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par Marguerite Borodoulina, 14 ans, élève de l'école 39, Ekaterinbourg
A Nijnï Taguil il y a un musée qui permet de voir une très intéressante collection des objets en cuivre qui datent du XVIIIe siècle et du XXe siècle. La production des ustensiles ornés en cuivre occupe une place importante dans l'art ouralien du XVIIIe siècle. La vie même exigeait cette production des ustensiles en cuivre: la demande d'ustensiles grandissait et le cuivre était un matériel assez facile à trouver dans l'Oural. Plusieres usines ouraliennes ont commencé à produire des ustensiles en cuivre.
Le premier quart du XVIIIe siècle voit apparaître à Ekatérinbourg des premières vaisselles en cuivre. A Nijnï Taguil on a créé un atelier où on fabriquait cette sorte de vaisselle. Pour mettre un accord final des artistes ciselaient un ornement sur la vaisselle en cuivre. Pour éviter l'oxydation, on étamait souvent les ustensiles destinés aux produits alimentaires. Parfois on étamait la production non seulement à l'intérieur, mais encore à l'extérieur pour imiter des objets en argent.
Dans les années 1740-1760 des formes et des ornements étaient si nombreux que les ustensiles ouraliens, dont la qualité était étonnante, furent vendus non seulement au marché local, mais exportés aussi dans les régions centrales de la Russie. L'assortiment d'ustensiles en cuivre était très grand : mortiers, plateaux, bouilloires, samovars, réservoirs d'eau, chandeliers etc.
Dans le musée de Nijnï Taguil une place particulière occupent les samovars qui étaient largement répandus dans la 2e moitié du XVIIIe siècle. Dans l'Oural c'étaient les usines de Souksoune appartenantes aux Démidov qui fabriquaient les samovars.
L'exploitation active des gisements de minérai en Oural a causé la création de plusieurs usines métallurgiques. L'extraction du cuivre qu'on utilisait peu auparavant a beaucoup augmenté au XVIIIe siècle. La production des samovars était pareille à celle des ustensiles en cuivre. On peut dire que cette dernière est devenue la cause de l'apparition des samovars en Oural.
Histoire du samovar
L'histoire du samovar est très étonnante et pleine de mystères.
Le samovar est une des inventions les plus étonnantes qui réunit un âtre avec une vaisselle. Le samovar est un vase de métal avec un foyer pour faire bouillir de l'eau. Il est le roi parmi les ustensiles de cuivre, le général sur la table de thé où se trouvent un sucrier et des tasses en porcelaine. Tout le monde sait que le samovar est une bouilloire à robinet destinée à fournir l'eau chaude pour le thé. Le mot russe «samovar» peut être traduit comme celui qui cuit lui-même.
Aujourd'hui tout le monde se sert avec plaisir des samovars de différentes formes et configurations. Des samovars sont produits en Azerbaïdjan, en Iran, en Turquie. Mais les samovars russes sont les plus célèbres.
En Russie le samovar n'a apparu qu'au XVIIIe siècle. En 1995 il a fêté son 250e anniversaire. En 1130 on a confectionné des samovars en Azerbaïdjan. En 1778 à Toula on a établi la première manufacture qui fabriquait des samovars.
Avant l`arrivée du thé, et après aussi, dans les samovars on préparait une formidable boisson russe le sbitène. Le sbitène est une boisson chaude faite à la base du miel brûlé avec des épices. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle on le préparait dans les bouilloires de cuivre spécialisées, qui s`appellaient les «sbitenniks». Les sbitenniks servaient de réchauffer le sbitène et jouaient le rôle de thermos.
Au XVIIIe siècle en Russie on a vu apparaitre des soi-disantes «bouilloires chauffantes» qui étaient répandues pendant très longtemps. Ce sont ces bouilloires chauffantes qui sont les prédécessuers du samovar d'une part, et de la bouilloire moderne de l'autre.
En Russie le thé a été apporté de Chine. Là il y a un appareil de la même famille qui a un tuyau et un cendrier. Mais il n'existe pas de vrai samovar nulle part, parce que dans d'autres pays on fait du thé à la manière du café. Des recherches scientifiques ont un embarras de dire comment et d'où les samovars ont apparu en Russie. Jusqu'aujourd'hui on croit que le plus ancien samovar est celui d'Egypte et a 2000 ans. Certains savants pensent que le prototype du samovar russe est l'ancien «astepse»(un vase carré ouvert), où on réchauffait de l'eau pour la mêler avec du vin.
