Émile et Angèle, correspondance

Françoise Pillet, Joël de Silva

Éditions théâtrales jeunesse - 2005

 

Les spécificités du livre
Résumé
Premières approches
Le feuilletage du livre
Lecture approfondie
Dispositif de lecture

 

 


Les spécificités du livre

Texte théâtral.
Récit de fiction sur le mode épistolaire.
Textes de longueur variée : de quelques lignes à 2 ou 3 pages.
Découverte progressive de l'univers des deux personnages.
Écriture poétique
Humour
   

Résumé
 

Sur l'idée d'un exercice imposé par leurs enseignantes, Émile et Angèle sont amenés à correspondre. Dans un premier temps, ils n'ont pas envie de s'écrire. Leurs échanges sont réticents. Mais peu à peu, les deux enfants vont faire preuve d'une grande liberté et d'une grande créativité, aussi bien dans les thèmes abordés que dans les supports utilisés.
Le lecteur entre peu à peu dans l'intimité des personnages et de leur entourage.
On assiste à une amitié qui se crée.

   

Premières approches
 
Le titre
Deux prénoms (un garçon et une fille) reliés par "et", suivi du mot "correspondance".
Ce mot est-il connu des élèves ? Chercher des mots de la même famille (correspondant, correspondre), des synonymes.
On peut supposer que les deux personnages vont correspondre.
Quelle forme peut prendre cette correspondance ? (noter les réponses des élèves qu'on confrontera ensuite au contenu du livre).
Les éditions Théâtrales jeunesse
"Sous le très discret label Jeunesse, Françoise du Chaxel a choisi de publier des textes d'auteurs contemporains, des textes intéressants qui se cachent sous les ballons colorés de la couverture."
Un certain nombre de textes sélectionnés par les documents d'accompagnement des programmes "Littérature" sont publiés par cette maison d'édition : "Salvador : la montagne, l'enfant et la mangue" de S. Lebeau, "Belle des eaux" et "Neige écarlate" de B. Castan, "Le journal de grosse patate" de D. Richard, "La sortie au théâtre" de V. Karl, "Son parfum d'avalanche" de D. Paquet.
Si les élèves ont lu certains de ces titres ou d'autres de cette maison d'édition, les remettre en mémoire.
La 4ème de couverture
Résumé de l'histoire et des conditions de l'écriture.
   

Le feuilletage du livre
 
Le texte
Des écrits précédés d'un titre : prénom, support, numéro
Des écrits de longueur varié : de quelques lignes à 2 ou 3 pages.
Deux personnages qui s'écrivent : Émile et Angèle
Différents envois : lettres, cartes postales, fax, courriels, coup de téléphone.
Certains envois sont datés et signés. Parfois, le nom de la ville est notée : Paris / Montréal.
Les pages précédant le texte
On apprend combien il y a d'écrits de chaque type (p.5).
Les personnages sont présentés à la p.6.
À la fin (p.58 et 59) : présentation des auteurs
Les pages suivant le texte
Présentation des auteurs (p.58 et 59)
Les conditions de l'écriture : écriture à deux (p60 et 61)
   

Lecture approfondie
 
* Les personnages
  Deux personnages principaux : Émile et Angèle, présents au travers de leurs écrits.
Des personnages secondaires évoqués : les maîtresses, la petite soeur, la tante...
   
  Émile
Il fait preuve de beaucoup d'imagination, tant dans le choix de ses supports que dans son écriture. Il a envie de surprendre Angèle (et le lecteur).
Il aime faire peur mais il a aussi beaucoup d'humour.
   
  Angèle
Elle montre beaucoup de sensibilité. Son écriture est très poétique. Elle est réceptive à l'humour d'Émile et elle sait en faire preuve également.
   
* Le temps
  La correspondance s'étale sur toute l'année scolaire : le premier envoi date du 14 septembre (rentrée scolaire), le dernier est une carte postale envoyée par Angèle pendant les vacances d'été.
On apprend p.12 qu'on est en 1998.
   
