Le B.O. N°7 - 3 OCT. 2002 - HORS-SÉRIE

 


ITALIEN

Programme de Seconde Générale et Technologique

LANGUE VIVANTE 1, 2 ET 3

 

I - OBJECTIFS ET COMPÉTENCES

En classe de seconde, l’étude de l’italien - comme approfondissement (LV1 et LV2) ou comme premier apprentissage (LV3) - permet de développer les quatre compétences nécessaires à la communication (compréhension de l’oral et de l’écrit et expression orale et écrite) et, au-delà de celles-ci, de faire l’expérience de l’altérité culturelle et humaine en découvrant une civilisation à la fois proche et lointaine, celle de l’Italie qui constitue l’une des composantes essentielles de la réalité économique, sociale, politique et culturelle de l’Europe. Ainsi, comme pour toute autre langue vivante, l’enseignement de l’italien est à la fois une formation à la communication et une formation par la communication.

La communication est l’objectif prioritaire, mais naturellement l’apprentissage de la langue est indissociable du contexte culturel. Les dimensions grammaticale, lexicale et culturelle du programme de seconde sont liées d’une manière indissoluble au sein d’un même apprentissage. Les compétences attendues, essentiellement de communication, sont aussi méthodologiques et supposent l’acquisition de savoir-faire. Avec les autres disciplines étudiées par les élèves, l’italien doit enfin contribuer à l’apprentissage de l’autonomie et du sens social, de la curiosité et de l’esprit critique.

Objectifs

L’apprentissage de l’italien en LV1 ou LV2, tout en assurant la continuité entre le collège et le lycée, doit permettre aux élèves de franchir, dès la seconde, une nouvelle étape. En effet, en italien, à la fin du lycée, ceux-ci devront être autonomes tant dans le domaine de la compréhension que dans celui de l’expression. Ils devront savoir mobiliser les connaissances et les savoir­faire qu’ils auront acquis afin d’analyser des documents de plus en plus complexes ou d’argumenter de façon rigoureuse dans un discours oral ou écrit.

Ils seront également capables d’utiliser les registres de langues correspondant aux situations de communication qu’ils rencontreront au cours de leurs études et plus tard, dans la vie active. Ils devront, en outre, en fonction de la filière choisie, savoir reconnaître les structures les plus courantes relevant des langages sectoriels. Ces objectifs font de la classe de seconde une étape charnière de l’apprentissage de l’italien. Cette classe devra permettre à la fois une consolidation des acquis du collège qui tiendra compte de la plus grande maturité des élèves; leur capacité à s’approprier des concepts abstraits doit leur permettre de structurer davantage leur pensée et par conséquent de mieux organiser leur parole. Cet élément vérifiable dans leur langue maternelle doit être également exploité en langue étrangère et, par conséquent, en italien. L’enrichissement des savoirs et des savoir-faire contribuera ainsi à la formation intellectuelle et culturelle de l’élève dans le respect de ses choix.

La classe de seconde est donc le premier palier vers une aptitude à la communication et vers une approche de la culture s’y référant.

Compétences

En italien, la transparence supposée de la langue accentue au cours de l’apprentissage les disparités entre compréhension et expression. Il est donc important, d’une part, de veiller à la progression simultanée de l’élève dans ces deux domaines, tout en les dissociant par ailleurs, lors de l’évaluation. Ce dernier élément lui permettra à tout moment de faire le point sur l’état réel de ses compétences.

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Compréhension de l’oral

Les activités du cours d’italien au collège ont mis l’accent sur l’entraînement à la compréhension de l’oral. Il est important que ce travail, expérimenté par les élèves à partir de supports adaptés à leur niveau, soit poursuivi au lycée dans une perspective sensiblement différente. On continuera à exercer l’oreille au repérage phonétique et au rythme, au débit authentique de la phrase italienne, à la compréhension d’informations précises, mais on introduira par étapes successives des exercices visant à vérifier les sens explicites et implicites des messages entendus.

