Internet et le Droit
 

Existe-t-il des exceptions au droit d'auteur ?

Il existe plusieurs exceptions à la protection des oeuvres.

Exceptions aux droits moraux:

Art L 122-5 du code de la propriété intellectuelle :
"Lorsque l'oeuvre est divulguée, l'auteur ne peut interdire :

Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et de la source :
a) Les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées
b) Les revues de presse
c) La diffusion, même intégrale, par la voie de presse ou de télédiffusion, à titre d'information d'actualité, des discours destinés au public prononcés dans les assemblées politiques, administratives, judiciaires ou académqiues, ainsi que dans les réunions publiques d'ordre politique et les cérémonies officielles.
d) Les reproductions, intégrales ou partielles d'oeuvres d'art graphiques ou plastiques destinées à figurer dans les catalogues d'une vente judiciaire effectuée en France (..)
4° La parodie, le pastiche et la carricature, comtpe-tenu des lois du genre
5° Les actes nécessaires à l'accès au contenu d'une base de données électronique pour les besoins et dans les limites de l'utilisation prévue par contrat.
"
 
Que dit la jurisprudence ?

La parodie

Il n'existe aucune exception de aprodie pour le droit des marques. La jurisprudence rejetait systématiquement la parodie de marque et, en conséquence, les auteurs de la parodie étaient condamnés (affaire Danone, RATP, Onetel).
Un récent jugement fait évoluer cette approche.

- Cas AREVA contre Greeenpeace :
La société AREVA avait attaqué l'association Greenpeacepour contrefaçon de marque pour avoir reproduit une caricature de la lettre A de sa marque, assortie d'une série de commentaires . Greenpeace a eu gain de cause le 2 août 2002, les activités de l'entreprise n'étant pas concurrentes et l'association se situait sur le terrain de la caricature et non de la reproduction de marques.

La citation

A propos d'une reproduction d'une séquence de jeu vidéo sur un cédérom, la cour a retenu que la citation ne saurait être limitée aux seules citations littéraires cependant la société a été condamnée pour la longueur de la citation.

Droit à l'information

Le droit à l'information du public a donné lieu en matière télévisuelle à une loi en 1992.
Celle-ci indique que la cession du droit d'un événement sportif " ne peut faire obstacle à l'information du public par les autres services de communication audiovisuelle " qui implique un droit de citation (brefs extraits prélevés sur les images du ou des services concessionnaires).

Le droit de citation
La citation d'une oeuvre peut être réalisée sans demande d'autorisation préalable auprès de l'auteur mais doit :
- être courte
- incorporée à une œuvre critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information
- extraite d'une œuvre divulguée
- mentionner l'auteur et respecter l'intégrité de l'œuvre sans dénigrer
Elle ne peut pas s'appliquer :
- aux œuvres musicales
- aux œuvres d'art plastique (fragments) sauf catalogues de ventes aux enchères

La parodie
Pour pouvoir appliquer l'exception de parodie, certaines conditions doivent être respectées, notamment :
- l'absence de confusion,
- l'absence de dénigrement.
La parodie est par définition un travestissement de la réalité. Aucune confusion ne doit exister entre la réalité et sa parodie.

Exceptions aux droits patrimoniaux
Art L 122-5 du code de la propriété intellectuelle :
"Lorsque l'oeuvre est divulguée, l'auteur ne peut interdire :

1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille.
2° Les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autre que la copie de suavegarde ainsi que des copies ou reproductions d'une base de données électronique"
Que dit la jurisprudence
Copie

La chambre de commerce de PARIS a été condamnée le 20/9/02 par le TGI de Paris pour contrefaçon pour la vente de copies d'articles des revues Management et Capital dans le cadre d'un accord avec le CFC mais sans l'autorisation de l'éditeur Prisma presse. En effet, même en cas d'accord avec le CFC, l'autorisation préalable de l'auteur est nécessaire lorsque les copies sontréalisées à des fins commerciales.
 

La copie privée

Plusieurs producteurs protègent techniquement leurs supports contre la copie.
2 droits s'affrontent :
- droit des producteurs de se protéger contre les copies illégales
- droit à la copie privée