Quelques causes font de l'invention du samovar un fait remarquable pour la culture culinaire. Les voilà :
1. Un tuyau a agrandi la surface chauffée, ce qui a contribué à diminuer les dépenses pour le combustible.
2. L'âtre a été posé à l'intérieur de la vaisselle, le tuyau aussi, ce qui a contribué à utiliser au maximum le chaud produit.
3. Le chaud est distrubué régulièrement dans la vaisselle, c'est pourquoi l'eau se réchauffe régulièrement.
La première fabrique des samovars a été fondée en 1775 par Nazar Licitsine, habitant de Toula. Tout le monde le connait, mais on a trouvé d'autres documents. Les historiens régionaux affirment que le premier samovar russe a été inventé en Oural, dans le village de Nijnéirguinsk. Dans les archives de l'Etat on a trouvé un document qui parlait du samovar de Nijnéirguinsk. Les savants ouraliens affirment même qu'on les produisait au XVIIIe siècle. Puis la cuivrerie de Nijnéirguinsk s'est ruinée et on a commencé la fabrication artisanale. En 1740 un scandale a éclaté à la douane d'Ekatérinbourg. Une personne a essayé de frauder la douane avec des noissettes, du miel, et un samovar à couverts. On l'a arrêté. On a dressé un procès-verbal où on a écrit que le samovar a été fabriqué par la cuivrerie de Nijnéirguinsk. Ce qui prouve qu'en 1740 on produisait déjà les samovars en Oural. Les samovars de Nijnéirguinsk étaient très populaires pendant toutes sortes de guerre. Des soldats les utilisaient en qualité des termos.
Bientôt le samovar de Toula s'est couvert de gloire. Après le succès de Toula on a oublié que le samovar était né dans l'Oural. A cette époque-là un proverbe a apparu : «On ne va pas à Toula avec son propre samovar», l'équivalent français de ce proverbe peut être : Il est bizarre de venir en Champagne avec sa propre bouteille de champagne.
Le samovar doit son apparition au thé. C'était au XVIIIe siècle que de l'Asie on a amené le thé en Russie et à cette époque-là il servait de remède pour l'aristostocratie. La vente du thé était une des affaires les plus lucratives et répandues. Au XIXe siècle le thé est devenu une boisson nationale russe.
L'organisation du samovar
Malgré la diversité d'ornements tous les samovars sont faits d'une même façon.
Chaque samovar est composé des murs, d'une cruche, d'un cercle, d'un cou, d'un dessous, des anses, d'une décoration en forme d'une bande, d'une tige, d'un robinet, d'un fond, d'une grille, d'un foyer, d'un tuyau, d'une bouche pour laisser passer le froid ou le chaud, de quelques détails en bois, d'un réchaud, d'une fermeture et d'un couvercle.
L'organisation du samovar est très simple; le samovar est en principe un vase de métal percé d'un tuyau vertical. Ce tuyau passe du foyer au réchaud. A l'intérieur on met un combustible des cônes de sapin ou de pin, des bûchettes, des petites branches de bois. On verse de l'eau er on met le couvercle. Quand l'eau a bouilli dans le samovar, on met une théière au-dessus du couvercle. Cette théière coupe le passage d'air dans le tuyau, c'est pourquoi l'eau bout plus lentement.
Un des faits les plus importants dans le samovar est tel que l'eau dans le samovar ne se rechauffe pas seulement de bas en haut, mais les côtés latérales du tuyau le font aussi. L'eau bouge de bas en haut et à la ronde; c'est-à-dire des courants divers se mélangent. L'eau chaude monte et fait descendre l'eau froide. Ainsi, on a un mouvement circulaire qui crée des mouvements turbulents près des murs du vase. Ce mouvement complexe de l'eau forme ce qu'on appelle «l'effet du samovar» ou «le goût du samovar». Cet effet disparait dans les samovars électriques.
