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« Demain
s'élèvera au cœur de l'Aube, le Monument départemental
à la mémoire de nos morts de la Résistance et de
la Déportation qui sera aussi le Monument à la gloire de
tous ceux qui, dans les circonstances les plus diverses, sur notre territoire
et partout dans le monde ont servi un Grand Idéal et se sont acquis
de ce fait l'hommage fidèle des vivants et le droit à la
reconnaissance éternelle de la postérité »
Pierre-Marcel Wiltzer
L'ouvrage de Serge Barcellini et d'Annette Wiéviorka classe
les lieux de souvenirs de la Résistance et de la Déportation.
On distingue plusieurs thématiques. A savoir, les éléments
liés à l'année 1940, les Polonais, les prisonniers
de guerre, les Malgré nous, De Gaulle, Jean Moulin, La Résistance,
la répression, la Déportation, les requis du STO, les souvenirs
du génocide et les Actions de grâces. Les différents
acteurs de la mémoire de pierre sont les familles, les anciens
combattants et leurs associations, les collectivité locales et
l'Etat. L'initiative vient rarement des pouvoirs publics a moins d'un
engagement clair. Municipalités et associations restent
les acteurs essentiels. Les lois en vigueur sont multiples. Il y a d'abord
la loi du 2 juillet 1915, modifiée par la loi du 28 février
1922. Un décret du 12 avril 1946 (modifié et précisé
en 1968) fixe les conditions d'apposition des plaques. A partir de 1982,
c'est le Maire qui peut décider. Auparavant c'était le Préfet
pour un Français et le Ministre de l'Intérieur pour un étranger.
L'essentiel des plaques, stèles et monuments sont installés
avant 1950. Si l'on doit définir un monument type, c'est la stèle
rendant hommage aux morts sur le site. Parfois, c'est sur la maison de
naissance ou d'habitation. Il y a plus rarement des monuments portant
une sculpture. En théorie, l'entretien des stèles
revient à leur créateur, souvent la municipalité
ou le Souvenir français prend le relais.
Un monument est un témoin de pierre et le reflet d'une mentalité.
Il est souvent très simple d'aspect. Le manque d'argent, mais aussi
le choix esthétique et la volonté égalitaire expliquent
la simplicité de la plupart des monuments. Il y a des monuments
de diverses formes et de diverses origines dans la plupart des communes
de France. Souvent, elles ont choisi des simples stèles de pierre.
C'est surtout la Grande Guerre qui a imposé ce devoir de mémoire.
L'essentiel était de glorifier les morts tombés pour la
Patrie dans leur village alors que la plupart des hommes étaient
enterrés dans des cimetières militaires ou dans l'anonymat
d'un ossuaire national. Cependant, si nous constatons que l'essentiel
des monuments aux morts concerne la Grande guerre, tous les monuments
aux morts ne sont dédiés aux morts de 1914-1918. A Troyes,
par exemple, le Monument des Enfants de l'Aube concerne les morts de la
Guerre de 1870. L'idée de laisser une trace aux soldats tombés,
date du XIXème siècle. Ce sont les tueries des
guerres de la Révolution et de l'Empire et le développement
des différents services militaires qui créent les conditions
morales à l'établissement de monuments. Ainsi, l'ordonnance
royale du 10 Juillet 1816 autorise la Monarchie restaurée à
apprécier les « services rendus à l'Etat ».
Dès l'origine, l'Etat cherche à contrôler la glorification
des morts et fixer les règles. La Grande Guerre change la donne.
Alors que la guerre n'est pas terminée, l'opinion fait connaître
sa volonté. Dès 1916, Jean Ajalbert publie un ouvrage dont
le titre pose la question : « Comment glorifier les morts
pour la patrie. Enfin des associations fleurissent avec pour but de financer
des monuments commémoratifs, dont la Reconnaissance nationale.
La guerre terminée, il est difficilement possible de résister
à la volonté de l'opinion tant le sacrifice de la jeunesse
du pays a été important. Puis la loi du 25 octobre 1919
sur la commémoration et la glorification des morts pour la France
au cours de la Grande Guerre vient poser les règles. La loi
n'est pas répressive. Elle cherche surtout à encadrer et
aider les commune. Cette loi sera complétée par la loi de
finance du 31juillet 1920. On fixe à cette occasion une subvention.
