Extrait du discours de Vincent Auriol lors de l'inauguration du barrage de Donzère-Mondragon, le 22 octobre 1952
La france, pays vieilli et fatigué! disent certains de nos censeurs. Pays décimé, pays dévasté, oui, sans doute, il a offert à la cause de la liberté 1 357 000 morts en 1914, 635 000 morts de 1939 à 1945, et, succédant aux ruines de la Première Guerre mondiale, plus de 2 millions d'immeubles détruits ou gravement endommagés, tout notre appareil de production, tous nos moyens de transport et de communication anéantis, et des pertes financières équivalant à trois années de notre revenu national actuel.
Eh bien, c'est ce pays décimé dans sa jeunesse et ses élites, c'est ce pays totalement dévasté qui peut aujourd'hui s'enorgueillir de vous faire constater son redressement.(...)
L'économie française dispose aujourd'hui d'une quantité de moyens de production supérieure à celle qu'elle a jamais eue dans le passé.
La production générale d'énergie électrique(..) s'élève cette année à 42 milliards, dépassant ainsi les objectifs de notre plan quinquennal (..).
Nos mines dépassent cette année la production de charbon de 1929 -meilleure année de l'avant-guerre - et la gestion nationalisée réalise, elle aussi, d'importants bénéfices annuels.
La consommation intérieure des produits sidérurgiques a augmenté de 50% par rapport à 1938, celle de ciment a plus que doublé. Notre agriculture dispose de 150 000 tracteurs contre 25 000 en 1938 et consomme 20% de plus d'engrais azotés, et 40% de plus d'engrais potassiques. le trafic ferroviaire est plus élevé que celui de 1938, le trafic maritime accru de 30%, le trafic aérien en plein essor (...).
Voilà le rapide mais authentique bilan du travail français, à l'echelon de notre premier plan de modernisation et d'équipement