1962 / 2022 : 60 ANS D’HISTOIRE

Les grandes dates de l’académie

Jalons pour une histoire de l’académie

1. La (re)naissance de l’académie de Reims dans les années 1960

Si l’académie de Reims a brièvement existé de 1848 à 1850, il faut attendre le décret du 11 décembre 1961 pour qu’elle devienne à nouveau une réalité s’inscrivant durablement dans l’organisation territoriale du système éducatif français. Née officiellement le 1er janvier 1962, dans un contexte de déconcentration des politiques publiques de l’État et de la naissance des circonscriptions d’action régionale, l’académie de Reims compte alors cinq départements avant que l’Aisne n’intègre l’académie d’Amiens en 1964. Au cours des années 1960, le recteur Yves Séguillon développe et structure l’administration académique, supervise la construction du rectorat, accompagne la naissance des embryons universitaires rémois (collèges universitaires de lettres et de droit, institut universitaire de technologie, faculté de médecine et de pharmacie) et accompagne l’essor de la scolarisation dans tous les ordres d’enseignement.

2. Accompagner l’essor de la scolarisation malgré une croissance démographique limitée


De sa création jusqu’au milieu des années 1990, l’académie connaît un double mouvement de sa démographie scolaire : une érosion régulière des effectifs du 1er degré (217 371 élèves en 1965 et 157 881 en 1995) et une augmentation massive des effectifs du secondaire (78 404 élèves en 1965 et 146 614 élèves en 1993). Cet afflux d’élèves dans les collèges et les lycées correspond moins au dynamisme démographique de la région qu’à l’effet conjugué des réformes (loi Berthoin sur l’allongement
de la scolarité obligatoire de 14 à 16 
ans) et de l’évolution des structures 
d’enseignement, notamment le 
passage d’une école par « ordres » à 
une école par « degrés », lequel
 augmente significativement les taux de 
scolarisation dans le secondaire. Sur 
les territoires, cette évolution se traduit
 par de nombreuses constructions de 
collèges et de lycées : au cours de la
 conférence de presse de la rentrée 
1972, le recteur Jean Gay évoque 12 
nouveaux collèges en cours de 
construction et deux lycées mis en 
service.

3. Les grands axes de la politique académique de la fin des années 1970 au début des années 1990


Si l’histoire de l’académie peut se lire en miroir de l’évolution des politiques éducatives nationales, elle présente aussi des spécificités liées au contexte socio-économique régional. Ainsi, les recteurs qui se sont succédés à la tête de l’académie ont d’abord veillé à mettre en œuvre les politiques nationales, dont elle a parfois expérimenté les rouages : instauration du collège unique en 1976, mise en place des plans d’actions culturelles, techniques et éducatives (PACTE) en 1979, création de 10 zones prioritaires en 1982, structuration de la formation continue avec la MAFPEN en 1982, expérimentation de l’IUFM en 1990... Très tôt, l’académie a aussi orienté son action pour développer sur son territoire la politique des langues et l’ouverture internationale, l’éducation artistique et culturelle ou encore la formation professionnelle continue. Au cours de la période, elle se fixe des objectifs, formalisés dans le premier projet académique de 1990, pour améliorer le niveau des élèves et lutter contre les sorties sans qualification. Elle pose à cet effet les bases de sa politique d’égalité des chances avec notamment la relance des ZEP en 1990, la création du dispositif d’insertion des jeunes de l’Éducation nationale (DIJEN) en 1991 et la mise en œuvre du projet « École ouverte » en milieu rural en 1992.
La décennie 1980 connaît également deux changements majeurs : le transfert de propriétés et de compétences aux collectivités territoriales en vertu des lois de décentralisation de 1983- 1985 et l’augmentation significative du nombre de bacheliers du fait de la création du baccalauréat professionnel en 1985 (5050 lauréats en 1981 et 9922 en 1991).

4. Renforcer l’accompagnement de tous les élèves

À partir de la rentrée scolaire 1994, les effectifs scolaires amorcent une décrue continue (301 298 élèves en 1995, 231 192 en 2021). L’académie accompagne la mise en œuvre des différentes réformes du collège et des lycées et accentue son action en direction de publics de plus en plus hétérogènes. Sur le plan pédagogique, les dispositifs d’individualisation et de personnalisation sont mis en place dans les écoles primaires et les établissements du second degré pour accompagner au mieux les élèves dans leurs apprentissages. En 2000-2001, l’académie crée deux nouvelles structures : le CEFISEM dédié à la scolarisation des enfants de migrants et le CAREP, pôle de ressources et d’échanges de pratiques de l’éducation prioritaire. Dans le champ de l’orientation, l’académie met en place en 2008 les premières cordées de la réussite pour lutter contre les déterminismes et pour développer l’ambition scolaire des élèves.

Parallèlement, les politiques académiques intègrent de nouveaux champs : le recensement de pratiques innovantes avec le dispositif Innovation et valorisation des réussites (1994) qui préfigure l’actuelle CARDIE, le développement du numérique et de ses usages, le renforcement des éducations transversales dans les domaines des arts et de la culture, de la citoyenneté ou encore du développement durable.