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Analyse
musicale
Le
compositeur Igor Stravinsky
Né en Russie à Oranienbaum en 1882, mort à New York en 1971, il
est l'une des figures les plus marquantes de la musique du XXe
siècle.
La représentation à Paris en 1909 de son ballet L'Oiseau de
feu constitue le point de départ d'une carrière internationale
de compositeur extrêmement brillante, dont l'un des points les
plus célèbres sera la création en 1913, sous l'égide des Ballets
Russes, du Sacre du Printemps. Après avoir passé les années
de la Première Guerre mondiale en Suisse, il s'installe en France
de 1920 à 1939, avant d'émigrer aux Etats-Unis au début de la
Seconde Guerre mondiale, pays où il demeurera jusqu'à sa mort.
Les Ballets Russes, Serge Diaghilev (1872 – 1929)
L’histoire de la vie de Serge Diaghilev se confond en grande partie
avec celle des Ballets russes fondés par lui en 1909 et
qui vont faire du ballet un art majeur du début du XXe siècle.
C’est en ambassadeur de la peinture et de la sculpture russes
que Serge Diaghilev vient à Paris pour la première fois en 1906.
Les deux années suivantes, il fait découvrir aux Parisiens la
musique de son pays. Le succès de ces manifestations l’encourage
à lancer en 1909, au Châtelet, la première saison de la troupe
qu’il vient de créer : les Ballets russes. Composée des
meilleurs talents du moment recrutés parmi les danseurs du théâtre
Mariinski, dont Vaslav Nijinsky, la compagnie se produit dans
des chorégraphies novatrices, avec des décors et des costumes
hors du commun.
L’œuvre
Composé en 1909 – 1910, l’oiseau de feu est la première
œuvre qui a fait la célébrité de Stravinsky et c’est le résultat
de la première commande que fit Diaghilev au compositeur.
Le succès remporté par l’œuvre, dès sa création, déterminera la
suite de la collaboration de Stravinsky avec les ballets russes.
L’oiseau de feu, destiné au ballet, est aussi une grande
œuvre de concert. Stravinsky en fit cependant trois suites d’orchestre
( en 1911, 1919, et 1945 ) , d’une instrumentation revue dans
le sens de la sobriété pour les deux dernières d’entre elles.
La suite de 1919 reprend les épisodes suivants :
1
- Introduction
2 - Danse de l’oiseau de feu
3 - Ronde des princesses
4 - Danse infernale de Kastchei
5 - Berceuse
6 - Finale
Il
s’agit d’une œuvre pour orchestre. Cette œuvre est un ballet (
la musique est dansée ).La chorégraphie et la musique s’inspirent
d’un argument littéraire : texte de l’oiseau de feu .
Danse
de l’oiseau de feu
Une
impression de liberté se dégage de ce morceau. La famille des
bois domine ( piccolo, flûte , clarinette ) ainsi que celle des
cordes qui jouent en pizzicati vers la fin du passage, renforçant
cette idée de liberté.
Ronde des princesses
Dans
cette pièce Stravinsky utilise deux thèmes.
Le premier thème est joué par un hautbois. Il représente la princesse
la plus belle.
Le deuxième thème est joué par les cordes.
La forme du morceau est A- B- A- B’ . Le passage à la flûte sert
de transition avant la reprise du 1er thème.
Stravinsky utilise pour ce morceau deux airs populaires russes.
Danse
infernale
Ce
morceau peut être divisé en 3 parties :
- le thème principal dès le début du morceau qui illustre la puissance
et la brutalité de Kochteï.
- le Prince Ivan affolé face aux pouvoirs de Kochteï.
- Le thème des princesses qui implorent Kochteï.
Dans ce morceau Stravinsky utilise un élément rythmique et un
élément mélodique qui sont répétés de façon asymétrique . Ce procédé
est caractéristique du style d’écriture du compositeur. Ces deux
éléments sont interrompus régulièrement par un accord qui fait
penser à un coup de fouet.
Berceuse
Le
basson joue un rôle important. On distingue dans cet extrait trois
grandes parties A – B – A’ et une coda. Le tempo est lent et les
nuances sont piano, cela fait penser à une berceuse.
Dans cette pièce le compositeur écarte les cuivres et les percussions
pour renforcer l’idée de douceur de la berceuse.
La partie A représente la danse d’envoûtement, B la splendeur
de l’oiseau, et la coda l’endormissement.
Pour rendre la sensation d’une berceuse Stravinsky utilise un
ostinato c’est à dire un motif mélodique répété inlassablement
et qui sert d’accompagnement.
Finale
Le
thème du morceau est joué au début par un cor. C’est une mélodie
très apaisante qui symbolise la disparition des sortilèges. Stravinsky
dans ce passage s’emploie à embellir son thème par de nouvelles
couleurs orchestrales. Il y a trois parties qui se caractérisent
par des différence de tempo :
1) Lento (lent)
2) Allegro (moyennement rapide)
3) Maestoso (majestueux)
Pistes pédagogiques possibles
- Sensibilisation des élèves aux familles de l’orchestre symphonique,
aux différents timbres, aux oppositions et superpositions de
sonorités . Possibilité de faire le parallèle avec la peinture :
un mélange de 2 couleurs en donne une troisième.