* Les lieux
  - Paris, en France où habite Angèle.
- Montréal, au Québec, où habite Émile.
- D'autres lieux sont évoqués, surtout par Angèle : la Bretagne, Nantes, le sud de la France, le Périgord.
   
* L'énonciation
  Écriture à la première personne du singulier.
   
* La construction
  - Déroulement chronologique
- Alternance des échanges : envoi d'Angèle / envoi d'Émile
   
* L'écriture
  Une écriture poétique, par le rythme et les images évoquées.
"Dans le noir, les secrets n'ont pas le même goût. C'est comme si on croquait une pomme en silence." (p.17)
"Les PS sont des postillons de souris. Des petites phrases que l'on pose à la fin d'une lettre pour faire plus joli." (p.17)
"Les rouleaux baveux la font glisser sous leur large langue." (en parlant du fax, p.24)
"Paris est calme, mais dans la rue de mon grand-père des histoires continuent à se promener toutes seules, dans la nuit." (p.37)
"Les mots s'amusent au bout de mon stylo-feutre." (p.40)
"Ici, il ne se passe rien que des actions minuscules." (p.47)
   
* L'humour
  Il est très présent dans l'écriture :
"Je vais te faxassiner." (p.33)
"La Barbie de ma soeur s'est coincé la cheville dans le fax qui est mort sur le coup." (p.45)
"Ma soeur, on lui change son nom tous les jours parce qu'elle le salit." (p.53)
   
* Les références
 

historiques
- L'Edit de Nantes
- la Révolution française

  géographiques
- le Canada anglophone et le Québec francophone
  culturelles
- la Tour Eiffel
- l'Arc de Triomphe
- les cabanes à sucre
- les érables, le sirop d'érable
- Céline Dion
- Charles Trénet ("Je chante...")
   


Dispositif de lecture

 
* Entrée dans le livre
  Partir du titre (représentations de élèves) et du feuilletage du livre.
   
* Parcours de lecture
  Lecture intégrale du livre
- soit en le faisant tourner dans la classe pendant une période donnée (15 jours à 3 semaines suivant le nombre d'élèves et le nombre de livres disponibles)
- soit en programmant des moments de lecture avec alternance de lectures individuelles des élèves et de lectures à haute voix de l'enseignant.
  Échanges suite à cette lecture
- les réactions, les impressions des élèves
- ce qui a été compris, ce qui n'a pas été bien compris
- ce qu'on a aimé, pas aimé
- le ressenti sur les personnages
- etc.
   
* Pistes de travail
Dire les textes
  Préparer une lecture à haute voix
  - Proposer aux élèves de préparer la lecture à haute voix, seul ou à plusieurs d'un texte au choix.
- Dire les textes devant le groupe.
- Faire s'exprimer les élèves :
° ceux qui ont écouté : leur ressenti, leurs réactions
° ceux qui ont dit le texte : les raisons de leur choix, ce qu'ils ont voulu mettre en évidence dans la façon de dire le texte.
- Mettre en évidence dans les textes choisis la poésie, l'humour, l'imagination...
   
  Mettre un texte en voix et en espace à plusieurs
  - Proposer de mettre en voix et en scène par groupes certains textes
° La visite du quartier d'Émile : fax 4 d'Émile
se répartir le texte : qui dit quoi ? sur quel ton ? Pourquoi ? dans quelle position ? se déplace-t-on ? Comment ? (Possibilité, par exemple, d'utiliser un choeur parlé pour dire la liste des noms de gâteaux)
° D'autres textes peuvent être utilisés : La visite de la maison d'Émile (lettre 6 d'Émile), la dispute avec Alice (fax 5 d'Angèle), etc.
- À l'occasion de ce travail, des problèmes de compréhension pourront surgir et être discutés.
   
Lire
  Mettre en évidence le changement de ton dans les envois au cours de l'année.
Comprendre qu'au départ Émile et Angèle n'ont pas envie de correspondre.
Relire les lettres 1, 1 bis et 2.
Relever les indices qui le montrent.
   
