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Cette question est présente dans les programmes de l’école primaire au lycée Selon le principe de la spirale pédagogique, un élève français verra à trois ou quatre reprises (selon les orientations) cet évènement inscrit dans l’étude des structures de l’Etat totalitaire et l’extension du nazisme dans l’Europe occupée pendant la seconde guerre mondiale :
Il est à noter qu’en classe de Terminale, on peut revenir à deux reprises sur la Shoah en début de programme lors de la présentation du monde en 1945 et dans la partie sur l’histoire de France de 1945 à nos jours, au moment de présenter les Mémoires de la seconde guerre mondiale. C’est une des nouveautés importantes de ce programme, les auteurs des documents d’accompagnement ont rédigé un encart sur la distinction entre mémoire et histoire et ont développé les consignes sur l’enseignement de la mémoire du génocide. Il est bien évident que la dimension particulière de ce sujet fait que l’on peut aborder cette question dans les séquences d’éducation civique ou d’ECJS car il permet de réfléchir sur la démocratie, les droits de l’homme, la notion de crime contre l’humanité et celle de la raison d’Etat. On peur également la place de ce thème dans les enseignements pluridisciplinaires ( TPE ou IDD). Cette récapitulation montre la reconnaissance institutionnelle de cette question, mais ce n’est pas pour autant que les problèmes de son enseignement sont réglés, comme toutes les questions qui touchent à la mémoire
Pour l’enseignant, c’est faire la part entre la raison et l’émotion.
L’enseignant doit faire un travail d’historien, inscrire l’évènement dans l’histoire, insister sur la rigueur chronologique et du vocabulaire. Même si l’histoire ne peut répondre à toutes les questions, la démarche historique permet de définir la spécificité de l’évènement, le comparer avec d’autres génocides sans réduction ni banalisation. Le but est bien de faire comprendre, sans sacraliser et sans justifier. L’émotion sera présente forcément mais ce n’est pas ce qui doit être le moteur de cet enseignement. De même que les cours sur ce thème ne doivent pas devenir des leçons de morale dans le genre « plus jamais cela », cette position n’est pas tenable vue malheureusement l’histoire de la fin du XXe siècle, là encore c’est la méthode comparative en histoire qui permet de sortir de l’impasse
Une abondante documentation pédagogique Il existe à commencer par les manuels scolaires. La dernière génération des manuels de Première parus en 2003 propose des dossiers particulièrement soignés et les manuels de Terminale de 2004 ont tous un chapitre sur la mémoire de la Shoah souvent en plus du chapitre de cours il y a un dossier d’approfondissement. Les sites pédagogiques sur Internet, sites institutionnels ou associatifs, sont nombreux. On peut citer les principaux :
- Le site animé par Daniel LETOUZEY pour le cercle d’étude de la déportation et de la Shoah, http://cercleshoah.free.fr qui est une association soutenue par l’APHG et l’Amicale des Déportés d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie. - Le site du Mémorial de la Shoal en particulier les pages « le grenier de Sarah » pour les classes primaires, http://www.memorialdelashoah.org - Le site du Sceren animé par Jean-Pierre HUSSON, http://crdp.ac-reims.fr/memoire/default.htm - Le dossier de janvier 2004 du Café pédagogique réalisé en collaboration avec le CIDEM, http://www.cafepedagogique.net/dossiers/shoah2004/index.php - Le site suisse francophone, http://aidh.org, où on peut trouver une abondante documentation en ligne entre autre la publication du Conseil de l’Europe « Enseigner l’holocauste au 21e siècle ».
Un outil pédagogique est très utilisé, la sortie pédagogique sur les lieux de mémoire (entre autres : la maison d’Issieu, Drancy, le Mémorial ou Auschwitz ). Ces voyages sont souvent les moments où l’émotion est présente, elle peut parfois tout submerger et provoquer des incidents On ne saurait trop insister sur la rigueur de la préparation, pas seulement sur la Shoah, le nazisme mais aussi sur les juifs et leur histoire, leur culture. Par exemple, la visite du Mémorial de Paris peut être précédée par une visite du Musée d’art et d’histoire du judaïsme : http://www.mahj.org/ et la traversée à pied du quartier du Marais avec éventuellement une visite d’une synagogue. Là aussi le Mémorial peut offrir une aide pédagogique pour organiser ces sorties ou voyages de même que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah peut offrir une aide financière, http://www.fondationshoah.org/francais/fmsjeudecadre.htm
Tout cela nécessite une formation solide pour savoir éviter les piéges liés aux approximations et aux erreurs, sources de nombreux incidents. La formation initiale est importante, ainsi peut-on noter le choix judicieux du sujet d’Histoire contemporaine du CAPES d’histoire-géographie en 2004 et en 2005 « Les sociétés, la guerre et la paix de 1911 à 1946 ( Europe, Russie puis URSS, Japon, Etats-Unis). » Ce fut l’occasion de nombreuses publications. La formation continue, comme pour toutes les autres questions, est essentielle. On peut rappeler la réalisation des Universités d’été organisées conjointement par le Mémorial et l’APHG http://www.memorialdelashoah.org/upload/medias/actionspedagoformation2006.pdf. Une association propose une formation en Israël, dans le premier musée sur ce thème mis en place par les survivants du ghetto de Varsovie : http://www.yadlayeled.org/sem.php
On peut conclure sur un certain « surinvestissement » de cette question par les enseignants, à l’origine parfois de certains incidents dans les classes. C’est ce qui peut ressortir desdeux enquêtes l’une réalisée par l’APHG et l’autre par l’IUFM de Versailles. Des élèves peuvent ressentir une sorte « d’injustice », de « hiérarchie des malheurs » ou encore une saturation devant l’utilisation des mêmes documents à tous les niveaux d’enseignement. Tout cela nous interpelle un chantier didactique est ouvert et devrait servir de piste de travail pour les formations lors des stages de liaison entre les cycles : école/collège et collège/lycée.
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