-
Contrastes des nuances et des tempi : conséquences
sur le caractère musical.
-
En tenant compte des contrastes relevés dans l’œuvre, les élèves
peuvent imaginer un scénario ou créer une production picturale…
-
Travail rythmique ou mélodique sur l’ostinato : le
repérer à l’audition (cycle 2 et 3) , le frapper, le gestuer ou
le chanter.
-
Inventer un ostinato vocal ou instrumental simple à superposer
à de petites comptines ou à des chants.
-
Accompagner un texte lu d’un ostinato.
-
Dégager la structure du morceau (musicogramme)
-
Evoluer sur la musique, expression corporelle, danse, repérage
de la structure en associant à chaque partie un mouvement différent,
ébauche d’une chorégraphie
-
Création : en s’appuyant sur les principales caractéristiques
des extraits : ostinato, différence de tempo, couleurs orchestrales,
nuances…créer un morceau entièrement nouveau. La pièce pourra
être vocale, instrumentale, vocale et instrumentale…
-
Découvrir d’autres musiques de Stravinsky (le sacre du
printemps) et des musiques de la même époque (par exemple Rimsky
Korsakov)
-Visionner différentes chorégraphies de l’oiseau de feu :
ballet classique de Moscou , éditeur : vidéoland ;
the royal ballet sinfonia, chorégraphie de Nijinsky, éditeur :
Opus arte.
Pistes de
lecture
L’objet livre
Approche externe de l’album :
Formulation d’hypothèses concernant le contenu du livre :
conte , ballet, musique, illustrations…
Etude de l’organisation interne :
- Pas
de chapitres, un seul texte en continu, même police du début à
la fin.
- Les
titres des différentes plages du CD sont indiquées en bas de
certaines pages .
Les illustrations :
L’illustration occupe une place importante dans la partie supérieure
de chaque double page, elle est parfois segmentée .
Elle crée une atmosphère( opposition couleurs froides, couleurs
chaudes).
Les représentations de la gestuelle des personnages permettent
de visualiser les différents mouvements de la danse.
L’illustration est également une forme d’interprétation du conte.
Mise en réseau
Le même conte dans d’autres éditions :
L’oiseau de feu, chez Actes sud junior, livre CD.
D’autres versions du conte :
- Contes russes d’Afanassiev , Ivan Tsarévitch, l’oiseau de feu
et le loup gris, éditeur : Neuf, de l’école des loisirs.
- Contes de Russie, les contes du folklore russe : chez Actes
sud junior.
- L’oiseau de feu : chez Gautier Languereau ;
Bande dessinée :
L’oiseau
de feu de Corbeyra , Andréi Arinouchkine (aux éditions Castermann).
Autres contes russes :
Vassilissa la très - belle, la Princesse Grenouille, Baba Yaga…
Contes de Grimm et Perrault
La Russie, la vie et l’époque des tsars :
Recherche d’informations
- Atlas illustré du monde chez Könemann
-
Saint Petersbourg chez Gründ
- Voyage dans la Russie des tsars chez Hachette jeunesse
Différentes entrées possibles
À partir des illustrations seules .
À partir du texte, d’un ou de plusieurs extraits du texte.
À partir d’un extrait musical.
À partir de la vidéo.
Lecture, relecture, ateliers de lecture
La construction du texte :
Repérer la chronologie des évènements, lire pour chercher les
articulations .
Découper le texte en plusieurs épisodes, proposer des titres aux
différentes parties du conte.
Remettre en ordre différents extraits du texte.
Les illustrations :
Découvrir les relations entre l’image et le texte : faire
correspondre des illustrations et certains extraits représentatifs
du texte.
Comparer plusieurs illustrations de ce conte dans des éditions
différentes.
Observer les différentes représentations de l’oiseau lui-même
à travers les différents albums.
Le conte :
Différencier les contes des autre types d’écrits.
Analyser la structure de ce conte et/ou d’autres contes.
Répertorier les procédés des récurrents dans les contes (objets
magiques, aide, héros…).
Comparaison des différentes versions du conte. Noter les éléments
communs ou divergents des différentes versions.
Le texte narratif :
Etudier le temps de la narration : analyser l’utilisation
de l’imparfait (temps de la description) et du passé simple
(temps de l’action), le temps des dialogues (présent).
Les personnages :
Identifier les personnages
Repérer les différents procédés utilisés pour nommer un personnage :
Exemples : Ivan, le meilleur chasseur du pays, le jeune homme,
le chasseur, le prince Ivan…,
Kochteï, le monstre, l’ogre, l’ogre roi…
Le lexique :
Apprendre à comprendre des mots inconnus : par le contexte,
par le contexte et la morphologie .
Exemples : Une incantation p25, Oscilla p29, Couleur d’émeraude
p11, Maléfique(s) p30, (p33), Agonie p32 , etc…
La mise en voix :
Préparer
la lecture à voix haute d’extraits choisis, confronter les différentes
interprétations du texte.