La Libération a vu naître un profond désir de commémoration.
Les année 1945-46 furent prolixes en monuments sur les hauts lieux
de la Résistance et des martyrs de l'Aube. On peut citer par exemple
Montgueux, 8 juin 1946, La Lisière des Bois le 22 juin 1947 et
encore Mussy le 16 septembre 1946. Il est vrai qu'il y a un intense désir
de commémoration. Mais si chaque maquis, chaque réseau,
chaque famille parviennent à s'entendre, l'idée d'un monument
à tous les Combattants, Résistants et Déportés
de l'Aube reste un projet plus difficile à mettre en œuvre
et il faudra près de 10 années pour y parvenir réellement
et surtout l'impulsion décisive d'un homme : le préfet
Wiltzer.
Un monument
de la Résistance auboise ?
Un premier comité d'érection du monument
Un premier comité
d'érection fut mis en place à l'automne 1947. Selon le préfet
Wiltzer, l'idée germe au sein de la FNDIRP présidé
à l'époque par Henri Curin, et d'emblée l'idée
reçoit un accueil chaleureux des composantes de la Résistance
et de la Déportation. Un comité provisoire est mis en place
et obtient facilement le soutien du Préfet Rix. Plusieurs projets
voient le jour et également des polémiques sur les lieux,
les styles et les projets. Pendant ce temps, le comité s'élargit
et devient définitif, avec en appoint un comité d'honneur
composé de personnalités représentant les autorités
civiles, militaires et religieuses. Les
personnalités de ce premier comité sont :
Henri CurinHubert
DanésiniJoseph
VantalonBernard SiretJean
PiquemalHenri TerreRoger
PaupeGabriel ThierryGabriel
ManserCamille DuvalHugues
PortaillerHervé
MathieuMarcel NoëlMme
Jean HoppenotGermain
RincentRoger GuerryRoland
NicolasLe Commandant
PoirierMme Denise JeannyJean
PuissantPierre-Jean GuthPierre
ThiebaultHenri Petel.
Le lieu choisi sera l'extrémité
du jardin de Chevreuse. Ce choix sera officialisé par une délibération
du conseil municipal daté du 21 avril 1950. Ensuite, il s'agit
de constituer le dossier d'agrément de la commission Centrale des
Monuments Commémoratifs et d'obtenir l'autorisation ministériel.
Le début de l'année 1951 est consacré à la
déclaration de l'association qui sera effective le 4 juillet 1951.
Enfin un concours d'architecte est lancé et le projet sera confié
à Jean Veyssière. Le premier projet retenu, assez proche
dans sa conception de l'actuel portait l'inscription « Vivre
libre ou mourir ».
La presse se fait écho
de l'événement. Est-Eclair du 16 mars 1951 : « Un
mur grandiose et brutal. Grâce à une utilisation totale du
terrain, il s'impose par sa masse comme le souvenir impérissable
de nos disparus et sert de fond au groupe allégorique. Un déporté,
vidé de sa propre vie, l'air profondément las, accueille
la mort comme une délivrance. Par opposition, le résistant
est frappé brutalement en pleine force de l'âge »
Puis les réunions
s'espacent. Le problème du financement se pose. Malgré tout,
un contrat est signé avec Maurice Veyssière, entrepreneur
de Pompe funèbre, pour le terrassement. Un deuxième concours
est organisé pour le choix des sculpteurs. C'est Jean-Charles Lallement
qui remportera la majorité des suffrages. En définitive
les deux hommes choisis ne sont pas des inconnus. Jean Veyssière(1925-1961)
est le fils de Maurice Veyssière (1898-1964) et Jean-Charles Lallement
est le neveu d'Alphonse Guery, ancien Conseiller Général
de Chavanges ( également l'auteur du monument de Nîmes et
de Tarbes. Né en 1914 à Paris, mort dans un accident de
la route en 1970.Sculpteur statuaire. Ancien élève de l'École
Boulle et des Beaux-Arts de Paris. Disciple de Bouchard, Wlérick,
Maillol pour la sculpture, de Dropsy pour la gravure. Grand Prix de Rome
de sculpture)
Parallèlement
le décret est signé par Antoine Pinay sur un devis de 11384000
F. L'ensemble devait être couvert par une souscription publique.
Puis les difficultés vont commencer. La souscription ne rapporte
que 567000 F. les polémiques sur l'emplacement et sur l'inscription
reprennent. Et, un constat d'échec se précise à l'horizon.
