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METHODE DE TRAVAIL EN TERMINALE TT
UN CASSE-TETE EN STT : LA PREPARATION DE LEPREUVE ORALE DU BAC
Comment préparer une bonne trentaine délèves à une épreuve orale sans entamer de façon excessive les deux heures hebdomadaires chichement mesurées pour boucler le sacro-saint programme ? Cest la quadrature du cercle !
Je ne sais pas si, à cette question il y a une bonne réponse, mais je sais, pour les avoir expérimentées quil y en a de mauvaises.
En faire le tour, cest déjà faire un peu avancer le problème :
On peut faire des interrogations écrites classiques dune heure : la leçon est apprise et dans le meilleur des cas, comprise ; mais ça ne prépare pas du tout à lépreuve finale.
On peut aller jusquà la mini-dissert sur un sujet : cest déjà plus satisfaisant en terme de préparation à lexposé, mais on reste loin de lépreuve à préparer.
On peut encore interroger un ou deux élèves à loral : cest déjà plus près de lobjectif, mais, à moins de ne faire que cela, impossible de noter tout le monde.
Boucler le programme et négliger lépreuve, ou préparer lépreuve et négliger le programme ! Voilà le casse-tête
Je ne sais pas si à ce casse-tête il y a LA SOLUTION, je me contenterai de proposer la recette que japplique avec plus ou moins de bonheur.
LE SECRET DE LORAL EST DANS LECRIT
Dabord un constat : on sobnubile sur le passage à loral !
Nos élèves ne sont pas si mauvais! Dans ces sections et dans leurs disciplines spécialisées, les élèves sont amenés très souvent à faire des présentations orales, ce qui nous dispense de leur donner une formation rhétorique. Quand ils sont secs devant lexaminateur ce nest pas dart oratoire quils manquent. Ce nest même pas de connaissances, puisque dans la plupart des cas, sous le feu des questions, les vers leurs sortent du nez. Non, ce qui leur manque, cest lart de bien utiliser les 20 minutes de préparation écrite qui précèdent. Un coup dil au chiffon de papier qui leur sert de pense-bête est révélateur de leur incapacité à organiser rapidement une fiche guide.
Leur apprendre à faire un " brouillon " rapide, complet et clair : voilà lobjectif. Sil est atteint, lexaminateur aura une bonne chance dentendre un exposé ordonné et, si la question est comprise, cohérent.
LEPREUVE EN CLASSE ? LA PREPARATION ECRITE DE LEPREUVE ORALE !
15 minutes, pas plus : cest le temps que je donne aux élèves pour traiter à lécrit la question qui leur serait soumise à loral.
Mais auparavant ils savent que la question sera une tranche du thème traité qui sera présentée de façon problématisée. Exemple : dans leur cours ils ont une partie qui sintitule " contraintes et atouts de lespace américain " , la question sera " Quels atouts et quelles contraintes présente lespace américain ? ".
Ils ont été exercés à organiser rapidement un brouillon : il savent quon commence par écrire de façon très espacée les grands titres du plan, quensuite on dispose les sous-titres et quenfin seulement on bouche les trous avec les détails si on en a le temps. Toutes les abréviations sont permises (cest au correcteur à sadapter !) : lessentiel est de faire vite.
Au début, sans les avoir prévenu, je leur accorde, in extremis, une rallonge (gros soupir !) en leur demandant de changer de couleur dencre pour la rédaction des connaissances hors temps limité, afin queux et moi puissions évaluer leur rapidité décriture par rapport à létendue de leur savoir.
Lexpérience montre que, sous la pression, les élèves acquièrent très vite une rapidité qui les surprend eux-mêmes. Cest cette préparation écrite qui est ramassée et corrigée : tous les élèves ont donc une note.
LORAL QUAND MEME
Vient pour les élèves le moment redouté. Ils savent que parmi leurs préparations écrites, deux vont être tirées au sort pour un exposé oral devant la classe. Epreuve bien plus terrible que lexposé devant lexaminateur ! Lépreuve est notée et la note justifiée publiquement. Les élèves sont invités à formuler assentiments et critiques. Les élèves passés à loral ont ainsi deux notes indépendantes : lune pour lécrit, lautre pour loral.
LE DEFAUT DU SYSTEME ET COMMENT ON Y PARE
En 15 minutes, même pour les plus rapides, impossible de dire tout ce quon sait alors à quoi bon balayer dans les coins ? Cest la porte ouverte à là peu près et au vite-fait mal-fait. Problème réel auquel je me suis heurté !
Antidote, sinon la panacée, linterrogation écrite rapide : 20 à 30 questions, dont quelques unes du genre QCM, sur des détails incontournables, avec réponses en un mot ou à peine plus. Cest lentrée, avant le plat de résistance, et les élèves aiment cela : ils ont limpression, justifiée, quen apprenant on en tire toujours une bonne note. En géographie jy ajoute même une carte en y demandant des renseignements ponctuels du genre " cernez la sun belt ! ", ou encore " pointez et nommez 10 villes "
ET TOUT LE MONDE SORT EPUISE
Lheure où se déroule tout ce cérémonial est une heure chargée
2mn pour souffler
5mn pour souffler, ramasser, tirer au sort les " victimes " pour loral
Total, si tout va bien 52 mn ! Pas le temps de chômer ! Et il ne faut pas croire que tout se passe toujours de façon aussi huilée : lélasticité du système est dans la phase orale, souvent réduite à une seule prestation !
MAIS CA MARCHE
Rien de génial dans tout cela, mais simple brouet adapté au menu. Ca ne fait pas des élèves des Démosthène ni des Pic de la Mirandole, mais bon an mal an, les statistiques du bac montrent que les élèves sen tirent assez bien : ce nest déjà pas si mal !
Jean-Paul DANDRIMONT
Professeur dHistoire et Géographie. Lycée de Romilly sur Seine
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