensable.

Tarifs

De mars à octobre :

- Adultes : 9 € / personne

- Scolaires: 4,90 € / élève

De novembre à février :

- Adultes : 7,70 € / personne

- Scolaires: 3,70 € / élève

Animations scolaires

La visite guidée du circuit minier (1h30) est suivie d'une animation thématique de 30 minutes effectuée par un médiateur culturel, à choisir par l'enseignant parmi six propositions.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°27, 2002.

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