L'arrivée du Préfet
Wiltzer change tout. Le comité se réunit le 5 février
1954. M. Curin devient président d'honneur et la présidence
active est confiée à Henri Terré, tandis que le Préfet
en assure le patronage. Plusieurs Vice Présidents sont désignés.
A savoir MM Gabriel Thierry, Hubert Danésini, Roger Paupe et Gabriel
Manser. Le 10 juillet 1954, se tient une réunion dans le cabinet
du préfet et on décide de faire réduire le prix à
10 millions. Entrepreneur et artiste acceptent de revoir leur devis, non
sans réduire l'épaisseur des revêtement arrière.
Une nouvelle réunion se tient à la préfecture en
présence des parlementaires MM Alric, Patenôtre, sénateurs
et MM André Mutter, Germain Rincent, Marcel Noêl et Louis
Briot. Ceux qui n'y étaient pas, entrent dans le comité
ainsi que M . Veyssière tandis que M. Bernard Siret le quitte.
Henri CurinHubert
DanésiniJoseph
VantalonBernard SiretJean
PiquemalHenri TerreRoger
Paupe,Gabriel ThierryGabriel
ManserCamille DuvalHugues
PortaillerHervé
MathieuMarcel NoëlMme
Jean HoppenotGermain
RincentRoger GuerryRoland
NicolasLe Commandant
PoirierMme Denise JeannyJean
PuissantPierre-Jean GuthPierre
ThiebaultHenri Petel.
Pour des raisons, à
la fois de désaccords et d'économie, on décide de
se rallier à l'idée de M. le Préfet et de ne pas
inscrire de noms sur le monument (700000 F.). Mais le débat portait
sur deux points de vue.
« Ceux
qui, primitivement ne voulaient voir dans ce monument que l'hommage rendu
aux Morts de la Déportation, n'acceptaient qu'avec réserve
qu'y figurent les noms de tous les combattants et Martyrs de la Résistance ;
ceux qui souhaitaient que ce Monument rappelle aux vivants l'œuvre
émouvante et les sacrifices de la Résistance y voyaient
difficilement figurer les noms des victimes civiles, les noms de ceux
qui, sans être morts sous le signe de la Résistance même,
avaient été massacrés, victimes innocentes, fusillés
ou sacrifiés pour une cause évidemment patriotique et nationale
et qui étaient tout de même des victimes de cette guerre »
On pouvait ajouter le
problème des morts de 1940 sous l'uniforme et des combattants de
1944 sous l'uniforme de la 1ère armée. Ainsi
la sagesse fut de construire un monument anonyme où toutes les
victimes pouvaient se reconnaître.
Enfin, la question du
financement fut abordé. On décide de la mise en place d'une
loterie ; étant entendu que le conseil général
et la ville de Troyes subventionnèrent à hauteur de 1 million
de Francs. La loterie devait avoir l'autorisation du Préfet, des
ministères de l'Intérieur et des finances. Après
quelques problèmes techniques et administratifs, M. Terré
organise un planning d'une manière à ce que le monument
soit prêt pour septembre 1955, ce qui avait l'avantage de se situer
dans le dixième anniversaire de la fin de la guerre. Le sculpteur
est invité à avancer l'argent des pierres. Libération-Champagne
et l'Est-Eclair s'engagent à suppléer provisoirement la
trésorerie en cas de besoin. Le
travail de loterie est important et on se propose d'acheter deux voitures
et plusieurs scooters. On sollicite les municipalités, le département,
les bureaux de PTT, de la Trésorerie, des banques, des écoles
et des débitants de tabac. On propose aussi à des commerçants
et autres succursales de vendre des billets. Enfin les industriels du
département acceptent de mettre dans l'enveloppe du département
un billet de 100 Francs ce qui représentait un total de 30000 billets
d'un seul coup. Un gros travail est effectué par le cabinet du
Préfet. Le 2 décembre 1954, le Préfet tint une conférence
de presse et obtint le soutien des journaux du département. La
loterie résout donc le problème financier et l'on peut mettre
un planning de mise en chantier et de paiement. Une somme de 1000000 F.
