n octobre 2005 l'académie de Reims lançait récits de vie et invitait les élèves des écoles, collèges et lycées à recueillir les souvenirs d'une personne immigrée, ayant acquis ou non la nationalité française puis à rassembler ces souvenirs dans une production écrite, évoquant le départ, le voyage, le passage d'un pays à l'autre, l'arrivée en France…
Il était question de contribuer à la reconnaissance de l'histoire de l'immigration dans la construction de la nation française, de rendre compte des histoires multiples, petites ou grandes. Le projet était lié à la création de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) qui sera inaugurée en avril 2007 comme musée national, lieu de programmation culturelle et artistique, mais également comme lieu de recherche, de pédagogie et de ressources, et enfin réseau d'acteurs locaux travaillant sur cette histoire.
Ainsi, six collèges et lycées et deux écoles primaires ont engagé des élèves à se pencher sur l’histoire de Champardennais venus d’autres pays, à les écouter, questionner leurs souvenirs pour écrire le récit du voyage qui les a menés dans ce qui est aujourd’hui leur région. Encadrés par un ou plusieurs professeurs volontaires (le plus souvent deux), les élèves ont travaillé par groupe ou parfois par classe et ont produit vingt-cinq récits dont treize "fausses" autobiographies, soumis au comité de lecture.
Le comité, réuni en novembre 2006, a retenu pour publication les mémoires ou récits de vie regroupés ici par département des établissements participants, sans critère d'ordre de présentation.
Nous devons à un lycéen des Ardennes, la biographie intégrale de sa grand-mère venue d'Espagne. Sa façon à lui de dire "Merci Mamy" en répondant à la consigne émise par l’enseignante qui avait relayé le projet récits de vie, en demandant à ses élèves de produire la biographie d’une personne de leur connaissance, âgée de plus de soixante ans.
Les jeunes élèves de deux classes d'écoles primaires de la circonscription de Charleville-Ouest ont eux choisi collectivement de nous raconter des histoires "vraies", celle de Kamel, celle de Svetlana.
Dans l'Aube, deux lycées de Troyes et le collège d'Aix-en-Othe se sont inscrits dans l’action récits de vie.
Des élèves de terminale du lycée Chrestien de Troyes se sont initiés au sujet en découvrant en février 2006, au théâtre du soleil Le Dernier Caravansérail puis en travaillant à une exposition sur les monuments aux morts de 1914-1918 présentée en mai dans le cimetière de Sainte-Savine. Enfin, un travail d’enquête puis d’écriture a suivi pour leur permettre de fournir trois textes qui abordent notamment les écarts de culture ressentis.
Au lycée Marie de Champagne, des personnes sont venues dire en classe leur expérience "d’étranger venu d’ailleurs". Ce sont leurs témoignages et les impressions des élèves qui ont alimenté les quatre destinées familiales racontées.
Les professeurs du collège D'Othe et Vanne ont fait recueillir par les élèves d'une classe de cinquième les histoires de deux familles dont les difficultés d'intégration ont différé mais pour lesquelles la France s'est révélé un pays généreux.
Le travail impulsé par les enseignants de deux établissements de la Marne nous permet de disposer, pour le collège Louis Grignon à Fagnières, d'une série de mémoires de personnages, venus d 'Algérie, d'Espagne, d'Italie, du Maroc mais aussi de Biélorussie, du Royaume-Uni ou de Pologne.
Un trio de professeurs du lycée Joliot-Curie à Reims a organisé pour des élèves une rencontre avec l’association femmes-relais 51 et nous publions deux parcours de femmes émigrées devenues femmes-relais pour écouter, aider et orienter des personnes en difficultés morales et matérielles. |