Programmes d'ITALIEN
pour la classe de première générale et technologique

 

Objectifs de fin de cycle
Langue vivante 1 – langue vivante 2
1. Les compétences de communication
Compréhension de l'oral
Compréhension de l'écrit
Expression à l’oral
Expression à l'écrit
La lecture
2. Le contenu linguistique
Le lexique et la grammaire
Les variétés linguistiques
La contrastivité
3. Le contenu culturel : « les relations de pouvoir »
Quatre notions : la domination, l’influence, la révolte, l’opposition
Langue vivante 3
Compréhension de l'oral et de l'écrit
Expression à l'écrit et à l'oral
      Le lexique et la grammaire
 

PROGRAMME D’ITALIEN
CLASSE DE PREMIERE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

1. Objectifs et compétences
Langue vivante 1 – Langue vivante 2
Compréhension de l’oral
Expression orale
Compréhension de l’écrit
Expression écrite
Langue vivante 3
2. Dimension grammaticale
Langue vivante 1 – Langue vivante 2
Langue vivante 3
3. Dimension lexicale
Langue vivante 1 – Langue vivante 2
Exercer le pouvoir
Exercer / subir une influence
S’opposer
Se révolter
Langue vivante 3
4. Contenu culturel
Domination
Influence
Révolte
Opposition

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Objectifs de fin de cycle

Il convient de rappeler qu’en raison des conditions dans lesquelles il s’effectue, l’apprentissage en milieu scolaire ne peut mener l’élève à la maîtrise d’une langue étrangère, celle du locuteur natif. Le milieu naturel est en effet l’environnement le plus favorable à la pratique d’une langue, et tout particulièrement en ce qui concerne l’interaction orale. C’est pourquoi le niveau de compétence attendu, nécessairement relatif, même dans l’excellence, ne peut être évalué de façon globalisante. On se reportera ici au cadre européen commun de référence pour les langues qui présente les différents domaines de compétence et en analyse les éléments constitutifs.

Dans le cadre particulier de l’Ecole, et conformément à ses missions intellectuelles et éducatives fondamentales, les contextes d’usage de la langue étudiée sont prioritairement dictés par les contenus culturels. Ceux-ci font appel à l’histoire, la géographie, la politique, la sociologie, l’économie, la littérature, aux différents arts, aux sciences. Dans cette perspective, qui lie de façon indissociable les apprentissages linguistiques et culturels, la réflexion sur la société ou les sociétés dont on étudie la langue constitue un objectif puissamment mobilisateur et éducatif, assigné aussi bien aux séries technologiques que générales. Les supports sont des documents de toute nature : textuels, iconographiques, audio, vidéo, etc. Cette priorité et le choix de ces supports induisent des activités principalement discursives destinées à raconter, reformuler, décrire, expliquer, analyser, commenter, argumenter, débattre.

L’élève doit, en fin de cycle, et dans la perspective rappelée ci-dessus, être capable, de :

- participer à une situation de dialogue à deux ou plusieurs personnes ;

- comprendre l’essentiel de messages oraux élaborés (notamment : débats, exposés, émissions radiophoniques ou télévisées, films de fiction ou documentaires) et écrits, dans une langue contemporaine ;

- effectuer un travail interprétatif qui, au-delà de l’explicite, visera une compréhension de l’implicite ;

- présenter, reformuler, expliquer ou commenter, de façon construite, par écrit ou par oral : des opinions et points de vue, des documents écrits ou oraux comportant une information ou un ensemble d’informations ;

- défendre différents points de vue et opinions, conduire une argumentation.

Pour chacune de ces activités, selon les types de compétences communicatives définies par le cadre européen commun, et en tenant compte des objectifs spécifiques de l’Ecole rappelés ici, on situera les niveaux attendus conformément aux tableaux suivants (dans le cas de deux niveaux indiqués simultanément, il s’agit d’une fourchette large entre exigence minimale et exigence maximale).

Enseignement obligatoire ou option facultative (LV3)
LV1
LV2
LV3
Ecouter
B2
B1/B2
A2/B1
Lire
B2
B1/B2
A2/B1
Prendre part à une conversation
B1/B2
B1
A2
S’exprimer oralement en continu
B2
B1/B2
A2/B1
Ecrire
B2
B1/B2
A2/B1
Enseignement de spécialité
LV1
LV2
Ecouter
B2
B2
Lire
C1
B2
Prendre part à une conversation
B2
B1
S’exprimer oralement en continu
C1
B2
Ecrire
B2
B2

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Langue vivante 1 – langue vivante 2

1. Les compétences de communication

Compréhension de l'oral
Les classes de première et de terminale prolongent le travail de la classe de seconde générale et technologique en ce qui concerne cette compétence dans le cadre d'une approche communicative. La variété des supports et leur plus grande complexité permettent petit à petit d'amener les élèves à aborder des documents qui n'ont pas été préparés par un travail en amont. Ils peuvent en repérer les points importants et quelques détails pertinents, en s'appuyant sur la plus grande autonomie qu'ils ont acquise. Ils sont capables de comprendre, en fin de cycle, une langue orale standard. Ils passent petit à petit d'une compréhension globale à une compréhension plus fine. L'interaction entre élèves se développe et leur donne la possibilité d'interroger pour faire éclaircir une problématique, faire préciser une phrase, une idée. La réflexion sur ses propres difficultés, et l'aide mutuelle que s'apportent les élèves entre eux se développent. La sensibilisation à différents niveaux de langue offre les moyens de repérer plus rapidement qui parle et dans quel cadre, et d'en inférer les comportements langagiers et les types de discours. L'effet de surprise et donc d'incompréhension s'en trouve limité.