On sait que le goût d'une boisson dépend de l'eau, au premier tour. Les Chinois distinguent 16 stades dans le bouillissage de l'eau et croient que chaque stade apporte à la boisson son propre goût. Ce mystère a ses explications physiques : l'équilibre hydroaérien, la quantité d'oxygène changent dans le liquide, l'eau lourde apparait. Tous ces changements influent sur la qualité de l'eau, sur sa densité, sa transparence, son goût etc.
Un peu plus tard, en Azerbaïdjan on a commencé à utiliser un tuyau complémentaire qu'on mettait sur le tuyau principal et qui renforçait le tirage de l'air. En Russie dans le même but on utilisait unu botte en cuir à l'aide de laquelle on chauffait le samovar.
Les types de samovars
Il existe plusieurs types de samovars selon l'époque de son apparition.
Le samovar du XVIIIe siècle.
Il est fait à la manière de son temps du baroque russe. On n'utilise pas le fer fondu que pour le robinet, mais des anses en sont daites aussi. Le robinet a un élément de décoration «une branche» stylisée.
La bouillottoire (du fr. bouillotte)

Elle occupe une place à part dans la famille des samovars. Ce type de samovar reflète les traits de l'art classique européen qu'on a emprunté après la guerre de 1812 contre Napoléon; mais il garde l'originalité russe. L'art européen a surtout influencé la manière de décorer les samovars. D'habitude, dans la bouilloitoire on versait de l'eau déjá bouillante et une lampe à alcool posée au-dessus de la bouillottoire retenait la température nécessaire. A l'intérieur on pouvait verser du vin chaud. On utilisait ce type de samovar pour préparer de l'eau bouillante pour la théière. Encore on l'utilisait quand on n'avait besoin que de 1 ou 2 verres de thé et on ne voulait pas appeller un domestique pour allumer un samovar. La gravure raffinée, l'argenture, la niellure, des détails decoratifs font cet objet semblant à une chose précieuse. Certaines bouillottoires ont été faites au style Empire avec les feuilles d'acanthe et dont le corps se reposait sur les pieds courbes fléchis.
Le samovar de marche
Avec ce samovar on se mettait en route. Les samovars de marche, ou de chemin, forment tout un évènement dans l'histoire du samovar. Leurs formes sont inhabituelles : polyèdres, cubiques, parfois cylindrique. Ils sont faciles à transporter (des pieds et des anses détachables). Avec un samovar on prenait un petit coffret en route. Il abritait une théière, des verres, une boite à thé, un pot à lait et d'autres objets pour le thé.
Le samovar-tonnelet
Il a apparu au début du XIXe siècle. Ces samovars étaient surtout populaires parmi des officiers de l'armée russe, ils ont apporté ce type de samovar à Paris. C'était en ce temps-là que des pays européens ont fait connaissance avec le samovar russe. Les artisans européens se sont mis à imiter les samovars russes en s'etonnant de leur organisation simple et incomparable.
Comment on fait un samovar
Il n'était pas facile d'apprendre à produire des samovars.
N.G.Abrossimov se souvient : «A 11 ans j'ai commencé à travailler comme apprenti. Mon apprentissage a duré 3,5 ans. Pour faire le corps du samovar on cisaille une feuille de laiton, ensuite, on la cylindre à 12 reprises. Puis on taille des créneaux d'un côté du morceau de laiton, on joint les deux bordures du cylindre et on fixe à coups de marteaux; après quoi on transmet la forme dans la forge.»
On transmettait de père à fils l'outillage pour faire des samovars, et dans la mesure de l'usure de nouveaux outils le remplaçait. Des outils nécessaires à produire des samovars sont: quelques chevalets, un montant, des limes, des ciseaux, des marteaux, un moule.
Dans la fabrication des samovars on utilisait principalement des matériaux suivants: le laiton (le cuivre jaune), le tombac(le laiton rouge). Parfois on faisait des samovars argentés, dorés, et plus rarement ils étaient tous entiers en argent et en maillechort. On produisait 10 fois moins de samovars en laiton rouge que de ceux en cuivre jaune. Un samovar en laiton rouge coutait plus cher, on le trouvait plus beau, plus splendide; l'aristocratie préférait les samovars de ce type. Mais la plupart des samovars était faite en cuivre jaune (le laiton). En plus, on fabriquait des samovars en fer fondu; et c'était en Oural qu'on a commencé à produire les samovars en fer fondu, plus concrètement dans l'usine de Kychtym.