Le débat littéraire :
Echanger les impressions de lecture, exprimer ce qui suscite le
ressenti.
Écriture
Compléter la partie manquante du texte en tenant compte des informations
préalables et des savoirs acquis quant à la structure du conte.
Imaginer la suite de l’histoire ( arrivée de Kochteï par exemple)
Transposer : passer du récit écrit au texte de théâtre puis
à la mise en scène.
Ecrire dans son carnet de lecteur : résumé,émotions nées
du récit…
Le choix des
mots
Prendre
conscience des univers créés grâce au choix
de certains ensembles de mots.
Mise en situation 1 : demander aux élèves de
suivre le début du texte ...
Il y a bien longtemps, la Russie n'était qu'une interminable
étendue de forêts, de prés et de marais mystérieux.
Toutes sortes d'oiseaux et d'animaux extraordinaires erraient
sous le ciel immense. C'est là que vivait le prince Ivan,
le meilleur chasseur du pays. Aucun animal ne pouvait échapper
à ses flèches.
Par un glacial jour d'hiver, Ivan sortit seul chasser dans la
neige épaisse, et s'égara dans la forêt.
...
alors que c'est ce texte qui est lu à haute voix :
Il y a bien longtemps, la Russie n'était qu'une
merveilleuse étendue de forêts, de prés
et de marais éblouissants. Toutes sortes d'oiseaux
et d'animaux multicolores voltigeaient sous le ciel
illuminé. C'est là que vivait le prince Ivan,
le meilleur chasseur du pays. Aucun animal ne pouvait échapper
à ses flèches.
Par un splendide jour d'hiver, Ivan sortit seul chasser
dans la neige miroitante, et entra dans la forêt.
Laisser
les élèves réagir, demander une nouvelle
lecture peut-être et faire émerger le remplacement
de ces mots :
interminable
marais mystérieux
extraordinaires
erraient
immense
glacial
épaisse
s'égara
Commenter la différence entre les deux textes, la présentation
d'univers et d'ambiances complètement différents.
Qualifier ces ambiances (inquiétante pour l'une, engageante
pour l'autre). Définir l'effet produit par les mots choisis
par l'auteur. Demander aux élèves de relever les
mots qui contribuent à créer la même ambiance
dans l'extrait qui suit :
Plus il avançait, plus la forêt devenait dense. Bientôt,
il ne vit même plus le ciel et il fit presque nuit. Sous
le givre, les arbres colossaux ressemblaient à une armée
de géants féroces et griffus surgissant dans le
vent froid. Pourtant, il n'avait pas peur. Son arc bien en main,
il s'enfonça sans bruit dans la forêt.
Il
est possible ensuite de demander aux élèves d'écrire
des variations du premier paragraphe.
Mise
en situation 2 : Que se passe-t-il à ce moment-là
?
Ses plumes perdirent leur couleur, tandis que l'éclat de
ses yeux se ternissait.
Mobiliser
sa mémoire et définir comment était l'oiseau
de feu au moment de sa découverte par Ivan. Noter ce qui
est dit.
Lire le passage en question (ci-dessous) en cherchant à
relever les mots qui décrivent l'oiseau de feu et qui ont
pu aider l'illustrateur à le représenter.
Le cri se rapprochait. Un éclair de lumière
rouge si violent qu'il dut fermer les yeux passa au-dessus de
lui. Il parvint à jeter un coup d'il en l'air. Une
extraordinaire créature, mi-femme mi-oiseau, descendait
du ciel pour se poser sur l'arbre aux fruits d'or. Son corps était
couleur de feu : crête, bec, plumage, même les yeux
semblaient deux rubis. Chaque battement d'ailes faisait scintiller
les plumes comme des flammes.
éclair
rouge
or
couleur de feu
rubis
scintiller
flammes
Compléter
avec les extraits suivants :
L'oiseau
de feu
Il apparut, ses magnifiques ailes rouges battant comme un incendie
dans le ciel, si aveuglant que les montres ne purent garder les
yeux ouverts.
rouges
incendie
L'oiseau
dansa gracieusement autour de l'ogre. Sa couleur écarlate
s'adoucit et pâlit, comme la flamme de la bougie qui attend
le retour de quelqu'un par un soir d'hiver.
écarlate
flamme
Réécrire
le premier extrait pour présenter un oiseau maléfique
(comme l'était l'ogre).
Mise
en situation 3 : la
description de l'ogre
Laisser
les élèves repérer seuls l'ensemble qui entraîne
le lecteur à se représenter un personnage détestable.
Commenter la représentation de l'illustratrice : l'ogre
est-il suffisamment détestable dans l'illustration ?
Une
créature qui semblait sortie de l'enfer émergea
de la tourmente. Elle fixa Ivan de son terrible regard, pendant
que se répandait une odeur nauséabonde.
- Quelle audace ! Comment as-tu osé pénétrer
ici ? gronda l'ogre. Je vais te transformer en statue de pierre,
ainsi tu resteras mon prisonnier à jamais !
Il marmonna une incantation. Dix hideuses têtes émergèrent
alors du sol, la gueule férocement ouverte, et se mirent
à ramper en direction d'Ivan.
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