On aura recours pour cela et aussi souvent que possible, à des supports authentiques: des enregistrements de textes faits par des voix italiennes aux accents différents (toscan, sicilien, milanais, vénitien ou napolitain, par exemple), mais aussi des extraits d’émissions radiophoniques, de journaux télévisés ou de reportages, de films, etc. Tout au long de l’année, le choix des supports sera fait en tenant compte, à la fois, de leur capacité à recréer les conditions réelles de la communication en langue italienne et de leur degré de difficulté. Leur durée ne devrait pas excéder deux minutes. L’évaluation pourra se faire au moyen de tests de nature diverse qui vérifieront la capacité des élèves à repérer ou à comprendre les informations entendues. Elle devra être distincte de celle concernant la production orale, dans la mesure où sont mobilisés des savoir-faire très différents.

 

Expression orale

Les activités de production orale qui seront mises en place, en classe de seconde, devront permettre à l’élève de passer progressivement de la simple restitution d’un contenu à l’expression, plus complexe, d’une opinion, d’un point de vue. Dans la mesure où cette étape de l’apprentissage pose, en italien, des problèmes de maîtrise de la syntaxe, le professeur veillera, dans un premier temps, à la correction de la phrase simple. Il amènera l’élève à employer les différents types de phrases : déclarative, interrogative, exclamative, injonctive (Chiedi al tuo compagno... ; rispondi usando un verbo all’imperativo, etc.). L’entraînement au dialogue, aux échanges brefs entre les élèves y contribuera tout en aidant ces derniers à développer les réflexes linguistiques relevant de la conversation courante.

Dans un deuxième temps, les élèves seront amenés à enchaîner des phrases simples par la coordination (e, o, ma, invece...), puis à employer des phrases complexes subordonnées. Enfin, le professeur veillera à obtenir de l’élève une structuration de plus en plus grande de la production orale et une prise de parole en continu; il serait souhaitable qu’à la fin de l’année scolaire l’élève de seconde en italien soit capable, à l’oral, d’enchaîner deux ou trois phrases complexes. L’évaluation tiendra compte de l’autonomie dans la prise de parole, de la qualité de la production et de la capacité de l’élève à s’auto­corriger.

 

Compréhension de l’écrit

La compréhension de l’écrit fera l’objet d’activités spécifiques que le professeur proposera régulièrement dans sa classe. Les supports seront choisis en fonction de leur intérêt linguistique et civilisationnel: textes d’auteur, extraits d’articles de la presse écrite, publicités, prospectus, etc. Ils pourront être accompagnés, selon la complexité du travail demandé, d’exercices ou de questionnaires ciblés qui permettront à l’élève de vérifier régulièrement ses com­pétences.

La lecture analytique exigeant une démarche spécifique, elle ne peut être mise en œuvre que sous la conduite rigoureuse du professeur. L’enseignant pourra exercer ses élèves à la lecture cursive, à partir, dans un premier temps, de la découverte d’une œuvre courte susceptible d’être exploitée plus tard en classe. Comme pour l’oral, on séparera l’évaluation de la compréhension


de celle de la production écrite. On valorisera donc chez l’élève sa capacité à saisir, dans ses grands traits, le sens explicite, voire im­plicite d’un document authentique et à reconnaître les repères linguistiques et stylistiques.

 

Expression écrite

À la fin de l’année scolaire, l’élève de seconde devra être capable de produire un texte argumentatif d’environ 150 mots. Ce résultat sera obtenu progressivement, au moyen d’exercices d’écriture successifs et variés qui iront de la rédaction d’un message court à celle d’un texte impliquant l’usage de verbes ou d’expressions qui permettent de formuler un point de vue. Là encore, il s’agit dans un premier temps de mettre à profit les acquis du collège afin de conforter les élèves dans ce qu’ils savent faire. Le professeur introduira ensuite petit à petit et tout au long de l’année, les exigences relevant de la correction de la phrase, de sa structuration ou de l’emploi exclusif de mots appartenant à un champ sémantique donné. L’évaluation de la production écrite tiendra compte de la qualité de celle-ci et des compétences réellement mobilisées. Cependant, on gardera toujours présent à l’esprit qu’en classe d’italien les compétences orales doivent rester prépondérantes. Seule la maîtrise conjuguée de ces quatre compétences développera chez l’élève une réelle aptitude à la communication.

