Les ressources du site de la DIACT
appliquées au programme de géographie
de Première
par Olivier CARUSO

 

II - Réseaux et flux en Europe et en France (10 heures)

1 - La métropolisation et les réseaux urbains
Pôles et réseaux urbains, métropolisation
Les villes sont des centres de services offerts à des territoires plus étendus qu'elles : on parle de pôles urbains. La qualité et la quantité de ces services - qui varient dans le temps - déterminent une hiérarchie des villes, des liens de complémentarité et de concurrence entre elles et dessinent des aires d'influence qui peuvent être fort étendues pour des services rares ; ainsi se constituent les réseaux urbains.
- L'exemple français s'impose par ses caractéristiques fortes : un territoire toujours largement polarisé par la capitale, "ville-monde" qui accapare à l'échelle nationale la quasi-totalité des services de haut niveau. Centre unificateur et organisateur du pays (avec des conséquences dans des domaines aussi importants que celui de la construction des réseaux de communication), Paris a tiré profit d'un maillage administratif qui a atomisé les services de second niveau sur une multitude de chefs-lieux départementaux. Depuis une trentaine d'années cependant, le développement de l'échelon régional accompagne le renforcement progressif et incomplet de certaines métropoles de province.

2 - Les réseaux de communication et les flux de transports
L' étude de cas (les grands axes de communication transalpins) s'attache aux interrelations entre trois éléments : les impératifs économiques (croissance et importance des flux de transports de part et d'autre de l'arc alpin) qui déterminent la dimension des infrastructures ; les contraintes naturelles à surmonter, liées au relief et au climat de montagne, qui justifient des équipements coûteux (tunnels, viaducs, etc.) ; la nécessité de prendre en compte la protection d'un environnement de grande qualité. Il ne s'agit pas de développer successivement ces aspects mais de montrer leur combinaison aux différentes échelles à travers l'étude de cas. L'actualité offre des points d'entrée commodes, des conflits traduisent des choix politiques explicites ou implicites visant à développer tel ou tel mode de transport. Le réinvestissement des acquis de l'étude de cas permet en changeant d'échelle de référence de mettre en valeur le rôle structurant des grands axes de communication dans l'organisation de l'espace en France et en Europe. On fait appel à différentes cartes de flux afin de montrer le rôle des axes et des carrefours de communication, tout en tenant compte des contraintes naturelles et politiques : tracés des rivages et des frontières, obstacles orographiques ou géopolitiques, etc. Ces axes reliant des pôles urbains, de fructueux rapprochements peuvent être opérés avec l'étude précédente sur la métropolisation.

Infrastructures ferroviaires, portuaires, fluviales
et maritimes à long terme
(2025)

Infrastructures routières en 2025
3 - La mobilité des hommes
La mobilité des hommes dans l'espace s'effectue le long d'axes de communication et constitue une forme de flux parmi d'autres. Il ne s'agit pas d'étudier ici toutes les formes de mobilité. Les déplacements touristiques, les mouvements pendulaires de travail sont exclus. On ne prendra donc en compte que les changements de résidence s'accompagnant souvent d'un changement de situation professionnelle ou personnelle (rapprochements familiaux par exemple). L'étude de la mobilité externe des hommes est conduite à partir de cartes. On analyse les flux migratoires actuels, à caractère économique et politique, entre l'espace Schengen et le reste du monde, l'exemple français servant de point d'appui. Les aspects sociaux et politiques de l'intégration des migrants ont pu être abordés en seconde à travers l'un des thèmes majeurs du programme d'éducation civique, juridique et sociale ("Citoyenneté et intégration"). Les migrations internes sont l'expression de la dynamique spatiale des territoires. Il est possible d'étudier les migrations en France puis de se demander si on retrouve les mêmes logiques à l'échelle de l'Union européenne.
  

III - La France et son territoire - Métropole et DOM-TOM (17 heures)

1 - Peuplement et répartition de la population
De forts contrastes de densité caractérisent la répartition de la population. Il s'agit d'en faire le constat sans entrer dans une recherche détaillée des causes de ces inégalités spatiales qui seront nécessairement identifiées dans d'autres thèmes d'étude de cette partie : contraintes physiques, effets d'accumulation historique de la population en certains lieux, inégal dynamisme des activités économiques, etc.
Même si la localisation des grandes masses de population peut être considérée comme relativement stable dans le temps, il faut montrer que cette répartition évolue (dynamique spatiale) sous l'effet conjugué de la croissance naturelle et des mouvements migratoires, sans insister toutefois sur des développements purement démographiques, comme la fécondité ou la nuptialité. La population est aujourd'hui très majoritairement concentrée dans les villes. Par ailleurs, les habitants des campagnes ont de plus en plus un mode de vie urbain et un travail en ville à tel point que la limite entre villes et campagnes peut être difficile à déterminer. La notion "d'aire urbaine" proposée par l'INSEE cherche à trouver une réponse statistique à cette ambiguïté. La population des espaces ruraux garde cependant des caractères propres.