Le processus de la fabrication des samovars est très compliqué et varié. Il y en avait 12 étapes. Il exisait un partage strict du travail. Un artisan ne faisait jamais un samovar tout entier. Il y avait 7 types principaux de spécilialistes.
1. Le formateur il courbe une feuille de cuivre, le soude et lui donne la forme nécessaire. Un formateur fait 6-8 pièces par semaine.
2. L'étameur il étame l'intérieur du samovar de l'étain. Un étameur fait 60-100 pièces par jour.
3. Le tourneur il travaille le samovar sur un tour et le polit. Un tourneur torne 8-12 pièces par jour.
4. Le serrurier fait des anses, des robinets etc. Un serrurier fait des anses pour 3-6 samovars par jour.
5. Le monteur ou ajusteur il monte le samovar des parties séparées, il soude des robinets etc. Un ajusteur fait jusqu'à 2 douzaines de samovars par semaine.
6. Le fourbisseur fourbit le samovar (il fait jusqu'à 10 pièces par jour).
7. Le tourneur en bois il fait des pièces en bois pour les couvercles et les anses (jusqu'à 400-600 pièces par jour).
Dans les fabriques on réalisait l'assemblage et la décoration des samovars. Des artisans fabriquaient des pièces. On sait que des villages entiers produisaient une seule pièce. On remettait la production achevée une fois par semaine, parfois 2 fois par semaine. Des chevaux transmettaient la production achevée bien emballée. On emballait les samovars dans de grandes boîtes qui contenaient une douzaine d'objets de différentes façons et tailles.
Au cours des siècles les façons des samovars changeaient. Vers la fin du XIXe siècle on en a compté 165 environ. Cette diversité a exclu la mécanisation du processus de fabrication. C'est pourquoi les outils de travail étaient toujours les mêmes: des chevalets (qui représentaient des barres de fer renflées à leurs extrémités et qui servaient à forger les murs du samovar); un montant (ou un chevalet vertical pour forger des samovars plats, pour faire des courbures sur les samovars); des fers à souder pour souder la cruche du samovar avec son corps; des ciseaux pour couper du métal; des enclumes; des morteaux divers; des poinçons pour poinçonner les samovars; des moules en fer pour former les samovars.
L'évolution du samovar
Mais on continue à perfectioner la fabrication des samovars. Autrefois on rivait des anses, maintenant on les soude, le robinet est aussi soudé au samovar. Toutes les pièces du samovar sont faites en matériaux de haute qualité. Faits en laiton tous les samovars sont nickelés à l'extérieur et étamés à l'intérieur dans le but de les protéger contre la corrosion et de les faire plus jolis. On garantit le travail d'un samovar au cours de 10 ans.
Aux XIX-XXe siècle d'autres types des samovars ont apparu: des samovars pétroliers, des samovars appelés «Paritchko» et des samovars en cuivre dont le tuyau sortait du mur du samovar. Cette installation activait le curant d'air et intensifait le bouillissage d'eau. Des samovars pétroliers avaient un réservoir pour du carburant; ils ont été surtout revendiqués au Caucase. Des samovars pétroliers étaient très populaires à l'étranger.
Le premier samovar «Paritchko» a apparu en 1908. C'était l'ingénieur A.Y.Paritchko qui l'a inventé. Ce type de samovar assurait la sécurité à leurs propriétaires : il ne pouvait pas se dessouder comme un samovar simple, on ne pouvait pas le gâter si on a oublier de verser de l'eau avant de le chauffer.
En 1956 on a produit le premier samovar électrique.
En 1997 on inventé un nouveau type de samovar le samovar miste. Il représente une combinaison du samovar électrique et à réchaud. On peut le réchauffer à l'aide de l'électricité et du charbon. Il est bon à utiliser dans l'appartement soit à la nature, soit à la campagne.
