Volonté européenne de mettre en place un registre européen des compétences et dans ce cadre, réflexion sur l’idée d’une partie sur le « savoir être citoyen ». Echanges sur ce thème ce matin entre M. de Robien et le ministre allemand de l’éducation présent au salon.
Alain Bergounioux fait la première synthèse du séminaire.
Première remarque : la citoyenneté est une préoccupation commune aux Européens. Interrogation sur la qualité de notre démocratie qui s’est étendue depuis 1991 mais qui pose question par ailleurs.
La discordance entre les valeurs : individualisme et demande de protection.
Le communautarisme,
Le relâchement des familles,
La distorsion entre qualification et emploi réel, etc.
On entend souvent le « vivre ensemble » puis dans un deuxième temps la préparation aux pratiques sociales et politiques.
Le sentiment de M. Bergounioux est qu’il ne faut pas être pessimiste et que nous connaissons un nouvel âge de notre démocratie. Des signes négatifs mais aussi beaucoup de signes positifs.
L’école doit s’adapter aux nouveaux enjeux de société.
On n’est plus forcément dans la grande idée républicaine : La République a fait l’école, l’école fera la République, chère à la Troisième.
Deux problèmes ont ordonné ce séminaire :
Le manque de cohérence verticale (du primaire au lycée) et horizontale (savoirs et comportements).
Le grand écart entre les discours et les axes. Application des programmes.
Mais la démocratie n’est pas un fait, c’est un effort.
Quel est le fil de la cohérence ?
L’atelier sur le hors-temps scolaire :
L’école n’est pas le seul vecteur de la formation,
La politique scolaire a besoin d’autres politiques familiale, sociale, économique, culturelle.
Pose la question de la territorialité : penser l’école dans son territoire en réseau, et aboutir au décloisonnement.
Pour décloisonner :
reconnaître les partenaires par une charte nationale,
valider les acquis de l’engagement, même à un niveau modeste,
concevoir un passeport civique de l’école au lycée intégrable au CV,
mieux faire connaître aux profs le monde associatif local.
A l’école primaire, ambition louable du « vivre ensemble »,
L’économie des programmes est juste, depuis les nouveaux programmes.
Dans les premiers cycles, la socialisation est surtout orale,
Dans le cycle terminal, les notions sont seulement évoquées dans une sorte de fourre-tout.
Au collège, avantage des programme est qu’il y avait une pensée : passage de la pensée individuelle à la notion de citoyen.
Etudes de cas relayées par des textes fondamentaux.
Quel constat ?
Programmes assez bien accueillis mais beaucoup d’intentions sont restées lettre morte : vocation inter-disciplinaire, vieillissement inexorable de ces programmes, sorte de « routinisation » des pratiques, manques sur la laïcité, la politique proprement dite.
L’écart est réel entre Education civique et vie scolaire.
sur le lycée, on a évité le terme politique dans l’ECJS.
Réticence à vouloir aborder de front le problème central du lycée qui veut préparer ses jeunes à la citoyenneté.
Tout est centré autour du débat argumenté mais encore faut-il que ce débat soit préparé, compris, se réduisant à une série d’opinions subjectives = le sens en a été « dévoyé ».
Il y a une érosion rapide de l’ECJS qui tend à disparaître dans les sections terminale et dans les sections technologiques.
Avant de faire des propositions, sur quels principes peut-on juger de la réalité ?
Il faut d’abord avoir une vision éducative d’ensemble qui prenne en compte les autres systèmes européens voire mondiaux.
Il faut avoir une démarche éducative qui dépasse l’école, en évacuant « une bonne fois pour toutes » les faux débats sur savoirs, pratiques, comportements : tout est important.
Il faut lier les politiques d’Education civique aux autres politiques.
Il faut donner une place plus importante à la parole des élèves.
Il faut réaliser un partenariat avec les associations.
Il faut revoir la formation des enseignants.
Il faut développer la recherche.
Les propositions :
Une volonté de pilotage national, académique et par établissement qui font défaut dans la durée.
Concevoir une formation initiale issue d’une épreuve qui puisse vérifier que les professeurs sont bien des fonctionnaires de la République.
Un passeport civique à valoriser.
Un parcours civique unifié.
Intervention de Laurent Bazin dans une deuxième restitution :
Trois thèmes structurants :
droits de l’homme,
sécurité,
justice.
Exploitation à optimiser et à mettre en cohérence, notamment par des actions transversales.
Atelier 2 sur les media :
L’élève arrive dans le système scolaire avec de nombreux pré-acquis médiatiques (2 heures 42 devant la télé en moyenne par jour).
Des pistes :
travail sur projet,
valorisation des approches transversales,
intégration d’une éducation aux media dans le projet d’établissement,
Atelier 3 sur les ressources :
Foisonnement extrême qui mène à la dispersion.
Ça n’est pas forcément un gage de fiabilité ou de sécurité,
Mieux adapter les ressources par niveau,
Mutualiser les initiatives,
Développer des réseaux,
Inclure la recherche documentaire dans la formation.
Les élèves doivent aussi construire leurs propres ressources.
Atelier 4 sur la formation :
Interrogation sur cette notion de formation.
En matière d’application des formations dans la réalité de la classe est difficile.
La formation va intégrer un volet sur son appartenance au corps des fonctionnaires.
L’enseignant n’est pas là pour présenter la citoyenneté mais il est là pour représenter la citoyenneté.
Atelier 5 sur l’école et son environnement :
L’interaction entre l’école et son environnement est plutôt un postulat qu’un acquis.
Le partenariat ne peut être efficace que s’il s’appuie sur un projet concret
Le territoire doit être celui vécu par les jeunes,
L’impact éducatif sur son environnement
La mise en œuvre de tout projet doit faire l’objet d’une concertation en amont
L’évaluation de ces projets doit être approfondie et pérennisée
Tout ceci ne pourra fonctionner que si l’établissement se voit réaffirmé comme un espace central de citoyenneté dans son territoire.
Atelier 6 sur la citoyenneté européenne :
Difficile de faire une synthèse vu les différences de situation.
Quelques constats :
Tous les pays ayant inscrit l’EC dans leur curriculum estiment que cela n’est pas suffisant,
La tâche du monde éducatif est de valoriser les actions de terrain mais aussi de démultiplier et diffuser au plus grand nombre.
Priorité absolue sur les formations des personnels d’enseignement et d’encadrement.
Il faudrait réconcilier les réseaux d’éducation formels et les réseaux informels.
Conclusion :
La République française est une construction partant du postulat que tout individu est un citoyen pour peu qu’on le forme. Il n’est donc pas de République sans formation à la République. Il n’y a pas de citoyenneté sans éducation à la citoyenneté.
La citoyenneté n’est pas une donnée, plutôt un effort de construction.