Prévenir et agir contre le harcèlement

Le phénomène de harcèlement est une réalité qui peut toucher tout le monde.

Environ 5,6% des élèves seraient victimes de harcèlement de leurs pairs, fléau insupportable qui continue de frapper les écoles, collèges et lycées, et de faire souffrir des élèves.

Voir les enquêtes de climat scolaire et victimation conduites par la DEPP auprès des collégiens et des lycéens (publication en décembre)
Voir l'enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), menée tous les 4 ans dans plus de 40 pays, qui permet d'établir une photographie précise de la santé et du bien-être des adolescents de 11 à 15 ans et d'en mesurer les évolutions.
Voir les données publiées par l'institut de statistique de l'UNESCO

L'École doit être avant tout un lieu de la confiance, du respect d'autrui et du bien-être. Tous ces éléments constitutifs d'un climat scolaire serein doivent permettre à tous les élèves de s'épanouir dans leurs apprentissages et de développer le meilleur d'eux-mêmes. C'est pourquoi le ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports met en œuvre depuis 2011 une politique publique d'envergure qui doit permettre la détection précoce et d'assurer une meilleure prise en compte de ces situations.

La lutte contre le harcèlement à l'école : une priorité nationale

Le ministère de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports a fait de la lutte contre le harcèlement une priorité nationale, et en juin 2019 un plan d'action est venu renforcer les dispositifs déjà existants.

L'inscription du droit de chaque élève à suivre une scolarité sans harcèlement dans la loi pour une école de la confiance est une traduction manifeste de la volonté de mettre tout en œuvre pour sensibiliser l'ensemble des acteurs, former les personnels et les élèves sur le harcèlement, ses manifestations et ses conséquences mais aussi pour permettre à tous de le repérer plus tôt, de mieux le prévenir et de le traiter systématiquement, rapidement et efficacement, c'est à dire durablement.

Article 5

Après l'article L. 511-3 du code de l'éducation, il est inséré un article L. 511-3-1 ainsi rédigé : « Art. L. 511-3-1.-Aucun élève ne doit subir, de la part d'autres élèves, des faits de harcèlement ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d'apprentissage susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d'altérer sa santé physique ou mentale. » lire le texte intégral sur legifrance

Cet article vise à préciser le droit de tout élève à ne pas être victime de harcèlement de la part d'autres élèves. Il précise que le harcèlement entre pairs, au sein de l'école, à proximité de l'école ou sur les réseaux sociaux, porte atteinte au droit et à la dignité de chacun et alerte sur les conséquences que le harcèlement a sur les jeunes qui en sont victimes, tant sur le plan de la santé mentale et physique que sur la réussite de leurs apprentissages.

Le site national Non au harcèlement propose de nombreuses ressources, différents guides pour comprendre et agir et présente les différents dispositifs mis en œuvre dans les écoles et les établissements pour prévenir, repérer et prendre les situations de harcèlement.

Visiter le site Non au harcèlement

La politique publique lancée en 2011 a permis un éveil des consciences et a enclenché une dynamique d'action. Les premiers résultats de cet engagement sont aujourd'hui perceptibles avec un léger recul de la victimation (on passe de 7 % à 5,6 % victimes). Toutefois, les phénomènes de harcèlement sur le cyber espace sont nette augmentation.

Dire non au harcèlement, une priorité académique

L'académie de Reims est pleinement mobilisée contre le harcèlement. Une mission académique a été créée sur ce sujet, un projet académique de prévention et d'action traduit l'ambition portée pour chaque élève, des référents « harcèlement » identifiés dans tous les départements, et dès cette année des relais NAH seront identifiés en circonscriptions et en établissements.

L'école agit avec détermination pour prévenir et lutter contre le harcèlement, elle a besoin à ses côtés de tous les acteurs, les élèves bien-sûr mais aussi les parents et l'ensemble des partenaires.