L'aspiration à baisser des prix a provoqué la standardisation des formes des samovars. Faciles à fabriquer, à des prix réduits, ces samovars ont été destinés à un consommateur ordinaire. Ils avaient la forme d'un verre à pied et se caractérisaient d'une élégance simple. Depuis des années 80 du XIXe siècle on a commencé à nickéler les samovars. Ces samovars brillaient comme un miroir, c'est pourquoi le public large les a aimés.
La révolution de 1917 a provoqué des changements profonds dans tous les domaines de la vie, dans la production des samovars aussi. Après la révolution l'industrie des samovars a presque fini son existance. En 1918 on a nationalisé toutes les entreprises produisant des samovars.
Pendant la deuxie guerre mondiale presque toutes ces entreprises ont du fabriquer la production militaire, c'est pourquoi on les a presque toutes détruites au cours de la retraite des armées russes.

Les expositions des samovars
Il y avait des expositions des samovars. La première exposition a eu lieu en 1829 à Saint-Pétersbourg. Après quoi la marche triomphale du samovar russe a commencé à travers toute l'Europe. Les Européens ont aimé cette curiosité russe.
Pour participer à une exposition il fallait exécuter quelques conditions, avant tout on exigeait d'une haute qualité et d'une originalité artistique. Le matériel dont on a fait le samovar devait être russe, les artisans aussi devaient être russes. On tenait compte de l'équipement technique de la manufacture et la beauté de ses batiments. Celui qui désirait prendre part à ces expositions devait présenter ses uvres poinçonnées de marque de fabrique.
Il existait quelques types d'expositions: les foires qui avaient lieu du 15 jullet au 25 août; des expositions de gouvernement, de district, privées et spécialisées (artisanales, industrieles, agricoles); il y avait des expositions mondiales et russes.
Les meilleures uvres recevaient des prix qui flattaient la vanité des fabricants, on poinçonnait des samovars avec les images de ces prix pour se vanter un peu et rendre la productoin plus populaire. L'image des armoiries de l'Etat se comptait comme la décoration supérieure et la plus chère.
Des samovars féeriques aux formes extraordinaires doivent leur apparition à l'imagination libre des artisans. En voila, par exemple.
Le samovar qui s'appelle «l'Amitié entre les peuple» . Il est exécuté à la forme d'un vase. Ses anses ont la forme des feuilles de la vigne. Sur son corps on a représanté les armoiries bombées des républiques soviétiques.
De petits dragons supportent un autre samovar qui s'appelle «Une chaumière».
Le corps d'un autre samovar «La paix dans le monde entier» représente un globe terrestre, qui est tracé de parallèles et méridiens. Les ouvriers aux tabliers avec des morteaux aux mains soutiennent le samovar. Des épis jaunes embrassent «notre planète». En haut du samovar se tiennent les enfants, la main dans la main. C'est un travail magnifique!
Un chasseur et un ours qui combattent sont présentés sur le samovar qui s'appelle «Un conte forestier».
Les traditions russes
de boire du thé
Depuis la deuxie moitié du XIXe siècle boire du thé devient une tradition. Malgré des prix élevés le samovar est présenté dans chaque famille russe et devient un attribut nécessaire sur la table. Sans samovar c'est comme sans pain la maison se voit pauvre.
Le samovar fait partie de la vie et du destin de notre peuple. Il existe beaucoup de proverbes et de dictons liés au samovar. Par exemple : Le samovar bout défend de partir ; S'il y a du thé, le paradis peut se trouver sous un sapin. Il y avait des devinettes : Un trou au-dessus, un trou au-dessous, le feu et l'eau au milieu. Le samovar signifie l'hospitalité chaleureuse russe. Jusqu'à la première moitié du XIXe siècle on disait: «donner pour boire de la vodka». Mais peu après des «pourboires» sont donnés pour le thé.
On restait longtemps à table et chacun buvait parfois plus de 20 verres de thé avec des kalatchs (petits pains en forme de cadenas); des craquelins, de la confiture, des crêpes avec du caviar, des talmouses, des petits pâtés. Sur la table on mettait un samovar, une théière, une passoire à thé, un sucrier.