  Mettre en évidence l'imagination d'Émile
- dans la diversité des envois : les relever (6 cartes postales racontant une histoire, chaque carte illustrant un passage de l'histoire, une cassette avec les bruits de sa maison, des lettres envoyées sous forme de boulettes de papier...)
- dans la forme des textes : un texte narratif (une histoire "horrible" avec onomatopées : p.26-27), des textes courts : instantanés de vie (p.22, p.38, p.41, p.45-46, p.48-49), un texte poétique (p.47), un texte énumératif, (p18-19-20, p.29), une liste (p.30).
- dans l'écriture : invention de mots (faxassiner), invention d'images (des instants minuscules)...
   
  Mettre en évidence l'humour, la poésie du texte.
Relever des phrases qui attirent l'attention.
- pourquoi ?
- les classer
   
  Travailler la mémoire des éléments de l'histoire : les élèves ont-ils repéré le changement de prénom de la sœur ? A quel moment s'en rendent-ils compte (Cf. Goigoux, comprendre, c'est tout prendre) ? Situation identique à celle de " Sur le bout des doigts ". Elément important pour apprécier le coup de théâtre.
   
Écrire
  Dans son carnet de lectures
l'effet produit par le texte, un personnage qu'on a aimé, des phrases qui ont attiré l'attention...
   
  Imaginer une histoire à la manière d'Émile.
Sur un plan de métro de Paris, relever des noms de stations de métro. En choisir une évocatrice et imaginer une histoire pour expliquer le nom choisi.
   
  Réaliser une cassette des bruits de l'école et les présenter dans une lettre à la manière d'Émile pour l'envoyer aux correspondants.
   
  NB : on peut noter une similitude de fonctionnement avec le défi-lecture : correspondance " imposée " par les enseignants.
En fin d'étude ou de lecture, proposer de tirer parti de la variété des types d'échange (cartes, mail, téléphone, fax ?) pour entrer en contact ou prolonger les échanges avec les correspondants.
   
Débat
  Pourquoi ce texte a-t-il été édité dans la collection théâtre ?
 

Proposition de réponse à la question : En quoi ce texte est-il un texte théâtral ?
- Approche traditionnelle du théâtre : dialogue entre des personnages, avec indication du nom des personnages, alternance immédiatement perceptible visuellement. C'est l'échange de " répliques " qui fait progresser l'action.
- Dans cette pièce, indication du nom de personnage, mais après changement de page, puis indication du support d'échange et numérotation des échanges. Il y a bien dialogue mais à distance, on peut même dire qu'il y a répliques, voir plus loin.
- Y a-t-il action dramatique ? L'obligation de communiquer provoque une gradation des échanges (tout commence par des ratés tant chez Angèle - lettre non envoyée - que chez Emile - multiples débuts, + lettres de secours et remarque du type " Toujours rien à raconter ").
- Y a-t-il fin de l'action dramatique ? Après le développement stimulant des échanges, le coup de téléphone fait office de chute (dans de multiples sens), juste après le coup de théâtre, la révélation de la non-existence du frère et de la sœur (avec colère, vexation sans doute, des deux correspondants). L'action s'épuise aussi par la fin de l'année scolaire, mais, telle dans un album ou dans un roman, la fin est ouverte. Les échanges reprendront-ils ?
- Les enchaînements de répliques :
 * la façon de donner son nom : commentaires pour Angèle, allongement du nom pour Emile
 * lettre de secours (elle tend une perche) : reprise de formulation dans " cartes de secours, très sérieuses
 * le poisson rouge
 * Château Rouge
 * Chausson aux pommes…. Pâtisserie
 * Rupture : les inquiétudes de la copine
 * Les relations familiales : le grand-père, la tante
 * Le poisson, le 1er avril, le courriel

   
Mise en réseau
 

Des récits de fiction sur le mode épistolaire
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