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2 - DIMENSION GRAMMATICALE

Langue vivante 1 et 2

Au collège, les élèves ont abordé l’étude d’un grand nombre de points de grammaire. Certains de ces derniers, qui ont été étudiés d’une manière plus récurrente, devraient constituer un “socle “solide : les articles, les pronoms personnels simples, les possessifs, les démonstratifs, les pluriels, quelques temps usuels (présent, futur, passé composé), ainsi que l’emploi de piacere, bisognare et volerci, esserci.

Il serait inopportun de procéder à des révisions systématiques qui pourraient rendre moins dynamique et moins stimulant le cours d’italien. Cependant, chaque groupe-classe a ses spécificités et il est important, en début d’année, de tenir compte de l’hétérogénéité qui caractérise assez fréquemment la classe de seconde composée d’élèves provenant de classes et d’établissements différents. Chaque enseignant adaptera sa programmation et sa progression en fonction :

- des acquis des élèves;

- des notions à réactiver;

- des notions nouvelles.

On évitera l’étude systématique de la grammaire au profit d’une réflexion grammaticale à partir de l’analyse des documents - de natures diverses - qui serviront de supports tout au long de l’année scolaire. La mise en relation des notions grammaticales avec le contenu permettra de faire progressivement percevoir aux élèves l’intérêt de la compétence linguistique au service de la communication. Dans le cadre de la classe de seconde, on étudiera plus particulièrement les notions grammaticales qui permettront d’enrichir l’expression pour :

- la description;

- la conversation, l’échange;

- l’expression du souhait ou de l’opinion du locuteur;

- l’action des protagonistes.

Outre les connaissances de base évoquées plus haut, il conviendra que les élèves parviennent à maîtriser correctement :

- les comparatifs;

- la forme interrogative;

- la forme de politesse;

- tous les temps de l’indicatif;

- l’emploi du conditionnel, du subjonctif et de l’impératif;

- l’expression de l’obligation et de la nécessité;

- l’expression de la localisation (esserci, adverbes et prépositions);

- l’expression du temps (futur proche, passé proche, da, fra, fa, in...).

Les exigences quant à la prononciation, à l’accentuation et à l’intonation demeurent. Des exercices spécifiques et un travail rigoureux sur la lecture permettront à l’élève de perfectionner son expression orale.

Langue vivante 3

Les élèves ont déjà abordé l’étude de deux langues vivantes étrangères et ont donc acquis une certaine familiarité avec les démarches d’apprentissage. De la sorte, le rythme devra être plus soutenu et le niveau des connaissances au terme de l’année de seconde pourrait être l’équivalent de celui des élèves de 3ème LV2. Comme pour la LV1 ou la LV2, on évitera l’étude systématique de la grammaire à laquelle on préférera une étude suggérée par les documents adaptés au statut de débutants des élèves de LV3. On privilégiera les supports permettant à l’élève de se trouver en situation de communication.

La maîtrise de la phonétique va de pair avec l’acquisition du vocabulaire. Des exercices d’écoute et de lecture permettront de fixer les règles d’accentuation et de parvenir progressivement à une bonne prononciation et à une intonation correcte. Les notions grammaticales seront introduites progressivement. Comme au collège, leur approche pourra se faire en plusieurs étapes, l’étude exhaustive d’un point de grammaire étant le plus souvent rébarbative et peu efficace.

On abordera en particulier les points de grammaire suivants :

- les articles;

- les démonstratifs;

- les possessifs;

- les adjectifs numéraux;

- les quantitatifs (molto, troppo, poco...);

- les pronoms personnels;

- les accords dans la phrase simple;

- les pronoms relatifs;

- les conjonctions de coordination et de subordination simples;

- les prépositions courantes.

- le verbe :

* les temps de l’indicatif

* l’impératif

* le conditionnel

* le subjonctif présent (pour exprimer une opinion)

- l’emploi de esserci, bisognare, volerci, piacere;

- les équivalents français de “on”;

- l’expression du temps (da, fa, fra, in...);

- les comparatifs.

Pour des élèves relativement familiarisés avec l’étude des langues, une approche comparative pourra s’avérer intéressante; en tout cas, il sera utile d’insister sur les structures italiennes spécifiques (sono io, tre anni fa, sono cinque anni che..., credo di+ infinitif...) qu’il est aisé de comprendre, mais dont l’utilisation n’est pas toujours facile en raison d’interférences avec le français.

