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LES
SPÉCIFICITÉS
Cette
pièce est remarquable par :
- Le choix du thème privilégié
et expliqué par Joël Jouanneau
- Les choix d'écriture théâtrale
- Le choix des personnages (Badine
est à la fois narratrice et personnage, Tom est muet, Procolp
subit son passé)
- L'utilisation particulière de la langue
A
- Le choix du thème : le rejet de l'étranger
* L'origine de l'écriture : la mémoire de
l'enfance, la mémoire d'un film et les élections
d'avril 2002 (voir la préface) : d'où vient la peur
de l'étranger ?
Réfléchir sur les valeurs portées par le
texte et les personnages : pourquoi avoir situé les personnages
à la campagne, à une époque rappelant le
début du 20e siècle ? Pourquoi avoir choisi, comme
étranger, un jeune gitan, un romanichel ? À quels
autres personnages peut-on généraliser cette situation
?
Voir l'évolution des désignations
du personnage de Tom et l'interpréter
*
Le rôle d'un écrivain dans la société.
Le rôle de la littérature dans la formation du jugement.
Faire relire et commenter la fin de la pièce : "de
ce que vous avez vu / pensez ce que vous voudrez..." p. 43.
Quelle est la bonne utilisation des livres ? On s'interroge en
voyant Procolp lire mécaniquement le manuel de grammaire,
et en voyant Badine échouer à faire une photo après
avoir lu la notice technique. L'auteur fait lui-même des
livres. Mais il en préconise un certain usage pour la réflexion.
Voir
La chasse à l'enfant dans le recueil de Prévert
: Étranges étrangers. - Gallimard, 2002
B
- Les choix d'écriture théâtrale
* La mise en page : disposition des répliques,
nom du personnage en rouge.
*
Le découpage en "scènes" ou plutôt
en 7 jours de la semaine, de 1 - Lundi à 7 - Dimanche
*
Les choix d'écriture du texte :
1 - L'utilisation
du rideau rouge, qui ouvre et ferme la scène, ici la vue
sur la ferme de Procolp.
p.
7 : "Rideau, c'est parti ! "
p. 19 : le rideau se ferme : on quitte la vue sur la ferme
p. 22 : réouverture
p. 32 : fermeture
2 - L'utilisation
du halo de lumière sur Badine.
3 - L'interpellation du public tout au long de la pièce
par Badine, mais de moins en moins souvent (voir également
la partie sur le choix des personnages).
4 - L'écoulement symbolique du temps
Déroulement chronologique du temps (les 7 jours de la semaine
et les 7 couleurs de l'arc-en-ciel)
Ellipses :
* au moment de l'apparition, rapide, surprenante, inattendue de
Tom
* au moment de la scène de l'abandon
* ellipse le mercredi : du temps a dû se passer avant que
Tom ne prenne des habitudes et enchaîne les actions de la
ferme à la place de Procolp
* etc.
5 - La construction de l'histoire
Tout commence par l'arrivée de l'enfant étranger
qui vient perturber la régularité quotidienne. La
vie de Procolp va basculer.
Idem
oui exception ce lundi-ci, à l'heure, 17 précises,
de la corvée de bois, ce lundi donc d'exception où
un morpion, le voilà, se pose ici tout comme si c'était
chez lui. "
Tout
s'articule autour du jeudi.
Dans les premiers temps (du lundi au mercredi), Procolp rejette,
puis accepte mais pour l'exploiter, l'enfant inconnu ; elle essaie
même de le perdre.
Le jeudi est le jour de la transformation, de la métamorphose
: Procolp prend conscience de son attitude et se soucie vraiment
de Tom.
Du vendredi au dimanche, on découvre une nouvelle femme,
attentionnée (aux autres et à elle-même) et
plus ouverte à la vie.
La
transformation est soulignée par le parallèle de
deux scènes. Le mercredi, Procolp est assise "dans
un fauteuil", elle "feuillette un manuel scolaire tout
en mangeant des fraises" ; le vendredi, c'est Tom qui est
"installé ... dans le fauteuil, lisant un petit manuel
tout en mangeant des fraises".
Voir fichier Word : Déroulement
de la pièce et évolution du rythme
Sur le thème de la transformation, de la métamorphose,
lire :
- " Le tunnel " d'Anthony Browne : la transformation
du frère
" Elle jeta ses bras autour de la forme froide et dure et
elle pleura. Très lentement, la silhouette changea de couleur,
s'adoucit, se réchauffa ".