Compréhension de l'écrit
Le programme de la classe de première nécessite un travail à partir de documents riches dans leur contenu, et complexes dans leur forme. La découverte de chaque nouveau support mobilise toutes les capacités nécessaires, dans un premier temps, à une compréhension globale. L'écrit permet le retour en arrière, la re-lecture, la ré-évaluation des données, ce que l'oral ne permet pas. Il offre donc la possibilité d'un travail en profondeur où mémoire et logique de l'élève sont fortement sollicitées. Toutes les stratégies de découverte du sens sont mises à contribution. La mise en commun des connaissances aussi bien lexicales que grammaticales que les uns et les autres ont acquises favorise le travail interactif et contribue à une lecture fine, qui mènera à l'appropriation personnelle des données aussi bien culturelles que linguistiques.

Expression à l’oral
Les documents abordés suscitent, dans un premier temps, des réactions orales de la part des élèves. La prise de parole suppose alors un vocabulaire adapté ainsi que des structures adéquates. La langue orale tend à reproduire le flot de la pensée au fur et à mesure que le besoin d'exprimer telle ou telle idée se fait sentir. Elle privilégie l'enchaînement chronologique de phrases simples, qu'elle juxtapose plus qu'elle ne les organise en un ensemble construit. L'argumentation procède également par succession d'énoncés, posant, si nécessaire, parallèlement, les marques d'opposition, de contradiction, de cohérence. La discussion orale a recours aux moyens spécifiques de l'oral : reformulations, interrogations, appels au co-énonciateur, demandes d'explicitation. Le vocabulaire est peu précis d'abord, mais s'enrichit à mesure que l'élève affine sa pensée. La spontanéité des échanges en classe est à ce prix. Le professeur aide l'élève à se constituer un vocabulaire actif en veillant à la fréquence d'emploi des termes. On ne peut pas faire l'économie de la mémorisation systématique.

Expression à l'écrit
De même que la production orale de l'élève ne peut être une imitation orale d'une production écrite, la production à l'écrit demande également que soit prise en compte sa spécificité. Elle fait appel à d'autres données : elle suppose un temps de réflexion plus long et une organisation plus élaborée des énoncés. Ceux-ci se complexifient en incorporant les outils propres à l'organisation chronologique et argumentative (par exemple, "avant que", "après que", "bien que" ...) qui nécessitent selon les langues des réaménagements temporels, modaux. Ils s'organisent en paragraphes, puis en brefs textes autour d'un thème de réflexion. Les enchaînements sont plus cohérents, le vocabulaire le plus précis possible.

La lecture
En classe de première, le recours à la lecture suivie d'extraits d’œuvres représentatives de la société étudiée (nouvelles, chapitres de roman, scènes de pièces de théâtre, grands textes politiques, etc.) est un moyen privilégié, dans le cadre du programme culturel, pour approfondir ce qui constitue les fondements mêmes de sa culture et de son organisation sociale. Un choix pertinent d’œuvres offre la possibilité d'élargir la réflexion si un film ou une pièce de théâtre s'en inspire. Les relations qui se mettent en place entre texte/images/mise en scène/décor, voire musique, organisent de manière originale les thèmes étudiés et contribuent à l'enrichissement des connaissances des élèves, en leur donnant l'occasion de tisser des liens entre divers points de vue et approches.


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Langue vivante 1 – langue vivante 2

2. Le contenu linguistique

En première et en terminale, les documents authentiques proposés aux élèves, qu'ils soient écrits ou oraux, sont plus longs que précédemment. Ils suscitent une réflexion approfondie et des échanges plus construits. Les élèves sont mis en présence de faits de langue variés et d'une plus grande complexité. Dans ce cadre il est nécessaire d'établir, encore plus qu'en classe de seconde, une distinction entre grammaire et lexique de reconnaissance, utiles à la compréhension des documents proposés et grammaire et lexique de production, indispensables à l'expression personnelle.

Le lexique et la grammaire
La variété des supports abordés mobilise une grande richesse lexicale, principalement en reconnaissance. L'acquisition du vocabulaire ne consiste pas en l'apprentissage de mots isolés. Le vocabulaire est étudié en contexte, ce qui permet à l'élève de comprendre comment les mots s'insèrent syntaxiquement dans l'énoncé. En outre, ce vocabulaire est mis en réseaux par le moyen de la dérivation morphologique, et par le recours aux champs sémantiques que le programme culturel fournit. L'ensemble de ce travail suppose un maniement régulier du dictionnaire bilingue, voire parfois monolingue. L'élève peut ainsi replacer dans le système de la langue les données nouvellement rencontrées. L'élève de première et de terminale a pris conscience précédemment des spécificités les plus marquantes de la langue qu'il étudie. Il a été aidé en cela par une approche contrastive qui lui a permis de repérer ressemblances et différences avec le français et avec la ou les autres langues étudiées. La grammaire est toujours abordée à partir des documents proposés et en contexte d'utilisation. L'élève apprend maintenant à regrouper les phénomènes linguistiques autour de grandes questions, telles que l'organisation temporelle, modale, aspectuelle des énoncés, les différents systèmes de détermination nominale, les types de complexification syntaxique, etc. Les avancées sont accompagnées de révisions et de récapitulations régulières ; ainsi les nouvelles connaissances sont intégrées aux connaissances antérieures, et l'élève comprend mieux la cohérence de l'organisation linguistique. C'est grâce à cette approche que l'élève évite le sentiment de redite et l'impression de stagnation. Les structures mises en place sont retravaillées dans le cadre de l'exploitation des documents en faisant appel à un lexique plus large. Le recours à un livre de grammaire de référence est une aide précieuse pour la démarche personnelle d'apprentissage.