sera versée en Janvier, puis en mars, en Mai et enfin en septembre
de l'année 1955 et ensuite le versement du solde. Le chantier doit
débuter en Décembre 1954. Les
lots : sont une voiture vedette Versailles, une berline Aronde et
cinq lambretta, sans oublier une cyclorette Terrot et trois bicyclettes
de la même marque. Dans la foulée, plusieurs industriels,
commerçants, banques et municipalités sont sollicités
pour apporter un concours dans la vente des billets. Il ne faut pas oublier
non plus les « prospecteurs » de lots, divisés
en deux groupes, MM Danésini et Mathieu et MM. Petel et Cayrel.
Le 8 mai 1955, un Gala
de la Résistance dans la salle des Fêtes de l'Hôtel
de Ville de Ste Savine (avec aucune place gratuite) clôtura la loterie.
C'est M. Bentz, boulanger à Messon qui reçut la Versailles
et M. Fontaine, instituteur l'Aronde. Puis
la ville de Troyes et surtout le comité vont vivre au rythme de
l'avancement des travaux. L'Est-Eclair du 27 septembre 1955 publie un
article « Les travaux d'érection du monument de la Résistance
et de la Déportation se poursuivent à cadence accélérée ».
La mise en place.
Le 13 mars 1955, le comité
d'érection et la municipalité choisissent comme emplacement
le jardin du rocher face à la fontaine Argence, appelé à
devenir un lieu symbolique. Le choix est judicieux car dans le prolongement
des promenades troyennes, un nombre important de passants le côtoie.
Il complète, sans lui faire concurrence, le monument des Enfants
de l'Aube situé face à la gare. Celui-ci avait été
construit en 1890 et inauguré le 22 juin de cette même année.
Le centre ville est ainsi enserré de deux lieux de mémoire.Tout
l'espace est consacré à la Résistance et à
la déportation. Il n'y a aucune inscription faisant mention d'autres
conflits. Devant se trouve la place Jean-Moulin et derrière la
place des Martyres-de-la-Résistance. C'est aussi un lieu culturel
(entouré de jardins) au croisement de l'espace Argence et des théâtres
de Champagne et de la Madeleine.
Ils créent un
mur vertical de 15 mètres de long avec un bas relief de 60 m2.

Le mur : on distingue
les quatre registres, en haut la souffrance, l'oppression et la Déportation,
au centre les combats et la Résistance, enfin l'occupation est
ses souffrances en bas une symbolique animalière. La gauche est
consacrée au mal et à la souffrance et la droite au bien.
Ce monument exprime des
styles différents puisque les statues s'imposent dans un style
monumental proche de celui des états totalitaires. Nombre de personnes
n'avaient pas apprécié le style des statuts, plus tard les
lycéens « honoreront » les parties intimes
d'une couleur rouge. A l'occasion du nettoyage, la taille fut sérieusement
diminuée. Le bas relief rappelle, quant à lui, les frises
coloniales des années 1950.
La fresque est composée
de 27 cartels dénonçant l'oppression nazie, rappelant les
souffrances de la déportation et l'engagement des résistants.
La fresque se lit de gauche à droite. Celle-ci est divisée
en quatre registres. Celui du haut concerne la souffrance de la déportation,
puis apparaissent dans l'ordre la lutte militaire et la Résistance.
La colombe de la fresque, aux lignes simplifiées et épurées,
est d'inspiration contemporaine. Elle représente la paix menacée.
Le doigt symbolise l'Allemagne nazie menaçant la paix. Juste au
dessus, l'oppression nazie.

La colombe étouffée.(Elle
symbolise la paix écrasée)



A la base figurent un
cheval, un taureau et une salamandre.