- " La Belle et la bête " : la bête qui
fait peur et qui se trouve être un prince charmant.
6 - Les coups de théâtre : comment progresse l'action
dramatique ?
Double
coup de théâtre, le mardi :
1 - Page 22 : "Moi non plus" (on apprend que Procolp,
elle non plus, ne connaît pas Fantoine, alors qu'elle y
a envoyé Tom)
On comprend alors que Procolp a voulu perdre Tom (allusion à
la cueillette des fleurs, à l'éloignement, décrypter
l'implicite "là où l'on est le clocher s'entend
pas")
2 - Page 23 : Formulation sous forme de proverbe "Qui le
trouvera s'en occupera" (Procolp se croit débarrassée
de Tom).
Et aussitôt, elle se retourne et voit que Tom est revenu.
Le
jeudi : coup de théâtre qui provoque la prise de
conscience de Procolp.
Page 30 : Badine réagit à l'accusation de Tom, c'est
elle qui a mangé les fraises.
Le
samedi : le père surgit, telle une apparition. On a l'impression
que le "boum" retentissant et la fumée produite
par l'appareil photo agissent comme un coup de baguette magique.
7 - Le comique de scène
Le
mercredi : scène particulièrement comique
de par l'alternance des répliques, l'un des personnages
lisant, l'autre expliquant en prenant la situation vécue
par Tom en exemple. Badine souligne ainsi la forte somme de travail
demandée à Tom qui est exploité et le décalage
entre la situation confortable de Procolp et la situation inconfortable
de Tom.
Le comique provient aussi de la vivacité des répliques,
pages 25-27.
Il provient enfin de la remarque réaliste de Procolp lorsqu'elle
se trompe de verbe, p. 27, et de l'utilisation des expressions
"plus que parfait" et "réviser le verbe
ronfler".
Le rythme de travail est insufflé tant par les didascalies
que par les enchaînements de répliques et l'enchaînement
au sein de la dernière réplique de Badine : "après
la cour, l'étable, après l'étable le jardin,
après le jardin la grange, après la grange...".
Mais le comique est au service d'un message fort : "Celui
qui se tait n'a pas assez des deux bras pour obéir à
celui qui croise les siens et qui aboie."
Le
vendredi : monologue de Procolp, comique par la profusion
verbale et l'entrecoupement avec ses remarques à Badine.
Monologue de Badine qui extrapole à sa façon.
8 - L'enchaînement des scènes
Du lundi au mardi : le soir, noir, l'aube
Du mardi au mercredi : ellipse de temps entre le retour
de Tom et la scène de lecture entre Badine et Procolp.
Du mercredi au jeudi : ironie dramatique (l'auteur, dans
les didascalies, annonce un "orage" - double sens du
mot-, la scène suivante s'ouvre sur la colère de
Procolp).
Du jeudi au vendredi : ellipse de lieu et de temps. (On
quitte Procolp se réveillant, dans la forêt, de son
cauchemar, et on la retrouve faisant sa toilette dans l'abreuvoir.)
Du vendredi au samedi : ellipse de temps (on passe du moment
de la toilette du matin au crépuscule : entretemps, ils
sont allés en ville acheter de nouveaux habits).
Du samedi au dimanche : reprise de la réplique de
Procolp par Badine ("le nez qui coule").
9 - La proximité du conte
- Badine, conteuse
- les deux "voyages" de Procolp : l'abandon le mardi
(la reprise du petit Poucet), la quête initiatique (et sa
portée symbolique), le jeudi
C
- Le choix des personnages
1 - Rôle de Badine
Rôle de narrateur, de Monsieur Loyal
- interpelle le public
- attire l'attention sur la scène, sur le décor
- présente le personnage principal :
* son âge, son caractère, son emploi du temps - p.
10 - , son allure physique
* voir la façon dont elle l'introduit : "Du reste
la pauvreté la voilà" !