De novembre 2020 à avril 2021, les écoles et les établissements sont invités à engager une réflexion et une concertation avec l'ensemble des acteurs (élèves, personnels, parents) et partenaires pour formuler des propositions en matière de prévention et d'action contre le harcèlement. Les contributions seront collectées et discutées lors d'assises académiques contre le harcèlement qui se tiendront le 1er et 2 juin 2021.

Reconnaître et prendre en compte le phénomène de harcèlement

Le harcèlement est une dynamique complexe

Une video pour mieux comprendre le harcèlement
Conférence du Dr Nicole Catheline, pédosphychiatre à Poitiers, , co-présidente du conseil scientifique de la conférence internationale contre le harcèlement entre élèves.

29 Mars 2018 (Durée du programme : 73 min) Niveau : Tous publics

Regarder la vidéo

Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence qui se retrouve aussi au sein de l'école, est le fait d'un ou de plusieurs élèves à l'encontre d'une victime qui ne peut se défendre.

Lorsqu'un jeune est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.

Le harcèlement est un phénomène de groupe qui réunit toujours plusieurs acteurs : la victime, son ou ses agresseurs et les témoins.

Le harcèlement est toujours fondé sur le rejet de la différence et sa stigmatisation. Ces différences susceptibles de déclencher le harcèlement sont identiques dans tous les pays :

  • L'apparence physique ;
  • L'identité de genre ;
  • Les handicaps ;
  • L'appartenance à une minorité sociale ou culturelle.

Violence multiforme, répétée, intentionnelle à l'encontre d'un élève, le harcèlement peut toucher tous les milieux sociaux et tous les types d'établissement.

Les chercheurs s'accordent sur la définition des critères qui permettent de caractériser cette une situation de harcèlement :

  • La présence de trois acteurs: le harcelé, le harceleur et les témoins ou spectateurs ;
  • La présence d'une intentionnalité de nuire et d'agresser agressive de la part du harceleur et la volonté d'installer une relation dominant/dominé ;
  • La répétition de l'acte.

Le cyber-harcèlement

L'usage des nouvelles technologies peut favoriser, accroître les phénomènes « dans les murs » du harcèlement ou induire des situations de cyber harcèlement.

Le cyber-harcèlement est le fait d'utiliser les technologies d'information et de communication pour porter délibérément atteinte à un individu, de manière répétée dans le temps. Le harcèlement en ligne peut se manifester par l'humiliation, les moqueries, les injures, la diffamation, le discrédit, l'intimidation, l'usurpation d'identité, les menaces physiques, les prises de contact insistantes.

À découvrir le témoignage de Justine Altan, Directrice de l'association e-Enfance, qui explique comment les écoutants de la plateforme Net Ecoute (0 800 200 00) prennent en charge les victimes de cyber harcèlement.

 

 Consulter le guide de prévention de la cyberviolence entre élèves, novembre 2016

 

Les signes d'alerte

Tous les changements de comportements, d'engagement dans le travail scolaire, de résultats scolaires et dans le cadre des relations interindividuelles doivent alerter les adultes. Toutefois, le phénomène peut se manifester sous des formes différentes chez l'enfant et l'adolescent.

  • Troubles anxieux (sommeil, irritabilité, agitation, colère, susceptibilité, somatisation anxieuse), baisse des performances scolaires, troubles du comportement ;
  • Modification du comportement (arrivée en retard, oubli de matériel, isolement), agressivité, signes de souffrance psychique (anxiété, troubles du sommeil, maux de ventre, malaises), chute des résultats scolaires, intérêt excessif pour les jeux vidéo, signes dépressifs (peur, sentiment d'impasse et d'abandon, honte, culpabilité).

Sensibiliser, mobiliser et travailler avec les familles

Des outils en ligne à la disposition des familles :

« Parents, parlons-en ! » est une série de 5 vidéos dont l'objectif est d'accompagner les parents dans l'e-parentalité en se positionnant de leur point de vue et de favoriser le lien école-maison.