Les variétés linguistiques
Les élèves sont confrontés à des documents très variés, dans leur forme, leur style, leur niveau de langue : oral, écrit, journalistique, littéraire, soutenu, familier. L’évolution historique de la langue et le contenu culturel imposent parfois un recours à des textes plus anciens. Les documents sont également très variés de par leur origine géographique, sociale, ce qui permet d'aborder les variétés nationales et régionales. Ces documents font appel à du vocabulaire et à un mode d'expression qui diffèrent fortement au point de constituer parfois des sous-ensembles linguistiques. Ceci peut représenter une difficulté particulière pour la compréhension. L'élève est amené petit à petit à se familiariser, en reconnaissance, avec cette variation qui fait la richesse d'une langue. La langue de référence reste néanmoins la norme standard.

La contrastivité
L'approche contrastive permet le va-et-vient constant d'une langue à une autre pour une meilleure compréhension des spécificités des systèmes. Un travail de traduction, parmi d'autres exercices, permet d'en affiner les données. Le recours au thème ou à la version pour de courts extraits de documents, écrits ou oraux, est un moyen efficace pour assurer les connaissances et dissuader l'élève de calquer une langue sur l'autre. Ce dernier comprend que grammaire et lexique sont les deux facettes d'un système de représentation et que chaque langue utilise des moyens grammaticaux et lexicaux propres pour exprimer telle ou telle notion. La contrastivité est également mise à contribution dans des exercices de compte rendu, dans une langue, de documents dans une autre langue. Ces exercices renforcent les connaissances en les situant dans un autre cadre tout en maintenant le lien lexique-grammaire.


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Langue vivante 1 – langue vivante 2

3. Le contenu culturel : « les relations de pouvoir »

Tout comme en classe de seconde générale et technologique le contenu culturel en cycle terminal fournit le cadre dans lequel le professeur organise son enseignement. Alors que la classe de seconde a privilégié les relations horizontales du « vivre ensemble », la classe de première se consacre aux relations hiérarchiques, autrement dit aux relations de pouvoir qu’elles soient politiques, sociales, économiques, culturelles ou personnelles. En classe de terminale, le contenu culturel s’inscrit dans la logique qui veut qu’une société doive être étudiée du double point de vue de sa cohésion et de son ouverture, ce qui mène à s’interroger sur son inscription dans le monde. Le contenu, intitulé « le rapport au monde », sera développé lors de la publication du programme de classe de terminale. En effet, étudier le pouvoir c’est comprendre les mécanismes nécessaires à la gestion de la société et au fonctionnement du groupe social et des relations entre les individus. Le pouvoir est à la fois source de l’intégration politique, sociale et personnelle et, révélateur des tensions et des conflits au sein de l’aire linguistique étudiée. Le pouvoir s’exerce à travers un ensemble de relations complexes intériorisées et acceptées. Etudier le pouvoir implique aussi, nécessairement, que l’on pose la question des contre-pouvoirs : autrement dit, comment limite-t-on le pouvoir, comment lui résiste-t-on ?

Quatre notions : la domination, l’influence, la révolte, l’opposition
Les relations de pouvoir sont en mutation : aux formes hiérarchiques du passé, qui valorisaient l’autorité et le prestige, se substituent de plus en plus souvent des formes de négociations et de coopérations. La domination implique, généralement, que le pouvoir soit accepté et que la sujétion au pouvoir soit reconnue comme légitime. Ceci implique, dans nos sociétés, une relation normale de commandement et d’obéissance. Mais il peut impliquer aussi, dans l’exécution des décisions, l’usage de la puissance allant jusqu’à la contrainte ou la violence. L’influence est d’une autre nature et s’exerce par la voie de la communication. Elle consiste en un exercice plus subtil et inclut la persuasion, la séduction, la manipulation, la rumeur. Les contre-pouvoirs désignent les limitations du pouvoir politique mais plus généralement les résistances issues du fonctionnement même du pouvoir. Ces résistances peuvent prendre la forme d’une révolte collective, d’une recherche de libération, mais aussi d’une attitude de refus de l’individu devant la société. Elles peuvent aussi s’exprimer par une opposition qui va de l’objection à la désobéissance. Les contre-pouvoirs évoquent aussi les moyens employés pour se soustraire à l’emprise de l’autre, autrement dit une stratégie de mise à distance. Tout comme en classe de seconde, le programme langue par langue dégage autour de ces notions des thèmes spécifiques aux sociétés de l’aire concernée. Pour chacune de ces quatre notions, le professeur s’inspirera des thèmes proposés pour déterminer le choix des supports et leur exploitation. La littérature constitue une entrée riche en possibilités dans l’étude de certains de ces thèmes. Chacune des quatre notions sera étudiée sans toutefois donner lieu à des cours de civilisation ou de littérature.


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Langue vivante 3

L’enseignement de la langue vivante 3 au cycle terminal poursuit les mêmes objectifs qu’en classe de seconde générale et technologique et relève de la même pédagogie qui tient compte de l’expérience et de la maturité des élèves, de leurs goûts et préoccupations. La compétence de communication élémentaire acquise en classe de seconde est développée en classe de première. La compréhension s’affine, l’expression gagne en complexité, en degré d’abstraction et en autonomie. L’oral reste prioritaire, mais l’écrit occupe une place plus importante qu’en classe de seconde. Le professeur propose aux élèves des documents authentiques ou didactisés variés, propres à solliciter leur curiosité et leur réflexion, riches en contenu culturel. Face à la diversité et au nombre croissant des faits de langue nouveaux auxquels les élèves sont exposés, le professeur s’attachera à distinguer la grammaire et le lexique de production et la grammaire et le lexique de reconnaissance. L’assimilation des structures et du vocabulaire se fait dans l’esprit de l’approche raisonnée de la langue. Le professeur encourage les élèves à développer leurs stratégies individuelles d’apprentissage et de compensation, à travailler en autonomie et en groupes.