3 - DIMENSION LEXICALE

Langue vivante 1 et 2

Au collège, l’élève a appris à se présenter, à se situer, à interroger les autres, etc.

Il conviendra, en classe de seconde, de réactiver les connaissances acquises, de s’assurer de leur bonne maîtrise (en particulier chez les élèves de LV2) et de mettre en œuvre des démarches pédagogiques visant à développer l’aptitude à une expression de plus en plus riche grâce à l’acquisition progressive d’éléments lexicaux nouveaux. Le cadre culturel suggéré comme exemple pour la classe de seconde suppose l’étude du vocabulaire relatif à la ville, ce qui n’exclut pas pour autant la découverte d’autres champs lexicaux. Il conviendra d’éviter toute spécialisation technique et de veiller à ce que le vocabulaire acquis par les élèves soit utilisé également de manière plus générale dans des contextes autres que celui relatif à l’univers urbain.


L’apprentissage du vocabulaire, au lycée comme au collège, doit se faire de manière active, en prenant appui sur le document support, l’objectif de communication (orale et écrite) demeurant l’objectif prioritaire. Les éléments lexicaux étudiés en classe de seconde dépendent étroitement du document choisi, de ce qu’il présente et de ce qu’il suggère.

Si le professeur choisit le cadre culturel de la ville, il sera amené plus particulièrement à enrichir les connaissances lexicales de ses élèves selon les axes suivants :

 

Reconnaître l’espace urbain

- Arriver en ville (imboccare la tangenziale, la circonvallazione, la periferia, i sobborghi, etc..)

- Se repérer, s’orienter (la piantina, l’itinerario, la segnaletica, i car­telli, chiedere informazioni, da che parte vuole andare?) - Décrire et connaître les lieux (il piazzale, sotto i portici, il campo , il lungomare, il rione, il centro storico, il vicolo cieco...)

. les édifices publics et religieux (il municipio, il Duomo, il campani­le, il museo civico, la pinacoteca,etc.),

. les commerces (il supermercato, l’edicola, la bancarella...)

. les services (andare in questura, l’ufficio postale, l’Ente per il Tu­rismo, l’ambulatorio, i vigili del fuoco, rivolgersi a..., andare allo sportello...)

 

Vivre dans la ville

- Habiter (alloggiare, il condominio, affittare, traslocare, etc.);

- Se déplacer (andare in centro, non passare col rosso! , i mezzi pubblici, spostarsi, la fermata, timbrare, il capolinea, il metrò, salire sull’autobus, parcheggiare, l’isola pedonale, etc.); - Travailler (la disoccupazione, cercare un impiego, scioperare, sgobbare, il posto fisso, il dirigente, assumere, il lavoro stagionale, il sindacato, etc.);

- Étudier (l’Esame di Stato, laurearsi, la mensa, essere promosso, la sufficienza, etc.);

- Consommer (fare le compere, la società dei consumi, contrattare, lo sconto, i saldi di fine stagione, spendere la paghetta, etc.);

- Se cultiver, se divertir [spectacles, sport...] (lo stadio, tifare, il teatro lirico, la mostra, l’arena, il dopolavoro, la discoteca, praticare uno sport, andare in palestra, godersi uno spettacolo, etc.).

 

Vivre la ville

- Connaître les traditions, les fêtes, les habitudes (il Palio, il Carnevale, la festa del Santo patrono, la Sagra, il corteo storico, il passeggio serale, etc.);

- Échanger et communiquer [rencontres, vie associative, etc.] (il socio, il dibattito, il cellulare, obiettare, aderire, ci vediamo in piazza, ma chi si vede?, che te ne pare? e Lei come la pensa?);

- Être acteur de la vie citadine: connaître la gestion de la ville [structures, modes de fonctionnement...] (le votazioni, eleggere, il sindaco, la provincia, il seggio elettorale, l’assessorato, etc.); - Réfléchir aux inconvénients et avantages (la delinquenza, l’inquinamento, i viali intasati, il traffico scorrevole, l’onda verde, etc.); - Réfléchir et agir pour l’amélioration du cadre de vie (l’ecologia, la raccolta differenziata, i provvedimenti anti smog, etc.). Les exemples de mots ou d’expressions proposés ci-dessus entre parenthèses ne sont que des indications et ne constituent évidemment pas un programme au sens strict.

