Un atelier scientifique de géographie dans un collège « Ambition-Réussite »
Ecoles et collège dans une logique de socle commun
par Laurent Bastien, collège Anne Franck de Saint-Dizier
Cette année, le collège Anne Frank, où j’enseigne depuis 10 ans, a été classé « ambition Réussite ». Un des aspects de cette nouveauté est de développer de manière plus approfondie les liens entre cycles (école primaire-6ème et 3ème –lycée) .
Dans cette optique, je me suis porté volontaire pour animer un parcours scientifique avec des CM1 et CM2 du secteur de recrutement de nos futurs élèves. Ce parcours est effectué par un professeur de Sciences-Physiques, un autre de SVT et par moi même, professeur d’Histoire Géographie. Découvrir un autre public et adapter nos méthodes était un défi que l’équipe a essayé de relever.
Après une rencontre avec un professeur des écoles, et une étude des compétences à acquérir en cycle 3, nous avons choisi de travailler sur le thème de l’eau (peu original mais qui peut être décliné à l’infini).
Chaque professeur propose son atelier durant 2 heures à un groupe de 8 à 12 CM1 et CM2.
Une des compétences que les élèves doivent acquérir en fin de cycle 3 est l’utilisation réfléchie d’un atlas. Cette capacité se retrouve aussi dans le socle commun de connaissances et de compétences. Elle se situe en particulier à la croisée des domaines de compétences 3 « culture scientifique et technologique » dans les aspects de repère dans l’espace ainsi que 5 « culture humaniste ».
Tous les professeurs des écoles rencontrés durant ces ateliers ont regretté , que le manque de temps ou de matériel, ne leur permettait pas de travailler cette compétence.
Afin de lier celle-ci et le programme de 6ème , j’ai choisi de travailler sur des études de photographies dont le thème général serait l’eau dans les paysages et en particulier la notion de contrastes.
Décrivons un exemple de séquence parmi d’autres.
Dans la première heure, nous commençons par rêver. Le rêve (la tête sur la table) tourne autour de la notion de désert (sol, végétation, faune, température, habitat, présence ou non d’Hommes). A chaque fois la restitution des élèves tourne presqu’à chaque fois autour de l’idée de désert chaud et sec. Le professeur évoque plutôt la glace, la banquise… pour aboutir à la notion de désert dans le sens « zone vide d’êtres humains » qui se différencie des zones très peuplées.
La seconde étape est d’étudier le paysage de Beni Abbés (dans le Sahara algérien) ; les élèves connaissent le vocabulaire d’oasis, palmier-dattier. Le professeur évoque les notions d’irrigation. Chercher le pays de Béni Abbès dans l’atlas est l’étape finale de la première heure. Ici le travail est différencié car les élèves travaillent à des rythmes différents (certains sous forme de jeux ont le temps de trouver 3 ou 4 autres villes). Pour les plus faibles, avec l’aide parfois d’un assistant pédagogique, nous jouons rapidement à une bataille navale pour comprendre le fonctionnement d’un atlas. Les élèves en plus grande difficulté travaillent sur une fiche reproduite en annexe. Celle-ci permet de mieux comprendre le système de coordonnées, compétence que les élèves doivent acquérir au collège (domaine 3 du socle commun).
Dans la 2ème heure, nous étudions le paysage d’un village du lac Tonlé Sap (Cambodge) durant la saison sèche et durant la saison humide. Les élèves relèvent les aménagements pour pallier les différentes crues et décrues du lac (en fonction du niveau du fleuve Mékong). La recherche de ce lac dans l’atlas est plus difficile car les codes de couleur sont différents . Nous repérons les couleurs noires pour les villes et bleues pour tout ce qui concerne l’eau.
Lorsque que nous faisons le bilan des recherches, les élèves remarquent l’inégale répartition de l’eau sur la terre. Pour leur faire découvrir la notion de contrastes je les laisse manipuler la télécommande d’une télévision en leur demandant de mettre plus ou moins de luminosité. Le mot « contraste » apparaît peu à peu dans le vocabulaire des élèves et le lien avec l’exercice précédent est aisé.
Cette expérience enrichissante permet aux 3 professeurs d’appréhender différemment leurs leçons avec des 6ème . En effet, travailler avec des CM2 et leur professeur nous permet de mieux comprendre les exigences de l’école, la manière de se tenir en classe (on demande souvent à des 6ème de se comporter comme des collégiens assis dès la rentrée alors que certains ont des habitudes de mobilité dans leur classe d’école), la façon d’aborder la trace écrite.
Si cette première année d’ « Ambition-Réussite » nous permet de mieux connaître le public qui va arriver au collège, plusieurs professeurs souhaitent dès l’an prochain mettre en place des séquences communes entre les enseignants du primaire et du collège et leur permettre ainsi de retourner à l’école…
Annexe
Exemple de fiche donnée uniquement aux élèves qui découvrent pour la première fois un atlas.
Fiche d’aide à l’utilisation de l’atlas.
Que trouve-t-on dans un atlas ? Nous trouvons des cartes.
Où est la liste de tous les lieux (villes, pays, montagnes…) marqués dans l’atlas ? Elle est située à la fin du livre.
Comment s’appelle cette partie du livre ? Cette partie est un index.
Cherche dans cette partie la ville de saint Dizier.
Quelles sont les indications présentes à coté du nom trouvé ? Il y a des nombres, des lettres et encore des nombres.
Note ces indications. Saint Dizier 106 C3
A quoi correspond le premier nombre ? Il correspond à un numéro de page ; la page 106.
La suite des indications (appelées coordonnées : exemple C3) peut faire penser au jeu de la bataille navale. Mets une croix dans le tableau suivant aux coordonnées C3.
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Par rapport à une carte de l’atlas, à quoi correspondent les coordonnées C3 ?
Elles correspondent à un secteur de la carte.
Pourquoi la carte est-elle divisée en différents secteurs ?
Elle est divisée en différents secteurs pour se repérer plus facilement.
Tu peux maintenant chercher Saint-Dizier dans l’atlas.