Le cheval est l'incarnation
de la force et il est le symbole de la vie et de la continuité,
tandis que le taureau représente la victime innocente qui se retrouve
souvent au centre d'un jeu sanglant où la mort est la seule issue.
Il y a, ici, une influence de Picasso et de la toile Guernica. La Salamandre,
quant à elle, est capable de vivre dans le feu et symbolise le
triomphe des idées qui ont résistées au nazisme.
Un premier cartel fait
allusion au Victory Program, on distingue les Liberty Ships
et les avions qui amenaient le matériel à la Résistance.
A côté de l'œil de la conscience, les maquisards surveillent,
combattent et portent secours aux blessés. En bas à gauche,
à côté d'une pieta, un hommage est rendu aux
femmes dans la Résistance. Au dessus du « V »
de la victoire et de l'aigle allemand transpercé, figurent les
attentats commis par la Résistance. Puis on aperçoit les
Américains et l'effondrement nazi
C'est la Vierge de douleur,
elle symbolise toutes les femmes, mères, épousent qui pleurent
les hommes morts aux combats, en déportation et sous la torture.
Les autres symboles :
le V de la victoire ;
les chaînes L'œil
et les maquisards, il voit le mal allemand, c'est la conscience de l'homme
tandis que les maquisards ; s'affairent au combat ;
le Glaive et le Laurier ;
la main ouverte.
On distingue également une série de représentations
résumant l'époque et les souffrances.
Le monument est dédié au devoir de mémoire et chaque
élément porte une charge symbolique. Deux statues placées
devant le côté gauche du monument sont dues à Jean-Charles
Lallement. Le gisant, sculpté à l'origine dans un bloc de
15 tonnes, pèse aujourd'hui 6 tonnes. Il symbolise la déportation
et ceux qui se sont sacrifiés pour la Patrie. L'homme debout, quant
à lui, symbolise la Résistance. C'est un appel à
la vie, au devoir de mémoire car il faut que les générations
nouvelles continuent à être vigilantes. La phrase « Médite
et souviens-toi » est une invitation à réfléchir
sur les leçons de l'histoire. Ainsi, aucun nom ne figure sur ce
monument. C'est un choix original, dont le but était de rendre
hommage aux morts de la déportation et des combattants de la Résistance,
tout en rappelant aux vivants l'œuvre émouvante de la Résistance.
Un seul et grand monument pour le sacrifice anonyme des uns et des autres.
Le devoir de mémoire
Le monument est inauguré les 12 et 13 novembre 1955. Deux journées,
une pour le souvenir, une pour l'inauguration.Plusieurs temps forts symbolisent
ces cérémonies. Tous ayant une signification mémorielle.
Les cérémonies débutent au monument des enfants de
l'Aube, où une flamme allumée sous l'Arc de Triomphe de
Paris est entretenue pendant 2 jours. La population est appelée
le 12 à 15h00 au monument des Enfants de l'Aube, c'est à
dire à l'heure de la signature de la Capitulation nazie. Les 445
communes du département sont invitées à faire de
même. C'est à dire lire l'appel du 18 juin, l'ordre du jour
n°9 du Maréchal de Lattre de Tassigny et le discours préfectoral.
Puis une série d'itinéraire (accompagné de la Flamme)
sur les hauts lieux de la Résistance auboise et des différents
monuments patriotiques aubois.Ainsi
Creney vers 22h35 Montchaud 22h40 Trou de Chirac 22h45 Buchères
22h50 Montaigu 22h55 Rigny la Nonneuse 23h Précy saint Martin 23h5
La Lisière des Bois23h10 Mussy-Grancey 23h15
Dans chaque lieu, le cérémonial est le même. Pendant
que la Flamme arrive dans le silence de la nuit. Le ban est ouvert, les
armes présentées et les discours sont lus. Le soir à
23h 25, toutes les Flammes venues des hauts lieux de la résistance
se réunissent au Monument des enfants de l'Aube. L'Idée,
c'est la confusion des flammes. Puis toutes les flammes sont réunis
auprès de la cendre des camps et de la terre des maquis.Ensuite,
la Flamme sera transportée devant le monument de la Résistance
et de la Déportation. C'est une manière de relier tous les
combattants des guerres franco-allemande.