Les axes présentés ne fixent pas un ordre chronologique et ne forment pas un relevé exhaustif des sujets de réflexion suggérés par la ville, qui dépendront naturellement de la nature des documents étudiés (supports écrits, filmiques, iconographiques, informatiques, sonores, etc.) de la démarche adoptée (étude littéraire, écoute d’un dialogue, exploitation de chansons et d’articles de presse, travail sur un site internet ou un cédérom, analyse d’images, confrontation de documents de natures diverses, etc.), de circonstances liées à un contexte particulier (préparation d’un échange ou d’un voyage, événement ponctuel, etc.).

Quels que soient les choix effectués par l’enseignant, il conviendra d’inciter l’élève à s’approprier le vocabulaire et à apprendre à l’utiliser dans le contexte adéquat, tant à l’écrit qu’à l’oral - dans le cadre de la classe, le développement de compétences orales demeurant la priorité. S’agissant de la ville qui devrait être un lieu d’échange, et donc de rapports de types divers, il importera d’amener l’élève à distinguer les niveaux de langue et à adapter son propos en fonction de son interlocuteur et de la nature de la relation qu’il établit avec lui. Chaque fois que l’occasion se présentera, il sera utile d’accorder une attention particulière aux termes ou expressions correspondant à des spécificités de la civilisation et de la culture italiennes : la giunta comunale, la trattoria, la gelateria, fare lo scontrino, le targhe alterne... De la sorte, tout en sachant distinguer la langue écrite de la langue orale, l’élève apprendra à connaître et à utiliser de mieux en mieux une langue authentique.

Enfin, en classe de seconde, le travail sur le lexique ne saurait se limiter à l’assimilation et au réemploi de termes nécessaires pour la description de telle ou telle situation ou transférables dans un contexte identique à celui du document étudié. L’élève, dans le second cycle, doit être incité à développer son esprit critique, à réfléchir, à exprimer son point de vue sur le contenu des documents étudiés, sur les idées, le style, le mode d’expression des auteurs desdits documents. Pour ce faire, il sera habitué progressivement à utiliser un vocabulaire plus abstrait qui lui permettra d’avoir une approche plus approfondie des documents, d’en comprendre la nature, le fonctionnement, et ainsi d’en avoir une approche plus culturelle.

Ainsi conçu, l’enseignement de l’italien permettra à l’élève d’établir des liens avec les autres disciplines, notamment dans le cadre des démarches interdisciplinaires que le professeur s’appliquera à mettre en œuvre le plus souvent possible.

Langue vivante 3

Les orientations lexicales correspondront aux situations de communication les plus immédiates : - se présenter et se décrire;

- interroger;

- connaître les autres;

- parler de son environnement;

- appréhender les repères spatio-temporels; - vivre l’Italie au quotidien; - exprimer ses goûts et ses opinions.

Comme en LV1 et en LV2, l’apprentissage du vocabulaire se fera de manière active.

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4 - DIMENSION CULTURELLE

Langue vivante 1 et 2

“Vivre ensemble”, tel est le cadre culturel et éducatif retenu pour l’ensemble des langues. À partir de ce cadre, ont été définis quatre axes : mémoire, échanges, lien social et création. Dans la mesure où la civilisation italienne, d’hier et d’aujourd’hui, est essentiellement une civilisation urbaine, la ville peut constituer le cadre idéal pour l’enseignement de l’italien en classe de seconde (LV1 et LV2). Il reste entendu que ce cadre culturel n’exclut pas d’autres centres d’intérêt selon les suggestions des élèves ou les choix du professeur

 