Compréhension de l'oral et de l'écrit
Si, au début de la classe de première, un élève en LV3 a une connaissance de la langue encore limitée, sa maturité et sa pratique d’autres langues étrangères vont permettre au professeur de l’exposer très vite à des enregistrements authentiques, contenant un lexique ou des structures inconnus dont il pourra inférer le sens ou qu’il pourra ignorer. Le professeur continuera à guider l’élève, à lui proposer des activités de reconnaissance et de repérage mais, en lui apprenant à gérer l’inconnu, il le mène aussi progressivement vers une plus grande autonomie dans l’écoute, ce qui lui permet d’accéder plus directement au sens du message. La durée du document dépend de la nature de celui-ci et du projet d’écoute (repérage, reconnaissance, retranscription d’un bref passage…) mais, d’une manière générale, elle ne dépasse pas quelques minutes. Le professeur proposera des documents variés, authentiques ou didactisés (poèmes enregistrés, chansons, interviews, dialogues…) évoquant des sujets liés autant que possible au cadre culturel défini pour l’enseignement en LV1 et LV2. Comme à l’oral, l’élève est confronté à des documents écrits comportant une plus grande part d’éléments lexicaux ou grammaticaux inconnus. Dans le cadre du travail spécifique sur la compréhension, le professeur n’explique que les éléments indispensables à celle-ci et favorise la lecture silencieuse de documents inconnus portant sur une thématique connue. Les activités proposées sont plus complexes (trouver l’information essentielle d’un paragraphe, les articulations d’un texte…) et vont plus loin dans la recherche du sens. On ne se contente en aucun cas du seul repérage d’éléments isolés. Les documents sont plus longs qu’en classe de seconde, mais sans excès, de nature variée (récits, dialogues, poésies, publicités…) liés autant que possible au cadre culturel. La compréhension en tant que telle, de l’écrit comme de l’oral, fera l’objet d’un entraînement spécifique et systématique, souvent très gratifiant pour les élèves.

Expression à l'écrit et à l'oral
L’élève est capable de réagir par écrit, avec ses propres moyens linguistiques, au contenu d’un document, et aussi de rédiger un court texte original, dans une langue simple, cohérente et compréhensible. Grâce à sa plus grande maturité et à un certain savoir-faire que l’apprentissage préalable de deux autres langues étrangères lui a procuré, l’élève est en mesure de mobiliser et de mettre en œuvre les différentes structures grammaticales et le lexique acquis. L’élève doit pouvoir s’exprimer dans une langue simple et correcte, en respectant les principes fondamentaux de la phonétique et de l’intonation propres à la langue étudiée. Il est capable de restituer le contenu d’un message écrit ou oral portant sur un sujet qu’il connaît, en le reformulant de manière simple et intelligible ; il est entraîné à produire des énoncés constitués de plusieurs phrases simples ou complexes successives. Il peut également prendre une part active à un dialogue. Il est capable de demander une aide linguistique au professeur ou à ses pairs et de reprendre son énoncé a posteriori pour le corriger ou l’améliorer.

Le lexique et la grammaire
On veillera attentivement à l’acquisition et à la mémorisation systématique du lexique. Le lexique est regroupé par thèmes ou par champs. Mais seul l’emploi dans des situations de communication variées et aussi authentiques que faire se peut permettra une assimilation active et durable. Le professeur garde présent à l’esprit que la grammaire est au service de la communication et doit toujours être abordée en situation. En classe de seconde générale et technologique, le professeur a exposé ses élèves à un grand nombre de structures, de faits de langue, développant simultanément automatismes et approche raisonnée de la langue. Cette démarche est poursuivie et approfondie au cycle terminal. Tandis qu’en classe de seconde, la progression grammaticale est conçue comme un mécanisme de précision (en distinguant soigneusement entre les notions grammaticales explicitées, sur lesquelles portent les exercices écrits et oraux, et les outils grammaticaux nécessaires à la communication orale en classe, qui sont donnés sans explicitation), il n’est plus nécessaire à partir de la classe de première de présenter les contenus grammaticaux dans un ordre pré-établi. C’est l’intérêt intrinsèque des supports qui dicte leur sélection et non le fait qu’ils présentent ou ne présentent pas telle ou telle difficulté langagière. On veille simplement à avoir fait au terme du cycle le tour des points au programme. Le professeur applique dans sa sélection des supports d’exploitation un critère de bon sens consistant à ne pas rebuter les élèves par des documents inaccessibles, mais gardera à l’esprit que le support étudié peut parfaitement comporter des traits de langue qui ne seront pas explicités et systématisés, mais simplement élucidés. A titre d’exemple, on ne pourra s’interdire un document parce qu’il présente une forme complexe d’un verbe irrégulier ou une structure syntaxique dont on a prévu l’étude ultérieurement... Le professeur pourra donc, avec des ambitions mesurées, se référer au programme culturel de LV1/LV2 dans la sélection des supports.


