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Laura Rosano, auteur et illustratrice
Biographie
Laura Rosano est née en 1958 à Milan en Italie. Elle a étudié
à l’Ecole européenne du Luxembourg, et a suivi des études de
littérature à Venise, études qui lui ont donné un bagage culturel
et imaginaire. Elle est diplômée d’illustration de l’ «Instituto
Européa di design» de Milan.
À la fin des années 1980, elle s’est tournée vers les
livres pour enfants. Elle est actuellement auteur et illustratrice.
Elle crée aussi des jeux, donne des cours d’illustration et
intervient en milieu scolaire.
Son style est particulier, sa technique de prédilection est
le découpage-collage. Dans ses illustrations, les matières et
les couleurs sont au service du texte. Pour chaque nouvel album,
elle crée un nouvel univers, propre à chaque histoire.
Laura Rosano, auteur d’ouvrages illustrés
Au
fil des nombres, Bilboquet, 2002
Les derniers ouvrages illustrés par Laura Rosano
La forêt des Lilas, texte de Sophie de Ségur, Seuil, 2006
Les bretelles du crayon, texte de Françoise Lison-Leroy, Le
Rocher, 2004
Le puits du diable, texte d’Emmanuelle et Benoît de Saint-Chamas,
Le Jasmin, 2003
L’oiseau bleu et autres contes, texte de Mme d’Aulnoy, Seuil,
2002
Contes du pacifique, texte d’Henry Gougaud, Seuil, 2000
Animatou, texte de Clotilde Bernos, Seuil-Métalié, 1999
Le livre dans sa globalité
 
L’objet-livre
C’est un album illustré cartonné, haut en couleurs. Les pages,
non numérotées, cartonnées également, s’ouvrent sur des décors
double page. Les deux dernières pages se déplient sur la scène
finale. Certaines pages sont découpées, en relation avec l’élément
illustré. A deux reprises, la maison du lièvre est représentée
sur un feuillet recto-verso : d’un côté, on voit l’extérieur,
et de l’autre, l’intérieur, avec la chenille. La mise en scène
est presque « théâtrale ».
Sur
la première de couverture, trois des personnages sont représentés :
la chenille, méconnaissable, menaçante, semble dominer le lièvre,
apeuré, et le léopard, inquiet. Seuls sont dessinés, en gros
plan, la tête des animaux et les pattes de la chenille. Le titre
du livre, centré, apparaît en majuscules d’imprimerie de couleur,
alors que les noms de l’auteur et de l’éditeur sont en minuscules
et en blanc.
Sur
la quatrième de couverture, la chenille apparaît à travers le
papillon représenté. Sur
la tranche, on peut relire les noms de l’éditeur et de l’auteur,
ainsi que le titre.
 
Résumé
de l’histoire
De retour du marché, le lièvre rentre chez lui. Il remarque
des traces de pas : quelqu’un s’est installé dans sa maison
! La chenille, cachée à l’intérieur, répond d’une très grosse
voix, imitant un terrible guerrier, et se prétendant invincible.
Effrayé, le lièvre demande secours à ses amis : le chacal,
le léopard, le rhinocéros, et l’éléphant. Tour à tour, ceux-ci
s’adressent à l’animal invisible, mais ils prennent peur et
s’enfuient.
Finalement, c’est la petite grenouille qui démasque l’intrus !
La
réponse à la question « qui est dans la maison ? »
est donnée dès le départ, elle est connue du lecteur, mais pas
du lièvre. La difficulté est de faire prendre conscience de
cette double énonciation aux élèves.
 
Le thème
Ce conte exotique, librement inspiré d’un conte africain, peut
être comparé à une fable :
- La chenille est farceuse, elle réussit à tromper et à mettre
en fuite des animaux beaucoup plus gros et plus forts qu’elle,
mais peu courageux. Puis elle se fait prendre à son propre piège
par la grenouille qui est rusée.
- Il ne faut pas toujours se fier aux apparences (intensité
trompeuse de la voix de la chenille).
- Le courage n’est pas proportionnel à la taille.
- Le texte se termine par la morale : « Tel est pris
qui croyait prendre ».
 
La structure
- C’est un album à structure répétitive.
- La tortue est présente au début de l’histoire, c’est l’introduction,
et à la fin de l’histoire, c’est la conclusion. Au début, la
tortue vend ses carottes, à la fin, elle les a récupérées, la
boucle est bouclée.
- Le lièvre perd une carotte toutes les deux pages, après chaque
intervention d’un nouvel animal et chaque nouvelle déception.
Il lâche la dernière de surprise, lorsque la chenille apparaît :
les carottes peuvent être considérées comme la ponctuation du
récit. Ces carottes peuvent servir de fil conducteur ou de ponctuation
de l’histoire.
Entrées possibles
Par la première de couverture dévoilée partiellement : la
tête de la chenille, puis le titre, et enfin les deux autres
animaux.
Par les
illustrations : ne pas montrer celle où apparaît la chenille
(suspens jusqu’à la fin), laisser les enfants deviner ce qui,
dans la maison, effraie les animaux, puis montrer tout et lire,
ou faire découvrir le texte.
Par le texte : le lire, sans faire mention de la chenille,
sans montrer les illustrations. Faire deviner qui est le guerrier
invincible, et ensuite dévoiler l’ensemble.
Les illustrations et le texte, pistes de travail
 