A - Mémoire

La mémoire enrichit le présent. Pluralité et diversité

L’Italie est le pays aux cent villes, comme le montre la division des différentes régions en provinces qui portent le nom de leur chef-lieu. Une myriade de petites cités viennent s’ajouter à ces villes et même certains gros bourgs agricoles (dans le Mezzogiorno par exemple) supposent une vie “citadine”. Encore aujourd’hui, l’habitat, d’une manière générale, privilégie le regroupement et le voisinage. L’Italie est riche de la diversité de ses villes qui toutes présentent des caractères fortement marqués, hérités d’une longue tradition antérieure à l’unité nationale. Dans leur typologie, dans leur topographie, tout distingue de grands centres comme Turin et Milan, Venise et Gênes, Florence et Rome, Naples et Palerme. Même si Rome conserve ses prérogatives de capitale politique, administrative et religieuse, le centralisme antique a laissé place dans les faits à une distribution des pouvoirs et des rôles. Milan est la grande métropole de la finance, de la mode et du design; Turin est le centre de l’industrie automobile; Bologne, Padoue, Pavie et Pise sont fortement marquées par leur université de renommée internationale; Venise a sa Biennale; Bari a sa Fiera del Levante... La presse nationale et l’édition sont loin d’être exclusivement romaines. Outre son autorité propre et sa spécialité, chaque cité possède des richesses artistiques uniques: le baroque de Lecce dans les Pouilles n’est pas celui de Noto en Sicile.

Forte conscience identitaire

Ce qui frappe dans chacune de ces villes c’est son caractère toujours bien réel de ville capitale, quelles que soient sa dimension et son importance. Le passé historique propre à l’Italie, et particulièrement l’émergence des Communes au Moyen Âge dans le Centre et le Nord, a donné autorité et indépendance à des villes-états, dont les cités actuelles ont gardé le souvenir.

À chaque ville correspond ainsi une forte conscience identitaire: on est fier de sa ville, on se réclame d’elle. À l’ombre de la tour du Palais communal ou du clocher du Duomo, on nourrit un sentiment de campanilismo.

Le professeur, afin d’aborder l’axe “mémoire “, pourra opter pour d’autres cadres. À titre d’exemple, la genèse de l’unité italienne et le Risorgimento peuvent expliquer l’hétérogénéité et les tensions que le pays connaît encore aujourd’hui.

 

B - Échanges

En Italie, plus qu’ailleurs, la ville est un lieu d’échanges.

Richesses économiques

Les échanges sont d’abord économiques: la production et la distribution de biens est l’une des fonctions primordiales des métropoles d’hier et d’aujourd’hui, comme en témoignent les marchés traditionnels (la Vucciria de Palerme, Piazza delle Erbe et Piazza della Frutta à Padoue) ou les rues élégantes où s’affichent des “griffes” prestigieuses (Via Montenapoleoneet Via della Spiga à Milan, Via dei Condotti à Rome). La publicité, omniprésente, étale ses messages qui parfois outrepassent le strict espace de la consommation.

Lieux de rencontres

Les échanges ne sont pas seulement économiques. Le centro storico est un point de rassemblement et de communication. La place (dite “à l’italienne”), héritière du forum, présente les symboles civils ou religieux que sont le Palais communal ou la Cathédrale, ainsi que d’autres monuments ou œuvres d’art en plein air qui assument une dimension de signes de reconnaissance. La place est un lieu de promenade, de rencontres; mais aussi l’espace de manifestations populaires, comme le rappellent les expressions scendere in piazza” ou dare ragione alla piazza”. La place, souvent dotée de logge ou de portici, véritable théâtre où la ville se met en scène, a une dimension esthétique et culturelle qui correspond à l’image positive que la cité souhaite donner d’elle-même.

Pour illustrer l’axe “échanges”, plusieurs autres possibilités s’offrent au professeur : les voies de communication dans ce qu’elles ont de spécifique à l’Italie (tunnels transalpins, réseau autoroutier sur l’ensemble du territoire, traghetti vers les îles, etc.), l’essor des nouveaux moyens de communication et leur influence sur les habitudes italiennes, etc.

 

C - Lien social

Une vie politique municipale intense

Une vie politique municipale intense garantit le lien social et trouve son prolongement dans une grande activité associative de quartier. L’exercice du pouvoir local revêt une importance primordiale pour les Italiens qui se défient du pouvoir central. Démocratie municipale et citoyenneté urbaine sont au cœur des débats où sont abordés les problèmes liés à la vie moderne: circulation automobile, pollution, délinquance, immigration clandestine...