- donne un nom aux personnages (Purlup, Paimpon, Procolp et Tom)
Rôle
de la voisine :
- accompagne la vie de Procolp au quotidien
- rôle ambigu : se permet de porter un jugement sur sa vie
("ce qui t'a pris aussi de le ramasser", p. 18)
2
- Personnage de Procolp
Procolp est présentée d'abord de manière
négative : elle est le symbole de la pauvreté et
d'un caractère aigri : "C'est une vieille d'ici, une
pas commode, une grincheuse, une hargneuse, qui s'époumone
contre les chiens, le facteur, les soucis, les enfants."
"Elle râle tout le temps." "Une aigrie, une
acariâtre, aimable comme une porte de prison, une coriace."
Elle a passé sa vie à travailler sans moments de
joie d'autant qu'elle a perdu ses deux maris.
Elle n'est jamais sortie de chez elle : née en 1926, dans
la ferme, "dans la pièce du fond, ondoyée-baptisée
dans l'abreuvoir, (...) fiancée-épousée dans
la grange."
Elle a eu une enfance difficile, un véritable "trou
noir", voir page 36.
C'est au fil de la lecture qu'on comprend quelle a été
sa vie et d'où vient ce caractère fermé.
Joël Jouanneau explique dans la préface "Car
je les connais bien, ces voix aigres, (...) le désir de
les comprendre m'a pris... (...) C'est ensuite seulement au cours
de cette aventure qu'est l'écriture, que j'ai compris que
si elle ne voulait pas de lui, ce serait donc elle, l'adoptée".
Procolp se métamorphose après la disparition de
Tom, le jeudi (page 34 et voir le paragraphe sur la construction
de l'histoire)
3
- Personnage de Tom
La considération de Procolp pour Tom suit sa transformation
et apparaît nettement dans l'évolution des désignations
de l'enfant.
| |
Jours |
Désignations |
Jours |
Désignations |
| |
Lundi |
"un morpion"
"un gamin" (didascalie)
"gamin"
Tom
"le moufflet"
"vaurien"
"un orphelin"
"quel garnement" |
Vendredi |
"le gamin"
"un ange"
"fils"
"gamin"
|
| |
Mardi |
"sale gosse"
"ce morveux"
"Le petit Tom"
"Monsieur"
"Tom"
"Ce jeune chiot" |
Samedi |
Tom
Yukel
"l'enfant"
le Yukel |
| |
Mercredi |
"un moins que rien"
"l'arpète" |
Dimanche |
"son Yukel"
"le gamin" |
| |
Jeudi |
"sale gosse"
"l'animal"
"Pauvre Tom"
"le malheureux"
"le pauvre petiot"
"Pauvre petit chat" |
|
|
Cette
évolution, au service du sens du texte, peut être
rapprochée de l'évolution des désignations
du frère et de la sur dans "Le tunnel"
d'Anthony Browne.
Voir également l'évolution des désignations
des personnages dans "Loulou" de Grégoire Solotareff
(Mise en réseau sur un choix d'écriture)
D
- L'utilisation particulière de la langue
: "Le reste, et c'est l'essentiel, ne fut que musique."
J. Jouanneau
Joël Jouanneau a fait le choix de structures de phrases très
particulières, propres à cette pièce (le
style d'écriture est très différent dans
"Dernier rayon" et dans "L'ébloui").
Ce choix correspond sans doute à la volonté de renforcer
l'implantation rurale des deux femmes, il évoque un dialecte
campagnard. On remarque que ces choix sont récurrents,
créant un véritable langage.
1
- Une syntaxe très particulière
1. 1 - Des phrases tronquées
|
Des
phrases affirmatives commençant directement par le
verbe, sans sujet.
|
|
Se
tait. Se gratte.
Doit bien avoir un nom.
Doit être sourd.
Pisse au lit ce morveux.
Urine pire qu'un âne.
serait fichu de répondre.
Faut tout lui dire deux fois. |
Datent
de vingt-six eux aussi.
Ne manquait plus que ça.
Doit encore être à chercher Fantoine.
Doit s'être perdu dans la nature.
Sortait de l'abreuvoir.
Doit être tout trempé à l'heure qu'il
est ! |
|
Des
phrases affirmatives commençant par le participe
passé, sans sujet ni auxiliaire
|
|
Née
dans la pièce du fond, ondoyée-baptisée
dans l'abreuvoir, fiancée-épousée dans
la grange.
Remis ça, figure-toi.
Tout sifflé sans demander. |
|
Des
phrases négatives commençant directement par
le verbe, sans sujet et sans le " ne " de la négation.
|
|
Y
a rien à voler.