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PROGRAMME D’ITALIEN
CLASSE DE PREMIERE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

Si le programme de seconde permet d’harmoniser et de conforter les savoirs acquis au collège (LV1 et LV2) ou d’établir les bases d’un apprentissage (LV3), celui du cycle terminal aura pour objectif l’acquisition d’un niveau de compétence suffisamment solide pour permettre aux élèves de s’intégrer de façon autonome dans la réalité italienne, à la fois proche et différente de la réalité française.

1. Objectifs et compétences
La maîtrise des quatre compétences nécessaires à la communication demeure l’objectif prioritaire. Les élèves, qui font preuve désormais d’une plus grande maturité, devront être à même de discerner différents registres de langue (italien ancien, italien littéraire, italien courant, italien des médias, italien commercial et dialectes) et de recourir à certains de ces registres de façon pertinente. De la même façon, ils seront capables d’exprimer en italien des idées, des opinions, à propos de notions plus abstraites, et leur production devra être organisée, argumentée et développée de manière logique.

Langue vivante 1 – Langue vivante 2

Compréhension de l’oral
En classe de première, l’entraînement à la compréhension de l’oral demeure un exercice spécifique d’importance primordiale. Les élèves sont désormais aptes à saisir des informations précises à partir de supports authentiques (conversazioni, interviste, servizi del telegiornale, spot pubblicitari), à comprendre des messages émanant de voix différentes, et à percevoir l’existence d’accents variés (selon les régions). L’enseignant veillera donc à poursuivre cet apprentissage en proposant aux élèves des supports dont la durée sera sensiblement accrue (environ trois minutes) et dont le contenu sera plus complexe. Une évaluation spécifique permettra à l’élève de tester ses capacités à appréhender les différents degrés de compréhension.

Expression orale
L’élève de première doit être en mesure d’exprimer un point de vue personnel et de répondre de manière argumentée à une opinion divergente. La maîtrise de l’expression suppose un entraînement assidu à la prononciation et au rythme de la langue italienne grâce à des exercices divers et fréquents, comme celui de la lecture, au cours duquel l’enseignant s’assurera de la bonne compréhension et de la parfaite restitution phonique du texte proposé. Il veillera notamment au respect de l’accent tonique et de l’intonation sans lesquels un discours italien ne saurait être entendu. NB : En ce qui concerne les options de spécialité (LV1 renforcée ou LV2 de complément), une partie de l’horaire supplémentaire sera mise à profit pour un travail plus approfondi sur ces deux compétences.

Compréhension de l’écrit
En classe de première, l’entraînement à la compréhension de l’écrit se poursuivra de manière rigoureuse. Les supports variés et sélectionnés notamment parmi des textes d’auteurs (prioritairement contemporains) ou des articles de presse traiteront de questions relevant entre autres du cadre culturel de ce programme, et/ou relatifs à des sujets abordés dans d’autres disciplines. L’élève devra être en mesure de comprendre, d’apprécier les différents points de vue exprimés, et de saisir le sens implicite des documents. Il sera apte à mesurer ses progrès grâce à des exercices spécifiques qui feront l’objet d’une évaluation limitée à cette seule compétence. Expression écrite L’élève italianisant, qui, en première, devrait avoir surmonté les difficultés d’ordre orthographique, sera évalué selon son aptitude à produire des phrases complexes comprenant un vocabulaire plus riche. En fin de première, il doit être capable de rédiger un texte argumentatif d’au moins deux cents mots, construit et organisé. Dans la perspective de la classe terminale, on l’amènera à distinguer et à utiliser à bon escient les registres caractéristiques de la langue écrite.

Langue vivante 3

Au terme de la classe de première, les élèves devront atteindre un niveau de compétence sensiblement égal à celui des élèves de seconde LV2.


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PROGRAMME D’ITALIEN
CLASSE DE PREMIERE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

2. Dimension grammaticale

Langue vivante 1 – Langue vivante 2

En classe de première, le professeur établira sa progression grammaticale en fonction des axes de travail suivants :
- la réactivation des acquis grammaticaux,
- leur approfondissement,
- la réflexion pertinente sur la syntaxe de la phrase.
L’élève de première devra être capable de comprendre les idées du document et d'en faire une synthèse, afin de prendre une distance critique et d'exprimer un point de vue. Aussi l'étude des faits de langue devra-t-elle concourir à cette démarche. Dans cette perspective, on s'assurera particulièrement, de la maîtrise et de l’ utilisation pertinente des points grammaticaux suivants :
- les pluriels particuliers des noms et des adjectifs (le crisi, i sistemi, ecologici / ecologiche…) ;
- la composition des mots : identification des préfixes, des suffixes… (la disuguaglianza, impadronirsi…) ;
- la conjugaison d'un plus grand nombre de verbes irréguliers (porre, tenere, trarre et leurs composés, par exemple) ;
- la place des pronoms personnels et leurs emplois particuliers (ha deciso lui, gli si fece davanti…) ;
- les adverbes de temps, de lieu, de manière (attualmente, oggigiorno…) ;
- les adverbes exprimant le doute (forse, probabilmente…) ;
- les adverbes exprimant la certitude (sicuramente, certo, certamente, davvero…) ;
- les comparatifs ; - les tournures impersonnelles (se ne parla, ci si ribella…) ;
- la forme de politesse, le tutoiement et l'expression de l'ordre (Ci dia soddisfazione! Falla finita!…) ;
- le discours indirect ;
- les conjonctions introduisant l'accord ou l'opposition (però, invece, infatti ; sebbene, poiché, etc.) ;
- les adverbes, conjonctions et locutions permettant d'introduire, de développer et de conclure un discours (dapprima, poi, infine, quindi…) ;
- les subordonnées relatives, conjonctives, comparatives, hypothétiques, etc. ;
- l'emploi opportun des modes (indicatif, conditionnel, subjonctif, participe et gérondif) ;
- la concordance des temps.