Des luttes ritualisées

L’équipe de calcio et son stade incarnent le “patriotisme” citadin. Au sein de la ville, plusieurs affirmations identitaires peuvent s’opposer: pour reprendre l’exemple du football, certaines grandes villes possèdent deux équipes concurrentes. Cette rivalité interne souvent liée à la paroisse ou au quartier (les sestieri de Venise, les contrade de Sienne, les porte d’Arezzo...) s’expriment de manière organisée lors de courses et de compétitions traditionnelles (le Palio de Sienne, celui d’Asti, la Giostra del Saracino d’Arezzo, les Ceride Gubbio, le Calcio in costume de Florence...). Ces luttes internes ritualisées divisent provisoirement les habitants de la cité pour mieux consolider leur unité.

Par ailleurs, chacun connaît l’importance de la structure familiale dans la civilisation et l’économie italienne (rôle de la mère, importance des repas, culture d’entreprise à caractère familial...). De ce fait, la famille pourrait constituer un thème privilégié pour illustrer de façon spécifique à l’Italie la notion de “vivre ensemble “.

 

D - Création

Imbrication entre le passé et le présent

L’imbrication entre le passé et le présent est visible dans les lieux concrets de la ville, comme elle est présente dans l’esprit de ses habitants. Les sites anciens sont très naturellement adaptés aux exigences modernes: les escaliers roulants qui traversent la Rocca Paolina de Pérouse sont un exemple de “fonctionnalisation” d’un espace historique, parfaitement dans l’esprit des Italiens qui conçoivent et revendiquent une continuité entre les richesses des siècles passés et la créativité de l’époque moderne.

La fête au quotidien

Un dernier aspect de la vie italienne, et non des moindres, est celui du sens de la fête au quotidien: une multitude de petits et grands plaisirs qui ont pour cadre le bar (qui parfois revêt une dimension historique et symbolique, comme le Gambrinus de Naples, le Pedrocchi de Padoue, le San Carlode Turin, le Floriande Venise, le Caffè Greco de Rome, etc.), l’opéra (la Scala de Milan, le Comunale de Bologne, le San Carlo de Naples, le Teatro Massimo de Palerme, etc.), les grandes galeries (la Galleria Umberto I de Naples, la Galleria Vittorio Emanuele II de Milan, etc.), les marchés, les promenades... La ville est le lieu du paraître et l’élégance est une composante de la vie citadine.

Pour l’axe “création”, le professeur pourra également sensibiliser sa classe à l’omniprésence de la culture dans la vie sociale italienne (mécénat d’entreprise, publicités à connotation culturelle, etc.) et à la place importante occupée par le patrimoine artistique dans le cadre de vie des Italiens.

Le professeur est invité à faire découvrir à ses élèves ces différents aspects, en se fondant sur des documents concrets et variés (textes littéraires, articles de journaux, publicités, photographies, reproductions de tableaux, chansons, cinéma, etc.) proposés par les manuels ou découverts grâce aux moyens modernes de communication.

Le choix est laissé au professeur de privilégier tel ou tel aspect, de choisir en fonction du niveau et de la progression de sa classe. Il retiendra les exemples qu’il juge les plus pertinents, toujours dans le désir de s’adapter à la réalité de son établissement et au niveau de ses élèves. Afin d’éviter la dispersion, il s’efforcera de choisir une sélection de thèmes reflétant les différents aspects de la vie italienne et de la diversité culturelle de l’ensemble du territoire. Concernant les villes, s’il veut se limiter à trois d’entre elles, il pourra, à titre d’exemple, s’arrêter plus particulièrement sur Milan, Sienne et Naples, sur Venise, Pérouse et Lecce, ou encore sur Turin, Florence et Palerme, etc. Mais l’éventail pourra s’élargir selon ses préférences et la réalité de sa classe. Il sera tenu compte évidemment des éventuels échanges et voyages propres à l’établissement.

Langue vivante 3

Même s’il n’est pas prévu de programme culturel pour la LV3, le cadre retenu pour la LV1 et la LV2 pourra être abordé, mais de façon

plus succincte, et constituer un apport de civilisation utile à l’étude de la langue en situation de communication. Il sera opportun d’étudier quelques notions indispensables d’histoire et de géographie italiennes.

LES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION APPLIQUÉES À L’ENSEIGNEMENT DE L’ITALIEN

En se gardant de ménager un enseignement systématique à partir des technologies de l’information et de la communication, l’enseignant d’italien s’efforcera d’intégrer régulièrement et harmonieusement ces outils dans une démarche construite et structurée de conception de séquences.

