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                                                         Compte-rendu de séquence

Lire et écrire des Haïkus en classe de sixième


Lieu et date :
Collège Colbert, à Reims, durant les mois de janvier et février 2000

Durée de la séquence : Il faut compter au minimum deux séances d'une heure (par demi-groupe) pour un "premier jet". La mise en page et les illustrations, envisagées sur la base du volontariat, risquent de prendre davantage de temps (compter au moins deux séances supplémentaires au CDI).

Ancrage de l'activité :

Préparation du printemps des poètes : l'objectif est d'exposer les réalisations (haïkus, illustrés ou non) sur panneaux au CDI.
Par ailleurs, le travail s'est effectué en demi-groupes sur les heures de Français : deux professeurs de lettres, dont l'une travaillait déjà sur la poésie, ont été volontaires pour faire participer leur classe à cette activité.

Niveau :
Sixième, éventuellement cinquième, mais le questionnaire de recherche serait à réadapter. (Encore que... cela dépende du niveau de la classe.)

Intervenants :

Fabienne Richardot, professeur de lettres en reconversion. Edith Schumann, documentaliste au collège Colbert.

Objectifs :
1) Eveiller la curiosité des élèves pour qu'ils aient envie de chercher
2) Initiation à la recherche documentaire (Dictionnaires, Encyclopédie, documentaires) : utilisation d'un index, d'une table des matières, lecture sélective d'un article encyclopédique ou d'une définition de dictionnaire.
3) Initiation à la lecture hypertexte sur internet et à la sélection d'information à partir d'un document électronique.
4) Lecture-plaisir de poésie, à voix haute
5) "jouer" en écrivant : mise en valeur du côté ludique de l'activité pour que chacun y prenne réellement plaisir.

Mise en place :
Chaque classe est divisée en deux groupes. L'un est pris en charge par le professeur de Français dans sa classe ( il en profite pour faire du soutien ou de l'approfondissement), l'autre vient au CDI. Les documents utiles à la recherche (dictionnaires, encyclopédies, documentaires sur le japon) sont préselectionnés pour des sixième, de même que les adresses de sites internet intéressants.

                                                   Séance 1 : Qu'est-ce qu'un haïku ?

Chaque élève dispose d'un questionnaire qu'il va devoir remplir au terme de l'heure. Le groupe (une douzaine d'élèves) est divisée en deux parties : la première commencera le travail à l'aide des documents-papier (quelques dictionnaires, encyclopédies, deux documentaires sur le Japon) la deuxième à l'aide des sites internet sélectionnés, et l'on "tournera" à mi-temps, de façon à ce que chacun ait pu utiliser tous les outils présents. Remarque : les deux premiers sites de la sélection sont amplement suffisants si les élèves n'ont jamais manipulé d'hypertexte, comme cétait le cas au collège Colbert.

                                                     Séance 2 : "atelier" de haïkus.

1) Lecture Après une brève récapitulation des éléments de réponses apportés par la recherche, on passe à la lecture de haïkus. Préalablement, de nombreux haïkus ont été imprimés à partir du site H A Ï K U sans frontières une anthologie mondiale , de façon à ce que chaque èlève ait en main une vingtaine de poèmes. Chacun à tour de rôle lit un haïku, qu'il choisit au hasard dans ses feuillets. On met l'accent sur les impératifs d'une bonne lecture à voix haute (clarté, intensité, vitesse appropriées). On continue l'exercice pendant une vingtaine de minutes. S'ensuit une discussion sur leur contenu : on remarque qu'ils sont tous écrits au présent, qu'ils ne riment pas, que la plupart ont pour thème la nature, et qu'ils expriment "l'émotion de l'instant présent".

2) Ecriture La deuxième demie-heure est employée à l'écriture de haïkus. La tête reposant sur leurs bras croisés, les élèves se concentrent quelques instants sur un souvenir, une scène vécue, une émotion occasionnée par un paysage... Quand ils sont prêts, ils ont pour consigne de l'exprimer sous forme de haïku. Pour leur faciliter la tâche, on exige les trois vers, mais pas le nombre exact de syllabes ( par ailleurs, les traductions qu'ils ont lues ne respectent pas la métrique). Consigne supplémentaire : il est interdit d'employer les modalisations "j'aime, j'adore, c'est beau, c'est magnifique", etc... Pour éviter les blocages et suggérer des idées, on leur lit à haute voix des fragments de poèmes en les autorisant à "piquer" des mots ou des expressions qui leur plaisent : les mots appartiennent à tout le monde, et on a parfaitement le droit de les réutiliser, c'est aussi ça, l'écriture poétique, et c'est important que les élèves le comprennent...

Bilan : Le résultat a largement dépassé mes attentes ! Je craignais que certains se bloquent et restent "secs" lors de la phase d'écriture... Or personne n'a rendu "feuille blanche" et chacun a produit un minimum de deux haïkus. Par ailleurs, la majorité des élèves a parfaitement intégré et très bien rendu l'"esprit" du haïku. Certains poèmes nous ont surpris par leur maturité et leur teneur poétique. Après mise au propre, les poèmes seront exposés au CDI pour le printemps des poètes, accompagnés d'un texte de présentation rédigé par un élève à partir des résultats de la recherche documentaire. Quelques-uns seront publiés dans le journal du collège.

Fabienne Richardot - 2001-2002 - fab.richardot@infonie.fr



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dernière mise à jour le 14-11-2003