Langue vivante 3

En classe de seconde, les élèves ont appris à identifier et utiliser les différents types de mots composant la phrase. En classe de première, ces connaissances seront réactivées et favoriseront l'acquisition de mécanismes propres à la phrase complexe. Pour l'étude des points grammaticaux, on pourra se reporter utilement au programme proposé pour la classe de seconde (LV 1 et LV 2). Toutefois, compte tenu des exigences du programme de première et dans la perspective d'un approfondissement en terminale, il sera opportun de prendre progressivement en compte les observations faites ci-dessus pour les LV 1 et LV 2.


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PROGRAMME D’ITALIEN
CLASSE DE PREMIERE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

3. Dimension lexicale

Langue vivante 1 – Langue vivante 2

Le cadre culturel suggéré comme exemple pour la classe de première suppose l’étude du vocabulaire relatif aux relations de pouvoir, ce qui n’exclut pas pour autant la découverte d’autres champs lexicaux. Il conviendra, comme en seconde, d’éviter toute spécialisation technique et de veiller à ce que le vocabulaire acquis par les élèves soit utilisé également de manière plus générale dans des contextes autres que celui relatif au pouvoir.
L'apprentissage du vocabulaire doit demeurer un apprentissage actif prenant appui sur le document support, l'objectif de communication (orale et écrite) restant l'objectif prioritaire. A l'occasion de l'étude de documents s'inscrivant dans le cadre culturel des relations de pouvoir, le professeur pourra enrichir les connaissances lexicales de ses élèves selon les axes suivants.

Exercer le pouvoir
- Accéder démocratiquement au pouvoir (candidarsi ; caldeggiare una candidatura ; condividere le idee di un candidato ; indire le elezioni ; prestare giuramento ; varcare la soglia del 10% ; votare per alzata di mano ; l'esponente di un partito ; la scheda bianca ; le votazioni ; il Governo bipartitico ; una maggioranza schiacciante / una vittoria stentata).
-
Prendre le pouvoir par la ruse, par la force (adoperare la forza ; afferrare la palla al balzo ; annettere un territorio ; prendersi l'arbitrio ; lo stato d'assedio ; il broglio elettorale ; la scalata al potere / l'irresistibile ascesa di ).
- Bien gouverner (venire a un accordo ; adempiere una promessa elettorale; mantenere la propria parola ; stare ai patti ; ammodernare ; portare a compimento ; prestare ascolto a ; agire con cautela ; condurre le trattative ; l'esito dei negoziati ; fronteggiare le difficoltà ; provvedere ai bisogni ; il provvedimento).
- Mal gouverner (accentrare i poteri ; eludere la legge ; non guardare troppo per il sottile ; rimangiarsi la parola ; cadere/venire in sospetto ; sperperare/sprecare il denaro pubblico ; il dispotismo / il despota ; il fallimento dei negoziati ; un discorso campato in aria)
- Conserver le pouvoir (aggraparsi al potere ; sfuggire ad un agguato-ad un attentato ; il voto di fiducia ; l'indice di gradimento ; l'assolutismo monarchico ; il trasformismo).
- Renoncer au pouvoir (dare le demissioni ; dimetttersi da ; lasciare/cedere il campo ; discaricare un ministro ; scontare i propri errori ; sciogliere un'assemblea ; dare il voto di sfiducia ; il mutamento di governo).
- Les fonctions (non rientra nell'ambito delle sue funzioni ; la nomina a ; l'Onorevole ; il Presidente del Consiglio ; la Giunta comunale / regionale ; gli ambienti governativi ; l'apparato governativo ; il Ministro in carica della Pubblica Istruzione ; il portaborse ; il re/la regina ; il pontefice).
- Les lieux du pouvoir (il Quirinale ; Palazzo Chigi ; Palazzo Madama ; Montecitorio - la Camera dei Deputati ; il Comune ; il Campidoglio ; il Consiglio europeo ; la Santa Sede).
- Le pouvoir législatif (proporre un emendamento a un progetto di legge ; dibattere una questione ; emanare / varare una legge ; leggi inadeguate).
- Le pouvoir exécutif (adottare provvedimenti disciplinari ; attuare un progetto ; cacciare qualcuno in prigione / mettere in carcere ; concedere la grazia ; andare in esecuzione ; impartire ordini, istruzioni ; ripristinare l'ordine ; è fatto divieto di ; un controllo ferreo ; un uomo di polso).
- Les abus du pouvoir (barare su ; essere coinvolto in un affare ; corrompere / corrotto / la corruzione ; infrangere la legge ; ricadere nell'ambito di una legge ; lo strapotere ; il mal costume ; i maneggi politici).
- Les symboles et les attributs du pouvoir (il trono ; la corona / l'incoronazione ; la fascia tricolore del sindaco ; il tricolore ; l'immunità parlamentare).

Exercer / subir une influence
- Imposer une image (acquistare fama di ; esercitare un'attrattiva su ; cattivarsi la simpatia del pubblico ; fare bella figura ; fare colpo ; vendere fumo ; diramare una notizia).
- La publicité et la propagande (mettere un'inserzione su un giornale ; diffondere una notizia ; concedere un'intervista in esclusiva ; il cartellone pubblicitario ; la stampa scandalistica; una dichiarazione stampa).
- L'argent (esercitare il predominio ; la legge dell'offerta e della domanda ; il borsista ; la valuta ; libero-scambista…).
- La loi (attenersi ad una regola ; la legge vigente).
- Les compromis et les compromissions (prendere una bustarella ; strisciare davanti ai potenti ; i soldi sottobanco ; il compromesso storico ; la tangente / Tangentopoli ; il leccapiedi ; la raccomandazione).