D'autres ressources « Mon enfant est victime de harcèlement » permettent également aux parents de comprendre les phénomènes de harcèlement et de les guider dans le repérage et dans les solutions de prise en charge.

Prendre en charge les situations de harcèlement

La recherche montre que la prévention du harcèlement nécessite une mobilisation globale au sein des établissements : tous les adultes doivent être sensibilisés et vigilants sur cette question, mais les élèves doivent également être impliqués pour que la prévention soit efficace.

Pour que la lutte contre le harcèlement soit efficace, elle doit s'inscrire dans un temps long, celui de la prévention, celui aussi de la vigilance au quotidien.

Pour faire diminuer réellement le harcèlement en milieu scolaire, il est indispensable d'aller-au-delà de ce seul phénomène et de réfléchir à d'autres facteurs déterminants. Une approche systémique, reposant sur la prise en compte du climat scolaire, est nécessaire :

  • La coéducation, en informant les familles sur les actions conduites dans l'établissement ou simplement en évoquant avec elles cette problématique.
  • La stratégie d'équipe car il est essentiel de sensibiliser l'ensemble des personnels, d'en former certains à la prise en charge et surtout de savoir comment s'organiser pour que les élèves sachent à qui s'adresser.
  • Des élèves acteurs de la prévention, pour un véritable impact : formation des élèves volontaires (ambassadeurs lycéens), réalisation d'affiches, de vidéos, de journées dédiées au harcèlement, mobilisation pour la participation au concours national.
  • La qualité de vie à l'école : réfléchir aux espaces d'écoute et de dialogue qui sont ouverts aux élèves, dans et hors la classe.
  • Les partenariats : si l'école peut beaucoup, elle ne peut pas tout. Elle doit développer des partenariats avec la justice, la police, les collectivités, les associations, les réseaux de santé pour que les élèves victimes ou auteurs et leurs familles puissent bénéficier des soutiens adaptés.

Ce travail systémique permet, dans une démarche collective, de créer davantage de lien entre l'éducatif et le pédagogique. Ainsi, tout en aidant les victimes de harcèlement, il permet, comme le montrent les recherches internationales, d'améliorer les résultats scolaires, le bien être des élèves et des professionnels, de faire diminuer l'absentéisme et le décrochage scolaire.

Mobiliser, définir des objectifs communs, élaborer et déployer un plan d'actions

Le projet d'école et le projet d'établissement constituent des points d'appui indispensables pour mobiliser l'ensemble de la communauté éducative, et de ce fait faciliter l'inscription des personnels (enseignants, CPE, AED, personnels santé - social) à des formations ou même faire une demande de formation d'équipe ou d'accompagnement de l'école ou de l'établissement.

Disposer d'un état des lieux, d'une mesure du phénomène, établir un diagnostic partagé

Un questionnaire de victimation, une enquête locale de climat scolaire, permettent de cerner l'ampleur du phénomène, de préciser quelques notions (auprès des élèves et des adultes) et donc d'avoir une vision la plus juste possible.

Plan de prévention de la violence et du harcèlement

Prévenir, repérer plus précocement et anticiper la prise en charge des situations

Les équipes d'écoles et d'établissement sont amenées à concevoir un plan de prévention des violences intégrant un volet dédié au harcèlement entre élèves et un protocole de prise en charge des situations.

Article R.421-20 du code de l'éducation : mise en place d'un plan de prévention des violences, incluant un programme d'action contre toutes les formes de harcèlement,
Article D.411-2 du code de l'éducation : démarches de prévention des violences et du harcèlement
Circulaire n°2013-100 du 13-8-2013 - Prévention et lutte contre le harcèlement à l'École

 

Elles disposent pour cela d'outils nationaux et d'un accompagnement en académie et en département par les référents et les formateurs.