Population des aires urbaines (en 1999) Emplois métropolitains supérieurs dans les plus grandes aires urbaines (en 1999)
trois France rurales Zones de Revitalisation Rurale

2 - Des milieux entre nature et société
En classe, ce thème d'étude peut être abordé de deux manières, dans un ordre librement déterminé : - à l'échelle nationale, notamment à l'aide de cartes, on présente les grands ensembles physiques (principalement topographiques et bioclimatiques) et on envisage leurs relations avec les hommes en terme de ressources, contraintes ou risques. On peut ensuite décrire, d'un point de vue général, les politiques de gestion et de protection de l'environnement. - à l'échelle locale, avec laquelle les élèves ont déjà été familiarisés en seconde, on s'appuie sur quelques exemples concrets, sans viser à l'exhaustivité (par exemple une vallée montagnarde, une forêt périurbaine, un marais littoral proche d'un port) pour faire comprendre, de manière concrète, la complexité des interrelations nature/société en fonction des intérêts parfois contradictoires des acteurs spatiaux.

  
  

3 - L'espace économique
Cet intitulé a pour objectif d'inciter à une approche synthétique et renouvelée de l'inscription des activités économiques dans l'espace. Il s'agit d'éviter un passage en revue exhaustif des différentes branches : agricoles, énergétiques, manufacturières, touristiques, commerciales, etc. De plus on sait que la distinction traditionnelle entre secteur primaire, secondaire, tertiaire est devenue très discutable. Ce thème d'étude peut donc donner lieu à deux approches spatiales : une approche globale concernant l'ensemble des activités économiques, une approche particulière concernant un exemple d'activité. On peut choisir d'aller du global au particulier ou, à l'inverse, partir d'un exemple :
- Globalement, l'espace économique en France (toutes activités prises en compte) et ses prolongements en Europe et dans le monde peut être présenté notamment à l'aide de cartes à l'échelle nationale, européenne et mondiale. A l'échelle nationale, on pourra s'appuyer sur quelques indicateurs simples : par exemple, l'inégale localisation des emplois (population active), l'inégale distribution de la capacité productive (valeur ajoutée), la diversité des espaces en fonction des activités dominantes, des dynamismes inégaux (pôles de développement et zones de faiblesse), etc. Cette échelle nationale ne peut suffire aujourd'hui pour rendre compte de l'organisation d'un espace économique car le phénomène de mondialisation (ampleur des échanges internationaux de marchandises, délocalisation des emplois, investissements à l'étranger, etc.) conduit à s'interroger sur les limites géographiques de cet espace économique, de moins en moins purement national, notamment du point de vue des entreprises. On peut donc parler de "prolongements" de cet espace en Europe et dans le monde. Des informations sur le commerce extérieur (qui peut consister en échanges internes à une multinationale), sur la présence des entreprises françaises dans le monde peuvent donc trouver place ici. Pour concrétiser le propos, il est possible de s'appuyer sur l'exemple d'une multinationale française.
- Pour compléter cette étude géo-économique de la France, une analyse successive des trois espaces économiques traditionnels (agriculture, industrie, tourisme et services) n'est plus demandée. Une présentation, au choix, d'une activité ou plus précisément d'une filière, abordée d'amont en aval peut suffire ; par exemple, la filière agroalimentaire ou une filière industrielle (comme l'automobile, l'informatique, la chimie) ou la filière touristique. On aborde alors, outre ses localisations géographiques, ses liens avec la recherche-développement, les formes d'organisation de la production (rôle éventuel de la sous-traitance), les stratégies spatiales des entreprises, à différentes échelles. La description des paysages ou des lieux (bassin de production caractérisé par une activité dominante, station touristique, etc.) nés du développement ou à l'inverse de la crise de ces filières de production ne doit pas être négligée. De même si le sujet s'y prête, les effets des politiques nationale et européenne sont à prendre en considération (effets de la politique agricole commune sur la filière agroalimentaire par exemple).