S'opposer
-Pour exprimer son désaccord (esprimere pareri discordi ; porre in dubbio ; muovere delle obiezioni ; il dissenso ; l'obiettore di coscienza).
- Pour dénoncer (aggredire con rimproveri ; muovere delle accuse contro qualcuno ; mettere in stato d'accusa ; dare la colpa a qualcuno ; denunciare le disuguaglianze sociali ; dire a qualcuno il fatto suo ; essere nel mirino ; scatenare polemiche ; non è di mio gradimento ; il volantino).
- Pour revendiquer (appellare contro una sentenza / appellare a ; mettere le cose in chiaro ; sollevare un dibattito ; fare valere il proprio diritto).
- Pour négocier (avviare / intavolare trattative / negoziati).
- Dans le cadre du jeu des partis et/ou des syndicats (darsi alla politica ; prendere a bersaglio ; essere a capo di un partito ; rovesciare un governo ; schierarsi su posizioni piu moderate ; il capofila / il capogruppo ; la parola d'ordine ; il socio ; gli ambientalisti ; gli Europeisti).
- Par des actions de masse (fare lo sciopero ; lo scioperante ; il crumiro ; lo sciopero a scacchiera/a oltranza/a gatto selvaggio ; la dimostrazione ; le manifestazioni di piazza ; il corteo).

Se révolter
- Désobéir (dar fuoco alle polveri ; trasgredire le norme ; la lotta accanita).
- Par les mots et les cris (criticare ad alta voce ; colmare d'improveri ; "Basta! falla finita ! ; non ne posso più !" ).
- Par les actions violentes liées à la lutte armée et au terrorisme (ribellarsi ; insorgere ; marciare su ; tendere/cadere in un agguato ; innalzare una barricata ; ostacolare / bloccare il traffico ; sparare a bruciapelo ; centrare il bersaglio ; porre mano alle armi ; il complotto è fallito ; il saccheggio ; il ratto ; il maneggio delle armi ; il moto rivoluzionario ; il Risorgimento).
Les exemples de mots ou d'expressions proposés ci-dessus entre parenthèses ne sont que des indications et ne constituent évidemment pas un programme au sens strict. Afin d'amener l'élève à connaître et à maîtriser une langue authentique, le professeur s'efforcera d'accorder une attention particulière aux termes ou expressions correspondant à des spécificités de la civilisation et de la culture italiennes : scendere in piazza ; l'atteggiamento campanilistico ; il portaborse...

Langue vivante 3

Les orientations lexicales correspondront aux situations de communication suivantes :
- s’exprimer à l’écrit et oralement de manière simple afin de raconter des expériences, des événements vécus ou lus, des rêves, des espoirs ou des buts ;
- justifier brièvement ses opinions ou ses projets ;
- raconter une histoire, un événement historique, l’intrigue d’un livre ou d’un film et exprimer ses impressions.
Comme en LV1 et en LV2, l'apprentissage du vocabulaire se fera de manière active.


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PROGRAMME D’ITALIEN
CLASSE DE PREMIERE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

4. Contenu culturel

Les relations de pouvoir assument en Italie un caractère propre où les notions de domination, d’influence, de révolte et d’opposition sont vécues de manière originale, tout en s’inscrivant dans le contexte européen. Ce sont ces relations de pouvoir, ces relations au pouvoir, dans leur spécificité italienne, qui constituent le contenu culturel en classe de première. Celui-ci sera abordé au travers de supports variés (textes littéraires, articles de journaux, documents iconographiques, enregistrements audio ou audiovisuels et les ressources du multimédia) dans lesquels l’intérêt linguistique (compréhension et expression) restera prioritaire. Les lignes qui suivent ne constituent pas un cadre rigide. Le professeur établira sa programmation selon les intérêts et le niveau de sa classe ; en aucun cas, il ne prononcera un cours magistral de civilisation.

Domination
Au cours de son histoire, après avoir été au cœur d’un Empire, celui de la Rome antique, l’Italie par ses richesses économiques et culturelles a suscité maintes convoitises à l’origine de dominations étrangères.
À cause de ce passé historique, les Italiens à la fois supportent mal le centralisme du pouvoir et se passionnent pour les jeux de la politique. L’époque bouillonnante des Comuni au Moyen-Âge influe encore sur les mentalités.
Le Risorgimento, qui a réuni l’Italie en une seule nation et sous un pouvoir centralisé au XIXème siècle, n’a pas encore achevé son œuvre au sein du peuple italien qui est historiquement jeune.
Depuis 1946, l’Italie est une république. L’avènement de cette république a marqué la fin de la domination allemande (1943-1945) et, plus largement, l’achèvement du ventennio fasciste et de son pouvoir totalitaire.
Si les Italiens reconnaissent leur république comme l’émanation démocratique du pouvoir populaire, ils entretiennent avec leur gouvernement, quel qu’il soit, des rapports conflictuels. Le mot malgoverno rappelle ce désaveu qui cependant n’exclut pas un grand intérêt porté à la politique, plus vif que dans d’autres démocraties.
Le pouvoir central, pour les Italiens, assume une dimension géographique précise : Rome symbolise le gouvernement avec ses ministères et ses administrations. On se réclame de Rome, comme on dénonce son hégémonie.
Dans sa littérature, l’Italie, pays de Machiavel, a proposé aux autres nations le fruit de sa réflexion sur le pouvoir et ses modalités.