La cérémonie
du 13
Le
matin, les délégations viennent déposer des fleurs,
puis viennent les cultes officiels (israélite, protestant et catholique).
Vers midi, il y a une grande réception à la Mairie de Troyes
suivi d’un déjeuner dans la grande salle des fêtes
de l’Hôtel de Ville. L’inauguration proprement dite
a lieu l’après midi. Il y a l’arrivée des officiels.
Tout le monde se regroupe au pied du Monument des Enfants de l’Aube.
Le temps fort consiste au transfert de la Flamme et des Urnes vers le
monument de la Résistance. Une cérémonie minutée
car le dévoilement devait coïncider avec le survol d’avions
qui décollaient de la base aérienne de Reims.
Les Urnes
Une
contenant les cendres des déportés et de la terre des camps
de concentration est placée au pied du gisant.
La terre, mêlée de cendre, a été
ramené, par les « milles pèlerins français »
partis à Buchenwald. Celle-ci fut mélangée à
la terre des autres camps. Il y eut 90 urnes, une pour chaque département
français.
Une autre contenant de la terre des 9 hauts lieux de la Résistance
auboise. A ce sujet, il y a une exception dont ma fait part M. Gilbert
Couillard, car s’agissant du maquis de la Lisière des bois.
M. Baudiot a invité les membres du comité venu chercher
la terre à la prendre dans un champ au lieu dit « les
Marguenat ». Il s’agissait du lieu ou avait été
déposé les corps des victimes du maquis en attente du service
anthropométrique de la préfecture représenté
à l’époque par M. Hervé Mathieu. C’est
donc dans la fosse que la terre fut prélevée.
Les
deux Urnes sont déposées et scellées. Le tout évidemment
devant une foule nombreuse et un dispositif militaire impressionnant,
des discours des personnalités de la Résistance et politique
du département. Le soir, c’est l’embrasement du monument
et le défilé des troupes. Après le départ
des différents cortèges avec différents itinéraires.
Le soir, il y a un feu d’artifice et un bal à l’Hôtel
de Ville. Depuis ce monument est un lieu de commémoration.
La
cérémonie est close par une chorale de 700 enfants qui entament
Le Chant des partisans.
www.fndirp.asso.fr/chantpartisans.htm
Financement
M.
Lallement fixe ses prix selon la base des prix de sculpteur statuaire
arrêté par le Congrès national des sculpteurs statuaires
professionnels créateurs
1m2
320.000F.
2m2
290.000F.
au
delà de 2m2 270.000F.
La
surface de la fresque étant de 56 M2 le prix revient
à 15.190.000F.
Les
statues reviennent à 1.800.00 F.
En
tout le sculpteur demande 5millions d’honoraire, il estime faire
un rabais de 15 millions
Mais
en fait le projet initial était prévu à 12 millions
et après entente avec les maîtres d’œuvre ramené
à 10 millions de Francs.
« Qu’ils
soient de pierre, de marbre ou de bronze, qu’ils soient dus au ciseau
d’un grand artiste, dont ils immortalisent le Génie, ou à
l’art naïf d’un modeste artisan, ces monuments sont là
pour affirmer la communion de pensée des Français, unis
dans leur gratitude à l’égard des disparus, comme
ils furent unis au combat, comme ils seront unis, en dépit des
divergences secondaires, chaque fois que la patrie ou la Liberté
seront menacées »
Pierre-Marcel
Wiltzer

Christian
Lambart
Bibliographie
Pierre-Marcel
Wiltzer, Le Monument de la résistance auboise, Editions
Libération Champagne, 109 p.
Entretien
avec M. Hubert Danésini, ancien Vice Président du Comité
d’érection
Entretien
avec M. Gilbert Couillard, ancien du maquis de St Mards et BOA.
Dossier
scolaire réalisé par Aurélie Picard et Coralie Wysoczinski
du Lycée Marie de Champagne. Professeur Marie-Cécile Bertiaux.
http://www.crdp-reims.fr/cddp10/actions/CNRD/
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