Les illustrations
- Faire prendre conscience, que, comme l’histoire, les illustrations
relèvent de l’imaginaire.
- En profiter pour faire prendre conscience de la fiabilité
de l’écrit par rapport à la polysémie des illustrations, ainsi
que de la complémentarité des deux.
- Etablir des comparaisons avec des photos ou des illustrations
figuratives.
- Les représentations de l’extérieur de la maison du lièvre,
ainsi que celles de l’intérieur, peuvent être comparées.
- Certains animaux sont représentés mais ne sont pas cités dans
l’histoire. Les retrouver : les perroquets, les lézards,
les vautours, les oiseaux sur le rhinocéros, les libellules,
les singes.
- Les animaux utilisent une fourchette. Il serait intéressant
de mettre en lien cette constatation avec les mœurs des vautours
que l’on aura étudiées pour cette occasion (documentaires écrits
et vidéo).
- Les graphismes, riches et variés, évoquant les graphismes
enfantins, scolaires, africains, mexicains, colombiens, sont
à exploiter : Observer
les graphismes des branches et des troncs des arbres, les réinvestir
en recréant une forêt imaginaire, et en essayant d’enrichir
le catalogue graphique. Faire de même pour les animaux, les
tissus africains…
 
La personnification des animaux
Les animaux sont personnifiés comme dans les fables et les contes :
ils ont des attitudes humaines, parlent, ont des accessoires,
des occupations, et des expressions humaines, vivent dans des
maisons. Trois d’entre eux sont habillés.
- Les vêtements : le lièvre porte un tee-shirt, la chenille
porte un habit représentant un papillon, la grenouille porte
une robe, et son bébé sur son dos.
- Les accessoires : bouilloire, corbeilles, verres, carafes,
cruches, fourchettes, assiettes, serviettes de tables, miroir,
lunettes, peigne, brosse, boucles d’oreilles, casquette.
- Les occupations : le marché, le bar, la lecture du journal,
les jeux de cartes. -
Les expressions : peur, rire, sourire…
 
Le texte
- Il se fond discrètement sur chaque bas de page (deux tailles
de caractères sont utilisées). Les illustrations priment donc
par rapport à l’écrit. Cependant le texte est nécessaire à la
compréhension de l’histoire. C’est une narration répétitive,
avec des dialogues.
- Le texte dans les illustrations : ces écrits ne relèvent
pas de l’imaginaire.
Ex :
- La dédicace « A Céleste » (qui est Céleste ?)
-
La pancarte « Baobab café » (Bagdad café ?)
-
Le journal du rhinocéros (un collage)
 
Travail du lexique
- Les noms des animaux.
-
Les adjectifs exprimant des sentiments : inquiet, désespéré,
épouvanté, intrigué, embarrassé, malheureux, « terrifiante » …
- Les verbes qui correspondent aux cris des animaux : à
utiliser, imiter, enrichir, associer aux animaux.
Beaucoup de dialogues :
- L’histoire pourrait être jouée par les élèves : travail
de la voix, des intensités, des sentiments, des intonations.
- Travail sur les guillemets et les autres marques du dialogue ;
mise en réseau avec d’autres albums.
Des répétitions de mots et de phrases :
- Repérage, identification, étude, mémorisation, reproduction
des mots : « maison », noms des animaux :
« lièvre », « chenille », « chacal »,
« léopard », « rhinocéros », « éléphant »,
« grenouille », mots-outils.
- Repérage de phrases répétées plusieurs fois, activités autour
de ces phrases :
* La question initiale, posée par le lièvre: « Qui est
dans ma maison ? », et la question posée par les autres
animaux, qui se répète cinq fois « Qui est dans la maison
de mon ami le lièvre ? »
* La réponse de la chenille, qui se répète trois fois « Je
suis le guerrier invincible. J’écrabouille le rhinocéros et
je réduis l’éléphant en bouse de vache ! »
Exemples :
transformations orales et écrites des phrases par substitution
de mots, création d’autres phrases selon la même structure,
inventions de dialogues.
- Noter les mots répétés, ce qui change.
Mise en réseau
Autres
albums à structure répétitive.
Afrique : albums documentaires, contes, coutumes, végétation,
habitat, mode de vie, musique.
Fables : le lièvre et la tortue, le lièvre et les grenouilles,
le lion et le rat, le lion et le moucheron.
Découverte du monde : les animaux sauvages, de la chenille
au papillon.
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