Il veillera à favoriser progressivement la prise d’autonomie de ses élèves, en privilégiant les activités suivantes et en tenant compte, dans tous les cas, de leur degré d’adaptabilité aux objectifs spécifiques à atteindre et des compétences qu’elles contribueront le mieux possible à mettre en œuvre :

 

Recherche documentaire

Par un accès régulier à Internet on s’appliquera à préparer progressivement l’élève à la recherche, au traitement et à l’exploitation d’informations en italien à partir de sites en prise directe sur la vie du pays et de ses villes. À ce titre, le professeur encouragera ses élèves à utiliser en priorité les nombreux moteurs de recherche italiens recensés.

On prendra soin de varier les approches en ouvrant par exemple concrètement la recherche sur une activité plus large de type “course d’orientation” menée au sein d’une même classe ou entre classes d’établissements différents.

On ne négligera pas non plus la recherche ciblée d’informations sur cédérom.

 

Correspondance électronique

L’accès aux logiciels de messagerie et aux outils de correspondance électronique en général permet d’envisager la mise en œuvre des activités suivantes qu’il faut encourager :

- correspondance électronique de type classique avec des élèves d’une classe italienne :

. dans le cadre de la préparation d’un échange;

. dans une démarche de sensibilisation à l’image de l’autre;

. pour comparer différents aspects de la vie quotidienne en France et en Italie;

. pour échanger des réactions à chaud sur des sujets d’actualité; . etc.

- participation à un défi lecture ou à d’autres concours entre élèves français étudiant l’italien dans des classes ou des établissements différents

- créations séquentielles dans le cadre d’écritures collaboratives entre élèves français et italiens :

. contes;

- nouvelles.créations séquentielles dans le cadre d’écritures croisées entre élèves français et italiens :

. cadavres exquis,

. nouvelles à tiroirs,

. histoires policières,

. traductions successives.

- autres activités de correspondance :

. rencontres virtuelles d’élèves italiens par web cam

. participation suivie ou ponctuelle à un groupe de discussion, - etc.

 

Entraînement à la lecture

Certaines applications facilement téléchargeables peuvent constituer une aide précieuse pour l’acquisition progressive par l’élève de l’autonomie dans ce domaine :

- la capacité visuelle à reconnaître rapidement une forme, à différencier des formes semblables, à parcourir efficacement un texte, une liste, une page web, etc.;

- la reconnaissance du vocabulaire; - la capacité d’anticipation; - la lecture sélective; - la mémorisation.

 

Évaluation/auto-évaluation

Plusieurs éditeurs de questions pour Quiz dotés d’une interface italienne permettent l’utilisation et l’élaboration par le professeur d’exercices interactifs au format html, qui placent l’élève en situation d’évaluer et d’enrichir seul et à son rythme ses connaissances au moyen d’exercices du type :

- questionnaires à choix unique ou multiples; - questionnaires du type Vero/Falso;

- questionnaires où l’élève doit saisir une réponse courte;

- activités de remise en ordre d’une phrase, d’un texte, etc.; - mots-croisés;

- activités de mise en correspondance de deux parties d’une phrase ou d’un texte, d’une image et d’un texte;

- exercices lacunaires.

Ces outils, utilisés dans un esprit essentiellement palliatif, permettent au professeur de varier les approches, d’adapter parfaitement les exercices à des besoins précis, au thème retenu, à l’esprit de la séquence et à la mise en œuvre de travaux en petits groupes.

 

Création de pages au format html

Afin de tirer le meilleur profit du facteur de motivation non négligeable que véhiculent Internet et les outils de communication qui lui sont associés, les professeurs aideront les élèves à réinvestir concrètement leurs acquis et les travaux menés en classe dans le cadre d’une ou plusieurs pages web des élèves italianistes de l’établissement.

Etant donné la grande variété de supports, d’outils et d’activités of­ferte par les technologies de l’information et de la communication de l’aire italienne, on comprendra aisément qu’aujourd’hui plus que jamais, le rôle du professeur d’italien reste primordial, afin de guider l’élève dans ses choix et ses démarches.