Bouge pas lui.
Sait pas encore se retenir, le petit Tom ?
Connais pas de Fantoine dans la région. |
Crèvera
pas de faim toujours.
Serait pas venu se réfugier dans tes bras, voisine
?
Seriez pas Fantoine des fois ? |
|
Des
phrases négatives commençant par " pas
", sans sujet, sans auxiliaire et sans le " ne
" de la négation
|
|
Pas
d'ici toi. Et pas chez toi ici.
Pas la veille demain que tu le reverras.
Pas même vingt ans ce matelas.
Pas même un collier ce jeune chiot.
Pas tes oignons, voisine. |
Pas
pour toi que je l'ai plumé.
Plus trop pour moi ces randonnées.
Pas près de le revoir.
Pas aujourd'hui que tu vas le rattraper.
Pas étonnant qu'il ait pissé sur lui cette nuit. |
1.2 - Des phrases dans lesquelles le pronom précède
le référent
-
Depuis combien elle est là, d'après vous,
la Procolp ?
- Elle en dit quoi, elle, Procolp ?
- Á quoi elle l'emploie son temps, la deux
fois veuve
madame Procolp ?
- Tu la connais mal, la Procolp.
- Et elle s'en va Procolp.
- elle nourrit son monde la mère |
-
Et il passe le temps
- Elle mène bon train, Procolp
- elle s'époumone la Procolp
- elle finit par le voir le gosse
- Il entre dans l'eau noire Tom
- d'horreur elle pousse la harpie un cri que
jamais
on n'entendit de mémoire de vivant |
1.3 - Des phrases avec des tournures inhabituelles
-
Et donc et tout comme le mien, les gamins, votre il,
il voit quoi ?
- Idem oui exception ce lundi-ci, à l'heure, 17 précises,
de la corvée
de bois
- Mais posé là, lui, on se demande bien pourquoi,
vu que Procolp
ne l'attendait pas.
- Pas la veille demain que tu le reverras !
- Des papiers sur toi tu as ?
- elle va où nous on sait pas
- sonne midi pile mais qui ici le sait ?
|
-
là où l'on est le clocher s'entend pas
- Caché dans l'abreuvoir tu m'as dit qu'il était.
du second dont je te parlais de mari, voisine, le garde-chasse,
le mort par accident, pas moi toujours qui l'ai tué
- Et ce qui l'a pris de venir ici, le Tom ?
- Ce qui se passe mère Procolp ?
- Ce qui t'a pris aussi, Procolp, de le ramasser.
- Ce qu'il t'avait encore fait l'animal !
- Ce que ça veut dire, voisine, tu le sais toi ? |
1.4
- Des énumérations sans virgules
qui s'époumone contre les chiens le facteur les
soucis les enfants
lui solide sur ses jambes mollit pas suit se tait siffle
parfois.
2
- L'utilisation du lexique
2.1 - Lexique de la campagne d'une autre époque : "trois
coudées", "la vicinale", "la forge",
"Fantoine"
2.2
- Une richesse de vocabulaire
- voir les désignations de Tom
- Procolp utilise une grande diversité de verbes pour chasser
Tom : "file, ficher le camp, ouste, déguerpis, décamper,
passe ton chemin, détale"
3
- Des variations de style
Le lecteur se trouve face à des didascalies, des passages
dialogués, des monologues et des passages narratifs.
Badine, notamment, passe directement de moments dialogués
à des moments de narration d'un type particulier, poétique,
en fait, par :
- la forme en vers et en strophes,
- le balancement des vers en deux parties ("à travers
blés à travers champs / pas même lavée
chignon défait")
- les assonances et rimes (page 24, par exemple)
- l'absence de ponctuation
- les images poétiques : "le mouchoir transpire/la
gourde a soif"
L'ensemble crée des changements de rythmes très
intéressants.
4
- L'humour dans le texte : des expressions imagées
-
c'est une coriace la veuve, et elle a la colère
enthousiaste.
- Je vais t'apprendre à conjuguer le verbe décamper,
moi.
-
Le gosse à peine disparu
voilà notre ampoulée miraculée
la Procolp remise sur pied
plus souple qu'un caoutchouc
leste comme un lièvre
fraîche comme un gardon
elle rebrousse chemin
en écrasant les champignons.
|
-
Oui, mais la bique, elle, elle se fout de la grammaire et
elle attend pas, alors faut la traire quand même.