Les équipes élaborent également des protocoles de prise en charge des situations de harcèlement. Des formations sont déployées localement pour permettre la constitution d'équipes ressources en écoles et en établissements.

Pour faire face aux urgences et aux situations installées, le ministère a mis en place des dispositifs multiples : numéros verts national et académiques, réseaux de référents départementaux et académiques harcèlement pour écouter et accompagner les familles et les établissements.

  • Repérer précocement les situations
  • Intervenir auprès de la victime, des témoins, des intimidateurs
Chaque situation repérée doit être prise en compte rapidement et traitée au cas par cas avec des regards croisés et complémentaires. Certaines situations peuvent nécessiter l'intervention d'un tiers (référents harcèlement, correspondant police/gendarmerie, services sociaux...). D'autres peuvent faire l'objet d'un traitement judiciaire (saisine du procureur, dépôt de plainte...).

 

Dans les écoles et les établissements, les professionnels doivent s'assurer de la mise en place d'une réflexion partagée et de l'implication de tous les acteurs au sein, mais aussi hors de l'établissement.

Aucune des parties prenantes du phénomène n'est à négliger (même si cela prend beaucoup de temps) : victime(s) - agresseur(s) - complice(s) - spectateur(s).

L'implication des familles (suivi, contrôle) est bien évidemment essentielle. Il s'agit bien, sans avoir la possibilité d'intervenir en dehors du temps et des lieux scolaires, d'enrayer le phénomène et non de l'occulter de la sphère scolaire.

La réactivité de tous les acteurs est fondamentale pour prendre en charge et accompagner la victime.

De la qualité de l'analyse et de l'adéquation de la réponse dépend le bien-être bien évidemment de la victime mais aussi de l'ensemble des élèves.

Il est important de permettre à l'élève victime de harcèlement de vivre sa scolarité dans l'établissement en toute sécurité. Il convient donc d'assurer un suivi de la situation pour s'assurer que le phénomène de harcèlement, souvent peu visible, ne recommence pas.

La question spécifique du harcèlement et du cyber harcèlement est portée quotidiennement par les deux référents harcèlement académiques et les 12 référents harcèlement départementaux. Ces derniers sont des interlocuteurs clefs pour les élèves victimes de harcèlement et pour leurs familles. Les professionnels de la plateforme téléphonique 3020, joignable gratuitement, conseillent, écoutent, orientent et peuvent au besoin, contacter les référents académiques pour activer le suivi et faciliter l'action concrète. La plate-forme 0800 200 000 (association Net-Ecoute) accueille et accompagne les élèves, les parents et les professionnels sur les questions relatives au cyber harcèlement.

Enfin l'action engagée s'appuie sur les partenaires associatifs ou institutionnels (tels que la police, la gendarmerie, la justice.

Vous êtes chef d'établissement ou enseignant,
découvrez les ressources consacrées au harcèlement sur l'intranet :
 

Que faire face à une situation de harcèlement ?

Le premier réflexe est de se rapprocher des personnels de l'établissement (professeur principal, conseiller principal d'éducation) ou prendre directement rendez-vous avec le directeur ou le chef d'établissement. Il pourra mettre en place un protocle de prise en chargé adapté à la situation. Il est l'interlocuteur privilégié.

Il est également possible d'appeler les numéros suivants :

Le numéro vert académique "stop harcèlement" : 0 800 510 003
Ce numéro permet d'être mis en contact avec le référent harcèlement qui fera ensuite le lien avec l'établissement afin de trouver une solution rapide.

Le numéro vert national "stop harcèlement" : 3020
La plateforme est gérée par des éducateurs et parents d'Île-de-France, du lundi au vendredi, de 9h à 18h, avec deux écoutants entre 9 h et 16 h et un écoutant entre 16 h et 18 h. Elle est ouverte toute l'année sauf du 15 juillet au 15 août.

Le numéro Net-Ecoute pour les cas de cyberviolence : 0 800 200 000