I.A.Gontcharov a décrit quel thé buvait en Russie en ce temps-là : «Un bon thé c'est un thé de fleurs doux et parfumé. L'arôme de ce thé est très délicat. Les Anglais disent que le thé est bon si c'est un mélange du thé noir et vert; tandis que ce mélange est un peu narcotique.» Quand Gontcharov a écrit le thé de fleurs, il ne voulait pas dire que c'était une tisane. C'est une sorte de thé fait de la partie supérieure de la plante.
En Russie il y avait des étranges qui buvaient du thé à la manière japonnaise avec du girofle, à la manière chinnoise avec des fleurs. Mais le thé russe c'est tout autre chose. Boire du thé à la russe c'est de boire du thé infusé. Gontcharov a dit que les Anglais le cuisaient comme on cuisait des chous.
Dumas-père a écrit : «Du meilleur thé on boit en Russie». Il l'a expliqué par le fait que la Russie pouvait importer le thé directement de la Chine. «Des coutumes sont étranges en Russie; des étrangers les trouvent choquants pour la première fois. Des hommes boivent du thé des verres, tandis que des femmes se servent des tasses de porcelaine chinoise.»
A.Vjourkov a écrit comment on buvait du thé. «On buvait du thé le matin, à midi, et à 4 heures sans manquer. A ces heures-là dans chaque maison on faisait bouillir des samovars. Des tavernes étaient pleines de monde, la vie s'est arretée pour un petit temps. On en buvait quand on s'ennuyait ou tout simplement quand on en avait envie. On en buvait avec du lait, du citron, et surtout avec plaisir. L'homme russe aimait le thé fort et chaud. Si quelqu'un a bu une dizaine de verres de thé et a mis son verre de côté, cela ne voulait pas dire qu'il en a bu assez il a pris un peu de repos. Mais quand il a renversé son verre, a mis un morceau de sucre au-dessus et a remercié le maître de la maison, ce n'était qu'alors qu'il finirait de boire et n'en voudrait plus. L'hôte surveillait toujours attentivement comment on lui versait du thé. Si le verre n'était pas rempli jusqu'aux bords, il demandait de le remplir «pour que la vie soit abondante.
Si les braises crépitaient dans le samovar, on disait qu'il chantait une chanson; alors l'ouralien superstitieux était heureux: ça promet du bien. Mais si le samovar commençait tout à coup à siffler, le superstitieux était affolé. Il trouvait le couvercle, fermait le samovar et commençait à le secouer. Il a arrêté ainsi le sifflement, mais une grande inquiétude s'est installée en lui, parce que le proverbe disait que si le samovar sifflait, il faut attendre des ennuis. On croyait que le plus mauvais signe était: si le samovar s'est dessoudé. Dans ce cas-là, malheur au malchanceux propriétaire du samovar
Le samovar est un phénomène russe, que les étrangers comprennent mal. Le samovar chante à l'homme russe des chansons qu'il connait dès son enfance: les soupirs du vent de printemps, des chansons aimées de sa mère, le sifflement gai des oiseaux. On n'entendrait aucun de ces sons dans un café européen.
L'ébrouement bruyant des bouilloires électriques ressemble aussi peu à «la voix « du samovar.
On raconte qu'au XIXe siècle il y a eu une histoire dans le village ouralien de Verkh-Néivinsk. Une famille n'a pas payé des impôts. On l'a privée du robinet, c'est le bec du samovar. Donc, cette grande famille est restée sans son soutien, sans son bien faiteur. Après la famille a payé la dette et on lui a rendu le robinet.
Même aujourd'hui certaines familles gardent la tradition de boire du thé le soir ou le dimanche. Toute la famille est à table, on parle de ce qu'on a fait la veille, on discute les projets pour lendemain. Au milieu de la table il y a encore un membre de la famille, un être presque vivant, le samovar qui murmure doucement, halète ou renifle d'un ton sévere: le caractère de la «chanson» du samovar dépend de l'ambience à table. Boire du thé du samovar ce n'est pas seulement une coutume, c'est toute une ambience, une tradition.
Les années passent, le samovar ne vieillit pas. On continue la tradition de boire du thé. Je regretterai bien, si un des plus beaux et formidables de nos usages meurt, si on ne voit pas les samovars nulle part que dans les musées. Je voudrais bien croire qu'en Ruissie, notamment dans l'Oural ça n'arrivera jamais.
© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°27, 2002.
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