   
  
4 - Disparités spatiales et aménagement des territoires
L'entrée dans ce thème par une étude de cas doit permettre aux élèves de mieux comprendre de manière concrète ces enjeux d'aménagement. Celle-ci doit se situer exclusivement à l'échelle d'un territoire local : une "communauté d'agglomération" ou un "pays", si possible géographiquement proche des élèves. On pourra ainsi éventuellement enrichir la connaissance de la région où se situe le lycée, si elle est étudiée dans la quatrième partie. Cette étude de cas est l'occasion d'identifier la multiplicité et le jeu complexe des acteurs spatiaux à toutes les échelles du local, à l'européen, voire au mondial. Le territoire est en effet un espace de conflits - de représentations, de compétences, d'intérêts et d'usages -, mais aussi un espace de coopération et de solidarité. Cette étude de cas souligne comment les politiques d'aménagement contribuent à la transformation des territoires et de leur organisation spatiale. Son but n'est pas de rechercher l'exhaustivité d'une monographie. A partir de problématiques géographiques, elle est orientée et permet de réfléchir aux notions évoquées ci-dessus pour construire un savoir transférable. Les disparités spatiales (déséquilibres anciens ou dynamiques nouvelles) produites par les sociétés sont ensuite mises en évidence à l'échelle de la France, en intégrant notamment dans l'analyse les régions périphériques comme les DOM-TOM. Elles sont constatées et expliquées au travers d'un système de facteurs spatiaux, sociaux, économiques et culturels en interaction. Par exemple, la position des territoires (enclavement ou ouverture et proximité des grands courants d'échanges), leurs ressources et leurs activités, l'inégale occupation humaine, leur degré de métropolisation ou l'accès différencié aux équipements sont source d'inégalités que tente de corriger une politique d'équité spatiale. Cette politique d'aménagement du territoire national est définie sous l'égide de l'État mais dépend aussi des directives européennes. Elle cherche à s'intégrer au "schéma de développement de l'espace communautaire" adopté par l'Union européenne. L'étude est principalement centrée sur les nouvelles orientations de ces politiques d'aménagement.
Prime d'aménagement du territoire 2003 Prime d'aménagement du territoire (zonage)

IV - Les régions en France et en Europe (8 heures)

1 - Le fait régional : une région d'Europe, de préférence celle du lycée
Ce thème est étudié à partir d'une étude de cas . Il peut s'agir d'une région en France ou ailleurs en Europe. Le choix de la région où vivent les élèves peut cependant favoriser une géographie ouverte sur les réalités locales (réalisation de dossiers ou d'enquêtes). Le fait régional recouvre des réalités et des ensembles spatiaux divers par leur taille, leurs limites et leurs contenus. Il est toutefois préférable de partir de la région administrative, territoire délimité et régi, dont on peut présenter rapidement le fonctionnement institutionnel. La région choisie ne doit pas être étudiée pour elle-même mais comme un cadre d'analyse à confronter aux différentes acceptions de la notion de région : principe d'uniformité (région homogène par les traits physiques, l'histoire ou l'identité culturelle), logique de fonctionnement (région organisée par un ou des pôles urbains). En fonction de ces différents critères géographiques, les limites administratives de la région peuvent être mises en question. La région, loin d'être figée, évolue comme tout produit social sous l'effet des stratégies spatiales d'acteurs multiples qui se situent à des échelles très différentes allant du local au mondial. Il convient donc de prendre en compte son ouverture à d'autres échelles nationale ou européenne et notamment les effets des politiques spatiales de l'Union européenne. La région est aussi cadre d'exercice du politique et d'expression de la citoyenneté, lieu de vie, de socialisation où le sentiment d'appartenance et parfois les revendications identitaires s'expriment pleinement. Ce volet de l'étude peut être prolongé en éducation civique, juridique et sociale ("exercice de la citoyenneté, République et particularismes").

L'observatoire des territoires

Le volet zonages de l'observatoire des territoires rassemble dans un cadre harmonisé les informations sur les politiques d'aménagement du territoire menées par l'Etat.
Dans le but d'analyser la cohérence et les modalités de mise en oeuvre de ces politiques, le pôle d'observation des territoires met à disposition, sur tout le territoire français, un ensemble de données sur les zonages définis par ces politiques :
- région, département, arrondissement, commune.

Pour visualiser une carte, il vous suffit de choisir le territoire et de sélectionner

 

2 - Disparités régionales en France et en Europe
Une approche comparative à l'échelle de la France et de l'Europe permet de souligner les différents modes d'organisation politique des régions, leurs disparités spatiales, et l'organisation régionale de l'Europe. La dimension des régions administratives, leur degré d'autonomie, d'initiative et de compétence, la conscience plus ou moins forte d'identité régionale diffèrent selon les États et même à l'intérieur des États. Elles contribuent de façon inégale à la production de richesse et n'ont pas le même potentiel humain et économique. Elles ne s'intègrent pas tous de la même façon à l'Union européenne et n'occupent pas la même position dans l'organisation de l'espace européen. La politique européenne vise à compenser ces disparités régionales et à renforcer la cohésion sociale et spatiale de l'Union, y compris au profit des départements d'outre-mer français. Les programmes mis en œuvre contribuent à répartir équitablement entre les régions les équipements publics et les investissements en soutenant des projets innovants, à promouvoir les initiatives transfrontalières ou à favoriser l'intégration européenne. Les effets de ces actions sont montrés à l'aide de quelques exemples.