Influence
L’Italie, qui est une démocratie libérale, connaît d’autres pouvoirs que le seul pouvoir politique et administratif. Ces pouvoirs exercent leur influence de différentes manières.
L’Église catholique et l’État italien se partagent symboliquement la capitale du pays, même si la Cité du Vatican n’occupe qu’un territoire très limité : à Rome, de nombreux pays étrangers disposent de deux ambassades, l’une auprès de la République Italienne, l’autre auprès du Saint-Siège. Au-delà de cet établissement hautement symbolique de l’Église romaine, le catholicisme est omniprésent dans un pays qui très majoritairement s’en réclame. Localement, le clergé et la paroisse constituent un contre-pouvoir par rapport à l’autorité municipale, même si l’époque de Peppone et de Don Camillo est désormais révolue. L’Italie est un pays tolérant, ouvert aux autres religions : en témoigne la présence monumentale à Rome d’une grande synagogue et d’une grande mosquée.
Si les pouvoirs politique et administratif, mais aussi religieux, s’identifient à la ville de Rome, le pouvoir économique trouve sa capitale dans la ville de Milan qui réunit la Bourse et les sièges des grandes sociétés. L’influence exercée par l’argent et plus généralement par le pouvoir économique est grande en Italie. Le pays, qui depuis l’après-guerre s’est hissé au plus haut niveau de l’échelle mondiale des pays industrialisés, accorde une place essentielle à la production, à la commercialisation et à la consommation de biens de tous ordres, ainsi que plus généralement à l’argent et au profit. À tous les niveaux, la société accorde une grande place à l’entreprise et à la réussite. Plus qu’ailleurs, on peut parler de culture d’entreprise (cultura aziendale) qui influence les comportements.
Émanation des autres pouvoirs, le monde de la communication est très développé en Italie. Lecteurs assidus de journaux, les Italiens accordent depuis longtemps une grande place à la télévision. Ils aiment à communiquer grâce aux moyens modernes qu’ils ont su rapidement s’approprier. La publicité, qui, en Italie, dispose d’un langage propre et de références spécifiques, s’impose dans les magazines, sur les murs des villes et sur les écrans.

Révolte
Si l’Italie est davantage le pays de l’opposition que celui de la révolte, de nombreux mouvements ont marqué son histoire des origines aux temps modernes, des soulèvements populaires contre la domination étrangère, comme les Vespri siciliani, ou contre le pouvoir économique, comme le Tumulto dei Ciompi.
Le Risorgimento, qui a construit l’Italie, a connu des épisodes de révolte, d’abord réprimés par les pouvoirs en place le plus souvent émanant de l’étranger, avant d’être finalement victorieux.
La Résistance au nazisme et au fascisme (i Partigiani) a assumé un caractère armé, afin de libérer le pays et préparer l’avènement de la République.
Dans les années 70 (gli anni di piombo), le pays a connu un terrorisme d’extrême droite comme d’extrême gauche : l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro, et l’attentat de la gare de Bologne rappellent le caractère sanglant de ces mouvements révolutionnaires, qui cependant étaient minoritaires.

Opposition
L’Italie est le pays de l’opposition. Les manifestations et les protestations ponctuent le jeu démocratique du pouvoir, des pouvoirs. Plus généralement, les Italiens ont l’art d’opposer aux pouvoirs, quels qu’ils soient, des contre-pouvoirs, ouvertement ou de manière plus subtile selon la logique du compromesso : il ne s’agit pas de se compromettre avec le pouvoir, mais bien de composer avec lui.
L’autorité patriarcale, qui régissait autrefois la société traditionnelle, était contrebalancée par le culte de la mère (mammismo). Les mouvements féministes très vifs en Italie au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle, ont fait basculer le maschilismo ancestral.
Si la Mafia a pu apparaître comme un contre-pouvoir face à l’occupant, ses abus ont été combattus avec efficacité, chaque fois que les populations ont fait le choix d’en appeler à l’autorité nationale qui, elle-même, a fait preuve de sa détermination.
En matière d’économie, l’importance des grands groupes industriels est complétée et équilibrée par la présence d’un nombre infini de petites et moyennes entreprises. Ces petites unités, souvent d’origine artisanale, ont su se regrouper de façon spontanée en districts industriels, indépendamment de tout appui de l’État.
Parallèlement au développement économique de l’Italie, une forte réalité syndicale a permis d’importantes avancées sociales. Les syndicats ont dans ce pays un rôle social et politique significatif. En matière de langue, et plus généralement de culture, l’Italie offre une réalité où la langue nationale, reconnue unanimement par tous pour ses qualités fondées sur des siècles de production littéraire et intellectuelle, est doublée d’un contre-pouvoir communicatif, le dialecte, encore très vivant à tous les niveaux de la société dans maintes régions du Nord comme du Sud.
L’opposition sous toutes ses formes engendre une riche production culturelle d’essence populaire : les pasquinate d’autrefois, les murales, les canti del lavoro, les striscioni, les girotondi d’aujourd’hui, dont la dimension parfois ludique rappelle le sens de la dérision, ou de l’autodérision, caractéristique de l’esprit italien.
L’Italie présente dans ses mentalités une réalité dialectique : face aux pouvoirs, on joue avec les autorités pour en tirer parti. La lutte entre les Guelfes et les Gibelins au Moyen-Âge consistait souvent à profiter localement de l’antagonisme entre le Pape et l’Empereur, afin d’obtenir des privilèges. Aujourd’hui, on retrouve ce continuel jeu de la société qui entend jouer avec le pouvoir, avec les pouvoirs, pour conquérir de plus grandes libertés.


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