-
conjugue-moi tout ça. Á l'impératif
ou au présent, au choix, l'essentiel est que ce soit
plus que parfait.
- Je crois bien que je vais aller réviser le verbe
ronfler.
- Puisque toi qui quoi toi tu ?
- Badine : Parfois tu fais fort, la mère ! pas besoin
de chien ici, toujours tu aboies.
- Procolp : Tais-toi ou je mords.
- Badine : Un vrai pitbull parfois.
On dirait une jument harnachée pour un défilé.
J'ai comme l'intuition qu'il veut régler son ardoise
avec toi, le Yukel. |
PROPOSITION DE PISTES
1
- Lecture linéaire : alternance de lectures à
voix haute par l'enseignant (passages les plus difficiles, nécessité
d'une réelle préparation) et par les élèves.
Découvertes d'extraits significatifs, mais relativement
courts : les élèves, par groupes, sont chargés
de préparer des lectures à voix haute pour faire
comprendre la pièce aux autres.
Scène
de la grammaire, pages 25 à 27 : Dire ce texte en cherchant
à bien enchaîner les répliques.
Les
désignations de Tom : Dire des extraits de texte pour ressentir
le jugement porté par Procolp et traduit par le choix des
mots.
Un extrait du début (page 13 par les élèves),
un extrait après la disparition de Tom (pages 31-32 par
les élèves), un extrait du monologue du bain (page
35 lue par l'enseignant, "fils"), un extrait de la fin
(par les élèves, page 40, "Yukel")
La
narration poétique : Dire des extraits de texte choisis
par l'enseignant pour ressentir les différences d'écriture.
- Badine raconte le voyage chez Fantoine, page 20
- la première réplique de Badine, page 24
- Badine raconte la recherche de Tom par Procolp, pages 32-33
- le monologue du dimanche, la fin du récit, pages 43-44
Coups
de théâtre : le jeu d'acteur
Dire ce passage et rechercher la réaction de Badine à
ce que dit Procolp : la marquer par l'expression du visage.
- Fantoine n'existe pas (pages 22-23)
Dire
ce passage et rechercher la réaction de Procolp à
ce que dit Badine : la marquer par l'expression du visage.
- Procolp s'aperçoit de son erreur, c'est Badine qui a
mangé les fraises (pages 30-31)
Consigne pour le texte : introduire des silences ou des ralentissements
dans la deuxième réplique de Procolp, page 30.
Chercher des façons de dire les répliques qui suivent,
Badine semble retarder sa réponse.
Travailler
les rythmes de phrases
- Deuxième réplique de Badine, page 14
- Dernière réplique de Badine, page 15
- Enchaîner les trois manières utilisées par
Joël Jouanneau pour parler du travail harassant de Tom :
les didascalies page 24, l'enchaînement des répliques
page 26-27, le monologue de Badine, page 28
- la voix de Tom entendue en rêve par Procolp, page 34
2
- Relire et structurer
- La construction des évènements
- Les désignations de Tom
3 - Mener un débat interprétatif sur le sens
de la pièce et sur le titre
L'universalité du message : voir le rejet
de l'étranger
Que
va devenir Procolp maintenant ? Pourra-t-elle continuer de
vivre comme avant ?
Réflexion
rétroactive sur le titre au féminin : "
L'adoptée " et non pas " L'adopté ".
" L'adoptée " : " L'apprivoisée ".
Voir " Le petit prince ", A. de Saint-Exupéry
:
- Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça
signifie " créer des liens
"
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un
petit garçon semblable à cent mille petits garçons.
Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non
plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent
mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un
de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi
unique au monde
(
)
- Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je
connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de
tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le
tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde
! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange
pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de
blé ne me rappellent rien. Et ça c'est triste !
Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors, ce sera merveilleux
quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé qui est doré
me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le
blé
4 - Écrire
- Noter dans le carnet de lecteur des passages ou expressions
que l'on souhaite retenir.
- Écrire un texte autour d'un personnage reconnaissable
par son langage : relever certaines tournures du texte (Voir l'utilisation
particulière de la langue) et les réemployer (les
utiliser telles quelles ou utiliser le modèle syntaxique
pour en produire d'autres).
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